SEIGLE
pour l'usage interne, à la dose de 16 à 20 grammes dans 750 grammes d'eau.
sèche ou seiche, Sepia officinalis, L. — Mollusques Céphalopodes. Angl. Cidtle fish. — Ml. Tintenfisch.
La Sèche abonde dans l'Océan, pins encore dans la Méditerranée. Sa chair est un aliment qui convient à peu d'estomacs, et auquel les anciens attribuaient les propriétés les plus diverses et souvent les plus contradictoires. Hippocrate, Pline et Marcellus en conseillaient même les œufs dans différentes occasions. Aujourd'hui leur coquille interne, connue sous le nom d'Os de Sèche, est la seule partie, usitée.
Cette coquille, composée d'un peu de matière azotée et de beaucoup de carbonate et de phosphate de chaux, n'a pas d'autres propriétés cl ne saurait remplir d'autres offices que ceux qui appartiennent aux coquilles d'oeufs, aux écailles d'huître, aux yeux d'écrevisse et autres absorbants du même genre.
La poudre d'os de Sèche est donc absorbante et antacide, et, comme telle, elle est appelée à rendre des services dans la pyrosis, a diarrhée et même la leucorrhée. En ce sens, elle peut être considérée comme astringente, puisqu'elle resserre. Mais rien n'autorise à la dire apéritif©, emménagogue, aphrodisiaque, etc., ni à la croire antipériodique, ainsi que cela s'est fait dans ces derniers temps, et que l'ont prétendu des hommes de bonne foi, abusés par de fausses apparences.
SEOCJ1 ACRE. — Voy. VERMICULAIRE BRULANTE.
seigle, Secale céréale, L. — Graminées.
Angl. Common Rye. — AU. Rockenkorn.
Le Seigle, cultivé comme céréale dans les terres maigres, est spontané dans les régions désertiques qui entourent la mer Caspienne.
La farine de Seigle se distingue de celle du Froment par une moindre quantité d'amidon, de sucre et de gluten, et par une plus forte proportion de gomme, d'albumine et de matière grasse. Elle donne un pain plus gris, plus ductile el plus lourd, se desséchant beaucoup plus lentement.
Le pain de Seigle (angl. Rye bread; ail. Schtmrtz Brod) est très-nutritif, mais relâchant, surtout pour ceux qui n'y sont pas habitués. Il convient donc particulièrement aux personnes ordinairement constipées, c'est-à-dire h la plupart dos fournies de nos grandes villes, des hommes de cabinet et des valétudinaires.
Les fruits du Seigle tomfiés ont été proposés pour remplacer le Café. On en fait servir le son et le gruau aux mêmes usages que les parties homologuedu Blé (voy. ce mot).
SEIGLE ERGOTÉ. — Voy. ERGOT DE SEIGLE.
Ainsi que Trousseau et Pidoux le font judicieusement remarquer, le Seigle ergoté n'est, à bien dire, que la céréale entremêlée d'ergot, mais non l'ergot isolé.
SE»SEN-c©siTiiA, SEHKNCINÈ ou karbotine, Artemisia contra, L. — Composées ou Synanthérées-Sénécionidées.
Angl. Wormseed. — Ail. Wurmsamen, Zittwersamen.
Le Semen-contra (Semen Cinœ Levantinum, Halepense, vel Alexandrinum) n'est pas formé des semences, mais bien des boutons ou fleurs non épanouies de Y Artemisia contra, plante de Perse, et de plusieurs autres espèces d'Armoise qui habitent l'Orient.
Composition. — Analysée par Weckenroder, la Semencine a donné les résultats suivants : huile volatile, principe amer, substance résineuse amère, résine verte, cérine, extractif gommeux, ulmine, malate de chaux, silice, libre ligneuse et matière terreuse.
En 1830, Kahler y a découvert un nouveau principe immédiat qui reproduit les qualités médicinales de la plante, et a reçu le nom de Santonine.
La Santonine ou Semencine (ail. Wurmsamenstoff), C30H18O6, n'est pas un alcaloïde, mais se comporte à la manière d'un acide, d'où la dénomination d' 'acide Santonique qui lui a été imposée, et qu'il faudrait préférer. Cette substance, parfaitement cristallisable, est insipide et inodore, quoique volatile. Elle est peu soluble dans l'eau et se dissout facilement dans l'alcool bouillant. Combinée avec les alcalis, elle donne des sels cristallisables et solubles.
Prise à la dose de 25 centigrammes à 1 gramme, la Santonine détermine un malaise épigastrique, comme un délabrement d'estomac semblable à de la faim, des éructations et un sentiment de lassitude générale (Giacomini). Les sujets accusent de singuliers troubles visuels; pour eux, tous les objets sont colorés en vert ou en jaune (Spencer Wells). En même temps les urines prennent une teinte jaune caractérisée (Mauthner). Ces colorations annoncent l'oxydation de la Santonine dans l'économie, et sa transformation en Santonéine (Phipson) ou en Santonicine (Kletschinsky). L'urine conserve sa couleur intense pendant trente-six heures.
La Santonine, à la dose de 10 à 15 centigrammes répétée plusieurs fois, est énergiquement vermifuge (Merk). Mauthner, plus hardi, administre la San lonine à la dose de 20 centigrammes chez un enfant de six ans, et atteint 2 grammes pour un adulte. Toutefois Spengler a vu des eiïets toxiques produits chez un enfant de quatre ans par celte même dose de 20 centigrammes, mais cela doit être exceptionnel, car les autres praticiens qui l'ont employée (Galloud, Voillemier, Tuccinei, Smith, etc.) n'ont rien observé de semblable.
La sûreté d'action, ajoutée à l'insipidité, fait de la Santonine un médicament recommandable contre les ascarides et les oxyures vermiculaires. Elle est surtout efficace contre les lombrics, et n'a que peu de prise sur les oxyures, si ce n'est en lavement.
SfJNK n'ÉGYPTE.
La Santonine peut être donnée en poudre, aux doses précitées. Calloud en a fait des tablettes qui contiennent environ 2 centigrammes et demi de substance active, et dont on fait prendre deux à dix par jour aux enfants.
Van den Corput l'associe au calomel dans la proportion d'un cinquième pour quatre cinquièmes de protochlorure, et fait prendre en quatre prises dans l'espace de quarante- huit heures, 15 à 25 centigrammes de Santonine avec 75 centigrammes à 1 gramme de sel mercuriel.
Action physiologique et usages. — Après ce que nous venons de dire du principe actif du Scmen-eontra, il est superflu d'insister sur les propriétés physiologiques et médicinales de ce médicament.
Employé autrefois comme stomachique, résolutif, antispasmodique, etc., le Semen-contra n'est usité maintenant que comme vermifuge, en poudre, à la dose de h à 8 grammes, chez les adultes, moitié moindre chez les enfants, répétée, s'il y a lieu, deux ou trois jours de suite; en infusion, à dose double dans 500 grammes d'eau. On en fait des bols, des opiats. Il entre dans le Pain d'épice vermifuge et dans la plupart des préparations anthelminthiques. On l'associe à des aromates ou à des purgatifs pour augmenter son pouvoir vermifuge.
SÉXÉ D'ÉGTPTE, dit SÉNÉ PALTE, Cassia acutifolia, Del i le. — Lêgumineuses-Cassiées.
Angl. Senno. — Ail. Sennesblàtter.
Il existe dans le commerce plusieurs espèces de Sénés : l°le Séné d'Egypte, fourni par le Cassia acutifolia, qui croît dans les vallées à l'est et au sud d'Assouan; '2° le Séné d'Alep ou d'Italie, qui provient du C. obovata; 3° le Séné de Tripoli, du C, œthiopica ; h° le Séné de la Mecque, du C. lanceolata ; 5° le Séné d 'Amérique, produit par le Cassia marylandica.
Quoique le Séné adopté par le Codex soil rapporté au seul Cassia acutifolia, on y trouve cependant mêlées des feuilles du C. obovata, et parfois du C. œthiopica, sans compter celles du CynanchumArguel, et du Tephrosia apollinea.
Composition. — D'après l'analyse de Lassaigne et Feneulle, le Séné pal te ou d' Alexandrie contient : cathartine, matière colorante jaune, huile volatile, huile fixe, albumine, mucus, acide malique, ma la te et tartrate de chaux, acétate de potasse, sels minéraux et ligneux.
L' 'huile volatile possède une odeur et une saveur nauséeuses. Veau distillée de Séné, qui en renferme, agit comme un doux laxatif.
La Cathartine, ou principe purgatif, d'une odeur spéciale, d'un goût amer et nauséeux, très-soluble dans l'eau et l'alcool, insoluble dans lether est un composé ternaire, neutre. 15 à 20 centigrammes de cette substance occasionnent des nausées, des coliques et des évacuations alvines.
Action physiologique. — Le Séné est un purgatif énergique et constant, qui se distingue de tous les autres par la prédominance de son action sur les libres contractiles de l'intestin.
Ingéré dans l'estomac, il produit habituellement des nausées, des coliques £tdes tranchées, accompagnées de borborygmes; puis des selles plus ou moins répétées, féculentes et non séreuses, ainsi que le remarquent justement Trousseau et Pidoux, qui insistent aussi avec raison sur l'intensité des coliques et des contractions péristaltiques. Lorsque la dose est forte, cette action hypercinétique ou convulsivante se propage aux fibres musculaires des autres organes abdominaux, notamment de l'utérus et de la vessie, donnant lieu parfois chez les femmes grosses à des décollements placentaires, à des hémorrhagies utérines et des avortements, ou bien à des accouchements prématurés. Le Séné provoque aussi des flux hémorrhoïdaux et l'éruption menstruelle. Du côté de la circulation il produit prompiement de la dépression, et ensuite de l'excitation se traduisant par l'état du pouls, d'abord faible et ralenti, puis fort et plus fréquent, ainsi que par le refroidissement périphérique primitif, suivi d'une élévation consécutive de température. Ces deux périodes correspondent aux deux phases successives : de symptômes exclusivement abdominaux d'une part, et secondairement, de réaction générale.
En somme, le Séné excite la sensibilité de la muqueuse gastro-intestinale, occasionne un peu d'hypercriuie et beaucoup de coliques et de spasmes musculaires, comme s'il portait, par l'intermédiaire des nerfs eisodiques, son irritation sur le centre spinal qui gouverne les mouvements des intestins, de l'utérus et de la vessie. Son action est en effet trop prompte pour rendre vraisemblable la nécessité de son absorption préalable et de sa translation à la moelle épinière. Le fait de l'absorption n'en est pas moins réel, carie lait des nourrices qui se purgent avec du Séné devient purgatif pour leur nourrisson, ce qui prouve en même temps que la- Cathartine est éliminée par les mamelles. Une fois introduite dans la circulation, cette substance peut donc agir directement sur le centre spinal, ou bien être excrétée par l'intestin, et d'une manière ou d'une autre déterminer des effets purgatifs.
Les diverses espèces de Sénés ne possèdent pas exactement la même intensité d'action. Au premier rang se place le Séné officinal ou d'Egypte. Les follicules sont aussi moins actifs que les feuilles. Mais ce qui accroît singulièrement la violence de celles-ci, ce sont les feuilles d'Arguel [Cynanelium Arguel) et de Redoul {Coriaria myrtifolia), qui s'y trouvent quelquefois mêlées par fraude, et leur communiquent des propriétés toxiques redoutables (Rouillure, Delile, Nectoux, Pugnet).
Substances synergiques, auxiliaires. — Les purgatifs en général sont plus ou moins synergiques du Séné, qui, en qualité d'hypercinétique ou convulsivant, se trouve avoir des analogies étroites avec le Dompte-venin, l'Arguel, la Coque du Levant, la Noix vomique, etc., même avec les astringents, y compris le Café. Les correctifs qu'on lui donne habituellement sont le Thé, le Café, et, comme pour les autres purgatifs, les substances aromatiques. Seulement il y a lieu de se demander si cette combinaison d'agents est toujours bien rationnelle, et si plutôt que d'amoindrir les effets du Séné par l'action
SÉNÉ D'ÊGYPTE.
contraire des aromatiques, par exemple, il ne vaudrait pas mieux diminuer la dose de la substance purgative sans préjudice d'une petite quantité d'un correctif s'adressant à ses qualités olfactives et gustatives.
Substances antagonistes, incompatibles. — L'opium, les narcotiques et les stupéfiants, les stimulants diffusibles à haute dose, nuisent à la plénitude des effets physiologiques du Séné. Les préparations opiacées sont spécialement propres à atténuer l'action excessive de la Cathartine.
Usages. — L'action convulsivante du Séné sur la tunique musculaire de l'intestin en fait un agent précieux de la médication évacuante dans les cas de constipation invincible, d'engouement stercoral ou herniaire, de volvulus, d'iléus, et généralement de ce qu'on réunit sous le titre d'occlusions intestinales. Pour triompher de ces obstacles, des doses fortes sont indispensables, et de plus elles doivent avoir pour auxiliaires des substances qui, telles que les sels neutres, font pleuvoir dans le canal alimentaire une plus grande abondance de mucus et de sérosité.
A dose faible, le Séné, associé à différents laxatifs, est l'un des meilleurs moyens d'assurer la liberté du ventre chez les personnes sujettes h une constipation habituelle de nature atonique.
Aussi ce purgatif était-il très-fréquemment employé, malgré son goût détestable et nauséabond, malgré ses effets irritants et douloureux, toutes les fois qu'une action énergique était réclamée par les conditions morbides. Cependant le Séné est formellement conlrc-indiqué dans les cas d'inflammation du canal alimentaire et du péritoine, chez les hémorrhoïdaires, chez les femmes grosses ou sujettes aux ménorrhagies, ou affectées de prolapsus utérin : ou rectal. L'action stimulante qu'il exerce sur la circulation le rend aussi moins opportun que les purgations salines ou l'huile de Ricin dans les maladies aiguës fébriles.
Modes D'ADMINISTRATION et doses. — On ne donne presque jamais U à 8 grammes de poudre de feuilles de Séné comme purgatif; mais quelquefois Vinfusion de 15 grammes de Séné pake dans 200 grammes d'eau, à prendre en une seule fois. L'eau simple peut être remplacée par de la décoction de pruneaux, qui masque bien le Séné pour les enfants et les personnes délicates. Pour les premiers, on ne ferait plus prendre la dose ri-dessus Que par fractions.
V extrait de Séné est inusité.
La Médecine noire, ou Potion purgative^ est un apozème composé de Séné, de Rhubarbe, de Manne et de sulfate de soude, que nos palais repoussen! et qui n'est presque jamais conseillé.
La Tisane royale se compose de Séné, sulfate de soude, Cerfeuil et Pittlpreiielleââ, 1.") grammes ; Coriandre, 'i grammes; eau tiède, 1 litre; el Citron en tranches, n° i. A prendre dans la matinée en plusieurs fois.
Le Thé de Saint-Germain est un purgatif doux, dont voici une recelte donnée par Bon chardat, d'après PieHol : Feuilles de Séné préparées à l'alcool ,
125 grammes; fleurs de Sureau, 60 grammes; semeuces d'Auis et de Fenouil, aa 25 grammes; crème de tartre, 20 grammes. Le Thé de Smyrne, d'Étienne, est une préparation analogue. Les follicules de Séné servent aux mêmes usages que les feuilles, mais à doses plus fortes. La Catharline ne s'est pas encore introduite dans la pratique, mais un pharmacien de Paris a réalisé un progrès sensible en fabriquant des capsules purgatives (Laroze) chargées des principes actifs du Séné, sous une forme tellement condensée, que quatre ou cinq de ces capsules suffisent pour déterminer une purgation complète.
séneçon, Senecio vulgaris, L. — Composées ou Synanthérées-Séné-
CIONIDÉES.
Angl. Rounalsel. — Ail. Gemeine Kreuzkraut.
Cette plante, une de celles qui pullulent davantage dans nos climats, n'a qu'une saveur fade, herbacée, et passe non-seulement pour fondante et résolutive (Boerhaave), mais pour antispasmodique (Finazzi), anthelminthique (Ray, Tournefort), enfin pour émétique et purgative, aux yeux d'un grand nombre de vieux praticiens. Rien de tout cela n'est démontré, ni même vraisemblable, et l'on a bien fait de renoncer au suc, à la décoction et aux cataplasmes de Séneçon vulgaire.
SERPENTAIRE IMG VIRGINIE. — Voy. ARISTOLOCHE SERPENTAIRE.
serpolet, Thymus Serpyllum,L. — Labiées.
Angl. Mother of Thyme, Lemon Thyme. — Ail. Quendel.
Le Serpolet, connu de tout le monde, couvre les terrains secs et en plein soleil de véritables tapis embaumés. Son odeur, toujours agréable, ressemble dans une variété à celle du Citron.
COMPOSITION. — Herberger a trouvé dans le Serpolet : huile volatile, matière grasse, chlorophylle, tannin précipitant en vert les sels ferriques, carbonates et sulfates de potasse et de chaux, etc. V huile volatile, très-fragrante et caustique, dépose du camphre. Elle est donc composée d'un stéaroptène dissous dans un éléoptène commun à la plupart des essences de la famille.
Action physiologique et usages. — • De même que les autres Labiées aromatiques, le Serpolet jouit de propriétés stimulantes, antispasmodiques, anticatarrhales, céphaliques, diurétiques, emménagogues, etc.
On s'en sert en infusion théiforme dans certaines dyspepsies, dans l'hypochondrie, la mélancolie, dans les catarrhes chroniques des bronches, dans l'aménorrhée, l'anasarque et les états de débilité. Cette même infusion dissipe l'ivresse alcoolique (Linné). On en prépare des bains toniques et fortifiants, des fomentations stimulantes et résolutives. Vinfusion se prépare avec h à 8 grammes de sommités fleuries dans 500 grammes d'eau bouillante.
L' huile essentielle entre quelquefois dans les potions cordiales ; on en met une ou deux gouttes dans les dents cariées.
SÏMAROUBA. 329
SÉSÉM de Marseille, Seseli tortuôsum, L. — 0\ir,ErjJFi'RES-SKSf(-
LJNÉES.
Angl. Frcnch Hartivort. — Ail. Bùsçhelbluttriger Seseli.
Le Sésèli officinal, ou Fenouil tortu, qui vient en Provence, porte des semences à peine du volume de celles de l'Anis et d'une odeur un peu analogue, qui sont réputées stomachiques, carminatives, anthelminlhiques, diurétiques, anticatarrhales et emménagogues.
Elles entrent dans X Eau générale, le Mithridate et la Tliériaque.
sniMtoiitv Simaruba officinale, DC; Qacmia Simaruba, h. fils. —
RUTACÉES-SlMAROURÉES.
Angl. Bitter Sirnarouba or mountain Damson . — Ail. Simaroubarinde, Uuhrrindc.
C'est un arbre de Cayennc qui croît aussi aux Antilles, à la Louisiane et à la Caroline, et dont l'écorce de la racine appartient à la matière médicale.
Composition. — Morin y a constaté les principes suivants : quassine, résine fragile, huile volatile, aromatique, ayant l'odeur de Benjoin, fibre ligneuse, alumine, sel ammoniacal, acide malique et trace d'acide gallique, malate et oxalate de chaux, oxyde de fer et silice. Pfaiïy ajoute du mucilage constituant un quart du poids de l'écorce.
xVgtion physiologique. — Le Sirnarouba possède une amertume intense, semblable à celle du Quassi, et exempte d'astringencc marquée, mais légèrement aromatique. A dose faible, il n'agit pas autrement que les amers francs; en plus grande quantité, il purge et fait vomir, provoque la transpiration et la sécrétion urinaire.
Les Nègres en sont moins affectés que les blancs (Wright).
Usages. — Desbois de Ilochefort le classe parmi les émé tiques, et Bichat propose de le substituer à l'Ipécacuanha. Toutefois on ne s'en sert qu'à titre d'amer et de tonique dans l'anorexie, la dyspepsie et les lièvres intermittentes. Le Sirnarouba a été principalement recommandé dans les conditions asthéniques et la forme chronique de la dysenterie, seul ou uni à l'Opium (Ant. de Jussieu, Wright, O'Brien, etc.). On l'a aussi administré dans les fièvres continues graves, les scrofules, l'hydropisie, la chlorose, la diarrhée chronique et la tympanite intestinale (Degner, Pringle, Tissot, AVerlhof, etc. ). Sa propriété émétique le rendrait peut-être utile même dans les premières périodes de la dysenterie (Mérat et de Lens).
Modes d'administration et doses. — Le Sirnarouba se donne en poudre à la dose de 60 centigrammes à 2 grammes. On en prend 8 grammes en infusion dans 500 grammes d'eau et autant en décoction. V extrait se prescrivait à la dose de 20 à 25 centigrammes ; il est inusité, ainsi que le sirop.
soude commune, Salsola, Soda, L., et soude épineuse, Sahola Tragus, L. — Chénopodacées.
Angl. Soda. — Ail. Soda.
Ces deux Salsola sont des espèces halophytes, c'est-à-dire habitant les marais salés du bord de la mer ou des régions mêditerriennes salifères, telles que certains cantons de la Lorraine. On les cultive même pour en obtenir le carbonate de soude impur (voy. ce mot), également fourni par le Salsola Kali, par plusieurs Salicornia, par des Atriplex et des C henopodium.
Ces diverses plantes, réunies et séchées, sont soumises à l'incinération. Leur cendre constitue la Soude du commerce, qu'on fabrique surtout en Languedoc. Celle d'Àigues-Mortes s'appelle Blanquette, et celle de Narbonne Salicor (angl. Baril la). Pour ce qui regarde l'usage thérapeutique, voyez Carbonate