R IDÉES
Angl. Barbcrry-tree, Pippcridges. — Ail. Berberitzensauer Dorn, Saurach.
Composition. — VÉpine-vinette est un arbuste indigène dont les fruits rouges renferment des acides malique et citrique en forte proportion. On y a découvert dernièrement deux bases végétales. La première, appelée Berbérine par Buclmer père et fils, qui l'ont extraite, forme la partie colorante de la plante usitée pour la teinture en jaune. Elle se retrouve également, selon Badecker, dans le Cocculus palmatus, et, selon Perrins, dans le Menispermum fenestratum. Son odeur est nulle, sa saveur très-amère et persistante en même temps qu'un peu aromatique. Elle se combine avec les acides pour former des sels jaunes et cristallins.
L'autre alcaloïde, découvert par Polex, porte le nom iïoxyacanthine. Ses sels sont incolores et possèdent une saveur amère et astringente.
Action physiologique. — Les deux alcaloïdes de VEpine-vinette possèdent des propriétés amères et stomachiques. Le sulfate de Berbérine, à la dose de 80 centigrammes à 1 gramme, exerce aussi une action catharlique. D'un autre côté, la pulpe ou le suc du fruit possède les qualités des acides végétaux.
Usages. — Celte association de propriétés peut devenir fort utile dans une foule de circonstances où il faut rafraîchir en même temps que tonifier: ainsi, dans l'embarras gastrique, les fièvres bilieuses, même les fièvres intermittentes, rémittentes et continues de diverses natures, principalement d'un caractère adynamique.
Au résumé, sans être un rival du quinquina, l'Epine-vinctle constitue un bon tonique acidulé.
Modes D'ADMINISTRATION et doses. — On donne le suc des baies de Berberis en nature; on en fait aussi un sirop. Le quinoïde Armand paraît être un extrait de Berberis, mou ou sec. Il possède une saveur fortement acide et amère en même temps que légèrement sucrée. Ses vertus thérapeutiques sont celles que nous avons assignées à la plante elle-même. Les alcaloïdes en combinaison saline peuvent être administrés sous forme de pilules, à la dose de 10 centigrammes à 1 gramme.
bergamote. Fruit du Citrus Limetta, Risso, var. Bergamota. —
Al RANTI AGEES.
Angl. Bergamot. — Ail. Bergamotbirne,
La Bergamote, cultivée d'abord à Bergame, contient dans son zeste une huile volatile verdâtre, la plus lourde de toutes celles du genre ('drus, et dont l'odeur suave est extrêmement recherchée. Cette essence est entièrement
soluble dans l'alcool à 28°. On l'emploie dans la fabrication des parfums, et comme ténifuge à la dose de k à 8 grammes.
bétoine, Betonica offic inairs, L. — Labiées.
Angl. Betonyiuood. — Ail. Betonienhraut, Zehrkraut.
De temps immémorial les Bretons fumaient la Bétoine à la manière du tabac, et lui donnaient le nom de Pétun, qu'ils ont plus tard transféré à la feuille de Nicotiane, et dont Jussieu s'est emparé pour l'attribuer à un nouveau genre de la famille des Solanées, le genre Pétunia (Decaisne). Il est à remarquer que ce mot Pétun est aussi un des noms brésiliens du Tabac.
L'ancien Codex de 1732 mentionne treize formules officinales dans lesquelles entrait la Bétoine. Le Codex actuel se contente d'en inscrire le nom dans sa matière médicale.
Telle est la rapide déchéance de cette Labiée tant surfaite. A peine l'emploie-t-on, de notre temps, comme sternutatoire et comme sialagogue.
BEURRE, Butyrum.
Angl. Butter. — Ail. Butter.
Composition. — • Le beurre est la matière "grasse du lait des Mammifères; celui de vache est formé d'oléine, de stéarine, de butyrine et d'acide butyrique qui lui donne son odeur.
C'est le plus digestible de tous les corps gras; néanmoins, pris en quantité exagérée, il agit comme relâchant et même purgatif. Cet effet se fait sentir d'autant plus vite, que le sujet mange moins d'autres aliments, et que les glandes salivaires, pancréatique et biliaire fonctionnent moins activement.
Comme les autres matières grasses, le beurre convient peu aux personnes disposées à l'obésité, adonnées à une vie sédentaire, dans les climats chauds. C est un aliment respiratoire qui, s'il n'est pas utilisé à ce titre, ou s'il ne contribue pas à la formation des globules sanguins et à la nutrition, détermine une surcharge nuisible, et accroît sans profit la sécrétion biliaire. Il est trèsavantageux, au contraire, dans des conditions inverses, c'est-à-dire lorsque la dépense est proportionnelle, et quand l'économie réclame des combustibles, ou du moins des corps gras nécessaires à la genèse des hématies et des jeunes cellules en général. Ainsi le beurre est très-utile aux sujets faibles, scrofnleux ou tuberculeux. De temps immémorial les Japonais donnent des boulettes de beurre salé à leurs phthisiques, et Trousseau prescrit des tartines de beurre assaisonnées d'un mélange de chlorure de sodium, d'iodure et de bromure de potassium aux enfants lymphatiques, scrofuleux, cachectiques, etc.
En pharmacie, le beurre est un mauvais excipient, à cause de sa facile altération et de la rancidité, qui ne tarde pas à en faire un corps irritant à la place d'un lénitif qu'on prétendait appliquer.
BtGARAiMEP. 39
BIGARADIER, Citrus vulgaris, Risso, Citrus Bigaradia, Duh. — Au-
RANTIACÉES.
Angl. Bitter Orange tree, — Ail. P orner anznhaum.
Le Bigaradier, qui donne Y Orange amère, est aussi en possession de fournir les feuilles et les fleurs dont on se sert pour les usages domestiques et médicinaux.
Fleurs d'Oranger. — Elles doivent leur odeur exquise à une huile essentielle abondante. De plus, elles renferment un principe qui jaunit au contact de l'air par érémacausie, et différents composés organiques ou minéraux. L'huile volatile, obtenue par distillation, et connue sous le nom de Néroli (voy. ce mot), ne reproduit pas exactement l'odeur de la fleur.
La fleur d'Oranger est un calmant du système nerveux, et peut devenir, à haute dose, un véritable stupéfiant.
On en fait un usage constant contre les maux d'estomac, les maux de tète et les malaises nerveux. Chez les très-jeunes sujets elle est narcotique et tient la place de l'opium. Chez les adultes elle n'est que calmante et antispasmodique.
La fleur d'Oranger se donne en infusion, en pastilles, ou bonbons et sous forme d'eau distillée.
V Eau de fleur d'Oranger de Paris, fabriquée avec la fleur des orangeries, est incomparablement plus suave et plus estimée que celle qui nous vient de Provence et du midi de l'Europe. On prend l'une et l'autre par cuillerées à café, dans une petite quantité d'eau sucrée, à la dose de 20 à 30 grammes dans un julep. On prépare aussi un Sirop de fleur d'Oranger, qui se donne en potion, à la dose de 30 grammes.
Feuilles d'Oranger. — Leur composition est analogue à celle des fleurs; eltes fournissent une huile volatile, du tannin et une matière extractive. Parla distillation avec de l'eau, elles donnent également une eau aromatique, mais d'une odeur beaucoup moins agréable que celle des fleurs, et qui sert à la falsifier. On reconnaît aisément la fraude à ce que l'acide nitrique n'en altère pas Yincoloréité, tandis qu'avec l'eau de fleur d'Oranger il donne une teinte rose de Chine plus ou moins prononcée. Je ne connais que l'urine normale qui donne cette réaction.
Malgré son infériorité par rapport à la fleur, la feuille d'Oranger agit dans le même sens et sert aux mêmes usages. C'est elle qu'on prescrit le plus ordinairement en infusion), associée au tilleul, à la camomille, etc.
Écorce d'Or \nge amère. — Le zeste de la Bigarade est chargé d'une huile volatile semblable à celle de l'Orange douce, mais d'une saveur plus forte, poivrée et amère, ce qui la fait préférer comme stomachique, tonique et stimulant diflusible, ainsi que comme correctif des médicaments désagréables ou repoussants. L'amertume l'emporte dans les très-jeunes oranges ou petite grains^ aux dépens du principe aromatique. Une variété de Bigaradier fournil de petites oranges qui, confites dans le sucre, prennent le nom de chinoisei sont un excellent stomachique.
L'écorce d'orange est non-seulement tonique et stimulante, mais encore
hO SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX.
vermifuge et fébrifuge. On la donne à la dose de 3 à 8 grammes. La préparation officinale la plus usitée est le Sirop d'écorce d'Orange ambre. On emploie aussi la Teinture d'écorce cV Orange et la Confection d'Orange. En outre, l'écorce d'Orange amère entre dans le Sirop antiscorbutique, Y Esprit carminatif de Sylvius, la Teinture stomachique.
bile de BCEt F, Bos tanrus, L. — Mammifères-Ruminants. Angl. Oxgall. — Ail. Ochsengalle, Rindsgalle.
La bile est une des sécrétions les plus complexes de l'organisme, et les principes qu'elle renferme sont d'une telle instabilité, qu'ils varient et se multiplient avec les menstrues dont la chimie se sert pour les séparer et les rneUre en évidence. Cependant, à part la taurine, la cholestérine et quelques autres composés d'importance secondaire, on peut dire que la Bile est un savon, et se résume dans le Cholate et le Choléate de soude. Ainsi la science moderne confirme les vues des anciens sur les propriétés alcalines, savonneuses et fondantes de la bile.
Il s'en faut bien que ce liquide animal soit aussi fréquemment employé que par le passé, et les applications qu'il reçoit sont, ou purement empiriques, ou peu rationnelles.
On a eu l'idée d'administrer la Bile pour suppléer au défaut de la sécrétion hépatique; seulement on a oublié que l'estomac, qui la reçoit d'abord, devait se révolter au contact d'un composé qui lui est étranger et qu'il ne tolère jamais lorsque celui-ci reflue du duodénum par un mouvement antipéristaltique. Pour faire réussir'cette idée, bonne en soi, il faudrait emprisonner la bile dans une capsule insoluble dans les liquides gastriques, non fusible à une température 3 7°, 50 centigrades, et qui ne se romprait que dans l'intestin grêle, comme pourrait faire une enveloppe de cire et de résine, soluble seulement dans les sucs alcalins.
La Bile de bœufû été préconisée récemment encore contre cette singulière affection des organes visuels à laquelle on a imposé la dénomination d'hémcralopie, bien que la maladie consiste, non pas à voir pendant le jour, mais au contraire à ne plus voir dès que le soleil est au-dessous de l'horizon : ce qui lui mériterait le nom d' Anyctalopie.
BISTORte, Polygonum Bistorta, L. — POLYGONACÉES.
Angl. Bistort, Southivood. — AH. Schlangen, Natterwurzel
La Bistorte est commune dans les régions montagneuses et subalpines de la France. Sa racine, très-riche en tannin et en acide gallique, est un de nos meilleurs astringents indigènes, qui convient dans les diarrhées, les flux, la leucorrhée, le scorbut, les aphthes, les maux de gorge, les stomatites, etc.
On la prescrit à l'intérieur à la dose de k grammes en poudre et de 8 grammes en décoction. Elle entre dans la composition du Diascordium.
BOIS d'aloès vrai, bois d'agalloche ou de CALAMBAC. rii
BLANC DE BALEINE ou CÉTI^E. Matière cristillisable de J'huile de Cachdot {Physeter macrocephalus, L.). — Cétacés. Angl. Spermaceti. — AU. Wallrath.
La Cétine ou Spermaceti est une matière grasse, cristalline, douce, onctueuse, très-peu altérable, ayant ainsi les qualités d'un excellent excipient. Aussi est-elle fréquemment utilisée pour la préparation du cérat simple et de divers onguents.
Elle a même été employée autrefois comme adoucissant dans la diarrhée et la dysenterie, et, chose incroyable, jusque dans l'inflammation des bronches.
blé ou froment, Triticum sativum, Lamk. — Graminées. Angl. Wheat. — Ail. Wcizen.
Composition. — Par l'analyse mécanique, le blé donne le son, formé par les pellicules dans lesquelles se divisent les enveloppes du caryopse, la farine ordinaire et la fine fleur de farine ou gruau de blé. La chimie distingue dans le blé, de l'amidon, du gluten, une matière gommeuse et sucrée, une matière grasse, du ligneux, des phosphates terreux et un grand nombre de sels.
Il a été parlé déjà de Y Amidon (voy. ce mot). Le gluten est la substance albuminoïde qui donne à la pâte la faculté de lever pendant la fermentation. On s'en sert quelquefois pour fabriquer des capsules médicamenteuses. Quant au son, il est très-fréquemment employé comme émollient en fomentations, lavements et bains. On en prend aussi la décoction intérieurement dans !e même but. Les sachets de son grillé servent comme moyen de caléfaction. Le pain de froment additionné de son et l'eau de son bue aux repas sont deux moyens très-efficaces d'entretenir la liberté du ventre chez les personnes sujettes à la conslipation. On fabrique avec le blé Valcool de grain. Enfin, la farine de blé est employée intégralement dans l'alimentation sous forme de pain ou de pâtes variées. On s'en sert quelquefois en pharmacie pour couvrir et isoler les pilules, en médecine pour assécher des surfaces humectées par une sécrétion séreuse ou séro-purulente; mais comme elle aigrit facilement, c'est un mauvais absorbant.
bllet ou barbeau, Centaurea Cyanus, L. — Composées ou Synanthérées-Carduacées.
Angl. Blue Bottle. — Ail. Blaue Kornblume.
Le Bluet est maintenant inusité en médecine. Cette admirable fleur ne sert plus qu'à composerx'des bouquets. On prétend, à la vérité, que ses semences purgent assez bien. Qu'importe, puisque la matière médicale regorge de purgatifs.
BOIS D'ALOÈS VRAI, BOIS DAGALLOCBE ou OE CALAMBAC,
Aloexylum Agallochum, Leur. — Légumineuses-Césalpiniées. Angl. Aloes or Calambac wood. — Ail. Alocholz, Paradiesholz. Par un rare privilège que le règne animal envie à celle plante, YAloexylum,
dont le bois sain est blanc et i no tore, acquiert sans l'influence d'un engorgement maladif des sucs une odeur suave qui le fait rechercher à l'égal des parfums les pins délicieux. C'est en même temps un médicament stimulant, local et généra!, qu'on emploie avec succès pour réveiller les forces, dissiper les vertiges et la paralysie nerveuse, combattre les vomissements et les flux de ventre. Mais la Coch in chine en livre bien peu au commerce européen, qui substitue presque toujours à ce bois précieux le Bois d'Aigle, fourni par V Àquilaria secundaria ou 7nalaccensis.
ÎIOSS AMER DE SURINAM. — Voy. QUASSIA AMARA.
bois tfu BRÉSIL ou de FERN AM BDUÇ,:, Cœsalpinia echinata, Lamk.
— LÉGUMINEUSES-CÉSALPINIÉES.
Angl. Brasihuood. • — Ail. Brasilienholz.
Le Bois du Brésil, absolument inusité en thérapeutique, fournit à la teinture une couleur rouge intense.
bois DE CAMPÊCHE -on BOIS D'IMBE-, Hœmatoxylon campechianum, L. — Légumineuses-Césalpiniées.
Angl. CampeachyiDood, Logwood. — AU. Campecheholz, Blauholz.
Plus coloré encore que le précédent, par une substance particulière que Chevreul a isolée et à laquelle il a donné le nom d'hématine, ce bois possède une saveur légèrement astringente qui le fait employer comme tonique et astringent dans les flux, la dysenterie putride, les fièvres adynamiques. On fait prendre la décoction de 30 grammes de bois ou bien k grammes d'extrait.
bois népbrétiqjte. Arbre de la famille des Légumineuses. Angl. Guilandina. — Ail. Griessholz.
Le Bois néphrétique, qui nous arrive de la Nouvelle- Espagne, est rapporté au Coatli d' Hc mandez. Il ne prend une odeur légèrement aromatique que par le frottement. Son goût est amer et un peu acre. Ce bais donne une infusion polychroïte comme le Gaïac. Les indigènes lui attribuent, contre les maladies des reins, de la vessie et du foie, des propriétés merveilleuses dont aucune observation précise ne démontre la réalité.
BOIS DE ROSE DES CAM&BIES, Convolvulus SCOpariUS, L. — CON- VOLVULACÉES.
Angl. Rosewood. — AU. Rosenholz.
Le Lignum Rhodium, d'une saveur résineuse et a mère, exhale une odeur de rose quand ou l'entame parla râpe ou qu'on le brûle, Réduit en poudre, il agit comme sternutatoire.
U huile volatile très-agréable qu'il donne par distillation est employée comme parfum.
BRYONE BLANCHE. /i3
BOUILLOX-BLANC ou MOLÈNE, Verbascum Thapsus, L. — SCROFU- LARIACÉES.
Angl. Mullein, hifh Taper. — Ail. Wollkraut, Konigserkraut.
Les fleurs de Bouillon-blanc sont estimées émollientes et pectorales. On les emploie en infusion contre le rhume, les tranchées, la dysurie. Elles font partie des Quatre (leurs pectorales.
BOURRACHE, Borrago offieinalis, L. — BORRAGINÉES. Angl. Borage. — Ail. Borretsch.
La Bourrache passe pour adoucissante, pectorale et sudorifique. Son infusion est un remède populaire au début des maladies de refroidissement: bronchites, rhumatismes; et des fièvres exanthématiques. On en préparait une eau distillée, un suc et un extrait.
Toutes ces préparations sont tombées en désuétude.
BRYONE BLANCHE, Bryonia dioica, Jacq. — Cucurbitacées.
Angl. White Jalap, Bryong. — Ail. GiclUrùbe, Zaunrube.
Composition. — La Bryone ou Couletivrée est une liane herbacée indigène, dont la racine, usitée en médecine, contient: 1° une matière amère solubîe dans l'eau et l'alcool, l-a Bry&nwe; 2° une masse énorme d'amidon; 3° un peu d'huile concrète de couleur verte et un peu de résine; k° diiférenles substances organiques et inorganiques.
Propriétés physiologiques. — • La racine de Bryone ou Navet du diable laisse exsuder un suc blanc laiteux dîme saveur acre, amère et désagréable, d'une odeur nauséeuse, qui se dissipe parla dessiccation. Ce suc produit sur les muqueuses une irritation locale, et détermine des selles diarrhéiques. Il peut occasionner des vomissements. Appliquée en grande quantité sur la peau, la Bryone y fait lever des ampoules. Mitigée par le mélange avec la racine de Consolide et formant un cataplasme, elle cause encore des éruptions de boutons à la peau. Introduite dans l'estomac d'un chien, à la dose de lô grammes, la racine de Bryone n'a pas tardé à le faire périr avec des signes d'inflammation du tube digestif.
Antidotes. Contre-poisons. — La noix de galle contrarie les effets de la Bryone, suivant Dulong d'Astafort.
Usages. — Les effets thérapeutiques de la Bryone dérivent en grande partie, sinon en totalité, de son action émétique et drastique. C'est par là qu'elle est utile dans les fièvres bilieuses, les flux de même sorte, les coliques vermineuses. C'est encore en qualité de vomi-purgatif qu'elle agit comme expectorant, qu'elle aide à la résolution des hydropisies ou qu'elle améliore les hypérémies encéphaliques, la manie, etc. Son action dynamique générale, après absorption et diffusion dans le sang, ressort moins netieineni de l'observation clinique.
l\k SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX.
Bi'cnu bu BUCCO, Diosma crenata, L. — Rltacées. Angl. Bucku. — Ail. Buccoblatler, Gotterduft.
Composition. — Les feuilles de Bucco, fournies par plusieurs Diosma ou Barosma du Gap de Bonne-Espérance, doivent leurs propriétés à la réunion d'une huile volatile jaune pâle, avec une résine et un extractif amer et piquant ou Diosmine (Brandcs).
Action physiologique. — Le Bucco ou Buchu est un tonique stimulant qui porte d'abord, comme les autres aromatiques, son action sur l'estomac et l'intestin, puis sur le système général par l'intermédiaire des actions réflexes et de la circulation. Ses principes actifs, en passant par les appareils respiratoire, urinaire et cutané, produisent des effets locaux conformes à ceux des autres balsamiques : à savoir, la diminution des produits inflammatoires et plastiques ou purulents, l'accroissement, au contraire, de l'exhalation aqueuse.
Usages. — Les Hottentots et les natifs du Cap préparent un esprit de Buchu [Buchu brandy) très-usité dans les affections chroniques de l'estomac et de la vessie. Le Bucco convient dans l'inflammation chronique et le catarrhe de la vessie ; dans la prostatite et dans la diathèse urique, comme diurétique ; dans les maladies cutanées à titre de sudorifique, et dans la dyspepsie atonique pour ses qualités excitantes.
On prescrit 16 grammes de feuilles en infusion dans 750 grammes d'eau.
V huile essentielle de Buchu est employée en frictions, en embrocalions contre les douleurs rhumatismales localisées, etc.
En Angleterre, la teinture de Buchu se donne à la dose de 10 à 40 grammes.
bugle, Ajuga reptans, L. — Labiées.
Angl. Common Selfheal, middle Consound. — Ail. Gulden Gunsel.
Celte Labiée^, commune dans nos bois sablonneux, est à peine odorante et faiblement amère. Néanmoins elle a joui d'une grande réputation comme béchique, vulnéraire et hémostatique. C'est !a Consoude moyenne ou petite Consoude des anciennes pharmacopées. Elle fait partie de toutes les espèces vulnéraires; mais on ne croit plus guère à ses vertus, qui, à dire vrai, ne sauraient être bien prouvées.
BU«U©§SE, Anchusa officinalis et Anchusa italien, L. — Borragixées. Angl. Bugloss, Oxtongue. — Ail. Ochsen Zunge.
Les deux Buglosses officinale et d'Italie passent pour être pectorales et légèrement sudorifiques, propriétés accordées également à une autre plante de la famille, la Bourrache, qu'on emploie davantage.
buis, Buxus sempervirens, L. — Euphorbiacées ou Buxacées. Angl. Bux-tree. — . Ail. Buxbaum.
Le Buis, arbuste commun dans les mojitagnes calcaires, renferme surtout
BURANHEM OU GUARANHEM. 45
dans ses feuilles un principe extrêmement amer et nauséeux, dont l'odeur désagréable a quelque chose d'austère et rappelle ses qualités sapides. Son bois fournit une huile volatile par la distillation.
Les feuilles de Buis sont purgatives à La dose d'environ h grammes. En masse plus forte, elles produiraient sans doute des effets toxiques. A dose plus faible, elles agissent comme sudorifique. V huile volatile a été vantée contre l'épilcpsie. Actuellement la médecine ne tire aucun parti de cette plante énergique, si ce n'est d'une manière inconsciente, lorsque les feuilles se trouvent mêlées frauduleusement à celles du Séné ou du Grenadier. On accuse les brasseurs de remplacer quelquefois le Houblon par le Buis.
BURANHEM ou GUARANHEM, Chrysophyllumleucophlœum, Casaretti; et Clirys. Buranhem, Riedel. — Sapotacées.
Composition. — L'écorce de ces deux arbres du Brésil, analysée par Heydenreich, Bernard Derosne, Ossian Henry et Paycn, compte parmi ses principaux composés une matière grasse, cristalline {Stéarine), de la chlorophylle et de la cire, une matière acre analogue à la saponine (Monésine) et une matière colorante rouge, assez semblable à celle du Quinquina ou du Cachou, de la glycyrrhizine, du manganèse et du fer.
L'extrait de cette écorce, connu sous le nom de Monésia, renferme tous ces principes actifs.
Action physiologique. — La Monésia présente une saveur d'abord douce et sucrée qui devient ensuite acre et prend fortement à la gorge. Cependant V. Guibert a trouvé qu'elle ne dessèche pas autant la bouche que les autres astringents. Elle agit à la manière des astringents végétaux énergiques
( SAGES. — On l'emploie au Brésil contre la leucorrhée, la diarrhée atoni que, les hémorrhagics utérines et généralement contre les flux muqueux purulents. On en a fait usage en France et en Allemagne dans les mêmes cas, à La dose de 2 à k grammes en pilules ou en potion.
A l'extérieur, on la donne en injections, en lavements ou lotions cl sous forme de pommade ou de suppositoires.
L'association d'une matière sucrée et du mucilage, ainsi que de la cire et de la stéarine, aux principes astringents de La Monésia atténue l'action styptique immédiate de cet extrait, qui, sous le rapport de ses effets Iocau\, est inférieur à La Ratanhia (Trousseau et Pidoux), tandis qu'il devrait lui être préféré poui l'usage interne, lorsqu'il s'agil de faire pénétrer du tannin dans la circulation sans irriter les premières voies.
On prépare avec L'écorce de Buranhem (Guibert) une teinture, un sirop et une pommade. La première se prend à La dose de '\ à 8 grammes; le sirop se donne par cuillerées à soupe
iMttHMtf^ HâHSHi WWBÈmm C¥&-*jftsï, Ârbutus Uva-nrsi, L. — Vaccin iées.
Angl. Bearberry. — Ail. Bàrentraube.
Composition. — Les feuilles d'Arctostop/vylos Uva-ursî, plante indigène des montagnes de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique, contiennent un glu— coside : Yarbutine (Kawalier), des acides tan nique et gaiiique, des acides citrique et malique, avec des matières terreuses et quelques autres substances organiques.
Action physiologique. — La Busseroie agit comme les autres astringents ta uniques. Le tannin, porté dans la circulation, s'y convertit en acide gallique et pyrogallique, et donne naissance à des matières ulmiques qui colorent l'urine en brun. Il résulte du passage de ces principes dans les reins un certain accroissement de la sécrétion urina ire et une diminution des dépôts uriques. A haute dose, les feuilles xYUva-ursi déterminent l'irritation de l'estomac, des nausées et des vomissements.
Usages. — La Busseroie convient à tous les usages que remplissent les astringents végétaux. On la conseille principalement dans les affections chroniques de la vessie, comme diurétique et anticatarrhal. On l'a donnée aussi dans la bronchite chronique avec abondante sécrétion de mucus ou de muco-pus.
Modes d'administration et do ses. — La poudre de feuilles Uoa-ursi se prescrit à la dose de 2 à h grammes. L'estomac supporte bien Y in fusion ou la décoction d'une quantité double de substance.
On emploie encore de préférence Y extrait d 'C/va-ursi à la dose de 30 centigrammes à 1 gramme, deux ou trois fois par jour.
CABARET. — Voy. ASARUM.
cacao. Semences du Theobroma Cacao, L. — Malvacées-Byttné-
RIACÉES.
Angl. Cacao ou Chocolaté mit. — AU. Kokao.
Le Theobroma Cacao, originaire des vallées humides et chaudes de l'Amérique méridionale, fournit des semences dont les amandes servent à fabriquer le Chocolat, et dont on extrait le Beurre de Cacao, très-employé dans la toilette et en pharmacie.
Outre cette matière grasse, le Cacao renferme une substance azotée analogue à celles du thé et du café, c'est la Théobromine, et d'autres principes de moindre valeur. La théobromine est un de ces principes dont la puissance dynamophore est incomparablement supérieure à sa masse, et qui entretient les forces sans réparer les tissus.
Le Beurre de Cacao, d'une consistance de suif et d'un blanc jaunâtre,