SCOLOPENDRE
L'action expectorante de la Scillc est beaucoup plus incertaine ; cependant on y a recours quelquefois avec avantage, non dans les affections thoraciques aiguës, mais dans les rhumes qui se prolongent, dans le catarrhe chronique simple ou compliqué d'emphysème.
Plus rarement on recherche les effets émétiquesde la Scillc, parce qu'ils sont inconstants et ne s'obtiennent souvent qu'au prix d'une irritation fâcheuse de la muqueuse gastrique. Cet inconvénient est d'autant plus regrettable, que le vomissement est éminemment favorable, non-seulement à l'expectoration des mucosités bronchiques, mais encore à l'hypercrinie des canaux aériens.
Modes d'administration et doses. — La Scille se donne en poudre, à la dose de 10 à 30 centigrammes; en teinture, à celle de 20 à 30 gouttes. L'extrait n'est pas usité.
Le Vin scillitique se donne par cuillerées à café. Le Vinaigre scillitique, pur, est réservé pour l'usage externe, mais il entre dans une préparation souvent employée : c'est YOxymel scillitique, qu'on prescrit à la dose de 15, 30 ou même 60 grammes par jour. Il entre dans des potions diurétiques et sert à édulcorerdes tisanes. Le Miel scillitique se donne à la même dose.
En Angleterre, on donne le Sirop de Scille et le Sirop de Scille composé, dans lequel entrent le Sénéga et le Tartre slibié (c'est le Coxe's ftive Sirup). Contrairement à ce qui a lieu pour tous les autres sirops, celui-ci ne se donne qu'à la dose de 5 à 15 gouttes pour les enfants, et à celle de 2 à 8 grammes pour les adultes.
Le Vin scillitique amer (Vin diurétique amer de la Charité) renferme des écorcesde Quinquina gris, de Win ter et de Citron, ââ 60 grammes; des racines d'Aselépias, d'Angélique, des bulbes de Scille, àâ 15 grammes; des feuilles d'Absinthe et de Mélisse, âà 30 grammes ; des baies de Genièvre et du Macis, âà 15 grammes ; le tout macéré dans k kilogrammes de vin blanc. La proportion de la Scillc est relativement faible, et son action est entièrement effacée par celle des substances a mères, astringentes et aromatiques. Ce vin s'administre à la dose de 50 à 100 grammes par jour. Trousseau a donné la formule d'un autre Vin diurétique, dit de V Hôtel -Dieu, dans lequel il fait entrer : haies de Genièvre, 50 grammes; Scille, 5 grammes, et feuilles de Digitale, 16 grammes, pour 750 grammes de vin blanc. C'est une excellente préparation qui rend des services dans un grand nombre de cas.
On associe fréquemment la Scille à la Digitale, à la Scammonée et au calomel, dans les formules magistrales.
scolopendre, Scolopendrium officinale, Siiiilh. — Fougères. Angl. Harfs tongue. — AU. Hirsckzunge.
Cette Fougère indigène croît dans les puits et les rochers humides. Llle est à peu près inerte et fort peu usitée maintenant. On l'a crue pectorale et sudorifique, astringente et vulnéraire, diurétique et désobstruante. Le fait est que desséchée, elle ne conserve môme pas son goût légèrement styptique; que son
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odeur aromatique est à peine sensible, et qu'elle ne produit aucun effet physiologique notable.
scormuui ou germandrée D'EAU, 1 eucrium Scordium, L. —
Labiées.
Angl. Water Germander . — AU. Knoblausgamander.
Le Scordium habite en France les lieux humides et le bord des eaux. C'est une plante fortement amère, aromatique, dont l'odeur rappelle un peu celle de l'Ail, et que ses propriétés organoleptiques, autant que l'expérience de tous les âges, désignent comme un agent vraiment énergique et trop délaissé de notre matière médicale indigène. Winkelber y a découvert un rincipe particulier doué d'une grande amertume qu'il communique à l'eau bouillante. Malgré cela, le Scordium serait peut-être entièrement oublié, s'il ne donnait son nom à l'une des meilleures confections de la Pharmacopée galénique. Cependant le Scordium est réellement utile comme tonique et anticatarrhal, dans la torpeur et le relâchement des organes digestifs, dans l'asthénie générale, le scorbut, les dyscrasies et les cachexies, dans les flux muqueux des bronches, contre les ulcères sanieux, la gangrène, etc.
Le Scordium se prend en infusion, à la dose d'une petite poignée dans 750 grammes d'eau. Le suc a été donné à la dose de k à 8 grammes, avec ou sans excipient. Veau distillée, les sirops, Vextrait et la teinture sont inusités; mais en revanche on se sert habituellement du Diascordium, dont il fait partie constituante.
SCROFULAIRE, Scrofularia nodosa, L. — Scrofulariacées. Angl. Figwort. — Ail. Braunivurzel.
La grande Scrofulaire, dont on emploie les racines et les sommités fleuries, est une plante commune dans les lieux couverts des campagnes de presque toute l'Europe.
Elle est d'un goût amer et acre, d'une odeur forte et nauséeuse, qui prôduitune irritation locale, et elle paraît pouvoir agir comme excitant lorsqu'elle est introduite dans les voies digestives.
En qualité d'âcre et d'irritant, elle peut guérir la gale; on conçoit aussi qu'elle rende quelques services contre la scrofule, en échauffant les tumeurs et les foyers indolents de manière à en accélérer la résolution, ou bien la foule purulente et l'évacuation ; mais son action interne dans la diathèse scrofuleuse est peu probable. On l'a conseillée en gargarisme, mais il est vraisemblable qu'elle ne réussissait que dans les cas d'angine glanduleuse ou muqueuse chronique, à titre de substitutif, ou bien comme stimulante dans le prolapsus de la luette. Faut-il voir un effet semblable daus sa prétendue efficacité contre les hémorrhoïdes ? Ses semences passent pour vermifuges, ce qui donnerait une certaine consistance à cette idée.
On employait Veau distillée contre les taches de rousseur, et la décoction