‹ Commentaires sur la guerre des GaulesChapitre 87 sur 164 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

fère l'assemblée à Lutèce, ville des Parisiens. Ce peuple était limitrophe des Sénonais, et leur ancien allié ; mais il passait pour étranger à leurs complots actuels. Ayant prononcé cette translation du haut de son estrade, il part le jour même avec les légions, et se rend à marches forcées, chez les Sénonais.

Instruit de son approche, Accon, chef de la rébellion, ordonne au peuple de se retirer dans les villes : on veut le faire; mais, avant qu'on le puisse, on apprend que les Romains arrivent : il fallut renoncera ce projet et envoyer des députés pour fléchir César; ils lui sont présentés par les Éduens, dont jadis les Sénonais étaient clients. César leur pardonne sans peine, à la prière des Éduens, et reçoit leur justification, jugeant que l'été n'était pas la saison des enquêtes, mais celle d'une guerre active. Il exige cent otages qu'il donne en garde aux Éduens. Les Carnutes lui envoient au même endroit des députés et des otages; les Rémois, dont ils étaient clients, intercèdent pour eux : ils reçoivent la même réponse que les Sénonais. César achève de tenir l'assemblée et commande aux cités de lui fournir de la cavalerie.

II. Le calme étant rétabli dans cette partie de la Gaule, toutes ses vues, toutes ses idées se fixèrent sur la guerre contre Ambiorix et les Tréviriens. Il ordonne à Gavarinus de le suivre avec la cavalerie des Sénonais, de crainte que son ressentiment ou la haine qu'il s'était attirée n'excitât des mouvements dans la cité. Ce point réglé, comme il tenait pour certain qu'Ambiorix n'en

viendrait pas à une bataille, il passait en revue tous les autres projets qu'il pourrait avoir. Les Ménapiens, limitrophes des Éburons et les seuls des Gaulois qui ne nous eussent jamais envoyé de députés, avaient pour défense une continuité de bois et de marais. César savait qu'ils étaient liés par l'hospitalité avec Ambiorix, qui, grâce aux Tréviriens, était aussi devenu l'ami des Germains. Avant de l'attaquer, César crut devoir lui enlever ces alliés, de crainte que, perdant tout espoir, il ne se cachât chez les Ménapiens, ou ne se décidât à se réfugier de l'autre côté du Rhin.

Sa résolution prise. César envoie à Labiénus, campé chez les Tréviriens, deux légions avec tous les équipages de l'armée, et marche lui-même contre les Ménapiens, avec cinq légions sans bagage. Ce peuple ne rassembla point de troupes ; se fiant sur la nature du pays, il se réfugia dans les marais et dans les bois, où il transporta tous ses effets. César partageant ses forces avec le lieutenant C. Fabius et le questeur M- Crassus, jette promptement des ponts, entre dans le pays par trois endroits, brûle les bourgs et les habitations, prend beaucoup d'hommes et de bétail, et force ainsi les Ménapiens à lui envoyer des députés pour demander la paix. En ayant reçu des otages, il leur déclare qu'il les traitera en ennemis s'ils reçoivent chez eux Ambiorix ou ses agents. Cette affaire terminée, il laisse pour les surveiller, l'atrébate Comius avec de la cavalerie et part pour le pays des Tréviriens.

Ils avaient, pendant celte expédition, rassemblé

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