AT AN H I A
Angî. Rhatany, — Ail. Peruanische Ratanhiaivurzel.
Le Krameria triandra habite la région des Quinquinas, dans ies cordillères des Andes du Pérou et de la Bolivie, et fournit la Ratanhia péruvienne ou de Payta, qui est la plus répandue. Mais il existe deux autres sortes de Ratanhia : l'une dite Savanilla, ou de la Nouvelle -Grenade, qu'on ne sait pas encore rapporter à son espèce botanique ; l'autre des Antilles, provenant du Krameria Ixine.
Composition. — La racine de Ratanhia (Trousseau et Pidoux écrivent Ratanin), renferme, selon Peschier, 1x2 pour 100 de tannin, un peu d'acide gallique, de la gomme, de l'extractif, de la matière colorante et de l'acide kramérique. L'acide tan nique de cette racine précipite en gris brun les persels de fer. V acide kramérique, encore mal défini, jouit également de propriétés slyptiques (Peschier).
Action physiologique. — Les vertus de la Ratanhia résident dans son tannin et son acide gallique, et peut-être un peu dans l'acide kramérique. C'est un amer astringent, produisant à un degré intense tous les effets des agents de cette classe (voy. Tannin, etc.)
Usages. — La Ratanhia était d'abord employée par les dames péruviennes pour affermir les gencives et, dit-on, pour se blanchir les dents. On la recommande encore en collutoire ou en gargarisme contre la gingivite scorbutique ou la simple tuméfaction des genciws, ainsi que contre le relâchement de la luette et L'angine inflammatoire légère. Mais ce n'est là qu'un cas particulier d'un usage plus général dans toutes les affections caractérisées par l'atonie des capillaires ou des tissus contractiles et par la débilité locale ou générale. On prescrit la Ratanhia dans les cachexies, les hydropisies passives, les hémorrhagies de même nature, les flux muqueux ou purulents.
Modes d'administration et doses. — On emploie rarement la poudre ii la dose de 50 centigrammes à h grammes, plus souvent l'infusion, et surtout V extrait aqueux.
Vin fusion se prépare avec 10 ou 20 et môme 30 grammes de racine pour luoo grammes, 500 grammes au moins, d'eau bouillante. On en prend de 30 à (')() grammes à la fois, ou bien on s'en sert pour l'usage externe. On la préfère à la décoction parce que, dans celle-ci, le tannin passe en grande partie a l'état insoluble. Gependanl la décoction a été recommandée en collyre dans les kératites chroniques.
V extrait se donne en pilules ou en potion, à la dose habituelle de 2 a i grammes. Trousseau et Brctonneau en prescrivent un gramme seulement, dans un quart de Lavement, contre la Assure anale.
La teinture n/r<»>/i/j><o de Il'ittiitltin , inusitée chez nous, se donne à la dose tle 5 à 20 grammes.
Va sirop de Ratanhia, qui contient 1 gramme dVxiraii pour .VJ gram. , est conseillé aux personnes affaiblies par des h'-morrliagies répétées ou par une diarrhée chronique, qui doivent faire un usi^c prolong} du médicament.
réglisse, Glycyrrhiza glabm, L. — Légumineuses-Papilionacées.
Angl. Liquorice. — AU. Sussholz, Lakritzenholz.
Le Glycyrrhiza glabra appartient au midi de la France et de l'Europe.
Composition. — La racine de Réglisse contient, d'après Robiquet : glycyrrhizine, amidon, asparagine, huile résineuse, albumine, fibre ligneuse, sels (phosphates et malales de chaux et de manganèse). La Glycyrrhizine, ou sucre de Réglisse, est incristallisable, solublc dans l'eau et l'alcool. Elle se combine avec les bases, et les sels et les acides la précipitent de ses dissolutions. L'huile résineuse donne à la racine le léger degré d'àcreté quelle possède.
Action physiologique. — La racine de Réglisse est plutôt un aliment respiratoire ou un condiment sucré qu'un véritable médicament; mais elle a sur le sucre de canne et sur les autres matières sucrées un avantage trop peu apprécié : c'est de ne pas se métamorphoser sous l'influence des ferments qui pullulent dans les premières voies chez la plupart des fébricitants et des malades. Tandis que les spores ([Oïdium albicans, presque toujours présentes dans le cours des maladies tant soit peu graves et prolongées (Gubler), transforment instantanément les boissons sucrées en matières acides ou acres et désagréables, elles respectent au contraire la Glycyrrhizine, ce qui épargne aux patients une souffrance réellement fort pénible, ainsi que les inconvénients attachés au mauvais état de la bouche et des premières voies, c'est-à-dire l'inappétence, la dyspepsie et l'insuffisance de la réparation organique.
Usages. — Aussi ne saurais -je trop recommander, lorsque cette fâcheuse disposition de la bouche rend intolérables les boissons sucrées, de recourir à la Réglisse comme substance édulcorante. Au reste, c'est un moyen populaire, et la Réglisse fait partie de la Tisane commune des hôpitaux de Paris. C'est aussi la base de celte boisson qui se vend dans les rues de la capitale et ailleurs sous le nom de Coco.
Modes d'administration et doses. — La racine de Réglisse, ratissée pour la débarrasser, autant que possible, de son amertume, se donne en infusion, ordinairement associée à d'autres substances médicamenteuses, particulièrement au Chiendent. On en fait un extrait sec d'une couleur sombre, d'une saveur douce et sucrée, qu'on laisse fondre dans la bouche, et qui sert à la maintenir humide en faisant affluer continuellement la salive. Telle est son utilité réelle dans les angines, les rhumes ou la grippe.
On en prépare des tablettes ou losanges, qu'on aromatise de différentes façons. Généralement les malades les préfèrent à tous les autres bonbons, parce qu'ils ne laissent pas d'arrière-goût aigre et désagréable, comme font les sucreries.
KFJNE-DES-PKÉS. — 8ÏI >ï\B COMMUNE. —
Voy. Ulmaire.
Voy. POIX-RÉSINE.
RHUBARBE LA (111INL.
rêsike jaune. — Voy. Poix-résine.
RÉSINE EAtt;lTE. — Voy. LAQUE.
rhapontic, Rheum Rhaponticum, L. — Polygonacées.
And. Pontic Rhubarb. — Ail. Pontischer Rhabarber.
Cette espèce croît eu Thrace et sur les bords du Pont-Euxin, d'où lui vient son nom. On la cultive en France pour sa racine médicinale ; en Angleterre, pour ses pétioles et nervures de feuilles qu'on mange en confitures, en tartes et en poudingues. Les Cosaques en mangent aussi les pousses et les feuilles, qui sont acides, pour combattre le scorbut.
Les racines offrent une saveur amère, mucilaginetise et un peu astringente, avec l'odeur affaiblie de celles de la Rhubarbe, dont elles se distinguent chimiquement par la présence d'un principe particulier, la Rhaponticine. C'est un laxatif plus doux que la Rhubarbe elle-même, et de propriétés toniques plus prononcées. Il convient particulièrement aux sujets débilités et dont les entrailles, fatiguées par une diarrhée prolongée, demeurent irritables.
Le Rhopontic, fort peu usité maintenant, entrait dans la Thériaque. Il sert à falsifier la Rhubarbe. Il en est de même des racines des Rheum undulatum et R. compactum, qui s'en rapprochent beaucoup.
khi harki: de ea chine, Rheum palmatum, L. — Polygonacées. Vnel. Chine Rhubarb. — Ail. China /{haborber.
Le Rheum palmatum est spontané dans l'empire mogol et sur les confins de la Chine.
COMPOSITION. — Ses racines, d'après les analyses de Pfaff, Henry, Caventou, Ihamles, Schlossberger, JJopping et d'un grand nombre d'autres chimistes contiennent : matière jaune cristalline, granuleuse, résine, acides tannique et gallique, extractif amer, sucre incristallisable, amidon, pectine, malate et surloul oxalate de chaux, sulfate de potasse, chlorure de potassium, phosphate de chaux, oxyde de fer et quelques autres substances. Il faut y ajouter une matière odorante, sinon une huile volatile Percira), dont l'odeur pcul être imitée par un mélange d'acide nitrique, d'aloèset de chlorure de fer (Zeuneck).
La matière jaune cristalline de Henry, ou acide chrt/snjjhfnn'qt/c (Cl0H8O3), Osl appelée aussi acide rhaboxbarique, rhéine, etc. Elle esl inodore, insipide, volatile, passablemenl soluble dans l'alcool, mais non dans l'eau ni dans l'éther.
La résine se décompose en trois espèces, que Schlossberger a nommées oporétine, pkéorétine et èrythrorêtine. Tagliobo lui a reconnu des propriétés purgatives à la dose (le ()0 centigrammes. Celle résine, insoluble par elle-même, se dissout cependant dans l'eau froide, à la faveur des autres principes.
V oxalate <lc chaux renferme Quatre proportions d'acide (quadroxalalc), et
CIBLER. lfJ
se présente en cristaux groupés dans l'intérieur des cellules sous forme de raphides conglomérées. C'est un des ingrédients les plus importants de la Rhubarbe, dont il explique en grande partie l'action cathartique.
Action physiologique. — A faible dose, de 20 à 30 ou &0 centigrammes, la rhubarbe agit comme tonique amer-astringent sur les organes digestifs. Elle ouvre l'appétit et stimule les fonctions gastriques, en même temps qu'elle régularise les évacuations alvines. A dose plus forte, de 1 à 3 ou h grammes, elle opère comme un purgatif doux, causant à peine quelques coliques, mais ne déterminant jamais aucune irritation du tube digestif. La constipation secondaire mise sur le compte de l'astringence doit être attribuée aux modifications fonctionnelles que toute purgation entraîne à sa suite. Pendant l'usage soutenu de la Rhubarbe, les sécrétions acquièrent une coloration particulière, indiquant le passage de quelques principes dans le sang et les éinonctoires.v L'urine devient soit jaune, soit d'un rouge jaune ou rouge de sang, ce que Heller rapporte à ses conditions acides dans le premier cas, et alcalines dans le second. Alors elle teint le linge et rougit par la potasse caustique. Il ressort des expériences de Schlossberger, que cette coloration est due, non pas à l'acide chrysophanique, mais à deux des résines qu'il a décrites : la phéorétine et Yérythrorétine. La sécrétion cutanée, spécialement dans l'aisselle, se colore de môme, et le lait des nourrices acquiert quelquefois des qualités purgatives.
Usages. — Gomme apéritif, stomachique et tonique, la Rhubarbe se donne dans la dyspepsie des sujets constipés, lymphatiques, dont les sécrétions gastrointestinales font défaut.
Gomme purgatif, on l'administre dans des cas analogues. Elle convient particulièrement chez les enfants scrofuleux, chez les personnes affectées d'une constipation habituelle. C'est aussi un des meilleurs agents cathartiques auxquels on puisse s'adresser quand on croit à la nécessité d'évacuer des matières intestinales irritantes, ou de mauvaise nature, pour arrêter une diarrhée entretenue par leur présence.
La Rhubarbe est souvent employée comme adjuvant, ou comme correctif de divers agents médicamenteux. On en fait l'auxiliaire de la magnésie, des sels neutres et du calomel, ou bien on l'associe au fer et au mercure pour maintenir la liberté du ventre.
Nous ne parlons pas de son application topique pour animer les ulcères indolents, ce qui aurait eu quelquefois pour effet d'amener une purgation assez énergique.
Modes d'administration et doses. — Les Chinois mâchent de la Rhubarbe par petits morceaux, comme tonique et même comme laxatif. Cet exemple est rarement imité en Occident. On prend ordinairement la Rhubarbe en poudre, dans du pain azyme ou entre deux tranches de soupe, au début du repas, à la dose de 20 à 60 centigrammes, comme stomachique et léger laxatif. Mentel fabrique avec 3 parties de sucre pour une partie de Rhubarbe des granules d'un usage très-commode. La macération de 8 grammes de Rhu-