IODURES
d'ailleurs, l'acide carbonique de l'air en dégage une faible proportion de sa combinaison avec la base alcaline. Il possède une saveur salée et amère, spéciale et désagréable. Localement, il exerce une légère irritation qui se traduit à la peau, après des frictions réitérées, par de l'érythème, de la cuisson et par une éruption vésico-pustuleuse acnéiforme, un peu furonculeuse même. Introduit dans le sang, l'Iodure de Potassium se comporte comme l'iode, à la manière d'un excitant général. Le pouls devient plus fort et plus fréquent, les capillaires artériels se développent et la chaleur périphérique augmente. Cette fièvre artificielle s'accompagne de congestion céphalique avec douleur frontale, rougeur des yeux et larmoiement, enchifrènement, douleur au niveau de la base du nez et des sinus frontaux, écoulement séro-muqueux par les narines, irritation de la gorge et quelquefois salivation plus ou moins abondante.
Après quelques jours d'emploi, l'élimination de l'iode par la peau se manifeste par des éruptions de formes diverses, depuis la roséole et les papules jusqu'à l'acné ou l'eczéma. Il peut survenir dès le premier jour, avec une dose qui ne dépasse pas 50 centigrammes, un œdème énorme des paupières et l'occlusion complète des yeux, une céphalalgie très-intense, des élancements dans les yeux et les oreilles, des tintouins et des éblouissenients.
L'ensemble de ces derniers phénomènes constitue Y ivresse iodique (Lugol), ou ce qu'on peut appeler Yiodisme aigu. Lorsqu'ils sont poussés à l'extrême sous l'influence de doses excessives, comme dans les expérimentations sur les animaux (Devergie, Cogswell), ces phénomènes, joints à l'irritation des premières voies, peuvent avoir une issue funeste.
Coindet et plus tard Rilliet ont signalé et décrit une autre espèce (Yiodisme vraiment constitutionnel, caractérisé par ces trois symptômes : amaigrissement progressif, appétit exagéré, palpitations cardiaques.
Tandis que l'iotlisme aigu est proportionnel à la masse du médicament ingéré , l'iodismc chronique, décrit par Rilliet, se montrerait plutôt sous l'influence de petites doses ; mais comme dans les faits observés par lui il s'agissait spécialement de goitreux, Trousseau et Pidoux pensent avec raison que celle condition morbide dispose énormément aux accidents toxiques de l'iode. Cela me paraît d'autant plus probable, que j'ai eu plusieurs fois l'occasion de constater l'intolérance pour les iodiques de la part des sujets atteints de palpitations nerveuses avec bouffées congestives de différents côtés , rougeurs subites du visage et autres signes d'hyposthénie du système nerveux vaso-moteur liés ordinairement à un état d'hypoglobulie.
A dose forte et soutenue, l'Iodure de Potassium produit des phénomènes plus constants et fort remarquables. Son effet le plus important est d'accélérer le mouvement de dénutrition, et conséquemment de ramener dans la circulalion les matériaux adipeux simplement déposés en réserve dans les mailles du lissu sous cutané et dans les parenchymes, ainsi que les produits plastiques nouvellement formés ou épanchés. La diminution de volume des goitres, Patro-