‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 179 sur 276 · QUINTISULFURE DE POTASSIUM IMPUR EN SOLUTION, FOIE · texte numérisé non relu

QUINTISULFURE DE POTASSIUM IMPUR EN SOLUTION, FOIE

CIIAPIT

Action physiologique et usages. — Le Beurre d'Antimoine est un des plus puissants caustiques qui soient à la disposition du médecin. Il a de plus l'avantage, inappréciable en certains cas, de pénétrer avec une grande facilité dans la profondeur des solutions de continuité. Aussi en recommandet-on justement l'emploi contre la pustule maligne, les morsures des serpents venimeux, et plus spécialement contre celles des chiens enragés.

Pour cautériser des plaies envenimées, on charge de Protochlorure d'Antimoine liquide un cure-dent, un pinceau de charpie ou de blaireau, à l'aide duquel on dépose la liqueur corrosive sur la région affectée. Dès qu'une eschare blanche se fait remarquer, on pratique des lavages avec du lait et de l'eau pour entraîner l'excédant du caustique.

Les contre-poisons chimiques du Chlorure d'Antimoine sont d'abord ceux des acides minéraux, puis le tannin et les substances qui en renferment, lesquelles substances ont pour but de neutraliser les effets de l'oxychlorure d'antimoine.

La Poudre oV Algaroth, autrefois usitée comme émétique, ne sert plus qu'à préparer le tartre stibié.

CHLORURE d'or, Chloruretum auricum.

Angl. Terchloride of Gold. — Ail. Chloretum AurL

Action physiologique. — Le Chlorure d'Or (AuGl3) est caustique. Appliqué sur la peau, il teint rapidement l'épiderme en violet noir. Son action irritante et corrosive peut gagner le derme, si la quantité de l'agent est considérable et le contact suffisamment prolongé. Introduit à haute dose dans le canal alimentaire, il agit comme poison corrosif, détermine une violente gastro-entérite (Magendie) accompagnée de symptômes nerveux, tels que crampes dans les extrémités inférieures, agitation, insomnie, érections fatigantes, etc. Ses effets sont analogues à ceux du bichlorure hydrargyrique.

En plus faible proportion, le Chlorure d'Or cause seulement un peu d'irritation ou d'excitation gastrique, de la sécheresse de la langue, de la rougeur du gosier, des coliques et de la diarrhée (Cullerier).

Enfin à dose minime, il produirait, selon Chrestien, un accroissement des sécrétions cutanée, salivaire et rénale, et ce serait un stimulant plus énergique que le sublimé, mais un sialagogue moins efficace. Il modifierait, en outre, la crase sanguine et la nutrition de manière à réparer les dommages causés à l'économie par le virus syphilitique.

Usages. — Modes d'administration et doses. — Le Chlorure d'Or a été substitué au mercure par quelques praticiens (Chrestien, Cullerier, Legrand) dans le traitement des accidents syphilitiques secondaires, mais l'expérience générale n'a point confirmé les espérances que leurs observations avaient fait concevoir. On s'en est servi sans beaucoup plus de succès contre les maladies cutanées, la scrofule, le goitre, etc.

L'usage externe a donné des résultats plus nets.

PROTOCHLOKURE DE MERCURE.

Comme caustique, le Chlorure d'Or pur ou très-acidifié avec de l'acide nitro-chlorhydrique, a rendu des services contre le lupus, les ulcères syphilitiques, cancéreux, ayant pour siège les parties extérieures ou l'utérus (Legrand, Chavannes).

A l'intérieur, on emploie de préférence le Chlorure d'Or et de Sodium (Çhloruretum aurico-sodicum) (NaCl,AuCl3), dont l'action locale est moins irritante. On fait faire, une fois par jour, une friction sur la langue et les gencives avec un paquet contenant environ 3 milligrammes de Chlorure d'Or et de Sodium cristallisé, mêlé avec une quantité double de poudre inerte. On recommande, sans en donner la raison, la poudre de Lycopode ou d'Iris lavée à l'eau et à l'alcool.

Le Sirop de Chlorure d'Or et de Sodium, à 5 centigrammes de substance active pour 200 grammes de véhicule, et les Pastilles de Chlorure d'Or et de Sodium, contenant chacune un quart de centigramme d'Or, sont, ainsi que les pilules, des préparations rarement usitées. Il en est de même de la pommade de Niel, formée de : Chlorure double, 1 gramme; axonge, 30 grammes.

Par la méthode endermique on fait pénétrer le Chlorure d'Or, incorporé dans une pommade à raison de 5 centigrammes de Chlorure pour lgr,50 d'axonge.

PROTOCHLORURE DE MERCURE, Çhloruretum hydrargyrosum. Angl. Subchloride of Mercury. — AU. Quecksilbzrchlorûr. Les officines doivent en offrir de trois sortes :

1° Protochlorure de Mercure par surlimation {Mercure doux, Calomel, Calomélas).

Le Mercure doux sublimé a été détrôné par la variété suivante :

2° Protochlorure de Mercure pulvérulent (Calomel à la vapeur).

C'est la meilleure préparation pour l'usage interne, en raison de son extrême division, de son absorption plus facile et de sa plus grande pureté.

3° Protochlorure de Mercure par précipitation. Précipité blanc.

Le Précipité blanc est loin d'avoir la pureté du Calomel à la vapeur. Il retient une petite proportion d'acide nitrique et de nitrates de protoxyde et de deutoxyde de Mercure qui lui donnent une activité quelque peu redoutable. On le réserve en conséquence pour l'usage externe. Les détails suivants concernent spécialement l'histoire du Calomel à la vapeur.

Action physiologique. — Le Calomel, naturellement insoluble, est à peu près insipide et sans effet local apparent, ce qui lui a valu le nom de Mercure doux. Mais, dans l'estomac, le Chlorure mercureux ne tarde pas à se dissoudre, soit à la faveur des acides, qui s'emparent d'une partie de sa base et le transforment proportionnellement en sublimé corrosif, soit par l'intermédiaire des chlorures alcalins (Mialhe), qui forment avec lui un composé de chlorhydrate de chlorure d'hydrargyre et de sodium, sorte de sel double dans lequel le chlorure du métal de la dernière section joue le rôle d'acide par rapport

à celui de la première. Enfin, il paraît démontré qu'un excès de matières organiques : albumine, mucus, épithélium, est capable de dissoudre une quantité notable de Protochlorure hydrargyrique.

Une fois dissous, le Calomel commence à faire sentir son action sur le tube digestif. Le-phénomène primordial est l'état nauséeux auquel se rattachent quelques troubles sympathiques, savoir : un état de malaise, de langueur pouvant aller jusqu'à la défaillance, un flux de salive qu'il ne faut pas confondre avec le ptyalisme caractéristique, quelquefois une sueur froide et un léger frissonnement précurseur du vomissement, qui est assez rare. Ces premiers symptômes font place à une sensation désagréable vers le duodénum et le hile du foie, à des coliques intestinales, et finalement à de la diarrhée, si la dose est suffisante.

Les matières évacuées sont d'abord molles, puis féculentes, enfin liquides et fortement colorées en vert d'herbes ou vert-olive. Les dernières selles causent au passage, dans la fin du rectum, une sensation pénible de cuisson plus ou moins vive. Celte teinte herbacée des selles du Calomel [Calomel stools) n'a pas encore reçu d'explication entièrement satisfaisante. Ce qu'on sait bien, c'est qu'elle n'est pas due à la présence d'un composé mercuriel nouveau (Simon, Golding Bird), et qu'elle ne saurait dépendre, comme le veut Kraus, de l'action du protochlorure sur le lait, puisqu'elle se montre chez des adultes nourris de viande. Tout porte à penser avec Michéa, Mialhe et la plupart des cliniciens, que le Calomel, surexcitant la sécrétion hépatique, fait arriver dans ^'intestin des flots de bile verte, semblable à la modification qu'imprime à la bile jaune l'action prolongée de l'air et des acides peu énergiques. Le pigment biliaire est d'ailleurs tellement voisin de la matière colorante des globules et de ses dérivés, que Golding Bird et Schônbein ont pu rapporter à une altération de l'hématosinc la coloration spéciale des selles obtenues à l'aide du Calomel.

Les selles vertes sont, dit-on, plus fréquentes chez les hommes que chez les femmes; si cette différence existe, elle s'explique probablement par autre chose que la prédominance des chlorures dans le sexe masculin. L'action cholagogue du Calomel se continue quelquefois pendant plusieurs jours à la suite de l'administration d'une seule dose, et, lorsqu'on en répète l'usage, il peut survenir de la diarrhée persistante, des vomissements répétés et des symptômes d'entérite et d'hépatite, avec ulcérations de la muqueuse digestive et passage à la gangrène.

D'autres accidents se produisent quand le Calomel n'agit pas comme purgatif , soit parce qu'il est employé à trop faible dose, soit parce que le foie reste torpide. Alors, après quelques prises du médicament, rarement après une seule, si ce n'est lorsqu'elle est très-forte et pourtant exempte d'effets cathartiques, on voit survenir la salivation, la stomatite ulcéro-membraneuse, parfois la gangrène de la bouche, un gonflement énorme de la face, la fétidité de l'haleine, la gêne de la déglutition et de la respiration, si la langue et les

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• différentes parties de l'isthme guttural sont extrêmement tuméfiées, enfin la mort, dans des cas heureusement fort rares.

Le plus souvent le Calomel, à doses fractionnées, n'occasionne que du ptyalisme et une stomatite modérée, compliquée ou non d'un peu d'hypercrinie pancréatique et de diarrhée muqueuse. Dans ces conditions, une partie du Protochlorure hydrargyrique est absorbée, et va produire dans le sang et les tissus les effets altérants décrits à l'occasion du mercure métallique (voy. ce mot).

Substances synergiques, auxiliaires. — Les synergiques du Calomel sont de diverses sortes, suivant l'objet qu'on se propose. Ce sont tantôt des purgatifs, tantôt des altérants antiphlogistiques et anliplastiques, ou bien des sialagogucs, des anthelminthiques. Les chlorures alcalins et les acides capables de s'emparer d'une partie de la base sont des adjuvants du Calomel en ce sens qu'ils l'aident à se transformer en une substance d'une activité supérieure. Il en est de môme du mucus, qui favorise son absorption sans transformation préalable en bichlorure. L'Opium ne devient un auxiliaire que lorsqu'il s'agit d'apaiser la révolte des intestins et de prolonger le contact avec la membrane absorbante, c'est-à-dire quand on veut obtenir rapidement les effets généraux.

Substances antagonistes, incompatibles. — Antidotes, contrepoisons. — Les alcalis libres et les astringents seraient des antagonistes chimiques et dynamiques du Protochlorure de Mercure. Les substances adjuvantes deviennent, à certains égards, des incompatibles. Ainsi les acides et les chlorures alcalins favorisent la solubilité du Mercure doux. Cependant comme ï\ importe, sous peine d'empoisonnement, de modérer la métamorphose du Calomel en sublimé corrosif, et comme les acides de l'estomac ou les chlorures normaux du suc intestinal suffisent généralement pour opérer celle transformai ion, il est prudent d'éviter les limonades minérales et les bouillons fortement salés, lorsqu'on administre le Calomel par la voie gastrique.

Usages. — Au résumé, le Calomel est un purgatif chlolagogue énergiques mais incertain, dont les effets sont subordonnés aux changements qu'il subit dans le tube digestif en présence des matières albuminoïdes et des autre, agents de transfoymation. Pour en assurer l'action, il est sage de l'associer aux purgatifs proprement dits, spécialement aux drastiques, tels que la scammonée, l'aloès, la résine de jalap. Cette précaution est d'autant plus indispensable, que le Protochlorure de Mercure est peut-être de toutes les préparations hydrargyriques celle qui amène le plus vite la stomatite spéciale et la salivation, circonstances peu favorables, pour le dire en passant, à l'opinion qui veut que le Calomel n'agisse qu'après s'être métamorphosé en sublimé corrosif. Les elïets catharliques de ce médicament sont utilisés spécialement dans la jaunisse par rétention de la bile, dans l'ictère hémaphéique en rapport avec l'insuffisance absolue ou relative de la fonction hépatique, dans les maladies organiques du cœur, les hydropisies, etc. La facilité avec laquelle on

obtient la salivation mercurielle à l'aide du Calomel, et l'intensité des lésions 1 buccales qu'il détermine, désignent naturellement ce composé comme agent de la médication révulsive dans le traitement des ophthalmies et des affections cérébrales.

En qualité de purgatif chlolagogue et d'antiplastique, le Calomel devient sédatif et antiphlogistique dans le cours d'une foule de maladies inflamnaa* toires des centres nerveux et des organes de la respiration.

Comme altérant, il trouve son emploi dans un grand nombre d'états morbides caractérisés par la phlogose et la plasticité exagérée du sang, ainsi que dans plusieurs affections diathésiques : la diphthérie, la syphilis, l'herpétisme et d'autres cas analogues. Le Calomel vaudrait toutes les autres préparations mercurielles pour guérir les maladies vénériennes, s'il ne possédait au suprême degré l'inconvénient de faire saliver et d'amener du côté de la bouche des altérations fâcheuses.

Le Calomel est aussi quelquefois associé aux diurétiques et aux diaphorétiques, dans le but d'assurer les effets respectifs de ces deux ordres de médicaments. Enfin, ce composé jouit de propriétés vermifuges au même titre que les autres préparations mercurielles.

Les applications topiques du Protochlorure de Mercure sont assez variées. On l'emploie contre les affections cutanées syphilitiques et dartreuses, contre les ophthalmies chroniques et les opacités de la cornée, contre les angines syphilitiques, les blennorrhées et dans beaucoup d'autres cas pathologiques.

Modes d'administration et doses. — Comme altérant, le Calomel se donne à la dose de 10 à 20 centigrammes par jour en plusieurs prises, à intervalles sensiblement égaux. Il est facile de distribuer cinq doses dans les intervalles des repas ; un plus grand nombre ne peut trouver place en vingt-quatre heures que chez les sujets qui observent la diète.

Dans ce mode de fractionnement, selon la formule de Law, on prescrit souvent un paquet de 1 ou 2 centigrammes de Calomel avec une quantité suffisante de sucre ou de lactine pour augmenter encore un peu la masse et faciliter la division. Chaque dose peut être prise dans du pain azyme ou de la confiture, et l'on boit de l'infusion de thé, de tilleul ou quelque autre semblable, ou bien de la limonade, de la solution de sirop de groseille. Dans quelques pays on repousse les boissons acidulés ; cette réprobation ne me paraît pas justifiée en ce qui regarde les acides végétaux.

On fait également des pilules de 1, 2 et 5 centigrammes de Calomel pour la médication altérante et antiphlogistique. Dans le même cas on emploie des Pastilles de chocolat dont chacune contient 1 milligramme de Calomel.

Quand on veut obtenir l'action purgative, il faut, ainsi qu'il a été dit tout à l'heure, administrer le Calomel concurremment avec des drastiques, et en élever la dose jusqu'à 30, ZiO, 60 centigrammes à 1 gramme, et même à lgr,50, soit en poudre, dans de l'hostie, du miel ou de la confiture de prune ou d'abricot, soit en pilules.

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S'il se produit des nausées quelque temps après l'ingestion, il convient de prendre une tasse de limonade citrique ou d'infusion de thé. Pour favoriser les effets purgatifs, nous conseillons habituellement le thé noir excessivement léger, tiède et à peine sucré.

Les Pilules de Plummer se composent de Caiomel, de soufre doré d'antimoine etdegayac; celles de Caiomel et d'Opium renferment 3 parties du premier et 1 partie du second.

Pour employer le Caiomel en gargarisme, il faut, autant que possible, le tenir en suspension dans un liquide fortement mucilagineux. On en peut mettre 2 à l\ grammes dans 300 grammes de véhicule.

Le Caiomel sert à composer un Collyre sec avec une égale quantité de sucre pulvérisé, pour faire se dissoudre les albugos de la cornée.

La Pommade au Précipité blanc renferme généralement h grammes de principe actif pour 30 grammes d'axonge. Enfin, on fait avec le Caiomel des fumigations destinées à remplacer celles de cinabre dans le traitement des éruptions syphilitiques.

WEUTOCIIEORURE ©E MERCURE, SUBLIMÉ CORROSIF, Bi- C'HliORERE DE MERCURE, Chloruretum hydrargyricum.

Angl. Perchloride of Mercury, corrosive Sublimate. — Ail. Aetzender Quecksilber Sublimât.

Action physiologique. — Le Deutochlorure de Mercure (HgCl) est, à haute dose, ainsi que l'un de ses noms vulgaires l'indique, un véritable poison corrosif. A plus faible dose, ce n'est qu'un irritant local et un altérant de l'économie entière. Il possède une saveur métallique accompagnée d'àcrèté, et lorsqu'il est introduit dans l'estomac en masse un peu forte, il occasionne une sensation de chaleur à 1 epigastre, des nausées, des coliques et de la diarrhée. Des phénomènes d'excitation générale peuvent s'ensuivre : la peau devient plus chaude, la transpiration plus abondante, quelquefois la sécrétion urinaire plus active, et, si la dose est répétée, il survient exceptionnellement de la salivation.

Un long usage de doses un peu exagérées amène des troubles digestifs : anorexie, nausées„vomissements, coliques et diarrhée, et parfois des désordres des organes respiraloires caractérisés par de la douleur thoracique, de la toux et des crachements de sang. Mais ces derniers symptômes dérivent sans doute de l'altération profonde du sang et des tissus, consécutive à l'empoisonnement chronique par des préparations mercurielles quelconques.

Par suite de son affinité pour l'albumine et la fibrine, avec lesquelles il forme des combinaisons insolubles, le Sublimé corrosif, appliqué en masse considérable sur la peau ou sur une muqueuse, produit plus ou moins rapidement une escharification accompagnée d'une vive douleur. S'il est pris par la bouche, il occasionne de la brûlure dans toute la partie supérieure des voies digestives, y compris l'estomac, et donne lieu à l'ensemble des symptômes

graves engendrés par l'action des poisons corrosifs les plus violents, tels que l'acide sulfurique ou l'arsenic (voy. ces mots), avec une plus grande irritation du gosier et des voies urinaires, des vomissements de sang et du melaena, plus fréquents que dans l'intoxication arsenicale.

Ces premiers effets peuvent être suivis d'une violente poussée d'hypercrinie et de phlogose du côlé de la bouche et des glandes salivaires, avec leurs conséquences extrêmes : ulcérations, gangrène, fétidité de l'haleine.

Directement soluble, le Bichlorure de Mercure pénètre facilement par absorption dans le système sanguin. Bien qu'il soit administré en très-minime quantité, pour éviter son action irritante, on l'associe à des substances mucilagineuses qui l'invisquent, à des substances protéiques qui le précipitent d'abord, le dissolvent ensuite, et finalement le dissimulent.

Le lait est souvent employé dans ce but; on pourrait le remplacer par toute autre solution de matière albuminoïde. Chez la plupart des sujets, contrairement à ce qui se passe avec le Calomel et la plupart des sels de mercure, l'usage du Sublimé peut être continué presque indéfiniment sans déterminer ni stomatite, ni salivation, ce qui le rend très-précieux dans les formes rebelles de syphilis, et prouve encore une fois que le Calomel, qui se comporte si différemment, ne pénètre pas dans la circulation uniquement à l'état de Deutochlorure.

Le Bichlorure hydrargyrique est un altérant par excellence, non- seulement parce qu'il altère la crase sanguine, mais aussi parce que le métal se fixe dans le plasma, et consécutivement dans les tissus ou les organes que celui-ci est appelé à réparer, de manière à en modifier la composition et le mode de fonctionnement. Il est impossible jusqu'ici de pénétrer dans l'intimité des effets que détermine sur l'organisme la préparation mercurielle qui nous occupe; cependant on croit pouvoir la ranger parmi les fluidifiants et les antiplastiques (voy. Mercure).

Substances synergiques, auxiliaires. — Sous le rapport de ses effets locaux, le Sublimé corrosif a pour analogues les autres parasiticides et agents caustiques. Comme modificateur du sang et de la nutrition, il trouve ses auxiliaires m ses semblables dans les antiphlogisliques, les antiplasliques, et spécialement dans les autres mercuriaux (voy. Protociilorure de Mercure).

Substances antagonistes, incompatibles. — Antidotes, contrepoisons. — Comme préparation mercurielle, le Bichlorure hydrargyrique a pour antagonistes, pour incompatibles et pour antidotes physiologiques les mêmes agents dont nous avons montré l'opposition avec le calomel (voy. ce mot).

Comme poison corrosif, le Sublimé a pour correctifs les boissons aqueuses et mucilagineuses, les narcotiques, et principalement l'opium; pour contrepoisons proprement dits, le mélange de limaille de fer et de zinc, proposé par Bouchardat dans le but de décomposer le sel mercuriel, mais surtout l'albumine, qui, bien qu'elle redissolve dans un excès de sa propre masse le préci-

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pité d'albuminate de Bichlorure hydrargyrique primitivement formé (Lassaignc) n'en dissimule et neutralise pas moins les propriétés irritantes du Deutochlorure de Mercure. Elle n'a, dans cette circonstance, qu'un inconvénient : celui de ne pas s'opposer à l'absorption ultérieure du composé mercuriel. Il faut un blanc d'oeuf pour neutraliser 25 centigrammes de Sublimé corrosif (Pescbier).

Usages. — Quoi qu'il en soit de son mode d'action, le Sublimé corrosif, ainsi que les autres mercuriaux, réussit à merveille dans période secondaire de la syphilis constitutionnelle et même au début du traitement de toute syphilis, quelque tardives qu'en puissent être les manifestations.

Les effets altérants sont quelquefois utiles dans l'herpétisme et différents étals morbides diathésiques.

Le Sublimé sert encore à d'autres titres contre les affections cutanées, attendu qu'il possède, en commun avec toutes les préparations mercurielles solubles, la propriété de tuer les organismes inférieurs des deux règnes. Voilà ce qui fait que la Liqueur de van Swictcn réussit contre les affections cutanées reconnues parasitaires, et contre d'autres encore dans lesquelles le parasite n'est pas généralement admis ou ne joue qu'un rôle secondaire. De ce genre est le prurigo pudendi, si fréquent chez les sujets diabétiques, surtout ceux du sexe féminin, et dans lequel j'ai découvert des spores de ferment retrouvées également par Friedreich, et même des filaments articulés et ramifiés, semblables à ceux de la Mucédinée du muguet. Comme parasiticide, la Liqueur de van Swieten est journellement prescrite contre les herpès circiné et tonsurant, les éphélides hépatiques et l'eczéma du pourtour de l'anus et des parties génitales.

On ne demande jamais au Bichlorure hydrargyrique comme au Caloniel ses effets antiphlogisliques dans les maladies aiguës.

A l'extérieur, outre les applications mentionnées ci- dessus, on l'emploie encore pour stimuler et modifier avec le temps les lésions chroniques de la peau et des muqueuses, spécialement celles d'origine syphilitique. On s'en sert aussi avec d'autres cathérétiques ou caustiques : le sulfate de zinc, l'arsenic, pour cautériser la surface des chancres, les ulcères cancéreux, les morsures des chiens enragés £t les plaies envenimées.

Modes d'administration et doses. — Le Deutochlorure de Mercure, étant soluble dans l'eau, l'alcool et Téther, peut être administré dissous dans l'un de ces trois véhicules, ou bien en substance dans une masse pilulaire. Sous Tune ou l'autre forme, il se donne à l'intérieur à la dose de 1 à k ou 5 centigrammes par jour.

Les Pilules de Dupuytren renferment chacune 1 centigramme de Sublimé corrosif et autant d'extrait d'Opium, avec 15 centigrammes de matière inerte : extrait de Gayac, mie de pain ou gluten.

La Liqueur de van Sivieten, désignée dans le Codex sous le nom de Deutochlorure de Mercure en solution, est formée par 1 gramme de Sublimé

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