ACIDE OXALIQUE. 3S
Nous donnerons dans la Pharmacopée, à l'article Acide CHLORHYDRIQUE dissous, l'histoire physiologique et thérapeutique de cet hydracide.
acide citriqee, Acidum citricum.
Angl. Citric Acid.
V Acide citrique (C,2H5Ou) est répandu, à l'état libre ou en combinaison avec la potasse, dans un grand nombre de fruits : citrons, oranges, cerises, groseilles, framboises, et presque tous les fruits rouges. La saveur acide en est très-forte, mais en même temps très-agréable, lorsque la dilution est suffi saute.
Quant à son action physiologique et thérapeutique, elle se confond avec celle des autres acides végétaux, et généralement avec celle du citron (voy. ce mot), dont l'acide citrique est le principe actif.
L'Acide citrique est donc employé pour composer des boissons rafraîchissantes, tempérantes, utiles dans l'embarras gastrique, la fièvre de même nom, les affections hépatiques, la fièvre typhoïde et les maladies septiques ou putrides, ainsi que dans le scorbut, la pourriture d'hôpital, etc.
La Limonade citrique se prépare avec 1 gramme d'acide dans un litre d'eau, aromatisée avec quelques gouttes d'alcoolat de citron et convenablement sucrée, ou bien avec 60 grammes de Sirop d'Acide citrique, d'après la formule du Codex, avec addition d'alcoolature de citron, 15 grammes. Ce mélange constitue le Sirop de Limon; on obtient le Sirop d'Orange, en se servant d'alcoolature d'orange pour aromatiser.
Les confiseurs préparent sous le nom de Limonade sèche une poudre composée de 1 partie d'acide citrique pour 32 parties de sucre, avec essence de citron ou d'orange q. s. pour aromatiser, dont on met une cuillerée dans un verre d'eau.
ACIDE IIYDROCHEORIQÏ E. — Voy. ACIDE CHLORHYDRIQUE. ACIDE JICRIATIQCE. — Voy. ACIDE CHLORHYDRIQUE.
acide \1TIHQCE. — Voyez, dans la Pharmacopée, Acide nitrique
OFFICINAL.
ACIDE OXALIOUE, acide de SECRE, Acidum oxaiieum, V Acide oxalique (C4H208) existe dans les aliments de l'homme : oseille, et dans les médicaments : rhubarbe, gentiane, à l'étal d'oxalate de potasse ou de chaux. Dans cette dernière combinaison il fait partie de la sécrétion urinairc, et constitue les calculs muraux, heureusement fort rares dans nos ( limais, mais probablement plus communs chez les Lapons et autres peuples hyperboréens, qui se nourrissent en partie de lichens, généralement riches en oxalates.
Action physiologique. — A petites doses, Y Acide oxalique est rafraî-
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chissant à la manière des autres acidulés (voy. Surelle); mais en masse plus considérable, de 8 à 30 grammes, par exemple, il produit des désordres qui parfois ont rapidement amené la mort. Une acidité brûlante se fait sentir dans la gorge quand on l'avale, puis s'étend dans l'œsophage et l'estomac, et, selon le degré de concentration de la liqueur, il survient des vomissements immédiats ou dans le délai d'un quart d'heure à une demi-heure. Ces évacuations sont suivies de prostration générale, de tendance syncopale, de stupeur. Le pouls devient irrégulier, petit, presque insensible; la respiration rare, spasmodique; la sensibilité et le mouvement s'éteignent, la peau se refroidit, la cyanose se caractérise, et la mort met souvent un terme aux souffrances du patient.
Ces symptômes ultimes sont ceux qui accompagnent les plus graves lésions du tube digestif et méritent l'épithète de choléri formes. Effectivement, l'examen cadavérique démontre : ou bien l'existence d'une violente inflammation de la muqueuse gastro-intestinale, ou bien des altérations singulières de la tunique interne, qui, en raison de sa teinte grise et comme lavée, semble avoir été soumise à l'ébullition ou traitée par l'alcool, et qui est souvent détachée par lambeaux, laissant à nu le tissu sous-muqueux.
L'Acide oxalique est donc manifestement un poison irritant et corrosif. Est-il encore autre chose ? Cela reste à démontrer. Dans notre opinion, la paralysie, la cyanose et les autres phénomènes de collapsus se rattachent tout • naturellement aux désordres dont les organes digestifs sont alors le siège, sans qu'il soit besoin d'invoquer un empoisonnement du sang dont l'existence est cependant possible.
lis aces. — L'Acide oxalique sert quelquefois de succédané aux acides lartrique et citrique, beaucoup plus agréables et moins dangereux que lui. C'est-à-dire qu'on en fait des limonades pour calmer la soif et la chaleur dans le cours des pyrexies et des phlegmasies. Nardo croit même pouvoir soutenir, d'après une longue expérience, que cet acide l'emporte sur ses analogues comme antiphlogistique, ce que nous avons quelque peine à admettre sans preuves démonstratives.
Modes d'administration et doses. — On fait avec l'Acide oxalique une limonade et des pastilles; 50 centigrammes à 1 gramme suffisent pour acidifier un litre d'eau. On fera bien de s'en tenir à la plus faible dose.
Les Pastilles pour la soif, préparées avec un mélange de 4 grammes d'Acide oxalique pour 250 grammes de sucre, avec essence de citron et mucilage de gomme adragante, q. s., peuvent être remplacées avantageusement par les bonbons acides au vinaigre, à ïa groseille, au citron et à la grenade, que vendent tous les confiseurs.
ACIDE PU ÉTHIQUE, PHÉNOL, ACIDE CARBOEIQIJE, Acidum phenicum.
V Aride phénique (Cl2HG02) est aussi nommé Alcool plténylique ou
Hydrate dephênyle. C'est un des nombreux produits de la distillation du goudron de houille, qui a pris, dans ces derniers temps, une importance considérable dans l'industrie et dans la pratique médicale. Il existe dans le castoréum, et même en petite quantité dans les urines de l'homme et des grands mammifères.
Action physiologique et usages. — L'Acide phénique est un astringent beaucoup plus puissant que la créosote, et porte si loin cette action constriclive des tissus et coagulante de l'albumine, qu'à dose concentrée, il tanne et corrode pour ainsi dire la peau, et surtout les muqueuses. Telle est la raison de son action désinfectante et antiseptique, analogue mais trèssupérieure à celle du tannin.
A peine introduit dans la matière médicale, le Phénol jouit déjà d'une vogue extraordinaire qu'il doit moins encore à sa valeur propre, laquelle est pourtant très-réelle, qu'aux efforts simultanés de quelques-uns de ses admirateurs. Ce qu'il y a de mieux constaté, c'est son pouvoir antiputride; aussi le conseiile-t-on comme désinfectant des urines et des matières fécales, sans parler des immondices des grandes villes. On l'a recommandé aussi contre les ulcères fétides, dans la nécrose et le traitement des plaies gangréneuses (Turncr). On s'en est même servi comme escharolique dans des cas analogues.
Il a été proposé (Lemaire) comme moyen de guérir la gale instantanément et la teigne en trente ou quarante jours.
Enfin, on a voulu (Erownc, Robcrts) utiliser à l'intérieur ses effets astringents en l'administrant à doses faibles (une goutte, par exemple, en solution dans l'eau) contre la diarrhée chronique et les vomissements.
Guibert donne pour la solution la formule suivante : Acide phénique, 1 gramme; eau, grammes.
AVhitehead recommande contre le lupus une pommade composée d'Acide phénique, h grammes, et de spermaceti, 56 grammes.
Depuis quelque temps on trouve dans les pharmacies de petits flacons de poche semblables à ceux dans lesquels on renferme de l'alcali volatil et destinés aux mêmes usages, c'est-à-dire à fournir en voyage le moyen de neutraliser instantanément l'action du venin d'une abeille, d'une guêpe ou même d'une vipère. Il y a heu de craindre que l'action styptique et coagulante de cette substance ne soit un obstacle à sa pénétration dans les petites blessures faites par ces animaux dangereux.
L'expérience n'a pas encore prononcé de manière à donner à cet égard toute sécurité. (Voy. Goudron végétal.)
ACIDE DE SUCRE. — Voy. AdDE OXALIQUE.
acide sclferîqee. — V Acide sulfuriquedu commerce contenant les acides clilorhydrique et hyponitrique, de l'oxyde de plomb, assez souvent
de l'arsenic et habituellement des matières organiques, ne convient pas pour l'usage médical proprement dit. Nous renvoyons donc les commentaires thérapeutiques sur ce composé, à l'article Acide sulfurique purifié de la Pharmacopée.
ACîOE TARTRIQUE, Acidum tartaricum. Angl. Tartaric Acid. — Ail. Weinsaure.
L' Acide tartrique (G8HG012) est extrait du tartre du vin, mais il se rencontre également a l'état libre ou en combinaison avec la potasse, dans les tamarins, la pomme de terre, l'oseille, les cornichons, et dans une foule de \égétaux.
L'action physiologique et les usages thérapeutiques sont absolument les mêmes pour les Acides lartrique et citrique (voy. ce mot), à cette différence près que l'Acide tartrique possède un goût moins agréable. Mais comme il est moins cher que son congénère, on le substitue très-souvent à celui-ci dans la fabrication de la limonade rafraîchissante qu'on prescrit aux malades fébricitants.
Le Codex prescrit un sirop et une poudre tartrique, semblables respectivement aux préparations analogues d'acide citrique et servant aux mêmes usages dans la médecine des pauvres.
ALCALI VOLATIL. — Voy. AMMONIAQUE LIQUIDE.
ALCALI VOLATIL CONCRET. — Voy. CARBONATE D'AMMONIAQUE.
alcool. — Voy. Alcool rectifié.
alun. — Voy. Sulfate d'Alumine et de Potasse.
AMMONIAQUE LIQUIDE. — Voy, AMMONIAQUE PURE.
antimoine. — - Voy. Antimoine purifié, argent. — Voy. Argent purifié.
ARSENIC BLANC. — Voy. ACIDE ARSÉ.NIEUX.
azotate de potasse. — Voy. Nitrate de Potasse.
non ATE DE SOUDE.
BICARBONATE DE SOUDE. — Vov. CARBONATE DE SOUDfc (Bl-), BIOXYDE DE MANGANÈSE. — Voy. OXYDE DE MANGANÈSE,
bismuth. — Voy. Bismuth purifié, bitume de judée, Asphaltum.
Le Bitume de Judée est une sorte de goudron solide, fossile, qu'on rencontre à la surface des eaux du lac Asphaltique ou mer Morte. Il servait dans l'antiquité à embaumer les corps, et les momies égyptiennes lui doivent leur merveilleuse conservation. Plus tard on l'employait en applications topiques et à l'intérieur comme résolutif, fondant, antispasmodique. Sa vapeur était usitée en fumigations contre le rhumatisme, et l'huile essentielle que l'on en obtenait par distillation se donnait, ainsi que le Bitume lui-même, dans les phthisies exemptes de fièvre.
Actuellement l'asphalte entre encore dans la composition de la ïhériaque et n'a plus d'autre usage.
BLEU DE PRUSSE. — Voy. CYANURE DE FER HYDRATÉ.
BOL D'ARMÉNIE, Bolus orientalis.
Angl. lied Armenian Bole> Bole armeniack.
Le Bol d'Arménie est une terre rouge qui se rencontre également en Europe et ailleurs. II est composé, sc'on Bcrgmann, de silice, alumine, magnésie, chaux, fer et eau. Les Bols de Mois ou de Paris ont une composition semblable et servent aux mêmes usages.
Avec une pareille composition chimique, le Bol d'Arménie ne peut manquer d'être absorbant, desséchant, et jusqu'à un certain point astringent, anlicatarrhal , hémostatique. C'est un absorbant chimique et mécanique tout ensemble, et l'astriction qu'il exerce sur les premières voies dépend en partie de la formation d'un sel soluble aux dépens de son oxyde de fer attaqué par les acides libres de l'estomac.
On peut l'employer à l'extérieur sur les surfaces excoriées par le contact de liquides irritants : fèces, pus, urine; h l'intérieur, contre l'acor et la pyrosis, la diarrhée muqueuse et la dysenterie chronique.
La Terre de Lemnos, la Terre à j "oalon, et d'autres substances minérales argilo-siliceuses, remplissent les mêmes indications.
BORATE DE SOUDE, BORAX, Boros SodlCUS.
Angl. Borax or Bicarbonate of Soda — Ail. Borax, Natrum biboracicum.
Le Borate de Soude se rencontre naturellement en dissolution dans l'eau minérale de San-Restituto,, dans l'île d'Ischia, et dans celle de certains lacs du ïhibet. Gomme le Borax artificiel obtenu avec l'acide borique de Toscane, c'est un Biborate hydraté ayant pour formule : 2BoO3NaO-|-10HO.
Le Borax possède une réaction alcaline moins prononcée que le Carbonate de Soude, dont il est le succédané.
En solution, il absorbe l'acide carbonique, et dissout la fibrine, l'albumine, la caséine et l'acide urique.
Action physiologique. — Porté dans l'estomac, il ne cause aucune sensation marquée, à moins que la dose n'en soit excessive, auquel cas il donne lieu à des nausées et à des vomissements. Dans le sang, il se comporte comme les alcalins en général, et peut amener, à la longue et à hautes doses, l'bypoglobulie, l'état aplastique, et conséquemment la tendance hémorrhagique ; en un mot, la cachexie scorbutique qui succède à l'usage excessif des préparations alcalines.
Le Borate de Soude se retrouve inaltéré dans l'urine (Wôhler, Slehberger), dans le sang de la veine porte, dans la bile et la salive (Binswanger).
Pendant son passage à travers la peau, il déterminerait (Binswanger) une éruption impétigineuse. En traversant les reins, il stimule la sécrétion urinaire et favorise la dissolution de l'acide urique. C'est donc un diurétique et un lithontriptique. Pendant son séjour dans la circulation, il peut favoriser la combustion respiratoire, ou même à petites doses liquéfier un peu le sang, et, à ce titre, servir d'adjuvant à l'hémorrhagie mensuelle; mais le Borax ne nous paraît avoir aucun effet sur la contraction utérine, et n'exerce aucune influence qui puisse lui mériter le nom d'aphrodisiaque.
Usages. — Comme les autres alcalins, le Borax est un absorbant anlacide qu'on peut utiliser à l'intérieur dans l'acescence gastrique, et à l'extérieur dans l'intertrigo, dans la balano-posthite et la leucorrhée, dont le produit est toujours acide (Gubler), et dans certaines ophthalmies catarrhales où le mucus puriforme acquiert la même réaction.
L'emploi topique du Borate de Soude peut encore être avantageux contre certaines affections cutanées comme moyen de dissolution des pellicules d'épiderme, cimenté par de la matière sébacée, et de nettoyage de la peau, dans les cas d'eczéma et d'éruption prurigineuse due à l'accu mulation des produils des glandes sudoripares. Ce sel est fréquemment employé contre le muguet, dont il contribue a détruire les conditions d'existence en saturant les acides de la bouche ou de la région quelconque, telle que la rainure préputiale, où se développe également V Oïdium albicans.
Le Borax ne conviendrait guère pour la médication alcaline générale, en raison de l'hétérogénéité de son acide, eu égard à la composition normale de nos humeurs. Mais cette circonstance le rend plus stimulant que le Bicarbonate de Soude pour les glandes rénales; aussi l'a-t-on conseillé comme diurétique et lilholy tique.