SUCCIN
suctiN ou harabé. Résine fossile.
Angl. Amber. — AU. Bernstein.
Le Succin ou Ambre jaune se rencontre au voisinage de la mer, en Provence et en Picardie, mais surtout sur les bords de la Baltique, où l'on en fait une récolte suivie.
Composition. — Il renferme, selon Berzelius : huile odoriférante, intimement combinée avec une résine jaune entièrement soluble dans l'alcool, l'éther et les alcalis; résine difficilement soluble dans l'alcool froid, mais soluble dans l'éther et les alcalis; acide succiniqne, et principe (bitume) insoluble dans les menstrues qui viennent d'être nommés, mais facilement soluble dans le chloroforme, et constituant alors le vernis d'Ambre, usité en photographie.
V huile volatile est un irritant local, énergique, qui agit comme rubéfiant et s'emploie quelquefois en friction contre le rhumatisme et la paralysie. A l'intérieur, c'est un stimulant diiïusible qu'on prescrit à la dose de 10 à 15 gouttes dans l'hystérie et l'aménorrhée. Elle entre dans la Teinture d'Ammoniaque composée. On la transforme, à l'aide d'acide nitrique concentré, en une résine d'un jaune orangé, ayant une odeur musquée, et désignée sous le nom de Musc artificiel. Cette substance, réputée antispasmodique et nervine, a été employée dans la coqueluche et les fièvres nerveuses, sous forme de teinture, à la dose de 3 à h grammes.
V acide Succinique (C8H507) est soluble dans l'eau et l'alcool, mais non dans l'essence de térébenthine. Il possède des propriétés stimulantes antispasmodiques, diurétiques et diaphoré tiques. On l'emploie dans la goutte et le rhumatisme chroniques, dans les éruptions rétrocédées et les crampes. La dose est de 30 centigrammes à 1 gramme.
Action physiologique et usages. — Le Succin ne prend d'odeur marquée que par le frottement; sa saveur est acre, bitumineuse et désagréable. Ses elîels physiologiques, d'ailleurs fort peu sensibles, sont ceux des balsamiques en général.
L'Ambre jaune a joui autrefois d'une grande réputation comme antispasmodique, anlicatarrhal, aphrodisiaque et emménagogue. On le donnait en poudref à la dose de 50 centigrammes à k grammes.
La teinture de Succin est souvent employée à la dose de 2 à l\ grammes dans une potion.
Les vapeurs qui se dégagent du Succin projeté sur des charbons ardents ont été conseillées contre les douleurs, et pour fortifier les parties qu'on y expose.
Les colliers d'Ambre^ qu'on mettait jadis autour du cou des enfants, passaient pour avoir La vertu de favoriser révolution dentaire et de prévenir les convulsions. Nous pensons avec Mérat et de Lens, Trousseau et Natalis Guillot, qu'ils n'ont d'autre mérite que d'empêcher l'intertrigo du cou chez les petits enfants trop gras.
GUBLER. 22
Le Succin et ses préparations entrent dans une multitude d'anciens médicaments, parmi lesquels le Baume de FioravanU, VEau de Luce et le Sirop de Karabé, qui est opiacé, sont les seuls qu'on prescrive quelquefois. L'Eau de Luce est une teinture alcoolique de Succin, additionnée de savon médicinal, de Baume de la Mecque et d'Ammoniaque, qu'on prescrit à la dose de 10 à 20 gouttes dans un verre d'eau ou dans une potion.
SUCRE DE canne, extrait de la Canne à sucre (Saccharum officinarum, L.). — Graminées; efde la Betterave [Beta vulgaris, L.). — Chéno-
PODACÉES.
Angl. Sugar. — AU. Zucker.
La Canne à sucre, ou Cannamelle (angl. Sugar Cane), probablement originaire de l'Inde, est cultivée sous les tropiques, en Asie, en Afrique et dans le nouveau continent. La Betterave, principalement cultivée dans le nord de la France pour l'extraction du sucre, est une variété à racines succulentes d'une espèce indigène dont le type est le Beta maritima.
Le Sacre de Canne (C12HnOn) se distingue des autres principes sucrés par sa belle cristallisation et par son goût exquis. Il se dissout à parties égales dans l'eau froide, en toute proportion dans l'eau bouillante, et seulement dans 50 parties d'alcool. Il est absolument insoluble dans l'éther.
Le sucre est un aliment respiratoire, exceptionnellement un aliment plastique, puisque les Nègres s'en nourrissent parfois exclusivement, et toujours un condiment fort agréable, dont on fait une consommation progressivement croissante dans les pays civilisés. Il se présente sous plusieurs formes. La plus ordinaire est le Sucre blanc raffiné. Une autre est le Sucre candi blanc ou jaune, en gros cristaux. Puis nous trouvons les sucres plus ou moins impurs, connus sous les noms de Cassonade et de Moscouade, ainsi que les Mélasses, distinguées par les Anglais en Mélasse proprement dite et en Treacle. Dans les colonies on fait aussi usage du Suc sirupeux de la Canne.
Le Sucre d'Orge n'est autre que du Sucre de Canne fondu, rapidement solidifié et passé à l'état vitreux. Enfin le Caramel, ou sucre brûlé, est une substance acide qui a pour formule C,2H909.
ACTION physiologique. — Le Sucre, par l'impression vive et agréable qu'il produit sur l'organe du goût, excite la sécrétion salivaire et prépare l'activité gastrique, à laquelle il fournit d'ailleurs un objet. Introduit dans la circulation sanguine, il devient un combustible et contribue à la formation des matières grasses de l'économie. Il entretient donc la respiration et tend à augmenter la surcharge graisseuse.
Pris en trop grande quantité, le Sucre se transforme partiellement en acide lactique, en présence de l'épithélium buccal ou des spores de Mucédinées, fréquentes dans les détritus des premières voies, rend la bouche épaisse, pâteuse et acide, agace et corrode les dents, échauffe, constipe, donne la soif, oblitère l'appétit et cause de l'embarras gastrique. Le superflu peut passer dans