NITRATE ACIDE DE DEUTOXYDE DE MERCURE
riques en général; les incompatibles sont les métaux des premières sections et leurs oxydes.
Usages. — Modes d'administration et doses. — Le Trotonitrate de Mercure, en raison de son instabilité vis-à-vis des liquides organiques, a été rarement employé à l'intérieur en pilules de 5 milligrammes à 1 centigramme, au nombre de deux ou plusieurs par jour.
On en fait usage en lotions comme calhérétique contre les ulcérations et les excroissances syphilitiques, contre la teigne et l'affection pédiculaire (Rayer); en onctions, sous forme de pommade, contre les maladies squameuses de la peau (Biett) ou contre les dartres en général (Dupuytren). '
En outre, la pharmacie utilise le Nitrate merenreux pour la préparation de divers composés hydrargyriques : précipité blanc, protoiodure de Mercure, etc.
Le Mercure soluble d' Hahnemann, naguère en usage dans la syphilis, est un sous-azotate mercureux additionné d'Ammoniaque, formant un précipité gris noir. Sa composition très-variable et l'absence de toute propriété spéciale; justifient l'abandon dans lequel cette préparation est tombée.
NITRATE ACIDE DE DEUTOXYDE DE MERCURE, NITRATE DE MERCURE LIQUIDE, Nitras hydrargyricus acido nitrieo solutus.
Angl. Bibasic Nitrate of the oxyde of Mercury, Acid Nitrate of Mercury. — AU. Hydrargyrum oxydatum nitricum solutum.
Le Nitrate acide de Mercure (HgO, 2AzO\Aq) possède un goût métallique et détermine une sensation de brûlure dans la bouche lorsqu'il se présente en proportions un peu plus fortes au contact de la muqueuse. A la lumière, il colore l'épidémie en rouge pourpre et communique une teinte rose aux substances protéiques qu'il précipite.
Action physiologique. — Son action corrosive dépasse celle du deulochlorurc dans lequel il se convertirait, selon Mialhe, au contact des chlorures alcalins. Absorbé, il agit en qualité de composé mercuriel (voy. Mercure).
Pour les synergiques et les antagonistes, voyez Nitrate mercureux.
Usages. — Modes d'administration et doses. — La Solution de Nitrate acide de Mercure est employée très-souvent pour cautériser les végétations syphilitiques, les ulcères de mauvais caractère, les chancres serpigineux, les indurations de diverses natures, les cancers, les dartres,, la teigne faveuse, les granulations et les ulcérations du col de l'utérus.
Une précaution importante, et crue nous devons recommander, c'est de n'agir que sur une petile surface à la fois, aûn d'éviter une trop vive douleur et consécutivement des accidents toxiques (Breschet, etc.) dus à la pénétration d'une trop grande grande quantité de sel mercurique dans l'économie. Pour prévenir ce résultat, Mialhe conseille de laver la surface aussitôt après que l'action caustique est jugée suffisante; m:us cette précaution serait vaine à cause de la proportion considérable du Nitrate de Mercure qui imprègne l'escbarc, Celle-ci es! giïsàhe cl ne larde pas à s'entourer d'un ccfclfi inflammatoire,
MIRATES.
éliminateur. Elle se convertit en une croule jaunâtre et tombe au bout de quelques jours.
Le Nitrate mercurique entre avec le Protonitrale dans la pommade connue sous le nom d'Onguent citrin (angl. Golden eye ointment), et dont on fait usage contre la gale, la teigne et la blépharite ciliaire.
nitrate d'argent cristasxisé, Nùras orgcnticus in crïstatlos concre tus.
Angl. Nitrate of Silver. — AU. Argentum nitricum cristallisàtum. Le Nitrate d'Argent (AgOAzO5), connu aussi sous les noms d'Azotate ou de Caustique lunaire, est soluble dans l'eau et l'alcool.
Action physiologique. — Au contact de la langue, le Nitrate d'Argent, en très-petite quantité, produit une sensation d'as tri ction forte en même temps qu'une saveur métallique et amère. En quantité plus considérable, il détermine une brûlure et une corrosion.
L'action caustique du Nitrate d'Argent s'explique par son affinité pour les substances protéiques. 11 forme avec l'albumine, la fibrine, le caséumdes composés dont il représente 15,5 pour 100 du poids total. Ce coagulum est soluble dans un excès de nitrate d'argent ou d'albumine, dans le chlorure de sodium, l'iodure de potassium, l'ammoniaque, le cyanure de potassium.
Appliqué sur la peau, Y Azotate lunaire fait d'abord une tache blanche qui devient gris violacé, puis pourpre noir au fur et à mesure de la réduction de l'argent à l'état métallique. Il se comporte d'ailleurs avec les poils comme avec l'épiderme lui-même. Si l'application est réitérée, il peut en résulter la vésication, une vive douleur, et même de la fièvre quand la cautérisation est étendue à une grande surface. Déposé sur une muqueuse ou sur une solution de continuité humide, le Nitrate d'Argent agit plus vite et un peu plus profondément. Toutefois l'eschare grisâtre qu'il produit ne dépasse guère en épaisseur une fraction de millimètre, parce que le sel ne tarde pas être transformé en chlorure soluble, et que la pellicule superficielle résultant de sa combinaison avec les substances album inoïdes s'oppose à la pénétration de la solution caustique. Voilà pourquoi la chute d'un crayon de Nitrate d'Argent dans l'estomac ou dans l'utérus, n'a été suivie, contrairement à toutes prévisions, d'aucun accident sérieux. L'eschare formée par le caustique lunaire tombe au bout de vingt -quatre, trente-six ou quarante-huit heures.
L'action topique du Nitrate d'Argent sur la muqueuse gastrique est d'autant plus intense, que cette membrane est plus débarrassée de chyme et de mucus, c'est-à-dire de matières en partie protéiques et chargées de chlorures. Il peut en résulter de la gastrodynie, des nausées, des vomissements, des déjections alvines, et ainsi que je l'ai vu deux fois pour une dose minime chez le même sujet, donner lieu à une crise de coliques avec altération des traits, refroidissement, crampes, comme dans les empoisonnements par les poisons irritants et corrosifs. A dose toxique, il détermine en outre la gangrène des tuniques
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gastro-intestinales. Boerhaavc en cite un exemple. Les vivisecteurs ont eu l'occasion de constater des désordres fonctionnels et matériels semblables chez les animaux soumis à leurs expériences. En ce cas, l'absorption n'a pas lieu. Les phénomènes observés à la suite de l'injection du Nitrate d'Argent dans la veine jugulaire, respiration difficile el mouvements convulsifs, appartiennent sans doute à tout poison coagulant, et s'expliquent peut être par des embolies capillaires dues à la coagulation primitive des matières protéiques du sang. Les ecchymoses multipliées observées chez les solipèdes, l'asphyxie par écume bronchique notée chez la plupart des animaux qui succombent à L'empoisonnement argentique, se rattacheraient sans peine à ce mécanisme pathogénique, bien que le premier phénomène ait pu être attribué à une altération du sang (Bail), et le second à l'influence directe de l'argent sur le système nerveux (Orfila).
Mais, quelque nettoyée que soit la cavité stomacale, la présence d'une petite couche de mucus et d'épithélium suffit pour atténuer la causticité de l'Azotate lunaire en le transformant partiellement en chlorure et le réduisant à l'état métallique. Aussi, lorsqu'on ingère à petites doses du Nitrate d'Argent pour le faire absorber, est-ce un tout autre composé qui passe dans la circulation, et l'action générale est vraisemblablement due à un chlorhydrate de chlorure combiné avec l'albumine du sérum. Des cliniciens (Fouquier, Powell) ont noté la différence d'action, à masse égale, selon que le Nitrate d'Argent est solide ou liquide. Les effets plus redoutables de la solution, comparés à ceux des pilules, s'expliquent par L'instantanéité d'action de la préparation liquide. La première partie de la solution arrivée au contact de la muqueuse subit, à la vérité, la transformation chimique indiquée, mais la portion suivante imbibe et traverse la pellicule formée aux dépens de l'épithélium et du mucus pour aller atteindre le derme muqueux lui-même. Au contraire, la pilule, ramollie lentement parle liquide gastrique, ne cède que peu à peu son Nitrate lunaire, lequel a le temps d'être transformé en sel insoluble avant d'arriver au contact de la muqueuse. Incorporé dans une masse solide, le Nitrate d'Argent peut généralement être administré à doses croissantes et relativement assez élevées, sans dommage pour les voies digestives.
Une fois introduit dans le sang, le Nitrate d'Argent ne révèle d'abord sa présence par aucun phénomène apparent. Exceptionnellement, il occasionne de la stomatite ai gyrique (Guipon), ou bien du prurigo accompagné d'un peud'érythème papulcux (Bail et Charcot). Seulement il agit à la Longue connue ulfrrant : c'est-à-dire que, suivant ma manière de voir, il prend part à la formation du plasma, devient partie intégrante des t issus et des organes complexes dont il modifie les fondions et peut en certains cas arrêter les désordres. Son influence se fait, dit-on, particulièrement sentir sur le système nerveux et se manifeste par la cessation des troubles morbides qui en ont réclamé L'emploi.
L'usage prolongé du Nitrate d'Argent ù l'intérieur finit par amener un sin -
à5U NITRATES.
gulier changement de la coloration des téguments externes, qui prennent une teinte ardoisée ou olivâtre plus ou moins foncée. Cette coloration, qui a son siège dans l'épiderme et le tissu muqueux, persiste ensuite des années sans pâlir; elle semble même indélébile. Cependant elle disparaîtrait sous des vésicatoires (Biett), et même, dit-on, par des lotions d'acide nitrique dilué ou de cyanure de potassium, ainsi que par l'iodure de potassium à l'intérieur.
Tout cela est au moins fort douteux. Elle peut aussi s'atténuer un peu avec le temps. Quelquefois la muqueuse digestive est colorée comme la peau. On observe sur les gencives, au collet des dents, un liséré bleu foncé plus sombre que le liséré saturnin (Duguet). Des taches noirâtres semblables à celles des chiens de chasse ou de la maladie d'Addison, se montrent sur la muqueuse buccale, et une coloration analogue se répand dans presque toute la longueur du tube digestif (Cl. Bernard, Krahmer, van Geuns, Frommann, Bail et Charcot).
En réunissant les urines de plusieurs malades, Cloë'z est parvenu à recueillir un globule d'argent, ce qui démontre l'élimination de ce métal par les reins. Il y a lieu de penser qu'il est entraîné également par les glandes sudoripares et sébacées de la peau, qui se sont montrées colorées en noir. Au reste, AVedemeyer a trouvé tous les viscères plus ou moins ardoisés, et Brande a pu retirer de l'argent métallique des os, du pancréas et des plexus choroïdes. Orfila l'a extrait surtout du foie, et van Geuns l'a constaté dans les méninges cérébrospinales et dans beaucoup d'autres organes. On peut dire qu'il existe dans tous les tissus et dans tous les viscères.
Substances auxiliaires. — Au point de vue des effets internes, le jSiirate d'Argent est trop mal connu pour qu'il soil possible de lui assigner de véritables synergiques. Quant à la production de ses effets locaux, le Nitrate lunaire a pour analogues les irritants et les caustiques coagulants.
Substances incompatibles. — Antidotes, contre-poisons. — Toutes les matières organiques réduisent le Nitrate d'Argent; les chlorures et les cyanures le font passer à l'état insoluble; les alcalins et les oxydes des premières sections mettent l'oxyde d'argent à nu. Par conséquent, toutes ces substances annihilent l'action topique du Nitrate d'Argent. Au même titre, elles peuvent lui servir de contre-poisons, et, si l'on craint que la nature ne puisse faire tous les frais de la neutralisation chimique en invisquant le caustique de couches puissantes de mucus ou de sérum riche en albumine et en chlorures, on peut l'aider en faisant ingérer au malade du bouillon très-salé. Les doses massives de Nitrate d'Argent produisent des désordres anatomiques qui opposent une barrière à l'introduction du poison dans le système sanguin. D'un autre côté, l'absorption ne s'exerce lentement que sur un produit insoluble : l'Albuminatede Chlorure double de Sodium et d'Argent,
11 n'existe donc jamais qu'une petite quantité de sel d'argent a la fois dans ja circulation, ce nui enlève tpute opportunité ii l'emploi des antidotes propre