SULFATE DE ZINC CRISTALLISÉ
celles qui peuvent le transformer en composé insoluble. Ses contre-poisons chimiques seraient la magnésie hydratée et les oxydes alcalins, pouvant précipiter l'oxyde de fer et donner naissance à un sel purgatif.
Usages. — Le Sulfate ferreux est employé plutôt comme styptique et astringent qu'à titre de préparation martiale.
En applications topiques, on l'utilise contre la blennorrhagie, la leucorrhée, la conjonctivite chronique; contre l'érysipële (Velpeau), la chute de la muqueuse rectale (Vincent), et contre les hémorrhagies qui s'effectuent par des vaisseaux de petit calibre.
A l'intérieur, on l'administre de même contre les hémorrhagies dites passives, les (lux catarrhaux et séreux, les lrydropisies, le relâchement et l'atonie des viscères, les cachexies.
Il a même rendu service contre les oxyures.
D'ailleurs la Couperose verte peut être prescrite en qualité de ferrugineux, mais on semble s'accorder a croire que son action topique sur le tube digestif en interdit l'usage prolongé, et qu'il faut la réserver pour le cas où l'action astringente est spécialement réclamée.
Modes d'administration et doses. — Le Sulfate de Fer s'emploie en pommade ou en solution pour l'usage externe. A l'intérieur, on le donne en pilules de 5 centigrammes. Une ou deux au début de chaque repas constituent une dose suffisante. Pour en préparer la solution, il faut se servir d'eau récemment bouillie et privée d'air. Pereira recommande le procédé de Webb, qui consiste à dissoudre le Sulfate ferreux dans de l'eau de Seltz artificielle.
Comme médicament interne, on a prescrit la solution de U grammes de Sulfate de Fer dans un litre d'eau (Marc), à prendre par verrées dans la journée, contre la fièvre intermittente. Pour lotions toniques et styptiques, la dose doit être plus forte.
Le Sirop chalybé de Willis contient 5 grammes de Sulfate ferreux dans 700 grammes de sirop de gomme. On en prend 50 grammes par jour dans une tisane amère exempte de tannin.
La Pommade martiale de Velpeau est formée de 10 grammes de Sulfate de Fer dans 30 grammes d'axonge.
SULFATE BE ZINC CRISTALLISÉ, COUPEROSE BLANCHE, VITRIOL BLANC, Sulfas zincicus in cristallos concretus.
Angl. Sulphate of Zinc. — Ail. Sulphas zincicus, " Le Vitriol blanc (ZnOS03,7HO) se rencontre rarement dans la nature. On le prépare artjficiellement en faisant agir de l'acide sulfurique dilué sur de la tournure de zinc, comme pour la production de l'hydrogène dans l'appareil de Marsh. Souvent ce sel renferme une proportion excessive d'acide qui lui communique des propriétés extrêmement irritantes et caustiques.
Action physiologique. — Localement, le Sulfate de Zinc agit comme un astringent énergique. A l'état solide ou en solution concentrée, il devient non-
5^2 SULFATES, SULFITES, HYP0SULF1TES.
seulement irritant, mais caustique, par sa combinaison avec les matières albuminoïdes du sang et des tissus. Porté dans les voies digestives, il se comporte à peu près comme le Sulfate ferreux. Parvenu dans la circulation, il conserve encore son pouvoir styptique. diminue les hypérémies des tissus qu'il traverse et modère les flux sécrétoires, mais rien ne prouve qu'il agisse spécifiquement, en qualité de sel de zinc, contre les phénomènes nerveux spasmodiques.
Introduit en quantité considérable dans l'estomac, il provoque activement les vomissements sans occasionner des nausées aussi pénibles que par l'émétique. Si la masse en est excessive, le Sulfate de Zinc agit comme poison irritant et donne lieu à des symptômes de gastro-entérite qui peuvent mettre la vie en danger.
vSubstances synergiques, auxiliaires. — Les analogues du Sulfate de Zinc sont les deux autres couperoses : le Sulfate de Fer comme astringent, le Sulfate de Cuivre comme émétique. D'ailleurs le Sulfate de Zinc trouve des auxiliaires dans les autres substances vomitives ou styptiques.
Substances antagonistes, incompatibles. — Contre-poisons. — Les antagonistes du Sulfate de Zinc sont, d'une part les mucilagineux, les relâchants, d'autre part le froid, les boissons aromatiques et gazeuses qui en contrarient les effets émétiques. Ses incompatibles sont l'hydrogène sulfuré, les alcalis et les terres qui précipitent l'oxyde de zinc. Les contre-poisons sont les solutions alcalines, l'eau de chaux et la magnésie hydratée.
Usages. — Modes d'administration et doses. — Le Sulfate de Zinc est employé très -fréquemment en chirurgie sous forme de collyre astringent dans la conjonctivite; en lotions, dans la suppuration excessive et les ulcères atoniques; en gargarisme, dans la stomatite ulcéreuse; en injections, dans les flueurs blanches et la blennorrhagie chronique.
Généralement on prescrit des doses trop fortes de ce sel métallique. Le Codex a judicieusement réduit à 15 centigrammes pour 100 grammes d'eau distillée la proportion du Sulfate de Zinc dans le collyre astringent dont il est la base. Cette proportion peut être doublée quand il s'agit de lotionner des ulcères atoniques ou de se gargariser dans les cas d'angine et de stomatite ulcéreuse, scorbutique, etc. Mais il faut au contraire la laisser telle, ou même la diminuer pour injections uréthrales. On atténue encore l'action irritante à l'aide du laudanum et des narcotiques ou stupéfiants.
A l'état pulvérulent, ou simplement délayé dans un peu de glycérine, le Sulfate de Zinc anhydre constitue une poudre ou une pâte caustique, employée par Simpson dans les affections des muqueuses, et par Ericson contre le cancroïde ou cancer épithélial.
En médecine, il est d'un usage peu ordinaire ; cependant on le prescrit en qualité d'émétique à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme, lorsqu'il y a urgence comme dans les empoisonnements par les narcotiques. Rarement on l'emploie à l'intérieur pour son action astringente dans la diarrhée et la dysenterie chroniques, dans les catarrhes des bronches et dans ceux des muqueuses