‹ Commentaires sur la guerre des GaulesChapitre 86 sur 164 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

y I. S'attendant pour bien des raisons à de plus grands mouvements dans la Gaule, César chargea ses lieutenants M. Silanus, C. Antistius Reginus, et T. Sextius de faire des levées; et, comme le proconsul Cn. Pompéïus restait aux portes de Rome avec un commandement, pour le service de la République, il le pria d'ordonner aux conscrits de la Cisalpine, dont il avait reçu le serment comme consul, de rejoindre leurs enseignes et de partir pour la Gaule ultérieure. César jugeait très important, même pour l'avenir, de convaincre les Gaulois que telles étaient les ressources de l'Italie, qu'après un échec on pouvait non seulement réparer en peu de temps la perte, mais encore augmenter l'armée. Pompée ayant accédé à sa demande, tant par amitié que pour le bien du service, et les trois lieutenants ayant fait promptement leurs levées, ils formèrent et lui amenèrent avant la fin de l'hiver trois légions : c'était le double de ce qu'avait perdu Sabinus. Un renfort si soudain fit connaître le mérite des institutions du peuple romain et ses ressources.

Indutiomarus ayant péri, corame on l'a vu, les Tréviriens avaient déféré le commandement à ses parents, qui ne cessaient de solliciter les Germains et de leur offrir de l'argent. Ne réussissant pas auprès de leurs voisins, ils s'adressent à des peuples plus éloignés. En ayant gagné plusieurs, ils se lient entre eux par des serments, donnent des otages pour sûreté de l'argent, traitent et s'unissent avec Ambiorix. César en étant instruit et voyant que de tous côtés on se préparait à la guerre, que les Ménapiens, les Nerviens, les Aduatiques étaient en armes, avec tous les Germains d'en deçà du Rhin, que les Sénonais ne se rendaient pas à ses ordres, et se concertaient avec les Carnutes et les cités voisines, enfin que les Tréviriens ne cessaient de solliciter les Germains par les députés, il crut devoir penser de bonne heure à la guerre, y^ Il rassemble donc, avant la fin de l'hiver, les quatre légions les plus voisines, se porte chez les Nerviens qui n'ont le temps ni de se réunir ni de s'enfuir, leur prend beaucoup d'hommes et de bétail, dont il gratifie son armée, ravage leurs terres et les force à se soumettre et à donner des otages. Ayant terminé promptement cette affaire, il ramène ses troupes dans leurs quartiers d'hiver. Aux premiers jours du printemps, il convoqua, suivant son usage, l'assemblée de la Gaule, et, toutes les cités y ayant député, hormis les Sénonais, les Carnutes et les Tréviriens, il considère leur absence comme un commencement de révolte et d'hostilités. Pour montrer qu'avant tout cela lui tient au cœur, il trans-

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