‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 104 sur 276 · RIZ · texte numérisé non relu

RIZ

à l'Huile du bouillon de bœuf dégraissé et très-chaud, ou bien de l'infusion de Café torréfié. A l'aide de ce dernier correctif, on parvient à le faire prendre sans peine aux jeunes enfants ainsi qu'aux personnes les plus susceptibles.

Outre son emploi dans la médecine évacuante, l'Huile de Ricin sert encore à modifier le Collodion, auquel elle communique une remarquable élasticité et qu'elle empêche de se rompre par le déplacement des parties qui en sont recouvertes.

Comme purgatif, l'Huile de Ricin s'administre à la dose de 10 à 60 grammes. Ce maximum représentait anciennement la dose habituelle, mais on s'est aperçu que la moitié ou même le tiers de cette quantité suffisait ordinairement à produire des effets purgatifs, et la dose de 30 grammes est aujourd'hui la plus généralement usitée. Elle peut être abaissée à 20 grammes en conservant toute son activité, et chez des sujets soumis à la diète, 15 et même 1 0 grammes sont suffisants.

Nous avons indiqué ci -dessus le café noir comme correctif; on peut encore masquer le goût de l'huile par une liqueur alcoolique quelconque ou par une infusion aromatique de Menthe, de Girofle, etc.

L'Huile de Ricin est aussi quelquefois donnée en émulsion à l'aide d'un jaune d'œuf ou d'un mucilage de gomme adraganthe. Enfin, on a imaginé de la prendre dans une cuiller d'étain fermée par un couvercle, et dont le manche creux permet à la pression atmosphérique d'agir sur le liquide pour en faciliter la chute dans l'intérieur du gosier. On plonge l'instrument jusque dans le pharynx, puis on en relève le manche; alors l'huile contenue coule vers l'œsophage, et la déglutition s'exécute sans qu'il y ait contact entre le médicamenl et la base de la langue, ainsi que l'isthme guttural. De celte manière, on évite l'impression désagréable qu'il produit sur l'organe du goût. Le même procédé est employé pour l'Huile de foie de Morue.

On a publié plusieurs formules de Potions à l'Huile de Ricin, différant par le mode d'émulsio finement et par l'espèce et le nombre des correctifs; alcoolat de Citron, sirop tartrique, suc d'Orange, infusion aromatique de Fenouil, etc.

Parola a proposé l'emploi de la Teinture alcoolique et de la Teinture èthérée de Ricin, lesquelles seraient quatre fois plus actives que l'Huile, sans être plus irritantes.

kiz, Oryza sativa, L. — Graminées.

Angl. Rice. — Ail. Reiss.

Le Riz, originaire de l'Asie, est cultivé dans un grand nombre de contrées humides des régions chaudes ou tempérées du globe.

Composition. — Les semences de Riz, analysées par Braconnol, oui donné: amidon, ligneux, matière glulineuse, huile incolore, sucre incristallisable, gomme, acide acétique, phosphates de potasse cl de chaux, chlorure de potassium el sels végél iux de chaux el de potasse.

Le Riz se distingue des autres céréales par la minime proportion de ses matières grasses et protéiques. Ce n'est pour ainsi dire que de la fécule pure.

Action physiologique. — Aussi le Riz est-il un aliment moins complet que le Blé ou le Seigle, et ne devient-il suffisamment réparateur qu'à la condition d'être associé à du lait ou à d'autres substances azotées. Mais il ne pêche que par défaut, et c'est à tort qu'on l'a accusé de produire des désordres du côté de la vision . Tout au plus occasionnerait-il un affaiblissement de la vue oar suite d'une nutrition imparfaite. Rien ne justifie non plus l'idée du docteur Tytler, qui attribue au Riz le choléra épidémique qu'il nomme Rice disease. Le choléra naît dans les rizières des régions tropicales parce que ce sont des marécages.

Mais le Riz est moins relâchant que les autres céréales, à cause, sans doute, de la très-petite quantité de matière grasse qu'il renferme; c'est d'ailleurs un aliment très-facile à digérer.

Usages. — Telles sont les raisons qui le font employer dans certaines affections des organes digestifs, et spécialement contre la diarrhée. Seulement le Riz ne convient guère que dans la diarrhée bilieuse, dans celle qui est symptomatique d'une entérite, et non dans l'entérorrhée consécutive à l'ingestion de boissons aqueuses froides, ni dans l'affection cholérique.

On mange le Riz sous bien des formes, mais en médecine on ne le donne guère qu'en décoction. VEau de Riz est ordinairement édulcorée avec le sirop de Coing. On l'associe assez souvent au vin de Bordeaux, et parfois à des principes acidulés, tels que le sirop de Groseilles.

La Farine de Riz sert à faire des calaplasmes émollients, supérieurs à ceux de graine de Lin parce qu'ils ne s'altèrent pas comme ces derniers, ne deviennent pas irritants, et n'ont pas d'odeur.

La fine Poudre de Riz sert à la toilette comme la poudre d'amidon. Il faut rejeter celle qui est parfumée avec la racine d'Iris, toutes les fois que la peau est affectée ou simplement irritable.

SSOM&RIN, Rosmarinus officinalis, L. — Labiées. Angl. Common Rosemary. — Ail. Rosmarin.

Le Romarin est un arbuste du midi de la France et du bassin de la Méditerranée.

Composition. — Cette plante odoriférante renferme une huile volatile particulière, une matière amère (résine ?), de l'acide tannique et du ligneux.

Le Romarin est canninatif, stimulant, et possède en général les propriétés physiologiques des autres Labiées.

L' 'infusion de Romarin (li à 8 grammes de sommités fleuries pour 500 grammes d'eau) est cependant rarement employée en médecine dans les névroses, la paralysie, les catarrhes, etc. Mais on s'en sert dans la parfumerie, notamment pour la confection de VEau de la Reine de Hongrie et de Y Eau de Cologne, qui l'a remplacée.

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