‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 140 sur 276 · BROME · texte numérisé non relu

BROME

Modes d'administration et doses. — On prescrit le Borax en gargarisme à la close de 5 grammes dans 250 grammes d'infusion de feuilles de ronce avec 50 grammes de miel rosat. Le collutoire sa compose de 5 grammes de Borax pulvérisé avec 50 grammes de miel. Ces formules ne nous paraissent pas répondre parfaitement aux exigences des cas morbides auxquels on prétend les adapter, attendu la transformation facile des sucres fermentescibles en acides lactique ou acétique au contact de la mucédinée du muguet. J'ai proposé la formule suivante : Borax, 10 grammes; eau, 200 grammes; essence de menthe et teinture de pyrèthre, ââ 10 gouttes, pour gargarisme ou collutoire. La dose de Borax peut être aisément augmentée de moitié, et si l'on tient à obtenir des effets plus intenses, on doit recourir à la poudre de Borax, grâce à laquelle on fait parfois disparaître du jour au lendemain, l'action mécanique aidant, une couche contluente de muguet étendue à la totalité de la cavité buccale.

Pour lotions dans les affections cutanées, nous recommandons la proportion de 10 à 20 grammes de Borax dans 300 grammes d'eau de laurier-cerise.

La pommade se prépare avec 5 grammes de Borax pour 30 grammes d'axonge.

Trousseau conseille contre le catarrhe laryngé un sirop composé de 15 grammes de Borate de Soude pour 300 grammes de sucre.

La solution boratée pour lotions peut servir également, soit en lavement, soit en injections vaginales ou uréthralcs, soit en collyre; seulement, dans ce dernier cas on peut la diluer davantage.

iso it ix, — Voy. Borate de Soude.

ititojiu. Bromum.

Angl. Bromine. — Ail. Brom, Stinksto//'.

Le Brème, découvert par Balard dans les eaux mères des salines, existe dans toutes les eaux minérales qui ont lavé des bancs de sel gemme, et dans celles de la mer, ainsi que dans beaucoup de plantes marines, à l'état de combinaison avec la soude ou la magnésie.

'Action physiologique. — Ce corps simple, intermédiaire pour l'énergie comme pour les propriétés chimiques entre l'iode et le chlore, possède des qualités éminemment irritantes qui en rendent l'emploi difficile. Appliqué sur la peau, il la corrode et jaunit l'épiderme. Introduil dans les voies digestives, il cause dans la bouche une sensation d'âcreté fort pénible, 'suivie d'une ardeur durable dans l'arrière-gorge et d'une impression analogue sur la muqueuse gastrique. Dix gouttes ingérées à la fois déterminent des coliques et du spasme intestinal manifesté par des borborygmes el des éructations; des doses plus fortes amènent des efforts de vomissements plus ou moins violents. Ces symptômes locaux sont accompagnés ou suivis de phénomènes sympathiques consistant en douleurs compressées ou lancinantes dans les avant-bras et le

pourtour de la tête, et quelquefois en convulsions de la face et des membres (Andral, Fournet). Consécutivement, se développent des lésions inflammatoires dans les organes touchés par la substance irritante ou caustique.

Dans une forme plus atténuée, le Brome agirait en partie comme les bromures alcalins par le fait de sa combinaison partielle avec la soude du sang (voy. Bromure de Potassium).

USxiGES. — La parenté chimique du Brome et de l'iode, l'association constante de ces deux métalloïdes ou plutôt de leurs combinaisons salines dans les eaux réputées pour leurs propriétés fondantes, résolutives et antistrumeuses, tout cela désignait le Brome comme un agent de la curation des affections scrofuleuses et tuberculeuses. Il a paru agir efficacement non pas comme résolutif, mais comme sédatif dans les arthrites chroniques (Andral, Fournet). On a vu fondre pendant son administration interne et externe des engorgements considérables et d'apparence tuberculeuse des ganglions lymphatiques (Pourché, Magendie, Glower, Hôring).

Le Brome a été aussi préconisé comme le spécifique du croup et de l'angine couenneuse, parce qu'il désagrège les fausses membranes (Ozanam, Golitzinski), et comme désinfectant à la manière du chlore (Lowig, Duflos).

Une solution étendue de ce métalloïde, dépouillée de ses effets irritants locaux, agirait probablement dans le même sans que les bromures alcalins c'est-à-dire comme sédatif des phénomènes capillaires et galvanisant du système vaso-moteur.

A l'extérieur le Brome vient d'être employé avec succès, pendant la guerre civile, par les médecins de l'armée fédérale américaine, comme désinfectai]!, sur les plaies gangréneuses ou affectées de pourriture d'hôpital.

Modes d'administration et doses. — Le Brome se donne à L'intérieur à la dose de 2 à 30 gouttes dans de l'eau distillée ou dans un julep gommeux. On en pourrait faciliter la dissolution à l'aide d'une certaine proportion d'alcool.

L'alcool est aussi un ingrédient de la mixture adoptée pour l'usage externe (10 gouttes de Brome, k grammes du véhicule alcoolique).

Magendie conseillait, en frictions sur les glandes lymphatiques, une pommade composée de : Brome, 6 gouttes, et Bromure de potassium, 2 grammes, pour /i0 grammes d'axonge.

CARBONATE DAMMONSAQIE, ALCALI VOLATIL CONCRET, Carbonas Ammoniœ seu Ammonicus.

Angl. Carbonates of Ammonia, Volatile or smclling Sait; Baker s Sait. — Ail. Ammoniacum carbonicum, Fliïchtigts Laugcnsalz.

V Alcali volatil concret est un sesquicarbonate d'ammoniaque ayant pour

CARBONATE D'AMMONIAQUE. ô83

formule 3G02, 2 AzII ''0-[-3I10, lequel prend naissance pendant la décomposition pulride des matières animales. Il est sohiblc dans le double de son poids d'eau, se volatilise intégralement à l'air libre, et perd auparavant le quart de son alcali en gagnant du protoxyde d'hydrogène.

Action physiologique. — Le Carbonate d'Ammoniaque,' étant volatil et pouvant dégager de l'ammoniaque libre au contact de l'eau et surtout d'une base fixe, jouit nécessairement de propriétés analogues à celles de l'ammoniaque, mais beaucoup moins énergiques. C'est donc un stimulant diffusiblo d'une certaine importance, en même temps qu'un'irritant local et un caustique, selon la dose et la durée d'action. (Voy. Ammoniaque.)

Notons cependant d'abord l'action vomitive qu'il possède à haute dose, ensuite la disposition à la toux et une remarquable sécrétion de mucus bronchique indiquée par Wibmer; et d'un autre côté, la cachexie, l'émaciation musculaire, les urines brunes, troubles et fétides, la fièvre hectique, les hémorrhagies multiples et le marasme observés par Huxham chez un jeune homme qui mangeait du Carbonate d'Ammoniaque comme du sucre, et qui périt misérablement par suite de cette incroyable habitude.

Substances synehgiques, auxiliaires. — L'ammoniaque caustique et l'acétate d'ammoniaque, le musc, le castoréum, la valériane, l'opium, les aromatiques et les alcooliques, aidés par une température élevée, sont les succédanés ou les adjuvants de l'action pharmacodynamique du Carbonate d'Ammoniaque.

Substances antagonistes. — Aintidotes, contre- roi sons. — Les boissons froides et d'une nature émolliente ou rafraîchissante, les alcaloïdes du quinquina et les corps d'une action analogue, le tannin, etc., contrarient les effets du Carbonate d'Ammoniaque, et peuvent en être considérés comme les antidotes dynamiques. Ses incompatibles sont : les acides, les alcalis fixes et leurs carbonates, les sels de fer, à l'exception du tartrate ferrico-potassique, le calomel, les sels de plomb, etc. Ses contre-poisons chimiques sont les acides énergiques, qui, en saturant l'alcali volatil, neutralisent sa causticité.

Usages. — V Alcali volatil concret se donne à l'intérieur comme stimulant de la circulation et de la diaphorèse, dans les maladies algides, dans les fièvres éruptives <jont l'exanthème se fait mal, et toutes les fois qu'il importe de déterminer une abondante sudation ou du moins une vive excitation périphérique. On l'a vanté, probablement à tort, dans le vrai croup. On comprend mieux son action dans la scarlatine grave, l'hystérie et les convulsions infantiles, et même dans la glycosurie, où il agirait comme antacide dans les premières voies et comme stimulant diiïusible lorsqu'il est parvenu dans la circulation.

Le Sous-Carbonate d'Ammoniaque a encore été conseillé dans la scrofule, les paralysies, et avec plus de raison, du moins comme diaphorétique, dans les maladies syphilitiques.

A l'extérieur, on peut s'en servir, à l'exemple de Chaussicr, de préférence

à la pommade de Gondret, pour obtenir la cautérisation ou simplement la rubéfaction et la vésication.

Modes d'administration et doses. — Le Carbonate d'Ammoniaque se donne comme stimulant et diaphonique à la dose de 50 centigrammes à 2 grammes; comme émétique, à celle de 1 gramme 50 centigrammes, répétée, s'il y a lieu.

Ce sel est ordinairement administré en solution aqueuse plus ou moins étendue et quelquefois en pilules, associé le plus souvent à des substances auxiliaires : opiacés, alcooliques ou balsamiques. Son action est très-supérieure à celle de l'acétate d'ammoniaque.

On en met de 2 à 5 grammes avec 20 grammes de rhum dans une potion diaphorétique contre la glycosurie (Bouchardat). La même dose associée à l'extrait d'opium se prescrit en pilules dans la même affection. Contre la bronchite chronique, Williams (de Cork), combine le carbonate alcalin avec la gomrne ammoniaque, l'ipéca et la morphine.

Cazenave a fait préparer un sirop de Carbonate d' Ammoniaque d'un emploi commode, et destiné à remplacer le sirop de Peyrilhe dans le traitement des dermatoses squameuses invétérées.

Il existe aussi un Uniment de Sous-carbonate d' Ammoniaque pour les douleurs rhumatismales.

Enfin, quand on veut le faire servir à la rubéfaction ou à la vésication, on en saupoudre un emplâtre de diachyîum qu'on maintient appliqué sur la région choisie pour devenir le siège de cette phlogose thérapeutique.

CARBONATE DE CHAUX. — Voy. CARBONATE DE CHAUX PRÉCIPITÉ.

CARBONATE DE MAGNÉSIE, II ÏDROCA II BON ATE DE MAGNÉSIE, MAGNÉSIE BLANCHE, Hydro-Carbonas magnesicus.

Angl. Heavy and light Carbonate of Magnesia. — Ail. Kohlensàure Dittererde, Basisch Kohlensàure Bittererde.

Le Carbonate de Magnésie (3C02, MgO -f kïïO) possède les qualités absorbantes et antacides de sa base terreuse, et peut servir aux mêmes usages. Il ne diffère de la magnésie calcinée que par le dégagement de son gaz carbonique en présence d'acides plus puissants, tels que ceux du suc gastrique, ce qui constitue même un avantage sensible toutes les fois qu'il existe un certain degré d'irritabilité stomacale.

On l'administre ordinairement en poudre à la dose de 50 centigrammes à 5 grammes, délayé dans l'eau ou enfermé dans du pain azyme. Mais on prépare aussi une Eau magnésienne et une Eau magnésienne gazeuse, dans lesquelles le carbonate de soude et le sulfate de magnésie donnent lieu, par double décomposition, à du Carbonate de Magnésie et à du sulfate de soude, le premier étant maintenu en dissolution par un excès d'acide carbonique (6 volumes), introduit par pression.

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