TRISULFURE DE POTASSIUM IMPUR
La Pommade de Baréges, employée contre le pityriasis versicolor el d'autres affections cutanées, se compose de : Sulfure de Sodium et de carbonate de soude, ââ 10 grammes, avec axonge balsamique, 100 grammes.
OUJFVIT SULFURE de SODIUM, Quintisulf uretum sodicum.
Le Quintisulf ure de Sodium (NaS5) existe à l'état sec, mais le Codex ne le recommande qu'en solution dans l'eau. Il est moins cher que le polysulfure de potassium dont il possède d'ailleurs les propriétés physiologiques et thérapeutiques ; aussi le donne-t-on dans les mêmes circonstances. La substitution est particulièrement recommandée dans la pratique nosocomiale. On met 30 à U0 grammes de la solution du Codex dans un bain (voy. Sulfure df. Potassium).
sulfure de potassium, motcosulfure de potassium,
Sulphuretum potassicum.
Ce composé (KS) agit entièrement comme le Monosulfure de Sodium et peut lui être substitué.
TRISULFURE DE POTASSIUM IMPUR, SULFURE DE POTASSE, FOIE DE SOUFRE, Trisulfuretum potassicum. Angl. Tersulphuret of Potassium.
Le Trisulfure de Potasse (KS3) se présente dans les pharmacies sous deux formes : solide, c'est le Sulfure de Potasse ou Foie de Soufre; dissous, on le nomme Sulfure de Potasse liquide ou Foie de Soufre liquide.
Action physiologique. — Le Trisulfure de Potasse, appliqué sur la peau ou les muqueuses, agit comme un violent irritant et comme un léger caustique. Introduit dans les premières voies, il peut devenir un poison fort énergique et rapidement mortel. Les symptômes sont de deux ordres : 1° locaux : goût acre dans la bouche, constriction du gosier, brûlure à l'estomac, vomissements, purgation ; 2° généraux : prostration, faiblesse du pouls, convulsions et coma. Ces derniers rappellent l'empoisonnement par l'hydrogène sulfuré. En effet, ce gaz est exhalé dans l'atmosphère de la chambre par la respiration du patient.
A doses modérées, le Trisulfure de Potassium détermine parfois encore de la douleur gastrique, des vomissements et des dérangements de corps. A plus faible dose, il est bien toléré, et amène, après absorption, des phénomènes analogues à ceux que nous avons décrits à l'occasion du Soufre (voy. ce mot).
Les effets du Trisulfure potassique, en applications externes, s'observent aisément à la suite de l'administration des bains sulfureux artificiels. Au degré de concentration ordinaire, ces bains, fort différents de ceux d'eau sulfureuse naturelle, déterminent une vive excitation de la périphérie du corps, activent la formation et la chute de l'épiderme, qui se fendille et laisse paraître dans les intervalles le derme rouge et presque dépouillé.
L'irritation cutanée force quelquefois à mettre cinq ou six jours d'intervalle entre deux bains successifs. De pareils effets n'ont rien de commun avec ceux qui sont la suite d'une cure balnéatoire aux eaux naturelles sulfurées sodiques, et c'est se faire de singulières illusions que d'assimiler les qualités douces et quasi savonneuses de ces dernières à Fâcrelé blessante de nos préparations de laboratoire. Aussi les bains sulfureux artificiels, par l'appel fluxionnaire déterminé vers la superficie du corps, provoquent-ils une stimulation générale et une révulsion énergique qu'il ne faudrait pas attendre des bains des Pyrénées. Il va de soi que, toutes choses égales, l'excitation locale et générale est proportionnelle à l'élévation de la température du bain.
Substances synergiques, auxiliaires. — Le Trisulfure de Potassium a pour synergiques les autres sulfures alcalins, le Soufre et même l'Acide suifhydrique; pour auxiliaires, les irritants et les stimulants en général.
Substances antagonistes, incompatibles. — Antidotes, contrepoisons. — Les antagonistes du Polysulfure de Potassium sont les réfrigérants, les émollients et les mucilagineux, qui en deviennent aussi les correctifs, mais non les antidotes physiologiques. Ses contre-poisons chimiques sont l'eau chlorée, les chlorures de soude et de potasse, le peroxyde de fer hydraté, le sulfate de la même base, et généralement toutes les substances susceptibles de décomposer les sulfures alcalins et de donner naissance à des combinaisons insolubles.
Ces substances sont donc incompatibles avec le Trisulfure de Potassium, lorsqu'on veut obtenir l'action spéciale de ce composé.
Usages. — Modes d'administration et doses. — On conçoit, d'après cela, de quelle utilité les bains sulfureux artificiels doivent être dans les paralysies, les rhumatismes chroniques, les affections de langueur, la chlorose, l'anémie et diverses cachexies apyréliques.
En revanche, on sent qu'il faut les éviter toutes les fois qu'il existe un étal aigu et de la fièvre, ou bien des éruptions cutanées à forme inflammatoire.
La dose de Trisulfure, pour chaque bain, varie beaucoup. Souvent on en prescrit 125 grammes (Rayer). Trousseau et Pidoux n'en accordent que 16 à 30, seulement ils évitent d'ajouter de l'acide chlorhydrique, afin de ménager l'intégrité du Polysulfure alcalin et de conserver au bain toute son énergie spéciale.
L'addition de l'acide donne lieu à la précipitation d'une partie du soufre et à l'évolution d'une autre partie sous forme d'hydrogène sulfuré, en sorte que le bain ainsi traité irrite moins vivement la peau, mais agit plus efficacement sur les voies respiratoires.
Le Trisulfure de Potasse, en dissolution dans l'eau, laisse également précipiter une portion de soufre. Il constitue le véritable Bain sulfureux, bien différent du Bain de Baréges artificiel, avec lequel il est généralement confondu par les praticiens.
Celui-ci se compose de : Sulfure de sodium cristallisé, cristaux de soude,
PROTOCHLORUKE D'ANTIMOINE.
et chlorure de sodium, aâ 64 grammes, qu'on jelte dans l'eau du bain, ou qu'on fait dissoudre préalablement dans 32 grammes d'eau et que l'on conserve pour l'usage dans un flacon bien bouché. Le bain de Baréges artificiel reste limpide et n'exhale qu'une légère odeur sulfhydrique, parce que le carbonate de soude, saturant le soufre, en empêche la séparation. Il est plus agréable à la vue et à l'odorat, mais rien ne prouve qu'il soit plus actif que le bain sulfureux proprement dit.
Avec l'addition de 500 grammes de colle de Flandre pour représenter la sulfuraire ou la barégine des eaux naturelles, on obtient le Bain sulfuro-gclatîncux recommandé par Dupuytren.
En raison de ses effets irritants locaux, le Trisulfure de Potassium est rarement administré à l'intérieur. Cependant on l'a prescrit en pilules, à la dose de 10 à 30 centigrammes par jour, contre les maladies invétérées de la peau, les engorgements strumeux, le rhumatisme chronique, le catarrhe bronchique. Plus souvent on l'applique à l'extérieur en pommade ou en lotion contre les affections dartreuses anciennes, principalement celles de forme sèche et squameuse. La pommade se compose de : Polysulfurc de Potassium, 1 partie; savon mou et axonge balsamique, âà 2 parties. La lotion se prépare avec : Sulfure de Potasse sec, 96 grammes, et eau, 500 grammes. On ajoute, au moment de s'en servir, l\ grammes d'acide sulfurique concentré qu'on a soin d'étendre d'un peu d'eau. ^
DE SOUFRE LIQUIDE SATURÉ, Quint isulfurctum potassicum. Angl. Quint isulphur et of Potassium.
L'action physiologique et médic?mcnlcusc du Quintisulfure de Potassium (KS5) ne diffère pas notablement de celle du trisulfure. Ce composé sert aux mêmes usages que le précédent, et s'emploie à peu près aux mêmes doses.
PROTOCIILORURE D'ANTIMOINE, BEURRE D'ANTIMOINE, Chloruretum stibicum.
Angl. Terchloride of Antimony, OU or Butter of Antimony.
Le Protochlorure d'Antimoine (SbCl3), solide à la température ordinaire, est difficile à conserver sous cette forme, tant il est avide d'eau. En absorbant lentement l'humidité de l'air, il se liquéfie, et la solution conserve sa transparence; mais vient-on ajouter de l'eau au Protochlorure d'Antimoine, le trichlorure est décomposé, il se forme de l'oxychlorurc d'antimoine (SbCl, 5Sb03), ou Poudre d'Ahjaroth, qui blanchit la liqueur et se précipite.