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lieu, ces mêmes liquides colorés par une petite quantité de matières alvines et par la bile; enfin, si l'effet cathartiquc est excessif, une sorte de sérosité presque incolore et tenant en suspension des flocons d'épithélium ou d'une substance protéique amorphe, grisâtre, semblable à la matière riziforme des selles cholériques.
Cette débâcle est naturellement accompagnée des phénomènes généraux, sympathiques, qui se lient physiologiquement aux troubles analogues des organes digestifs, indépendamment de toute spécialité de causes occasionnelles : ce sont la pâleur et le refroidissement de la périphérie Jcutanée, parfois précédés par une élévation momentanée de la température (Th. Ackermann, DumériletDemarquay, Pécholier, etc.); l'irrégularité d'abord, puis le ralentissement du pouls, la dépression du système nerveux et du pouvoir musculaire, la prostration morale. A ces phénomènes se joignent parfois, quand l'action est toxique, l'anxiété épigastrique, la cyanose, l'aminé, l'aphonie et les crampes. Cet ensemble symptomatique constitue le choléra stibié.
Cependant de tels désordres fonctionnels ne se produisent habituellement qu'à la suite de l'administration de doses fortes, de 20 à 50 centigrammes et au delà ; ou bien avec des doses plus modérées, de 5 à 10 centigrammes, mais seulement chez des sujets prédisposés et placés au milieu de circonstances saisonnières ou cosmiques favorables à ce genre d'accidents.
Sous une forme massive ou en solution concentrée, le Tartrate antimonié de Potasse cause dans les premières voies une irritation qui se traduit nonseulement par de la rougeur inflammatoire, mais aussi par des aphthes ou des ulcérations plus ou moins nombreuses et développées. Ces lésions, en rapport avec l'intensité de la cause, sont d'ailleurs d'autant plus prononcées, qu'elles ont leur siège sur une partie plus î approchée de l'entrée des organes digestifs, là où la dilution n'a pas eu le temps de se produire. On en découvre jusque vers la fin de l'œsophage et même sur la muqueuse gastrique (Gubler), chez des sujets ayant pris de 50 centigrammes à 1 gramme de sel antimonial en vingt-quatre heures. Rarement il se produit de la gangrène des parois stomacales. Vangine stibiée s'accompagne de salivation et de dysphagie trèsdouloureuse.
Appliqué à la surface du corps, soit en poudre, soit en solution concentrée, l'Émélique détermine sur la peau un travail phlegmasique semblable à celui qu'on observe du côté de la muqueuse digestive, à cela près de la persistance de la couche épidermique, ce qui établit la différence entre la pustule et l'ulcération aphtheuse.
Les pustules stibiées, semblables à celles de la vaccine ou de la petite vérole, débutent, comme ces dernières, par les follicules cutanés, et présentent une période papuleuse, puis vésico-pustuleuse, une couche plastique avec structure aréolairc, un développement centrifuge, enfin une ombilication centrale avec dessiccation et coloration noirâtre. Elles occasionnent de très-vives douleurs, qui ne cessent de croître qu'avec la soustraction du corps irritant.
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L'absorption du Tartre slibié, difficile par la peau qui lui oppose sa couche épidermique ou qui réagit violemment contre une action devenue irritante, s'opère aisément, au contraire, par la muqueuse gastro-intestinale.
Une fois parvenu dans la circulation, cet agent ne fait que continuer l'action pharmacoclynamique par laquelle il a d'abord signalé sa présence dans les premières voies, sans amener d'ailleurs aucun symptôme nouveau devant être mis sur le compte d'une action altérante spéciale. On ne constate pas autre chose que la persistance de l'affaiblissement et du ralentissement de l'action cardiaque, ainsi que des mouvements respiratoires; celle de la réfrigération, de la résolution des forces et des phénomènes dérivés de ces modifications fondamentales.
Le pouls peut tomber de 72 à hk pulsations (Trousseau et Pidoux); ordinairement il ne s'abaisse que d'un tiers ou d'un quart, et l'on obtient souvent une diminution de 20 pulsations à la minute (Gubler), tandis que Hirtz l'évalue en moyenne à 6 ou 10 seulement. En môme temps qu'il se ralentit, le pouls s'amollit, et le sphygmographe, appliqué pendant la période de vomissement (Arthur Bordier), démontre que les courbes de Fondée sanguine se réduisent considérablement, s'effacent presque, et deviennent des cônes tronqués très- surbaissés et à base supérieure légèrement oblique. Le redressement subit qui accompagne l'acte du vomissement me semble avoir pour cause le refoulement du fluide sanguin vers la périphérie et l'augmentation instantanée de ia pression vasculaire.
La température tombe de 2 à k degrés, plus ou moins, suivant qu'elle était préalablement plus ou moins hypernormale. Elle peut descendre au-dessous du chiffre physiologique, au moins dans les régions superficielles, lorsque l'action hyposthénisante est intense. Ce fait devient évident quand il existe des accidents cholériformes ; il n'est pas moins certain dans les cas plus modérés, ainsi que le prouvent les expériences thermométriques. La température intérieure elle-même s'abaisse de 1 degré, d'après les recherches de Hirtz.
La respiration ne saurait toujours suivre ce mouvement descensionnel de la circulation et de la calorilîcation, parce que, suivant la réflexion judicieuse des auteurs, il existe souvent un obstacle mécanique à l'accomplissement de cette fonction chez la plupart des sujets auxquels on administre le Tartre stibié. Mais, si l'on veut être complet, il faut étendre cette réserve au pouls lui-même pour les cas où le cœur est atteint, soit d'anciennes lésions des orifices et des parois mettant obstacle au jeu régulier de cet organe, soit d'inflammations récentes, superficielles ou parenchymateuses, nées en même temps que la phlegmasie pulmonaire ou développées secondairement.
La sécrétion su do raie est généralement accrue sous l'influence du Tartre stibié, surtout pendant l'état de nausée ou de vomissement. L'hypercrinie rénale est loin d'être aussi constante , elle ne se montre que dans les cas où les évacuations gastriques et intestinales sont faibles ou nulles.
Le composé antimonial, après son absorption, se retrouve dans le sang
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(Tayîor), dans le foie et les principaux viscères (Orfila); pais, au bout de quelques heures, il passe dans les divers émonctoires, où il a été constaté : dans la bile (Lewald), dans le luit (Lewald, Hepp), daDS l'urine et la sueur (Hepp). Je pense qu'il doit être éliminé également par la muqueuse digestive, au même titre que l'urée dans les expériences d'extirpation des reins, et je trouverais plausible d'attribuer à cette action locale, consécutive, les vomissements et les purgations observés chez les chiens par Magendie, Orfila, Brin ton et Richardson après l'injection de l'jËmétique dans le système veineux. Les quantités employées chez l'homme par Hannon étaient sans doute insuffisantes pour déterminer ces symptômes violents ; tout s'est borné à une augmentation de la diurèse, avec dépression considérable du pouls et de la respiration.
Il est douteux que le Tartrate antimonié de Potasse à dose thérapeutique, même lorsqu'il est éliminé en grande quantité à la fois, puisse déterminer des symptômes phlegihasiques vers la peau ou les organes urinaires. A plus forte raison ne puis-je admettre, avec Bocker, Ciricnton et Gleaver, qu'une pustulation secondaire puisse se montrer, même exceptionnellement, aux bras, aux cuisses et aux parties génitales comme conséquence de la prétendue saturation antimoniale, sur le compte de laquelle on a mis plus faussement encore les aphthes de la muqueuse digestive. Les pustules observées dans les régions externes ci-dessus désignées étaient, selon toute vraisemblance, ie résultat de la dispersion des molécules du Tartre stibié employé à l'état solide ou en solution concentrée dans différents véhicules.
À doses relativement excessives ou trop longtemps continuées, le Tartre stibié devient un poison irritant, corrosif, indirectement narcotique, hyposthénisant, et les exemples d'une issue fatale ne sont pas rares. Tantôt le malade succombe aux suites du choléra stibié, sans présenter aucune altération anatomique sérieuse des premières voies (Rayer, Grisolle, Strambio, Beau, Tayior); tantôt on constate, après la mort, soit une véritable gastrite diffuse, ce qui est rare, soit des ulcérations circonscrites, environnées d'un cercle inflammatoire ou compliquées de gangrène et de péritonite localisée.
Tandis que des quantités moyennes de Tartre stibié, administrées à des sujets prédisposés, occasionnent parfois des vomissements pour ainsi dire incoercibles et des superpurgations épuisantes, on voit d'un autre côté des doses fortes du médicament ne produire chez certains malades ni effets vomitifs, ni effets purgatifs. Dans ce cas, on dit qu'il y a tolérance, et non pas immunité, attendu que d'autres symptômes témoignent de l'influence dépressive exercée par l'émétique sur l'économie. Contrairement à ce qu'on a pu croire, celte tolérance ne s'observe jamais d'emblée sur des individus sains ni sur des malades dont l'état des forces est satisfaisant. Elle ne se montre dès les premières doses que chez les sujets épuisés ou dont les grandes fonctions sont profondément troublées par une affection générale de nature virulente ou septique, ou bien par les désordres anatomiques graves d'un organe ou d'un appareil essentiel à la vie.
C'est ainsi qu'il est impossible d'obtenir les vomissements avec le Tartre stibié non plus qu'avec le Sulfate de Cuivre ou tout autre émétique, dans la pneumonie secondaire compliquant une fièvre typhoïde de mauvais caractère et dans la période adynamique d'une péripneumonie suppurée. Cependant il est bien rare que, dans les mêmes circonstances, Pémétique ne donne pas lieu à des évacuations alvines ; aussi Rayer a-t-il noté que la tolérance de l'estomac s'obtient plus vite que celle de l'intestin. La différence s'explique, à mon avis, par la complexité des actes nécessaires à l'accomplissement du vomissement, comparée à la simplicité d'une évacuation intestinale. A la rigueur, le poids d'une colonne liquide renfermée dans le canal alimentaire suffirait à l'en faire sortir sans l'aide de la tunique musculaire de l'intestin. Pour l'expulsion par les voies supérieures, c'est tout autre chose : il faut non-seulement le resserrement spasmodique de l'estomac, mais les efforts convulsifs du diaphragme, des parois abdominales et de toutes les puissances expiratrices. Or, cette association de forces ne saurait s'effectuer sans l'intégrité des fonctions du système nerveux, d'où dépendent les sympathies et les synergies. Quand le Tartre stibié, au bout de quelques heures ou de quelques jours d'emploi, est parvenu à se faire tolérer, c'est donc qu'en brisant l'énergie organique il a détruit cette harmonie indispensable à la réalisation des effets émétiques.
En définitive, loin d'indiquer un mode d'action nouveau de la part du Tartre stibié, la tolérance ne signifie pas autre chose que l'affaissement de l'économie déterminé par le mal ou par le remède, ou par les deux; et, quand elle existe, elle n'empêche pas la continuation des effets ordinaires et fondamentaux de la préparation antimoniale sur les organes digestifs et le reste du système : à savoir, l'état nauséeux, l'hypercrinie de la muqueuse digestive et des glandes annexes, le collapsus du cœur et des muscles volontaires, la réfrigération, etc.
La théorie pharmacodynamique du Tartre stibié est encore un sujet de controverse parmi les physiologistes : les uns ne l'envisagent, avec Rasori, que comme un hyposthénisant général, agissant après absorption ; les autres, à la suite de Broussais, ne veulent lui accorder que des effets topiques, et le rangent au nombre des agents de la médication révulsive et spoliatrice.
Dans chacune de ces deux doctrines, la critique découvre aisément la part de l'erreur et de la vérité. Trousseau a parfaitement démontré que la dépression des forces ne saurait être mise tout entière sur le compte des pertes éprouvées par les vomissements et les selles diarrhéiques. S'ensuit-il qu'il faille l'attribuer uniquement à l'action diffusée du médicament après absorption? Pas le moins du monde. D'abord cette action contre-stimulante, telle que l'entendait le chef de l'ancienne école italienne, n'est nullement établie sur des preuves valables. Les résultats des injections dans les veines pratiquées par Magendie, et à son exemple par d'autres physiologistes, peuvent, ainsi qu'on l'a vu précédemment, s'interpréter dans le sens d'une action locale sur l'estomac, consécutive à L'élimination du sel antimonial par la muqueuse gas-