AS A FOETIDA
n'ont produit d'autre effet que de communiquer, à diverses sécrétions, une horrible fétidité. Ce sont là sans doute des résultats extrêmes dont il faudrait prendre la moyenne pour obtenir la valeur ordinaire du médicament, valeur qui, du reste, doit varier énormément, selon les conditions de santé du sujet. En tous cas, l'expérience physiologique et pathologique démontre ce que la composition chimique, la présence d'une essence sulfurée et peut-être phos phorée, faisait pressentir, c'est que YAsa fœtida jouit de propriétés stimulantes diffusibles incontestables et puissantes.
Cette gomme-résine est absorbée et passe dans les sécrétions, ainsi que le prouve l'expérience de Trousseau et Pidoux. Les Orientaux qui en font usage ont une transpiration infecte, ce que savait Aristophane.
Substances synergiques, auxiliaires. — Toutes les gommes-résines fétides des Ombellifères, les substances aromatiques et balsamiques, el en général les préparations sulfureuses et phosphorées, les alcools, les éthers, sont synergiques ou auxiliaires de YAsa fœtida.
Substances antagonistes, incompatibles. — Les acides, les relâchants, les sels neutres, le froid, etc., contrarient l'action de cette gomme-résine.
Usaces. — Malgré son odeur repoussante, YAsa fœtida est un condiment fort recherché et fréquemment usité en Perse et dans l'Inde, où il sert peutêtre à corriger les effets débilitants du climat sur les organes digestifs. Les brahmes l'emploient expressément comme digestif, carminalif et aphrodisiaque.
En Europe, YAsa fœtida est donné dans la constipation atonique avec pneumatose intestinale et dans la colique flatulcnte. On le prescrit aussi comme emménagogue dans l'aménorrhée torpide de certains chlorotiques et anémiques. Il est rationnellement indiqué, en qualité de balsamo-sulfureux, dans la bronchite chronique accompagnée de sécrétions muco-purulenles , même lorsque ces symptômes se rattachent à une tuberculisation de forme lente et sans complication inflammatoire.
Mais on en réserve surtout l'usage pour des phénomènes nerveux variés, caractérisés principalement par des spasmes et des convulsions, la toux spasmodique, l'angine striduleuse et le spasme glottique, l'asthme, les convulsions infantiles, voire même l'épilepsie; enfin, et par-dessus tout, pour les manifestations multiformes de l'hystérie et des névropathies voisines.
CONTRE-INDICATIONS. — Seulement on doit renoncer à ce moyen dès que l'hystérie devient fébrile et s'accompagne de symptômes d'embarras gastrointestinal. Il faut éviter de même ses propriétés stimulantes toutes les fois qu'on a affaire à une pyrexie, à une phlegmasie, ou même à une simple phlogose des premières voies.
Modes d'administration et doses. — VAsa fœtida se donne en nature à la dose de 50 à 60 centigrammes, répétée trois fois par jour, soif en pilules, soit en êmulsion. Pour lavement, la dose est de l\ grammes. La teinture alcoolique se prescrit à la dose de 2 grammes.
VAsa fcetida entre dans les Pilules de Fuller, la Potion antihystérique du Codex, et dans presque toutes les formules contre l'hystérie.
ASARUM OU CABARET, Asarum europamm, L — ARISTOLOCHIÉES.
Angl. Common Asarabacca. — Ail. Hasehvurz.
Composition. — Le Cabaret est une plante indigène dont la racine, trèsactive, renferme deux huiles volatiles, l'une liquide, l'autre cristallisant en aiguilles soyeuses; un principe analogue au camphre, et un autre doué d'amertume. — L'huile volatile, très-acre, se rapproche du principe volatil de Y Arum.
Action physiologique. — Toutes les parties de la plante sont irritantes, d'une saveur acre, d'une odeur poivrée. La poudre de racine, portée dans les narines, provoque l'éternument, un écoulement de mucus et quelquefois une épistaxis. Avalée, elle occasionne des douleurs d'entrailles, des nausées, des vomissements et des évacuations alvines. Elle produit aussi quelquefois un flux urinaire.
Usages. — V Asarum est le plus violent sternutatoire que nous possédions. On l'a employé comme tel dans diverses affections du cerveau, des yeux, delà face et de l'entrée des voies respiratoires.
Comme émétique, le Cabaret n'est surpassé que par le tartre stibié et les ipécacuanhas; 30 à 50 centigrammes de racine fraîche suffiraient pour provoquer les vomissements qu'on n'obtient qu'avec 50 centigrammes à 2 grammes de racine sèche. On la donne en poudre et en infusion, mais non en décoction, à cause de la fugacité de son principe éminemment actif.
V Asarum entre dans la Poudre Saint- Ange , Y 'Orviétan,Y Emplâtre diabotanum, etc.
asclépiade ou DOMPTE -venin, Asclepias Vincetoxicum, L. ; Vincetoxicum officinale, Mœnch. — Asclépiadées.
Angl. Swallow-wort. — Ail. Scbwalbenwurz, Giftwurz.
Le Dompte-venin, ainsi nommé parce qu'on le croyait alexitère, est fréquent dans les taillis des terrains secs et pierreux. C'est un poison acre dont il faut se défier, et qui renferme, selon toute probabilité, entre autres substances, un principe immédiat analogue à Yapocynine trouvée dans YApocynum cannabinwn. A petites closes, on peut l'utiliser en médecine. Il a été conseillé comme stimulant et comme purgatif hydragogue dans la scrofule et les maladies de la peau.
asperge, Asparagus officinalis, L. — Asparaginées. Angl. Common Asparagus. ~ Ail. Spargel.
Les jeunes pousses ou turions d'Asperge qui sont un des meilleurs légumes, contiennent, parmi un grand nombre de matières sans importance, deux principes : Vasparagine et un extrait aqueux particulier, qui lui donnent ses pro-
AUNÉE OFFICINALE OU AUNÉE.
priétés lus plus apparentes. C'est la matière extraclive qui, d'après Plisson et Ossian Henry, communique à l'urine l'odeur repoussante que tout le monde connaît. De son côté, Vasparagine paraît être le principe immédiat qui agit sur la circulation et la diurèse.
La racine d'Asperge, privée de ces deux principes, agit cependant encore comme diurétique. Elle fait partie des cinq racines apéritives, majeures. On en boit Y infusion ou la décoction aux repas. On en fait de même avec la décoction des turions. Ceux-ci entrent dans la préparation d'un sirop qui a joui d'une certaine vogue comme diurétique et sédatif du cœur.
AUNÉE OFFICINALE ou AUNÉE, Inula Belcnium, L. — COMPOSÉES ou S Y N A NTHÉRÉES-ASTÉROÏDÉES.
Angl. Elecampane. — Ail. Alant, Helenenkraut .
Composition. — L' Inula Heleniwn est une de nos plantes indigènes les plus actives, et cependant les plus abandonnées, parce qu'elle est suppléée par un grand rombre d'autres végétaux de même valeur et plus abondants. Sa racine, outre une matière amylacée particulière, Vinuiine, du tannin colorant en vert les persels de fer, et d'autres substances peu importantes, renferme des traces d'huile volatile, une résine, un principe cristallisable voisin du camphre, appelé hélénine, et un extractif amer, composés auxquels se rapportent ses principales propriétés.
Action phtsiolo(;iqtje. — La racine à'Aunée, d'un goût amer et chaud, d'une odeur aromatique et camphrée, agit comme un stimulant doux des organes digestifs, de ceux de la circulation, et consécutivement des principales sécrétions. En plus forte quantité, elle occasionne des nausées et des vomissements.
Usages. — Elle constitue donc un tonique aromatique, pouvant devenir expectorant, diurétique et diaphorétique. Ces propriétés peuvent être utilisées dans la dyspepsie a tonique, les affections avec débilité générale, la dysménorrhée torpide, les catarrhes pulmonaire et bronchique, les fièvres exanthématiques dont l'éruption se fait attendre, et même contre la dépression qui résulte de l'introduction d'un poison ou d'un venin dans l'économie. Il n'est pas besoin de dire que la vertu alexitère admise par les anciens se borne à de la stimulation.
Modes d'administration et doses. — On donne l\ grammes de cette racine en poudre comme stimulant difîusible, et seulement 30 à AO centigrammes comme stomachique.
La décoction de 8 grammes pour un litre d'eau se prend dans la journée.
Le vin d'Aunée et le vin d Aunée chalybé se donnent par cuillerées, de '1 à '\ dans les vingt-quatre heures.
D'ailleurs la racine d' Aunée entre dans la composition d'une foule de préparations dont les moins oubliées sont le Sirop d' Erysimum composé elle Sirop d'Armoise composé.
AIJROIffiE ©ES CHAMPS, Artcmisia campestris, L. — COMPOSÉES ou Synanthérées-Sénécionidées.
Angl. Southermvood. — Ail. Gartwurzel, Eberreiskraut.
Succédané de Y Absinthe (voy. ce mot), dont elle rappelle les propriétés sans les égaler.
AURONE MALE ou cïMéMlMELliE, Artemisia Abrotanwn, L, — Composées ou Synanthérées-Sénécionidées.
Angl. Balm Mint, garden Mint. — Ail. Citronenkraut.
C'est un sous-arbrisseau originaire du midi de l'Europe, et dont les feuilles froissées entre les doigts exhalent une agréable odeur de citron. On en prépare une infusion thé i forme qui est stomachique, carminative et même anlhelminthique.
AltàîME, Avena saliva, L. — Graminées.
Angl. Common Oat. — M. Hab'er oder Hafer.
Composition. — La graine à' Avena saliva contient de l'amidon, du sucre, de la gomme, une huile grasse jaune verdàtre, de l'albumine, du gluten, et une troisième substance proléique désignée sous le nom à'avénine. Il existerait en outre dans les enveloppes un principe aromatique, enivrant, assez voisin de celui de la vanille (Journet), et qui ne 'se retrouve pas dans le gruau d'Avoine.
Le gruau (Oatmeal gruel) est simplement émollient, rafraîchissant et antiphlogistique. On emploie sa décoction dans les phlegmasies thoraciques et les irritations inflammatoires du tube digestif. Sa richesse en matières grasses et en principes albuminoïdes en fait aussi un excellent aliment, par lequel on a quelquefois remplacé le lait maternel.
L'avoine sert à produire de l'alcool
ax©$j«e. — Voy. Graisse de porc.
aya-pana, Eupatorium A ya-pana , Vent. — Composées ou Synalnthé-
RÉES -EUP ATORIÊ ES .
Celte Eupatoire, originaire de la vallée de l'Amazone, jouissait naguère au Brésil d'une réputation fabuleuse contre les fièvres intermittentes, les dartres* les hydropisies et la plupart des maladies rebelles. Ses feuilles sont amères aromatiques; leur odeur a quelque rapport avec celle de la fève Tonka. Sans être un remède infaillible des cas désespérés, elles sont, loin de mériter un oubli définitif. Leurs propriétés, qui sont celles de tous les aromatiques-amers, seraient avantageuses dans les troubles fonctionnels des organes digestifs, les débilités et les cachexies , les catarrhes des muqueuses , les ulcères a Ioniques.
RARBAT1MA0,
badiane ou mis é'ïtoiïjïs, Illicium anisatum, L. — Magnouacées. Angl. Badian, Indian Anise. — Ail. Sternanis.
Cet arbuste de la Chine, des Philippines et du Japon, porto des fruits d'une odeur suave identique avec celle d'anis, mais plus fragranle encore. Leur goût est acre, amer, chaud et piquant. Leurs propriétés physiologiques ne diffèrent pas de celles des fruits du Pimpinella Anisum (voy. Anis). On les emploie dans l'extrême Orient et dans l'Inde comme stomachique, carminatif et diurétique. On les donne contre la colique, le rhumatisme, et surtout, en qualité d'alexipharmaque, dans les empoisonnements par les substances végétales. Us servent aussi comme aromates et assaisonnement. On se rince la bouche avec leur infusion, on les brûle à la manière des autres parfums. Enfin on en relire une liqueur fermentée fort agréable.
En Europe, on substitue maintenant Y Anis étoile à Y Anis indigène dans la plupart des circonstances où ce dernier était employé. Au point de vue thérapeutique, nous ne pouvons que répéter ce que nous avons dit précédemment (voy. Anis).
B&LSAïUITE ®p©RAWTE, Balsamùa suavcolens, £crs. ; Pyrethrurn Tanacetum, DC. — Composées ou Synanthérées-Sénecionidées. Angl. Astmary, Tansy. — AH. Balsamkraut.
Le Pyrethrurn Tanacetum, qui croît dans le midi de la France, possède une saveur chaude et amère, une odeur forte et pénétrante, analogues à celles de la Menthe poivrée. Bien qu'inusité aujourd'hui, c'est une plante énergique qui mériterait d'être employée comme stimulant diffusible. On la donnait autrefois comme stomachique, antispasmodique, emménagogue et vermifuge, à la dose de k à 8 grammes en infusion et de 2 à k grammes an poudre.
Linné considérait le Tanacetum Balsamita comme un puissant correctif de l'opium. ^
BARBATlflfAO. Écorces astringentes de deux Inga du Brésil: iu YInya Avaremotemo, ïfridl. , Mimosa cochliocarpoj, Cornez; 2° YInya Barbatimào, Endl., Acacia astrinyens, Reis. — LÉGUMINEUSES-MlMOSÉES.
Les deux tnga ont les mêmes propriétés. Leur écorce, amère et fortement astringente, sert également dans le pays au tannage des cuirs et aux usages thérapeutiques des substances astringentes. Elle est d'un usage populaire contre la diarrhée, les écoulements, les hemorrhagies et les hernies. On s'en sert aussi pour raffermir les chairs, modifier les ulcères a toniques, arrêter la puiridité.
Ces propriétés ont été mises à profit par les Portugais, mais rarement eu France.
babbane. Trois espèces employées indifféremment : Lappa major, Lappa minor, Lappa tomentosa, DC. — Composées ou Synanthérées- Carduacées.
Angl. Bur, Burdock, Glotbur. — Ail. Klettenkraut.
La Bardane est une des illusions de notre matière médicale indigène. Sa racine est mucilagineuse, inodore, insipide et à peu près inerte. Cependant on lui accorde des propriétés sudorifiques, dépuratives, diurétiques et indirecte ment antisyphilitiques. C'est tout au plus un mucilagineux qu'on peut manger en guise de salsifis.
Je ne crois pas davantage aux vertus des feuilles pour cicatriser les plaies et guérir la teigne. Les semences, amères et acres, sont purgatives à la dose de h grammes.
BASILIC, Ocimnm Basilicum, L. — Labiées. Angl. Sweet Basil. — Ail. Basilienkraut.
Le grand Basilic, originaire de l'Inde, y jouit d'une popularité sans égale comme aromate. Il n'agit pas autrement que les Labiées aromatiques en général. C'est un stimulant diffusible qui convient dans l'atonie de l'estomac et de tout le système, les flux muco-purulents, etc. Les Hindous versent le suc des feuilles dans l'oreille pour guérir la surdité, sans doute lorsqu'elle a pour cause un catarrhe purulent du conduit auditif ou l'accumulation du cérumen.
Le Basilic sert aussi comme condiment en Asie et quelquefois en Europe.
BAUME DU CANADA, faux Baume de GlLEAD. Térébenthine liquide de YAbies ba/samea, L. — Conifères.
Angl. Balm of Gilead Fir; Canada Balsam. — Ail. Canadenischer Balsam.
VAbies balsamea, répandu dans une grande partie de l'Amérique du Nord, fournit une térébenthine qui ne diffère de celle des Pins et des Sapins de nos contrées que par une odeur moins forte et une saveur plus douce. Elle jouit d'ailleurs exactement des mêmes propriétés physiologiques et médicales. ( Yoy. Térében th inc. )
BAUME BE LA MECQUE, be Ji bée ou BE GILEAD. Térébenthine liquide des Bahamodendron Opobalsamum et Gileadense, Kunth. — TÉRÉ? binthacées-Burséracées.
Angl. Balm of Gilead. — Ail. Mecca Balsam.
Il en est de plusieurs qualités. Celui qui vient en Europe est toujours inférieur, les larmes qui s'écoulent spontanément des deux espèces de Bahamodendron étant réservées pour les sultans et les pachas. Tel quel, le Baume de la Mecque n'en est pas moins d'une odeur agréable, et constitue un stimulant balsamique actif, dont on utiliserait avec avantage les propriétés dans tous les cas où ces sortes d'agents sont recommandés. On s'en sert en Orient pour cica-