C. Desjardins
E. H. Smart.
R. Bethune.
P. L. de Martignv.
R. C. Cowan.
Extrait du Colonisateur.
A l'examen mensuel du Barreau, qui a eu lieu le 2 février courant, six examinateurs présents, le comité s'est trouvé également divise à l'égard de deux candidats sur cinq, et on a conclu qu'ils ne pouvaient être admis. Si j'eusse été présent à ce délibéré comme partie intéressée, pour ce qui regarde au moins l'un des candidats refusés, j'aurais plaidé ce qui aurait dû sauter aux yeux des examinateurs, savoir que : par la loi, trois examinateurs formant un quorum, any three of them, les trois examinateurs favorables à l'épreuve subie devaient signer les certificats d'admission, celle des trois autres n'étant que d'abondant et superflue, car on n'en avait aucun besoin. C'est ce que l'on comprendra mieux en par moi demandant si, dans le cas où un certificat revêtu de trois signatures aurait été mis dans les mains des candidats, tel certificat n'aurai; pas été légal de cela seul ? Je pense que personne n'osera le nier.
Si cela eût été fait, les candidats seraient heureux à l'heure qu'il est. S'ils ne le sont pas, car ils devraient l'être, il faut en conclure qu'un devoir a été omis.
Et qu'on ne dise pas que les trois candidats favorables auraient pu refuser leur signature, car il es: inadmissible qu'on puisse faire du tort à sou prochain sans raison. Tout élève éprouvé a un droit strict à la signature de l'examinateur satisfait de l'épreuve. Je n'ai du reste aucun iieu de douter que MM. McKay, Cassidy et Daoust aient été prêts à signer.
Les trois membres défavorables avaient à se retirer, non scuiemnnt pour ne pas faire montre d'illibéralité, mais parce que dans le cas où ils ne l'auraient pas fait d'eux-mêmes, on aurait pu leur représenter que cinq personnes formant/u/Z committee, il avait au moins une de superflue dans une eir
constance malencontreuse el fort délicate. Voilà mon petit système.
On voudra sans doute en mettre un autre en avant. Le comité étant également divisé, il était impossible, dit-on, que les candidats fussent admis. Cela n'est pas. Egale division constituait le comité, qui est une personne morale, dans un véritable doute sur le mérite des candidats ; or, in re dubia benigniorem partem sequi non ninus justius est quant tutius, dit le jurisconsulte Marcellus. Le cloute devait donc être résolu en faveur des candidats et non en faveur des examinateurs.
Mais je veux pour l'instant qu'il ait été impossible de les admettre..., était-il donc plus possible de les refuser, le comité étant ainsi également divisé ? les deux balances étaient en équilibre ; comment celle des candidats a-t-elle pu descendre san< qu'un poids de mauvais aioi y ait été jeté ?
Je regrette de dire qu'à l'égard d'un autre candidat, les procédés de la séance de janvier ont été tout aussi informes, et qu'à celle encore du mois de mai 1862, on a fait à un autre candidat une injustice qu'on a du confesser le mois suivant.
Je n'ai rien à objecter à la sévérité, si subite pourtant, des examens ; mais ce à quoi j'objecte, c'est le caractère tout à fait extravasé du programme d'examen, caractère qui a été bien jugé par un membre influent de la Chambre des Notaires, qui se trouvait être présent à la séance.
Pour ne citer que les erreurs commises par 1« comité dans les séances de janvier et février, en voici un échantillon :
" La bonne foi est requise tout le temps de la prescription."
" Un tuteur ne peut pas être emprisonné pour négliger d'enregistrer l'acte de tutelle."
" La consignation n'est pas un moyen de mettre fin à l'obligation."
" Il faut avoir 21 ans pour être témoin à un U tament."
" Un mineur doit avoir 16 ans pour poursuivre1 pour ses gages."
" La prescription esl un moyen d'éteindre l'obligation, sans distinguer la prescription véritable et cette sorte de chose que les praticiens sont convenus d'appeler présomption de paiement."
" Une prescription statuée (limitation of action) n'est pas une prescription absolue, quand elle n'y est pas déclarée telle ;" de sorte que l'on fait confondre en quelque sorte le plaidoyer de paiement avec la prescription, qui en est l'antipode.
Bibaud.
J'entends dire qu'à la dernière séance du comité des examinateurs, le 2 février, les deux candidats dont il a été parlé n'ont pas été renvoyés ; mais que la séance a été ajournée au mois de juin : the case tvas ordered to stand over, fait dire l'un des coupables, probablement, dans la Gazette de Montréal.
Les candidats ont été renvoyés pour deux raisons : premièrement parce que l'examinateur qui agit ordinairement comme président, quoiqu'il n'y ait pas 1elle charge, le leur a dit sans équivoque, et de plus parce que la séance du 2 mars prochain devant avoir lieu de plein droil, il est puéril de parler d'ajournement. Il fallait ajourner l'examen au lendemain ou à quelqu'autre jour.
Je me suis fait expliquer ce qui se passe dans le comité du Collège des Médecins et Chirurgiens, et l'on a trouvé que les candidats n'avaient pu être traités comme il l'ont été en effet que par un comité qui n'a aucune règle de conduite.
On a dit d'abord que le comité étant également divisé, il ne pouvait faire rapport. Si cela était, le comité -'est mis dans le cas d'en faire un, puisqu'il a renvoyé les candidats pour prétendue incapacité, et le Bâtonnier est en droit d'en exiger un.
Mais on finit par avouer que les trois examina îeurs favorables auraient pu faire un rapport pour admettre au Bâtonnier, en ajoutant que les autres auraient pu faire un rapport pour rejeter. Cela n'a pas le sens commun. Le statut ne soulève pas une question de dispute et de contradiction, il s'agit uniquement de trois signatures. Une fois le certificat signé, le candidat qui se trouve admis de cela seul, est proclamé dans les journaux et commence à pratiquer, s'il a des causes, souvent même avant que d'avoir pris son diplôme. Jamais les examinateurs ne font rapport au Bâtonnier ; ce sont leurs signatures qui en tiennent lieu.
Il a été demandé à l'un des candidats si le testament solennel est valide dans le cas où l'un des témoins est mineur.
Telle question était irrélevante tout-à-fait, car il n'est pas permis d'ignorer que les deux témoins peuvent être des mineurs de 20 ?ns ; pour V authenticité de l'acte, il faut qu'au moins uu des témoins signe, ce qui demeure incompris de quelques-uns des membres de notre comité.
MM. les Rédacteurs,
Veuillez m'accordei\ quelques lignes de votre journal afin de venger l'Institut des Lois du ridicule dont quelques-uns de ses membres cherchent à le couvrir en ce moment. Plusieurs personnes ont lu avec surprise, sur les journaux, la fameuse requête qui suggère au Barreau de rendre plus difficile l'admission à la profession d'avocat.
Elles ne croyaient pas que précisément au moment où les étudiants luttent si péniblement contre les difficultés qui leur barrent le chemin de l'avenir, ils viendraient par un dénouement inutile, aggraver leur situation. Si encore ia démarche qu'ils ont faite avait l'heureux effet de remédier à l'encombrement des professions et de leur faire un chemin
plus large vers îe succès et la fortune, leur généreuse initiative aurait de l'opportunité. Mais non, ce n'est pas dans ses conséquences qu'on détruit un mal, c'est dans sa source. Or, quelle est l'origine du mal que nous déplorons aujourd'hui ? C'est, vous le savez, la multiplicité des maisons de haute éducation, l'absence de carrières.
Mais, dira-t-on, les étudiants sont maîtres de leur sort, ils ont bien le droit de se rendre ridicules, et même de se mettre la corde au cou. N'est-ce pas la majorité des étudiants qui a voté la requête.
Non, la motion de nos zélés novateurs a d'abord été emportée, grâce à l'irréflexion, dans une séance à laquelle assistaient peu de membres, et lorsqu'elle a été reconsidérée dans une réunion plus nombreuse, elle a obtenu une majorité de deux voix, parce que plusieurs de ceux qui la trouvaient absurde ont cru qu'ils ne devaient pas revenir sur une décision antérieure.
N'allez pas croire, parce que je viens de dire, eue je suis réellement opposé à toute mesure qui aura pour effet de relever la noble profession d'avocat, en exigeant de ceux qui veulent en faire partie, du talent, du travail et de la science. Ne croyez pas non plus que ceux qui ont combattu la motion des novateurs l'aient fait parce qu'ils avaient, plus de raison de craindre la sévérité des examens. Non, mais nous croyons que l'initiative de ce changement devait être laissée au Barreau ; et nous croyons aussi que la délicatesse aurait dû conseiller à un étudiant • de sixième année de ne pas se mettre à la tête de ce mouvement, car évidemment, il ne se trouve pas sur le même pied que ses confrères (*). Et nous crai-
[1] Le moteur a subi son examen en vacance, sans auditoire, quoiqu'en disent l'Ordre et le Pays, et malgré la léoité extrême en cette occasion des examinateurs réunis avec peine, le candidat n'a montré aucune assurance dans une épreuve d'un petit quart d'heure, et il a failli sur des questions tout-à-fait élémentaires de cautionnement, de prescription, de séparation, etc.
gnons beaucoup que ceux qui, par amour propre ou Tout autre motif, l'ont secondé, ne soient, avec quelques-uns de leurs chefs, les premières victimes de leur faux zèle.