‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 16 sur 276 · A II NIC A · texte numérisé non relu

A II NIC A

aristoloche »ïJ miÈnih, m^-mmiE^s, Aristolochia cymbifera, Mart. — Auistolochiées.

V Aristoloche Mil-Homens {Av. grandiflora, Gomcz) a des racines amères, nauséeuses, toxiques pour les animaux, même les porcs, lorsqu'elles sont fraîches, et qui, à doses thérapeutiques, jouissent de propriétés stimulantes trèsutiles, assure-t-on, contre la morsure des serpents venimeux, les affections gèngréneuses et putrides.

C'est encore une espèce d'Aristoloche qui se vend depuis quelques années k Paris, sous le nom de Guaco (Noël Pascal), et non le Mikania Guaco de la famille des Composées-Eupatoriées. Cette Aristoloche, dont j'ai employé les tiges volubiles, ou les racines, possède une saveur fortement amère, mais en même temps nauséeuse, qui se fait sentir principalement sur l'arrièrc-gorge et laisse dans cette région une impression très-persistante. Elle jouit de propriétés stimulantes et toniques analogues à celles de la Serpentaire.

AitJiOESE, Artemisia vidgaris, L. — Composées ou Synajnthérées-

SÉNÉCIONIDÊES.

Àngl. Mugwort. — Ail. Gemeiner Beifuss.

V Armoise, fréquente dans les lieux incultes en Europe et jusqu'en Chine, est un stimulant analogue à l'Absinthe, seulement moins puissant. On la croit antihystérique, fébrifuge et même antiépileptique. Mais on ne la prescrit plus guère que comme emménagogue. Sous ce rapport, c'est un remède populaire qui n'est pas sans efficacité.

On se sert des sommités fleuries et des racines ; celles-ci à la dose de li grammes en poudre; celles-là à la dose de 8 grammes en infusion.

On prépare encore un sirop d'Armoise qui entre dans les potions antispasmodiques, et une eau distillée. L'un et l'autre se donnent à la dose de 30 grammes.

L'Armoise entre dans la composition de Y Eau hystérique, etc.

ARSlCil, Arnica montana, L. — COMPOSÉES ou SYNANTHÉRÉES-SÉNÉ- CIONIDÉES.

\ngl. Mountain Arnica. — Vil. Wolvcrlci, FalWraut.

V Arnica habife les régions montagneuses de l'Europe moyenne, et descend jusqu'au niveau de la mer dans le Nord. On fait usage des racines, des feuilles et des capitules.

COMPOSITION. — Ses racines contiennent une huile volatile et une résine acre. Ses fleurs, analysées par Chevallier et Lassaigne, présentent pour principes actifs de l'acide gallique, une résine à odeur d'Arnica et une matière amère analogue au cytisin, auxquels il faut joindre, selon Bastirk, un alcaloïde nommé arnicine, lequel est fixe, amer, sans âcreté, légèrement soluble dans l'eau, plus soluble dans l'alcool el l'éther et donnant avec l'acide chlorhydrique un sel cristallin.

Vx SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX.

Action physiologique. — Ainsi que sa composition le faisait prévoir, l'Arnica se distingue par ses propriétés acres. Avalé, il cause une sensation de brûlure dans la gorge, des nausées, des vomissements et de la gastralgie. Après absorption, il accélère le pouls et la respiration, pousse à la sueur et à la sécrétion urinaire. Il occasionne aussi de la céphalalgie, du vertige et un sommeil pénible (Jôrg). A ces symptômes se joignent des tremblements et des convulsions. Chez les femmes il cause, selon ïurk, de violentes douleurs abdominales et des menaces d'avortement. Mais un symptôme prédominant de l'action de l'Arnica, ce sont les nausées et les vomissements. Par l'intermédiaire de ces effets ou autrement, la plante amène en définitive une sédation et une débilité en opposition formelle avec les vertus stimulantes qu'on lui prête.

Substances synergiques, auxiliaires. — L'action physiologique de l'Arnica réclame de nouvelles et plus rigoureuses constatations. Il nous semble que cette action n'est pas très-éloignée de celles des principes actifs des Renonculacées et spécialement de Taconitine.

Substances antagonistes, incompatibles. — Hahnemann prétend que le vinaigre est le contre-poison de l'Arnica. On peut donner avec plus de confiance l'opium comme son antidote dynamique, et le tannin comme son contrepoison chimique.

Usages. — Les usages de l'Arnica sont loin d'être soumis à des règles rationnelles; l'empirisme, fort peu éclairé par la physiologie, gouverne la pratique en ce qui concerne cet agent. On l'employait autrefois comme émétique, comme fébrifuge, d'où le nom immérité de quinquina des pauvres; comme antiputride et tonique, antipsorique et antigoutteux. A titre de vomitif, il convenait quelquefois dans la dysenterie, contre laquelle Stoll l'a préconisé. On le réserve aujourd'hui pour la torpeur cérébrale, et l'Arnica est un remède populaire contre les coups, blessures, commotions; c'est, selon l'expression de Meissner: la panacea lapsorum.

Modes d'administration et doses. — La racine se donne en poudre, à la dose de 20 à 30 centigrammes; les fleurs en infusion, à la dose de 3 grammes dans 500 grammes d'eau. Vextrait représente si mal les propriétés de la plante, qu'il faut le donner à la dose énorme de k grammes par jour. D'ordinaire on emploie la Teinture alcoolique pure ou étendue d'eau.

arrête-bœuf ou rugrane, Ononis spinosa, L. — - Légumineuses- Papilionacées.

Angl. Cammock pellyivhin, Rest-barroiv. — Ail. Ochsenbrechkraut.

Les racines de la Buqrane sont très-longues, blanches en dedans, noires à 1 extérieur. C'est dans l'écorce que résident ses vertus apéritives et diurétiques, dont la puissance a été reconnue dès les temps les plus reculés. Cependant toute la plante jouit à un moindre degré des mêmes propriétés. L' Ononis spinosa est indiqué dans les diverses circonstances auxquelles s'applique la médication diurétique : dans la diathèse urique, la gravelle, les inflammations

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