‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 136 sur 276 · ACÉTATE DE PLOMB, SEL DE SATURNE, SUCRE DE SATUR\E · texte numérisé non relu

ACÉTATE DE PLOMB, SEL DE SATURNE, SUCRE DE SATUR\E

icetas plumbicus.

Angl. Neutral Acétate of Lead, Sugar of Lead. — Ail. Dleizucker.

C'est V Acétate neutre de Plomb (C4HjPb04-f-3HO), lequel se dissout dans une demi-partie d'eau et dans 8 parties d'alcool.

Action physiologique. ■ — Le Sucre de Saturne est nommé ainsi parce qu'il offre une saveur à la fois sucrée et astringente, avec un arrière-goût métallique désagréable.

Localement, l'Acétate de Plomb exerce une action styptique sur les (issus et coagulante sur les matières albuminoïdes avec lesquelles il forme des composés en majeure partie insolubles dans l'eau et les acides. Des doses fortes introduites dans l'estomac déterminent une vive irritation de la muqueuse, avec sensation de brûlure, douleur à lepigastre et vomissements. Absorbé en grande quantité à la fois, l'Acétate de Plomb va porter dans tout le système son action astringente, diminue la sueur et les autres sécrétions, et combat la tendance aux hémorrhagies. Mais, s'il est pris à petites doses longtemps répétées, il agit comme altérant et détermine la colique sècbe, les paralysies, les névroses et tous les autres symptômes du saturnisme chronique qui seront décrits à l'article Plouh (voy. ce mot).

Usages. — L'Acétate de Plomb a été principalement employé pour son

action astringente, topique ou généralisée, particulièrement dans le flux muqueux du canal digestif, des bronches et des organes génito-urinaires. C'est a ce titre qu'il a été conseillé dans le choléra et la diarrhée chronique, dans le catarrhe pulmonaire et contre les sueurs nocturnes et la diarrhée colliquative des phthisiques. C'est encore par la même raison qu'on l'a prescrit dans les hémorrhagies capillaires, dans la salivation mercurielle et d'autres cas où prédominait quelque hypercrinie ou quelque relâchement de tissu, comme la leucorrhée et la blennorrhagie, l'ophthalmie catarrhale ou purulente, les plaies à suppuration profuse, les gonflements congestils ou œdémateux. On a encore prescrit l'Acétate de Plomb dans les névralgies (Gairdner), contre la pneumonie (Strohi, Leudet) et contre la tuberculose (Beau).

Mais l'usage prolongé de ce médicament, même à l'extérieur, peut donner lieu aux plus redoutables accidents, puisqu'il en peut résulter la paralysie ou l'épilepsie. îl faut donc ne le prescrire d'une manière continue qu'avec la plus grande réserve, et seulement alors qu'on ne croit pas pouvoir le remplacer par un équivalent. Or, ce cas est infiniment rare, si toutefois il se présente. Certes l'état cachectique des sujets empoisonnés par le plomb semble bien contraire h l'évolution des maladies irritatives et inflammatoires, et Beau a pu penser que par l'intermédiaire de cette altération de l'économie, il parviendrait à entraver la marche de la tuberculisation pulmonaire. Mais au prix de quels dangers ce résultat serait-il obtenu, et les malades y trouveraient-ils un soulagement réel ? Pour mon compte je ne le crois pas et je serais d'autant moins porté à conseiller en pareil cas l'usage prolongé de l'Acétate plombique, que j'ai vu plusieurs fois la tuberculose naître ou poursuivre vivement son cours chez des cérusiers de Clichy profondément cachectiques et en proie aux accidents habituels de l'empoisonnement saturnin.

Comme absorbant de l'hydrogène sulfuré, l'Acétate de Plomb est un réactif et un moyen désinfectant.

Modes d'administration et doses. —Le sel de Saturne se donne à l'intérieur à la dose de 10 à 20 ou 30 centigrammes par jour (on a dépassé même parfois le double de cette dose), ordinairement en pilules de 5 centigrammes en combinaison avec l'opium.

Thomson et Laidlow recommandent d'ajouter du vinaigre ou de l'acide acétique au sel de Plomb, afin de l'empêcher de se transformer en carbonate de cette base, au contact des carbonates ou de l'acide carbonique en dissolution dans l'eau. Ce soin serait superflu si l'Acétate de Plomb ne devait agir que par absorption. Pour l'usage externe, l'Acétate de Plomb s'emploie en solution concentrée, et quelquefois à l'état solide, contre la conjonctivite granuleuse, par exemple (Cimier).

Mixture d'Acétate de Plomb contre la teigne. ■ — Bouchardat conseille le topique suivant contre les affections cutanées parasitaires : Acétate de plomb, 5 grammes; crème épaisse, 50 grammes. On applique la mixture sur la surface malade préalablement débarrassée des croûtes et godets faveux.

ACIDE ARSÉNIEUX

Substances incompatibles. — Si l'on tient à employer, non pas un sel de Plomb quelconque, mais l'Acétate neutre, il importe d'éviter les substances qui, par double décomposition ou autrement, peuvent donner naissance à un nouveau composé aux dépens du sel de Saturne. On repoussera donc l'acide sulfurique et les sulfates solublcs, qui donnent du Sulfate de Plomb parfaitement inerte. Il en sera de môme des phosphates et des chlorates. Les eaux de source fortement chargées de sulfates et de carbonates ou d'acide carbonique sont encore dans le même cas. Quant à l'opium, bien qu'il donne lieu, en présence de l'Acétate de Plomb, à une double décomposition avec production d'Acétate de Morphine, le phénomène est si restreint en raison de la petite dose de narcotique habituellement associée, que la majeure partie du sel de Saturne demeure intacte et que la double action reste assurée.

ACIDE ACÉTIQUE Di: bois, Âcidum aceticum.

Angl. Acetic Acid, Fyroligneous Acid. — Ail. Essig, Hoher Holzessig.

V Acide acétique, l'un des plus fréquents dans le règne végétal, est aussi un des produits les plus habituels de la décomposition des plantes par le feu. Par la distillation sèche le bois en fournit une proportion considérable, qu'en raison de son origine on désigne sous le nom d'Acide pyroligneux. Telle est la source de la plus grande partie de l'Acide acétique du commerce. Dans le produit de la première opération, l'Acide acétique est loin d'être pur; poulie séparer du goudron, il faut le soumettre à une seconde distillation. Alors on obtient d'abord de l' Esprit de bois ou pyro-acétique, c'est-à-dire de l'acétone, puis de l'Acide acétique encore mêlé à une petite portion des autres principes qui l'accompagnaient primitivement, et qu'on soumet à des purifications ultérieures.

L'Acide acétique du bois sert à obtenir les acétates, notamment le Verdet cristallisé, d'où l'on extrait le Vinaigre radical et Y Acétate de soude, qui donne Y Acide acétique cristallisable (voy. ces mots).

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