IODURE DE POTASSIUM
fuleuses des ganglions lymphatiques, des viscères et de la peau, la tuberculose, la syphilis, les tumeurs diverses, la goutte et surtout le rhumatisme chronique; enfin contre certaines inflammations des muqueuses et la morve chronique. L'usage externe et surtout interne de ce sel favorise également la résorption des fausses membranes qui doublent les séreuses enflammées. Des frottements péricardiques ou pleuraux, après être restés quinze jours stalionnaires, ne commencèrent à s'atténuer qu'après l'emploi de l'Iodurede Potassium (Gubler, Bouillaud).
Après avoir reconnu que ce médicament convient dans la généralité de ces cas, il est bon cependant de faire plusieurs réserves, notamment en ce qui concerne le traitement des hypertrophies du corps thyroïde. Nuisible dans la cachexie exophthalmique, inefficace dans la forme aiguë des goitres qui surviennent accidentellement chez les femmes aménorrhéiques, etc., il ne triomphe vraiment que des goitres endémiques à marche lente, sans éréthisme. Nous pouvons en dire à peu près autant de la tuberculose externe et surtout de la tuberculose interne : l'Iodure alcalin ne convient pas aux formes aiguës. Mêmes remarques à propos du rhumatisme, de la goutte et des inflammations des muqueuses. L'Iodure de Potassium ne doit être dirigé que contre les accidents arthritiques anciens, exempts de phlogose, et contre les blennorrhées indolentes. Dans certains cas de méningite granuleuse et tuberculeuse, l'Iodure de Potassium a paru faire quelque bien. Toutefois la bouffée congestive qu'il détermine vers la tête n'est pas exempte d'inconvénients. Pour la conjurer, il faudrait donner l'Iodure à doses minimes et même l'associer à des quantités beaucoup plus fortes de Bromure.
Quant à la syphilis, voici les conclusions auxquelles l'expérience permet de s'arrêter : 1° L'Iodure de Potassium, conformément à l'opinion de Ricord, s'adresse spécialement aux accidents tertiaires. Néanmoins il n'est pas inutile dans le cours des accidents secondaires (Wallace, Trousseau et Pidoux Kiiss, etc.), parce que les uns et les autres ont un caractère commun: c'est la tendance plastique presque constante à la troisième période, moins manifeste, bien que réelle déjà, dans la seconde, ainsi qu'en témoigne l'induration fibroplastiquc du chancre. 2° L'Iodure de Potassium n'est cependant pas l'agent exclusif de la curation des symptômes syphilitiques profonds et avancés. Nos prédécesseurs obtenaient des résultats satisfaisants avec les préparations hydrargyriques seules dans toutes les périodes de la diathèse, et, d'après ma propre expérience, il serait sage de débuter presque toujours par un traitement mixte ou simplement rucrcuricl dans les syphilis à manifestations plastiques. 3° En effet, l'Iodure de Potassium, employé d'emblée, a parfois le fâcheux résultat d'aviver la phlogose en vertu de laquelle se déposent ou se forment les produits plastiques, et d'amener dans les tumeurs un nouvel accroissement dépourvu à la vérité d'inconvénients graves lorsqu'elles sont externes, mais pouvant devenir dangereux quand ces productions sont enfermées dans la boîte crânienne. A" Ceci prouve, pour le dire en passant, qu'il ne faudrait