VÉNÉNEUX
icicix. Ricinus communis, L. — Eupiiormacées. Augl. Palma Christi. — Ail. Wunderbaum.
Le Ricinus communié est spontané dans l'Inde, où il est arborescent et fréquemment cultivé en Europe, où il devient annuel et herbacé.
Composition. — Les semences de Ricin, analysées par Geiger, on! donné les résultats suivants : 1° dans les enveloppes, résine insipide et extraclif gomme brune, ligneux: 2° dans les amandes : huile grasse, gomme, caséine on albumine, ligneux et amidon. De plus, il faut admettre a\ec Pereira l'existence d'un principe volatil acre (acide ricinoléique ?) révélé par la sensation particulière de sécheresse qui se produit dans les veux ei le gosier lorsqu'on reste exposé à la vapeur se dégageant d'un mélange de semences de Ricin concassées et d'eau bouillante (G ni bon rt).
Ce principe n'est peut-être pas préformé, niais il peut prendre naissance par fermentation, en présence de l'air et de l'eau, ainsi que semblent l'indiquer certaines expériences de Planche, de Bussy et de le Canu.
Enfin. Soubciran admet dans le Ricin une substance acre fixe, probable-
ment de nature résineuse, résidant, soit dans l'embryon (Jussieu), soit dans l'albumen (Boutron-Charlard et 0. Henry), ou dans la tunique interne de l'épisperme (Dierbach). D'ailleurs Galloud a trouvé, dans le marc des semences soumises à la presse, un principe âcre qui excite le vomissement à la dose d'environ 30 à Uij centigrammes.
Action physiologique. — Les semences de Ricin possèdent d'énergiques propriétés purgatives et une âcreté considérable. Une seule a produit des vomissements et des effets purgatifs ; trois ou quatre ont pu mettre la vie eu péril (Bergius, Lanzoni). La violence de cette action s'explique par l'intervention des principes acres, volatil et fixe, plus encore que par l'action de l'huile grasse qui est simplement cathartique.
On reconnaît aussi aux applications de feuilles de Ricin sur les mamelles des propriétés emménagogues (M* William, Tyler Smith). Selon M' William, elles agissent davantage lorsque les seins sont petits et flétris, provoquent l'éruption menstruelle si la période est éloignée, ou causent un flux immodéré si elle est imminente.
Huile de Ricin (angl. Castor OU).
L'Huile de Ricin, visqueuse, d'un jaune pâle, se congèle vers 16° et se solidifie à l'air à la manière des huiles siccatives. Elle se dissout aisément dans l'éther, mais sa solubilité dans l'alcool est extrêmement remarquable. Elle communique môme aux autres corps gras la faculté de se dissoudre dans ce liquide.
On distingue plusieurs sortes d'huile de Ricin suivant les provenances et les procédés d'extraction ; la meilleure est préparée par expression à froid et ne contient que peu ou point de matière âcre.
L'Huile de Ricin, avalée en quantité considérable, de 15 à 20 grammes par exemple, laisse dans la bouche un goût nauséeux, qui la fait quelquefois rejeter par le vomissement, et produit assez rapidement des tranchées et des selles diarrhéiques dans lesquelles on reconnaît aisément le corps gras sous forme de gouttelettes ou d'une sorte deinulsion. Quand celui-ci s'est présenté (Brandes) sous forme de nodules indurés, il est probable que le sujet avait pris auparavant de la magnésie, avec laquelle l'Huile de Ricin avait pu se combiner.
C'est un purgatif modéré et très-sûr, exempt de toute action irritante sur le canal digestif, et dont les effets sont dus, soit à une influence spéciale, inexpliquée jusqu'ici, sur la muqueuse, soit à une sorte d'indigestion suivie de selles lientériques, puisque la matière indigérée se retrouve dans les déjections.
L'usage de l'Huile de Ricin ressort nettement des qualités que nous venons de lui reconnaître. C'est un purgatif excellent, particulièrement recommandable dans les cas d'irritation des organes abdominaux. Il n'a d'autre inconvénient que son goût nauséeux, qui le rend un objet de répulsion pour la plupart des malades. Toutefois on parvient à masquer ce goût déplaisant en ajoutant