‹ Commentaires sur la guerre des GaulesChapitre 63 sur 164 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

le dos. Nos soldats les poursuivirent à la course autant que leurs forces le leur permirent, en tuèrent beaucoup, et ne rentrèrent au camp qu'après avoir brûlé toutes les habitations fort loin à la ronde.

Le même jour, des députés de l'ennemi vinrent demander la paix. César exigea le double d'otages et leur ordonna de les lui amener sur le continent, parce que, i'équinoxe s'approchant, il ne croyait pas devoir, avec ses vaisseaux délabrés, courir en hiver les risques de la mer. Le temps se trouvant favorable, il leva l'ancre un peu après minuit, et toute la flotte atteignit heureusement le continent: deux transports seulement ne purent atterrir aux mêmes ports que les autres et furent portés un peu plus bas.

VIL Trois cents soldats environ qui en descendirent s'étant mis en route pour le camp, les Morins, qui s'étaient soumis avant le départ de César pour la Bretagne, poussés par l'espoir du butin, les entourèrent, d'abord en assez petit nombre, et leur ordonnèrent, s'ils ne voulaient se faire tuer, de mettre bas les armes : comme ils formèrent le cercle pour se défendre, à l'instant, au cris des ennemis il parut environ six mille hommes. César, en ayant avis, envoya toute sa cavalerie au secours. Nos gens cependant soutinrent le choc, se battirent plus de quatre heures avec la dernière bravoure, tuèrent beaucoup de monde et n'eurent que quelques blessés. Dès que notre cavalerie fut en vue, les ennemis jetèrent leurs armes et tournèrent le dos: on en fit un grand carnage.

Le lendemain César envoya son lieutenant T. Labiénus avec les légions revenues de la Bretagne, chez ceux des Morins qui s'étaient révoltés. La sécheresse les empêchant de trouver un asile dans leurs marais, comme l'année précédente, ils tombèrent presque tous au pouvoir de Labiénus. Quant aux lieutenants Q. Titurius et L. Cotta, qui avaient conduit les autres légions chez les Ménapiens, ils rejoignirent César, après avoir ravagé les terres, coupé les blés, et brûlé les habitations de ces peuples, qui s'étaient retirés dans de très épaisses forêts.

César mit toutes ses légions en quartier d'hiver dans la Belgique, où deux uniques cités de la Bretagne lui envoyèrent des otages ; le reste ne s'en mit pas en peine. A raison de ces succès, le sénat, d'après les lettres de César, ordonna vingt jours de supplications.

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