SANGSUE MÉDICINALE
Le Calamus Draco est un Palmier de l'archipel indien, dont le fruit donne la résine communément appelée Sang-dragon ou Sandragon.
On donne aussi ce nom à des produits du Dracœna Draco (Liliacécs) et du Pterocarpus Draco (Légumineuses).
Composition. — Le Sang-dragon contient, d'après Herberger, les principes suivants : résine rouge, ou draconin, huile fixe, acide benzoïque, oxalate et phosphate de chaux. En conséquence, il participe de la nature des baumes.
Action physiologique et usages. «=- Des thérapeutistes autorisés le déclarent inerte. Cependant il n'est pas possible qu'une substance formée de résine et d'acide benzoïque soit absolument dénuée d'action physiologique. Au reste, l'expérience populaire, confirmée par celle des médecins, a prouvé que cette substance résineuse possède des vertus moins merveilleuses, assurément, que ne les montrait l'enthousiasme un peu irréfléchi des premiers observateurs, mais pourtant réelles et utiles.
De même que les autres balsamiques, le Sang-dragon est utile pour resserrer les tissus, diminuer les flux muqueux et augmenter la diurèse. La présence de l'acide benzoïque lui donnerait, en outre, la faculté de diminuer un peu la proportion d'acide urique. Il convient, par conséquent, dans les catarrhes des voies urinaires, la leucorrhée, etc., et peut-être dans la diathèse lithique.
SANGSUE MÉDICINALE, Hirudo medicinalis, L. — ANNÊLIDES HlRU- DINÉS.
Angl. Lcach, blood sucking Leach. — Ail. Blutegel.
Moquin-Tandon décrit onze espèces de Sangsues, dont deux sont principament employées* La première est V Hirudo provincial is. Car, ainsi nommée' parce qu'elle est commune en Provence. La seconde est Y Hirudo medicinalis i Ray, L., qui se rencontre dans les ruisseaux et les étangs des contrées plus septentrionales de la France et de l'Europe. Celle-là s'appelle aussi Sangsue cerfe, et celle-ci Sangsue grise. La Sangsue griseestla seule dont le Codex fasse mention; c'est aussi l'espèce la plus commune dans le commerce. Au reste, il se pourrait que l'autre n'en fût qu'une simple variété.
La bouche de la Sangsue est armée de trois mandibules cornées, denticulées et tranchantes, qui font dans la peau une triple entaille rayonnée. La succion s'exerce ensuite par un mécanisme de ventouse, el l'Annélide ne se déiache, en général, que lorsqu'il esl gorgé de sang.
Il importe de savoir la quantité de sang dont peut se chargei ainsi une Sangsue. Alph. Sanson a fait là-dessus quelques expériences, d'où l'on peut ( (inclure qu'en moyenne, une Sangsue absorbe 5 à 6 grammes de sang. Mais cela ne représente guère que la moitié ou leâtiers de celui qui esl versé par une piqûre qu'on laisse saigner deux heures sous des cataplasmes. Quelquefois même chez des sujets hémorrhaphiliques, ou bien accidentellement affectés
d'un état aplastiquc du sang, comme dans le scorbut, le purpura, les lièvres malignes, les piqûres de Sangsues saignent extraordinairement, et cette hémorrhagic peut non-seulement compromettre les résultats de la médication ou grever l'avenir d'une anémie difficile à guérir, mais même devenir immédiatement menaçante pour la vie du malade. Pour prévenir une (elle complication, il faut avoir soin, lorsqu'on a lieu de la craindre, d'appliquer les Sangsues loin des veinules superficielles d'un calibre un peu considérable, et au niveau de surfaces résistantes sur lesquelles la compression puisse s'établir efficacement : par exemple, sur les côtes, de préférence aux espaces intercostaux, sur les condyles du fémur plutôt qu'au pourtour de l'anus.
Puis, une fois l'accident produit, il faut mettre en œuvre tous les moyens hémostatiques usités en pareille circonstance. Les plus simples sont les applications d'amadou, de foilc d'araignée, de charpie, de chiffon brûlé, de poudres absorbantes, et notamment de colophone. Si cela ne suffit pas, on y ajoute des lotions d'alcool ou d'eau vinaigrée, des tampons d'amadou ou de charpie imbibés de perchlorure de fer ou chargés de poudre de tannin ou d'alun, et soutenus par une légère compression digitale ou circulaire à l'aide d'une bande et de compresses graduées. En cas d'insuccès de ces moyens énergiques, on a recours à la cautérisation au fer rouge ou à la pierre infernale, suivie également d'une compression méthodique. Enfin, comme dernière ressource, on étreint la petite plaie dans une serre-fine, ou l'on traverse de part en part, à l'aide d'une épingle, un pli de peau comprenant la piqûre saignante, et l'on comprime la base de la saillie cutanée, en roulant un fil en huit de chiffre autour de l'épingle, comme dans la suture entortillée.
Les Sangsues constituent un des agents habituels de la médication anliphlogistique. Elles sont un moyen commode de tirer une quantité à peu près déterminée de sang localement, au niveau du point malade ou sur la région jugée la plus convenable pour une émission sanguine. Sous ce rapport, les Sangsues ne sauraient être remplacées par les ventouses scarifiées, ni même par les Sangsues artificielles. Ainsi une Sangsue peut être facilement appliquée sur une gencive malade ou dans la narine, ou bien sur le col utérin.
Quand on prescrit une application de Sangsues, on doit tenir compte de la quantité de sang à tirer et du siège d'élection pour pratiquer l'émission sanguine. Au point de vue de la spoliation de l'économie, il importe peu que l'issue soit ouverte dans une région ou dans une autre. Cette circonstance acquiert au contraire une certaine valeur, si l'on a pour objet tout à la fois de spolier et de dériver. Dans la dysménorrhée douloureuse, par exemple, il n'est pas indifférent d'appliquer les Sangsues à la base de la poitrine ou même à l'hypogastre, ou bien autour des parties génitales externes ou sur les extrémités inférieures. Cette dernière région est de beaucoup la meilleure, et pour épargner toute perte de sang inutile, il est encore préférable (Trousseau) de poser les Sangsues sur les saillies des condyles fémoraux.
Les effets physiologiques des applications de Sangsues sont ceux des autres
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émissions sanguines, avec celte différence, par rapport à la phlébotomie, que Ja perte de sang, se faisant d'une manière plus lente, ne donne pas lieu aux mêmes symptômes de faiblesse et d'anémie qui s'observent parfois à la suite d'une saignée de la veine. La syncope est rare, si le sujet demeure couché ou assis, on si du moins il ne se fatigue pas immédiatement après. Mais les accidents consécutifs se produisent également bien dans les deux cas, et l'on voit a la suite d'une application de sangsues survenir la céphalalgie, les troubles nerveux, les palpitations, rétoulfement, la dyspepsie atonique et l'insomnie, quelquefois le délire et le coma, aussi bien qu'après une saignée du bras.
Les Sangsues s'introduisent parfois accidentellement dans les muqueuses et produisent de graves accidents, dont on cite plusieurs exemples fameux. En pareille circonstance on peut suivre le conseil de Bibiena, et administrer des doses répétées de vin, dans lequel ces Annélides ne peuvent,vivre longtemps. L'eau salée aurait la même efficacité, car c'est à l'aide de quelques grains de sel qu'on parvient généralement à leur faire lâcher prise.
L'emploi des Sangsues réclame quelques précautions spéciales pour le faire réussir. Afin de les exciter à mordre, on les roule dans un linge pour les assécher, on enduit de lait les surfaces qui doivent les recevoir, ou bien on les emprisonne dans un verre de petite dimension qu'on renverse sur la peau et qu'on tient en place jusqu'à ce qu'elles se soient fixées. Parfois même on les applique une à une à l'aide d'un tube étroit qu'on porte sur le col de l'utérus, par exemple, ou dans l'intérieur d'une cavité muqueuse.
Quant au nombre des Sangsues à appliquer, il doit être calculé d'après l'intensité des phénomènes physiologiques et fébriles, d'après la taille el d'après la force du sujet. On se rappellera alors que les enfants en bas âge supportent mal les émissions sanguines, et qu'il en est de même des sujets chloroliques ou anémiques. Chez un enfant au-dessous de trois ans, on ne doit pas tirer plus de 30 à GO grammes de sang, ce qui, d'après les évaluations précédentes, correspond a trois ou quatre Sangsues. Chez un adulte, on prescrit dix à vingt Sangsues à la fois, quand on veut obtenir une déperdition instantanée et assez considérable. On peut se borner à une demi-douzaine, au plus, lorsque l'émission sanguine artificielle est destinée à suppléer aux flux habituels physiologiques ou morbides, à rappeler les menstrues ou les hémorrhoïdes.
Enfin, si l'on veut obtenir un écoulement constant, ou du moins prolongé, sans faire perdre une grandi' quantité de sang, on applique seulement une ou deux Sangsues à la fois, en ayant soin de les remplacer dès qu'elles tombent. C'est ce que nous faisons ordinairement dans les inflammations de l'encéphale et des méninges.
sanicle, Sanîci'la europœa, L. — Ombellifères Anomales. ^ngL Sanicle, — Sanikel.
La Sanicle est une plante indigène dont le nom vient de sanare, et qui jouissait d'une immense réputation comme vulnéraire. Par clic toutes les cou-
tusions, plaies et fractures, guérissaient sans encombre. Aussi l'École de Salerne lui avait-elle consacré deux vers qui, jadis, se traduisaient ainsi :
Avec la Bugle et la Sanicle
On fait aux chirurgiens la nique.
L'engouement est fini depuis longtemps, et c'est à peine si l'on sait aujourd'hui que la Sanicle est amère-astringente.
SANTAL citrin. Bois du Santalum album, Roxb. — Santalacées.
Angl. Yellow Sanders ivood. — Ail. Gelbes Sandelholz.
Le Santalum album est un arbre de l'Inde et de l'archipel voisin, qui se retrouve au Chili et ailleurs. Gardas, Molina et Mérat lui attribuent le bois de Santal blanc, et d'un autre côté Gaudichaud a décrit, sous le nom de Santalum Freycinetianum, une autre espèce à laquelle se rapporte, selon lui, le Santal citrin.
Le Santal citrin possède une odeur suave, qui devient plus prononcée quand on le mouille et surtout quand on le brûle. On en retire par la distillation une huile volatile qu'on mêle à l'huile de Rose. Ce bois, l'un des trois santaux, est vanté comme cordial et alexipharmaque, et entre avec ses homonymes dans plusieurs préparations officinales : le Sirop de Chicorée, la Confection d'Hyacinthe, etc. En Orient, surtout en Chine, on le brûle comme parfum et l'on en fait de petits meubles de luxe.
santal rouge. Bois du Pterocarpus indicus, Wild.— = Légumineuses - Papilionacées.
Angl. Red Sanders wood. — - AU. Rothes Sandelholz.
Le Pterocarpus indicus habite les montagnes deCoromandel et de Ceylan. Son bois est insipide, et ne développe une légère odeur que lorsqu'il est frotté et râpé.
Composition. — Pelletier y a trouvé une matière colorante végétale, qu'il a nommée Santaline, de l'extractif, de l'acide gallique et du ligneux.
La Santaline, d'un rouge sombre, d'une apparence résineuse, insoluble dans l'eau,, est soluble dans l'alcool, l'éther, les solutions alcalines, l'acide acétique, et un peu dans les huiles volatiles.
Usages. — - Le Santal rouge accompagne les deux autres Santaux dans les préparations officinales dont il a été fait mention ci-dessus (voy. Santal citrin). On le prescrit à la dose de 2 à 8 grammes. De plus, il est employé en pharmacie comme substance colorante, par exemple dans la Teinture de Lavande composée.
Le Pterocarpus indicus produit aussi, d'après les auteurs du Codex, une résine rouge nommée Sang-dragon, très-analogue à celle du Calamus Draco, et généralement attribuée au Pterocarpus Draco.