TÉRÉBENTHINE DE CHIO, TÉRÉBENTHINE DU TÉRÉBINTHE
Pistacia Terebinthus, L. — Térébinthacées-Anacardiées.
Angl. Chianov Cyprus Turpentine. — Ail. Cyprischer Terpenthine.
Le Térébinthe habite la Provence, l'Égypte et tout le Levant. Il fournit une Térébenthine d'un jaune verdâtre et d'une consistance de miel, mais plus glutineuse, d'une saveur douce et d'une odeur agréable, rappelant celle du Citron et du Jasmin.
Ce produit, dont il n'a pas été fait d'analyse chimique exacte, présente vraisemblablement une composition analogue à celle des Térébenthines des Confères, avec des propriétés physiologiques semblables. Lorsqu'on peut se procurer de ia Térébenthine du Térébinthe, on la fait servir aux mêmes usages que celle du Mélèze. Elle a sa place dans les formules de plusieurs onguents et emplâtres, et c'est elle qu'on faisait entrer jadis dans la Thériaquc préparée à Venise.
tmapsie, Thapsia garganica. — Ombellifëres-Thapsiées.
Cette Ombellifère est très-commune en Algérie, surtout dans la province de Constantine. Sa racine contient une résine irritante qu'on en extrait à l'aide de la chaleur, et que Reboulleau et A. Bertherand ont introduite dans la matière médicale.
La résine du Thapsia, appliquée sur la peau, produit successivement la rougeur, la vésiculisation et même la vésication véritable, selon le temps que dure le contact et selon les qualités de la substance. C'est, donc un moyen révulsif d'une grande intensité, et dont l'usage commence à se répandre beaucoup dans la pratique médicale.
Reboulleau prépare un Sparadrap de Thapsia d'une belle couleur jaune, très- adhésif et d'un emploi beaucoup plus commode que l'huile de Croton, qu'il faut préalablement étaler sur le centre d'un emplâtre de diachylum, et qui manque souvent son effet parce qu'elle est de mauvaise qualité.
Vemplâtre de Thapsia fait lever, du jour au lendemain, des myriades de petites vésicules miiiaires sur un fond rougeàtre de peau irritée, sans causer d'ailleurs ni démangeaison excessive ni douleur forte. Quelquefois l'éruption met trente-six heures à se compléter. La dessiccation s'en fait très-rapide-
ment; on la favorise en faisant une onction d'huile d'amandes douces sur la région, ou bien en la poudrant de farine de riz ou d'amidon.
Le Taffetas à la résine de Thapsia, préparé par Leperdriei, jouit des mêmes propriétés.
L'usage externe du Thapsia est le même que celui de l'huile de (Proton ; ses indications sont celles d'un agent énergique de la médication révulsive, On s'en servait anciennement en Barbarie contre les maladies chroniques de la peau.
THÉ, Thea chinensis, Sims. — Ternstroemiacées.
Angl. Black and green Tea. — AH. Schwartz und grùnen Tliee.
Les variétés commerciales du Thé sont nombreuses et se divisent en deux catégories: les Thés verts et les Thés noirs, que plusieurs botanistes rapportent à deux espèces distinctes : le Thea viridis , L. , et le Thea Bohea, L. , aujourd'hui réunies sous le nom de Thea sinensis.
Les différentes variétés de l'arbrisseau qui donne le Thé croissent spontanément dans l'empire chinois et les contrées adjacentes de la Cochinchine.
Composition. — Le Thé renferme une substance volatile, une huile grasse, de la théine, une matière caséeuse, de la gomme, du tannin et du ligneux.
La Théine (Ci6H10Az4O44-H2O2) est un alcaloïde volatil, identique avecfla Caféine, qui se trouve non-seulement dans le Thé et le Café, mais aussi dans le Guarana ou Paulîinia, ainsi que dans le Maté ou Thé du Paraguay. Le Guarana en contient même autant que le meilleur Thé, c'est-à-dire 5,07 pour 1 00. Selon Péligot, le Thé ht/sven, qui est le plus riche, fournit 5,/i0 pour 100 de Théine, tandis que le Thé péko, qui est le plus pauvre, n'en donne que 2,70. Ce chimiste a fait voir aussi que les diverses sortes de Thés l'enferment une quantité notable de caséine, qui en augmente les qualités nutritives. Les auteurs ne sont pas d'accord sur les proportions relatives de tannin, dans les deux sortes principales du Thé. H. Davy et Franck en indiquent une plus forte dans le Thé noir, tandis que, selon Brande et Pereira, il y en aurait davantage dans le Thé vert.
Action physiologique. — Les effets du Thé sont fort analogues à ceux du Café (voy. ce mot). Le tannin, dont il renferme 35 à pour 100, lui donne des propriétés astringentes et toniques; la Théine ou caféine lui communique des qualités stimulantes qui se traduisent par l'accélération des battements du cœur, l'accroissement de l'activité cérébrale et l'insomnie.
Toutefois, dans certaines conditions, le Thé semble exercer un pouvoir sédatif sur le système vasculaire, et augmente la diurèse à la manière de la Digitale.
A haute dose et chez des sujets prédisposés, le Thé donne lieu à des sensations pénibles, et agit comme narcotique. Une forte infusion de cette plante, introduite dans l'abdomen d'une grenouille, a causé la paralysie du train de derrière (Lcttsom). Malgré la différence de ces effets, le Thé, ou plutôt la
THYM. ?>')ï
Théine me semble une de ces substances dynamophores, types des véritables corroborants, qui cèdent de la force aux appareils d'innervation, et remplacent momentanément les aliments de la combustion respiratoire.
Usages. — Le Thé est surtout usité comme aliment. Ses feuilles, infusées dans l'eau bouillante, donnent une boisson aromatique et stimulante, d'un goiït agréable et fort recherchée des peuples qui habitent les contrées froides et humides du globe.
A titre médicamenteux, le Thé est cependant employé très-souvent dans les ndigestïons ou dans les atîections qui réclament l'emploi des stimulants diffusibles et des sudorifiques. Dans ce dernier cas, l'ingestion d'eau très-chaude est plus utile encore que la présence de la théine.
Un qualité de diurétique, le Thé est favorable aux personnes dont les urines sont rares et chargées, aux goutteux et aux graveleux, ainsi qu'aux hydropiques. Mais j'ai remarqué que l'infusion de Thé pousse davantage aux urines quand elle est prise immédiatement après le repas et que le sujet évite la chaleur et les causes de sudation.
Comme stimulant du système nerveux central, on l'emploie, ainsi que \c Café, dans le narcotisme thébaïque, et Clutterbuch le conseille pour dissiper la stupeur des fièvres graves. D'un autre côté, son action vaso-motrice l'a fait recommander par T. Perch ai et Pereira dans les maladies fébriles et inflammatoires, où il paraît avoir donné de bons résultats. Enfin, l'infusion de Thé sert, par son tannin, à neutraliser les effets toxiques des alcaloïdes végétaux et des subsiances qui en renferment.
Modes d'administration et doses. — Rarement on mâche des feuilles de Thé. Presque toujours, au contraire, on les prend en infusion à la dose de à 12 grammes pour 500 grammes d'eau bouillante.
La dose doit varier non-seulement suivant les conditions individuelles et suivant le résultat qu'on veut obtenir, mais aussi suivant l'espèce de Thé employé. Le Thé vert, étant de beaucoup le plus excitant, doit être pris en quantité plus faible.
On fait quelquefois usage de pastilles, ou bonbons de The\ qui ne sont pas de simples friandises, mais peuvent rendre des services réels, soit pour ranimer les forces, soit pour apaiser instantanément, chez certains gastraïgiques, le sentiment de la faim qui n'est alors qu'une hallucination de l'estomac.
THÉ DU PARAGUAY. — Voy. ftlATK.
THYM, Thymus vulgaris, L. ■ — LABIÉES.
Angl. Conuno, i or garden Thyme. — AU. Gerneiner Thymian.
Ce sous-arbrisseau habile les terrains calcaires ou le bord de la mer, dans le midi de la France et le sud-ouest de l'Europe.
COMPOSITION. — Les principaux constituants de celle Labiée sont : huile volatile, tannin, principe amer cl fibre ligneuse. V huile essentielle de Thym,
d'abord rouge, devient blanche par une seconde distillation. Elle se compose, selon Lallemand, du Thymène, essence liquide, isomérique avec celle de Térébenthine, et du Thymol, stéaroptène peu différent du Camphre proprement dit.
Action physiologique. — Usages. — Les principales propriétés du Thym dépendent de son huile volatile, qui est fragrante et agréable, et lui donne les qualités des stimulants diffusibles et des aromatiques en général (voy. Camphre et Essence de Térébenthine).
La plante entière possède en outre les qualités toniques des amers astringents. On l'emploie comme condiment aromatique et comme moyen d'éloigner les insectes. On en prépare une infusion stimulante et des bains fortifiants.
V huile essentielle de Thym se prescrit par gouttes sur du sucre, ou en potion. On en imbibe aussi du coton pour l'appliquer sur les dents cariées et en cautériser la pulpe nerveuse.
TILLEUL, Tilia europœa, L. — Tiliacées.
Àngl. Lime-tree. ■ — Ail. Linde.
Le Tilleul est indigène dans une grande partie du continent européen. Il en existe plusieurs variétés élevées au rang d'espèces : le Tilleul à petites feuilles {Tilia microphylla, ail. Kleinbldtterige oder Winter Linde), et le Tilleul à grandes feuilles (Tilia platyphylla, ail. Sommer Linde).
Les Heurs sont à peu près la seule partie de cet arbre employée en médecine. Elles possèdent une odeur agréable qu'elles doivent sans doute à la présence d'une huile essentielle, et sont très-recherchées comme antispasmodique. C'est un remède populaire dans les indispositions qui dépendent d'un état nerveux, d'un refroidissement ou d'une indigestion. Mondées de leurs pédoncules et de leurs bractées, bien séchées et conservées à l'abri de l'humidité, elles donnent une infusion d'une odeur suave et d'un goût extrêmement agréable, que Mérat et de Lens conseillent de substituer au Thé de Chine pour l'usage alimentaire.
Les fleurs de Tilleul sont fréquemment associées à la fleur ou à la feuille d'Oranger, pour servir à la préparation d'une infusion calmante et antispasmodique. On en met une pincée pour 150 à 200 grammes d'eau bouillante.
VEau distillée de Tilleuls souvent employée en potion à la dose de 60 à 120 grammes.
tonka (fève). Semence du Coumorouna odorata, Aublet. — Légumineuses-Geoffrées.
Le Coumarou est un arbre de Cayenne, dont la semence ou haricot offre une saveur amère avec l'odeur exaltée du Méîilot.
Composition. ■ — D'après Boullay et Boutron-Chariard, la Fève tonka renferme : matière sucrée fermentescible, acide malique libre, malate acide de chaux, gomme, matière grasse ou cou marin, amidon, sel ammoniacal,