‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 141 sur 276 · CARBONATE DE PLOMB · texte numérisé non relu

CARBONATE DE PLOMB

L'Eau magnésienne gazeuse ne diffère de l'autre que par une quantité moitié moindre de substances salines. On les prescrit toutes deux par verrées dans l'acescencc gastrique et la gastralgie concomitante, et l'on doit, selon nous, les préférer à d'autres absorbants, lorsqu'on veut obtenir concurremment des effets laxatifs.

CARBONATE 5>E PLOMB, CÉRUSE, Carbonas plumbicus.

Le Blanc de Plomb, ou Blanc de CérvM (PbO,C02), se rencontre rarement à l'état natif; c'est presque toujours un produit de l'art, et les ouvriers qui le fabriquent ou qui le manient sont exposés à de graves dangers.

Action physiologique. — Appliqué sur la peau saine ou sur des surfaces excoriées, la Cêruse produit des effets peu sensibles; cependant elle agit comme astringent dès que les acides normaux ou pathologiques en dissolvent une proportion notable qui passe à l'état d'acétate ou d'un autre sel soluble. Absorbé lentement et graduellement, soit par les plaies cutanées et les surfaces simplement affectées d'intertrigo (Kopp, Gubler), soit par les voies respiratoires ou digestives, le Carbonate de Plomb donne lieu aux phénomènes suivants : langueur des fonctions digestives, pâleur anémique, constipation, arthralgie et mélalgie, courbature générale, colique sèche , analgésie, et pins tard paralysie spéciale des extenseurs des avant-bras, quelquefois de ceux des jambes, rarement hémiplégie ou bien céphalalgie, délire et convulsions éclamptiques. Ces derniers accidents se terminent d'ordinaire par la mort.

Le plomb qui salure l'économie s'échappe par les différentes voies d'élimination, soit directement, soit après avoir fait partie intégrante des organes. Il s'échappe notamment par les urines, où il est d'ailleurs assez difficile de le démontrer, et se retrouve dans le cerveau et les autres parenchymes. Le goût sucré, accusé souvent par les ouvriers cérusiers, doit être attribué au Carbonate de Plomb apporté par l'air et qui se dissout dans les acides du liquide buccal, plutôt qu'au sel plombique versé par les glandes salivaires ou muqueuses. La coloration ardoisée des gencives à la sertissure des dents, et celle moins fréquente des joues et des lèvres (Gubler), produite par une sorte de tatouage au contaot des dents mutilées ou hérissées de tartre, sont vraisemblablement formées de sulfure de plomb. Il en est cerlainement ainsi (Gubler et Quevenne) de la couche noirâtre qui couvre habituellement la muqueuse du caecum et du voisinage du côlon chez les saturnins (Legroux et Lailler, Gubler). Les sujets en proie à l'intoxication saturnine sont, moins que les hommes en santé, exposés aux états morbides inflammatoires et fébriles. L'analgésie accompagne le défaut de tendance à l'éréthisme vasculaire et à la phlogose; elle marque une disposition toute contraire de l'organisme.

Substances synergiques, auxiliaires. — Tout ce qui diminue les phénomènes de calorification, d'hématose et de nutrition dont les capillaires sanguins sont les agents ou le théâtre, tout cela favorise l'action de la Céruse

et des composés de plomb : tels sont le froid modéré et continu, la digitale, la quinine, les bromures alcalins, etc.

Substances antagonistes. — Antidotes, contre-poisons. — Au contraire tout ce qui fouette la circulation, tout ce qui excite l'hypérémie et la phlogose exerce une influence antagoniste par rapport aux préparations saturnines. La chaleur, les irritants locaux, les stimulants diffusiblcs, sont dans ce cas. L'iodure de potassium agit à la fois comme excitant circulatoire et comme agent de dénutrition permettant l'élimination plus prompte du poison.

Usages. — Modes d'administration et doses. — Jusque dans ces derniers temps le Carbonate de Plomb n'était employé qu'à l'extérieur, soit comme ingrédient de la plupart des masses emplastiqucs, soit dans quelques préparations spéciales, lorsque Beau crut pouvoir en tirer parti contre une des maladies les plus funestes : la tuberculose pulmonaire. Mais l'antagonisme entre cette terrible affection et l'intoxication saturnine n'est qu'apparent. A l'époque où l était proclamé par le savant médecin de la Charité, j'avais à l'hôpital Beaujon deux malades dont l'un poursuivait le cours de sa phthisie tuberculeuse malgré la cachexie saturnine, et dont l'autre avait vu les premiers accidents de la tuberculose se manifester pendant qu'il s'empoisonnait à Clichy. La prudence conseille de renoncer à une médication dont le bénéfice est douteux et le danger certain.

La Céruse est employée à l'extérieur comme moyen d'occlusion et comme astringent, sous forme de pommade, de cérat et d'emplâtre.

La pommade de Carbonate de Plomb [Onguent de Rhazis), renfermant h grammes du sel plombiquc pour 20 grammes d'axonge, est prescrite pour activer la cicatrisation.

Le Cérat contre les névralgies, formé de 10 grammes de Céruse et de 5 grammes seulement de cérat, sert en réalité beaucoup plus comme enduit imperméable que comme préparation saturnine. Il en est de même du Liniment d' Anderson contre l'érysipèle (Céruse, 50 grammes; huile de colza, q s. pour faire une crème).

U Emplâtre de Céruse, usité comme fondant, est composé de : Céruse, 500 grammes; cire blanche, 100 grammes; huile d'olive et eau, âà 1000 grammes.

CARBONATE Î>E POTASSE, SEL BîE TARTRE, CarbonaS potassicilS.

Angl. Neutral Carbonate of Potash. — Ail. Robes Kohlensaures Kali, Itohc Pottasche.

Le Sel de tartre est le Carbonate neutre de Potasse (C02KO), autrefois appelé Sous-Carbonate, et que l'on obtient, soit par lixiviation des cendres des végétaux terriens, c'est-à-dire non maritimes, ce qui donne les potasses du commerce désignées, scion les provenances, sous les noms de Potasse d'Amérique, de Russie ou des Vosges; soit par décomposition ignée de la crème de

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