COLCHIQUE
fruits appelés Coings, dont la pulpe a pour composition chimique : sucre, tannin, acide malique, pectine, matière azotée, eau, ligneux, et probablement huile volatile. Ses semences ont pour composition : amygdaline, émulsine, amidon, huile fine, et Cydonine, ou matière gommeuse spéciale déposée au centre des enveloppes de la graine.
Action physiologique et usages. — L'astringence de la chair du Coing est telle qu'elle n'est pas comestible étant fraîche ; mais on la fait confire par tranches, et l'on en prépare une excellente marmelade, une gelée parfumée, et un raisiné appelé Cotignac. Ces confitures possèdent des qualités astringentes toniques et même stimulantes, qui les rendent précieuses pour les sujets dont tes entrailles sont généralement relâchées et dans les cas de diarrhée atonique, séreuse.
Le Sirop de Coing des pharmaciens possède les mêmes vertus, et sert à édulcorer les boissons qu'on administre contre l'entérorrhée, les écoulements muqueux ou sanguinolents, les vomissements chroniques. Il entre comme auxiliaire dans la Teinture de Mars cydonisée, et comme correctif on l'associe aux résines purgatives.
Quant aux semences de Coing, elles ne servent qu'à fournir, par décoction, du mucilage employé comme émollient à l'extérieur : dans les gerçures des lèvres, des mamelons, dans la conjonctivite, l'érysipèle, les hémorrhoïdes enflammées, l'eczéma des mains, etc.
COLCIIIQCE, Colchicum autumnale, L. — Colchicacées.
Angl. Common mceidow Sa/fron. — Ail. Wilder Sa/fran, Zeitiose.
Composition. — Le tubercule bulbiforme (Cormus des Anglais) du Colchique d'automne, analysé par Pelletier cl Caventou, a doi né : matière grasse composée d'élaïne, de stéarine et d'un acide volatil ; alcaloïde semblable à la vératrine et combiné avec de l'acide gallique à l'état de supergallate ; matière colorante jaune, gomme, amidon, inuiine en abondance, ligneux et petite quantité de cendres. Plus tard, les recherches de Geiger et Hesse ont démontré que l'alcaloïde du Colchique était distinct de la vératrine : on l'a nommé Cotchicine. Les semences contiennent également de la Colchicine avec une huile fixe, de la résine et un acide.
La Colchiciné est cristallisée, inodore, mais d'un goût amer, faiblemcn! alcaline, bien qu'elle neutralise les acides et forme avec eux des sels amers. Elle est soluble dans l'eau, l'alcool et L'éther. D'après Oberîin, la Colchicine est une substance neutre que les acides transforment en Colchicéine.
ACTION Physiol gique. — A doses minimes et répétées, le Colchique provoque la sécrétion de la muqueuse intestinale et des glandes salivaires. Les reins, la peau, le foie, ressentent aussi cette influence. A plus forte dose, elle produit de la chaleur d'estomac, des nausées et des vomissements, un sentiment de faiblesse et de malaise, de la céphalalgie, des effets purgatifs, et, le cas échéant, l'éruption menstruelle.
Pendant l'état nauséeux, le pouls se ralentit et la diurèse est accrue, ou bien il se manifeste une sueur profuse. Les vomissements amènent d'abondantes évacuations bilieuses. Enfin, lorsqu'il est ingéré en quantité excessive, le Colchique donne lieu à une exagération des symptômes gastro-intestinaux, accompagnés alors de douleurs aiguës dans le ventre et des phénomènes cholériformes qui succèdent aux superpurgations : la faiblesse et la précipitation du pouls, l'accélération de la respiration, le refroidissement des extrémités, l'atonie musculaire des membres et la suppression de l'urine. Chelius a vu la proportion d'acide urique doubler dans l'espace de deux jours, mais on voit souvent l'inverse dans le rhumatisme aigu, pendant l'usage du Colchique, ce qui porte rait à croire que ce médicament diminue plutôt la formation de l'acide urique qu'il n'en favorise l'élimination. On observe aussi quelquefois des convulsions et de l'insensibilité. Le pouls devient intermittent, puis imperceptible, et îa mort arrive précédée par une extrême prostration. La nécropsie fait découvrir des traces d'inflammation de la muqueuse digestive et des ecchymoses dans l'épaisseur des tuniques de l'estomac et de l'intestin, à la surface du poumon, du cœur et du diaphragme.
Substances synergiques, auxiliaires. — La vératrine, l'aconitine et les végétaux dont ces alcaloïdes sont les principes actifs, sont synergiques du Colchique et de la Colchicine. Les purgatifs, les diurétiques, les acidulés, la quinine et quelques substances ayant une manière d'agir analogue, peuvent en devenir les auxiliaires.
Substances antagonistes, incompatibles. — Antidotes, contre-poisons.— L'action générale de l'opium, des stimulants diffusibles, est contraire à celle du Colchique : ce qui ne veut pas dire qu'une petite dose d'opium ingérée préalablement dans le but d'engourdir la sensibilité de la muqueuse gastrique ne favoriserait pas les effets éloignés du Colchique en assurant son absorption. Seulement il faut se garder d'administrer concurremment les deux agents à doses équivalentes, sous peine de les voir se neutraliser dans leurs effets les plus apparents. Le tannin s'oppose à la pénétration de la Colchicine dans la circulation, il en est un contre-poison. L'opium, les alcooliques, les essences, etc. , en sont les antidotes.
Usages. — Le Colchique est un purgatif drastique, accidentellement un vomitif et indirectement un sédatif de la circulation, un hyposthénisant sudorifique, un sialagogue, un diurétique. Les effets indirects se confondent du reste avec son action généralisée ou diffuse. D'après cela, le Colchique est indiqué toutes les fois qu'on croit utile d'obtenir la sédation générale avec qcelques-uns des phénomènes accessoires, par le moyen d'une révulsion sur le tube digestif.
Cette indication se présente dans les affections cérébrales ou pulmonaires, aussi bien que dans les maladies arthritiques. Cependant la coutume est de ^'administrer le Colchique que contre ces dernières ; on a même voulu en faire le spécifique du principe goutteux, ce qui est absurde. Le Colchique