‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 130 sur 276 · VALÉRIANE SAUVAGE · texte numérisé non relu

VALÉRIANE SAUVAGE

Il suffirait, d'après cela, de déterminer la série des étals morbides dans lesquels les désordres nerveux résultent d'un défaut de stimulus pour dresser du même coup la liste des cas qui réclament l'emploi des préparations de Valériane,

Sans être en mesure de réaliser ce progrès, nous pouvons cependant faire voir que certains faits expérimentaux s'accordent avec ces vues théoriques. Ainsi la Valériane est impuissante à guérir l'épiîepsie franche et les convulsions symptomatiques de la méningo-encéphalite ou des tumeurs cérébrales, c'est-àdire celles qui dépendent manifestement d'un état irritatif ou d'un excès de stimulus; elle ne compte des succès que dans les formes essentiellement asthéniques des désordres nerveux qui surviennent chez les sujets anémiques, énervés, et spécialement chez les femmes débiles, dites nerveuses ou hystériques.

En somme, malgré l'exemple fameux de Fabius Columna, la Valériane est d'une faible ressource contre l'épiîepsie proprement dite : les succès qu'on a obtenus se rapportent à des cas d'hystérie épileptiforme ; mais son efficacité est plus prononcée dans t'hystéricisme simple, les spasmes, les vapeurs et ce qu'on appelle les maux de nerfs, dans les différents troubles fonctionnels caractérisés par la torpeur et la débilité générales, la faiblesse du pouîs,Ie vertige et l'insomnie anémiques, la réfrigération, le tremblement musculaire, les névralgies et autres symptômes d'un défaut de stimulation. Trousseau et Fidoux insistent particulièrement sur l'utilité de la Valériane contre les vertiges asthéniques.

Cet antispasmodique stimulant est encore appelé à rendre des services dans les flatuosités, les palpitations, l'aphonie, les paralysies du mouvement et de la sensibilité, symptômes purement nerveux liés à l'état hystérique. La Valériane convient également à quelques hypochondriaques et dans certaines formes de fièvre nerveuse où les phénomènes inflammatoires sont peu accusés. Elle a été employée avec beaucoup d'avantages, par Rayer, dans plusieurs cas de polydipsie, alors que parfois diverses autres médications, et notamment les opiacés, avaient échoué.

Enfin, la Valériane a été conseillée dans l'asthme nerveux, dans l'amblyopie, probablement anesthé tique et dans l'anaphrodisie.

Modes d'administration et doses. — On peut employer la Valériane en substance, ou des préparations de cette racine par l'eau, l'alcool et J'éther, ou bien encore son huile essentielle.

La poudre se prend à la dose de 1 à 10 grammes. C'est une forme très-sûre qui n'a que l'inconvénient d être trop massive.

Veau distillée de Valériane est peu usitée. La tisane, par infusion ou macération de 10 grammes de racine dans un litre d'eau, lest davantage.

La teinture alcoolique et la teinture éthérée sont rarement employées, la première, à la dose de 5 à 15 grammes, la seconde à celle de 2 grammes seulement. \S extrait de Valériane fluide n'est autre qu'une teinture alcoo-

36/î SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX.

lique-éthérée réduite par l 'évapora don, et dont on prend 10 à 30 gouttes dans un peu d'eau.

Vextrait de Valériane est la préparation la plus employée : il se donne à la dose de 2 à k grammes en pilules de 25 à 50 centigrammes.

V essence de Valériane se prescrit à la dose de 6 à 10 gouttes dans une potion (Baraillier).

Les combinaisons de l'acide valérianique avec les bases ont été souvent recommandées sans avoir pu conserver leur vogue momentanée. C'est qu'en effet, l'acide valérique ne représente qu'une partie des principes actifs de la plante, et les sels qu'il forme agissent principalement par leur composant électro-positif. Tels sont les valérianates de fer, de zinc et de quinine, Il est donc beaucoup plus commode et plus sûr d'employer les préparations usuelles de ces bases, sauf à leur associer l'extrait de Valériane. La seule association véritablement utile, à mon avis, est celle de l'ammoniaque avec les principes immédiats de la Valériane officinale, non pour faire un sel défini, mais pour donner à la plante, un auxiliaire puissant, qui en décuple, pour ainsi dire, l'action, comme cela s'observe; à l'égard du castoréum, du musc et de quelques autres antispasmodiques.

La teinture de Valériane ammoniacale, à la dose de 2 à U grammes, est peut-être la meilleure préparation au point de vue de la puissance stimulante.

Le Valérianate d'ammoniaque de Pierlot s'en rapprocbe beaucoup, puisqu'il renferme, outre le sel ammoniacal, une proportion considérable d'extrait alcoolique contenant tous les principes actifs de la racine. La dose du Valérianate d'ammoniaque pur (Laboureur et Fontaine) est de 10 à 50 centigrammes; celle de la Liqueur de Pierlot est de 6 à 30 gouttes, dans une potion.

Le Valérianate de zinc, introduit dans la matière médicale par le prince L. Lucien Bonaparte, a été employé en poudre, en pilules et en potion, à la dose de 10 à 20 centigrammes par jour (Devay) contre les névralgies faciales, les migraines, etc. S'il était démontré que cette combinaison fût efficace, il serait plus économique, selon la remarque de Trousseau et Pidoux, de réunir dans une même formule l'oxyde de zinc et la poudre ou l'extrait de Valériane.

Nous ferons la même réflexion relativement aux Valérianates de fer et de quinine, lesquels, pas plus que le précédent, ne se trouvent dans le commerce à l'état de sels bien définis, mais sont souvent représentés, soit par du bisulfate de quinine, soit par un sel de fer quelconque, additionnés l'un et l'autre d'huile volatile de Valériane.

vanille, Vanilla sativa, Schied. — Orchidées. Angl. et ail. Vanilla.

La Vanille est fournie par plusieurs espèces du genre Vanilla: les Vanilla sativa et V. sylvestris, originaires du Mexique; les Vanilla: aromatim, du

V AREC VÉSICULEUX. Î>(m

Brésil; V. guyanensis, de Surinam; V. palmarum de Bahia, et K /mmw- ;jowff, du Mexique. Seulement la meilleure sorte appartient au Vanilla sativa.

Composition. — Bucholz a trouvé dans la Vanille givrée ou cristallisée, les principes suivants : huile fixe odorante, résine molle, extractif amer avec un peu d'acétate de potasse, extractif astringent, acide et amer, extractif doux, matière sucrée avec acide benzoïque, gomme, amidon, ligneux, acide benzoïque et quelques autres matières. Les cendres renferment des carbonates de soude, potasse, chaux et magnésie, du sulfate de chaux et d'autres sulfates, de l'alumine, des oxydes de fer et de cuivre.

La nature du principe odorant est encore mal connue. Les cristaux qui forment du givre à la surface de la gousse sont considérés comme de l'acide benzoïque.

Action physiologique. — Usages. — La Vanille est un stimulant aromatique voisin du baume du Pérou. Elle passe pour avoir des effets exhilarants, et pour accroître la force musculaire et la puissance génésique. La présence d'une forte proportion d'acide benzoïque peut en faire un moyen de diminuer l'acide in ique chez les goutteux ; mais on ne l'a employée jusqu'ici que dans la mélancolie, L'hystérie, la frigidité, le rhumatisme chronique, la fièvre adynamique, etc.

On s'en sert en parfumerie et comme moyen d'aromatiser les crèmes, les glaces, les liqueurs, le chocolat.

Modes d'administration et doses. — La Vanille s'administre en poudre et en teinture alcoolique: la première, à la dose de 50 centigrammes, mêlée à de la poudre de sucre ; la seconde, appelée aussi essence de Vanille, à la dose de 8 grammes dans une potion.

Y AREC VÉSICtHLEUX, Fucus vesiculosus, L. — ALGUES-FUCACÉES. Vngl. Commonsea Wrack.- — Ail. Meerauswurf.

Le Varec vésiculeux habile les bords de la mer dans toutes les contrées du globe.

COMPOSITION.— Ce Fucus, d'après Gaultier de Claubry et d'autres chimistes, est composé de : cellulose, mucilage (carragahéenine) , mannite, huile odorante, matière colorante et amère, sulfates de potasse, soude, chaux et magnésie, chlorure et iodure de sodium, phosphates de fer et de chaux, oxyde de fer et silice.

Brûlé à l'air libre, il laisse des cendres connues sous le nom de Soude (angl. Kelp); calciné en vase clos, il donne un charbon appelé Ethiops végétal, et qui retient avec le carbone et les sels une petite proportion d'iode, laquelle peut cependant faire défaut.

Action physiologique. — l sages. — Le Varec vésiculeux, d'un goût nauséeux et d'une odeur forte de plante marine, est comestible pour les chevaux et les ruminants, et ne détermine chez eux aucun symptôme apparent et

SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES AIN iM AUX.

caractéristique. Cependant on a signalé chez l'homme l'excitation de l'estomac et l'activité accrue du travail digestif, ainsi que l'augmentation de la sécrétion urinaire. L'action lente qu'il exerce sur l'économie animale est du genre de celles qu'on nomme altérantes, et se rapporte sans doute à la présence des seuls neutres qu'il renferme en abondance, et surtout à la petite proportion de son iodure de sodium.

Le Fucus vesiculosus, agissant à la manière des doses faibles d'Iode, modifie par conséquent la circulation capillaire, et fait prédominer le mouvement de dénutrition sur celui de composition, d'où la résorption de la graisse en réserve, des exsudais plastiques et des tissus non complètement organisés. Aussi cette Algue, employée déjà par Gaubius et Baster comme fondant, et appliquée par Russell à la guérison du goitre avant la découverte de Courtois, a-t-elle été vantée dans ces derniers temps comme moyen de faire maigrir.

Modes d'administration et doses. — Le docteur Ducliesne-Duparc prescrit la poudre, V extrait hydro -alcoolique et ia décoction contre l'obésité.

V extrait mêlé à la poudre sous forme pilulairc, dans la proportion de : extrait hydro-alcoolique de Fucus, 30 grammes; poudre, 5 grammes, se prend à la dose de 1 à 2U grammes par jour.

La décoction se prépare avec 10 à 20 grammes de plante sèche dans un litre d'eau. On a fait aussi des cigarettes de Fucus.

L'Ethiops végétal se donnait, à l'intérieur, à la dose de 25 à 30 centigrammes et davantage, contre le goitre. Russell faisait aussi pratiquer des frictions avec la plante au niveau des parties engorgées.

yélar, TORTEIAE ou herse AU* CHANTRE, Sisymbrium officinale, DC. ; Erysimum officinale, L. — Crucifères. Angl. ffedge Mustard. — AU. Heilsame Hederich. Le Vélar est commun le long des murs et des fossés. C'est une plante chargée de principes irritants. Ses semences agissent à la manière de celles de la Moutarde, et ses feuilles elles-mêmes jouissent de la propriété d'exciter et de faire rougir la peau. Ces effets sont dus probablement à des principes volatils sulfurés, etdès lors il est permis de croire que Y Erysimum possède une double vertu stimulante et altérante, dont l'utilité est manifeste dans les affections chroniques des voies respiratoires. Localement, il excite les parties qu'il touche et provoque les sécrétions bucco-pharyngiennes, et par voisinage ou action réflexe, celles du larynx et des bronches. Après absorption, il modifie l'état général, qui souvent entretient le mal, en même temps qu'il améliore les conditions de la muqueuse aérienne.

Le Vélar, rarement prescrit par les médecins, jouit d'une réputation populaire contre le rhume, l'enrouement et le scorbut, depuis que le chantre de Notre-Dame, dont parle Racine dans ses lettres à Boileau, a composé avec cette herbe un spécifique contre la toux.

Mérat et de Lens disent que les semences sont employées préférablement

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