CONSOUDE
VElatérine ou Momordicine, principe actif de YElaterium. ou extrait de Momordica, est une substance neutre, cristalline, inodore, mais très-amère, insoluble dans l'eau, solublc dans l'alcool, agissant comme purgatif à la dose de 3 à U milligrammes. La résine verte possède aussi des propriétés cathartiques.
Action physiologique. — VElaterium est une substance amère, acre et irritante pour toutes les muqueuses, notamment celles des yeux et du tube digestif, ainsi que pour les plaies et les régions de peau dépouillées d'épiderme. A l'intérieur, des doses fortes enflamment la muqueuse gastro-intestinale, occasionnent des vomissements et déterminent une violente superpurgation. Celui de bonne qualité produit de tels effets à la dose de moins d'un centigramme (Clutterbuck, Pereira). VElaterium est donc le plus violent de tous les drastiques. Les matières évacuées sont séreuses, les selles fréquentes, accompagnées de coliques. Il s'ensuit de la sécheresse de la langue, de la soif et de l'excitation circulatoire.
L'action sur l'utérus est celle de tous les drastiques.
UElatérine, de même que la Golocynthine, semble pouvoir être absorbée par la peau et produire des effets purgatifs. Introduite dans l'estomac, elle passe dans la circulation, comme le prouve ce fait signalé par Hippocrate : que le lait d'une mère qui en a pris devient purgatif pour l'enfant qu'elle nourrit.
Usages. — VElaterium est peu employé à cause de ses inégalités d'action selon les espèces commerciales, et de sa redoutable violence quand il est bien choisi. Ses indications et contre-indications sont celles de la Coloquinte (voy. ce mot). On l'a de plus conseillé dans la goutte, associé à l'opium.
Modes d'administration et doses. — VElaterium fin ne se doit donner qu'à la dose de 3 à 6 milligrammes, tandis que les mauvaises sortes n'agissent qu'à la dose de 5 à 15 centigrammes.
On peut employer avec avantage la teinture alcoolique, qui tient en dissolution l'élatérine et la résine. L'élatérine elle-même a été prescrite par Golding Bird, soit en poudre associée à du bicarbonate de potasse, soit en solution alcoolique, à la dose relativement forte de 3 à 6 milligrammes (-^ à J de grain anglais). *
COXSOLDE (GRANDE), Symphytum officinale, L. — Borraginées. Angl. Great Consound, Consound comfrey, — AH. Beinwell, Schwarty leur y.
La racine de cette Aspéri foliée, L. , indigène, fournit un mucilage visqueux et tenace, abondant, auquel elle doit des propriétés émollientes. Rien ne ressemble moins, on le voit, à l'idée que les anciens se faisaient des vertus astringentes, consolidantes (Symphytum Consolida) et vulnéraires qu'ils attribuaient à la grande Consoude. Néanmoins la routine est si puissante, qu'on emploie beaucoup encore le sirop de Consoude dans les potions hémostatiques,
et que la grande Consolide entre dans quelques compositions estimées vulnéraires, telles que le Baume de Fioravanti.
copahu. Résine des Copaïfera officinalis, C. guyanensis, C. Langsdorffii, etc. — Légumineuses-Cesalpiniées.
Angl. Copahu Baham, Copaïva Baham. — AU. Copahu Baham, Copaïva Baham.
Composition. — La térébenthine des Copaïfera, arbres du Brésil et de la Guyane, est composée d'huile volatile, de résine jaune sombre (acide copaïvique), de résine brune, molle, et d'eau. Les résines, comme le démontrent les analyses de Gerber, se forment peu à peu aux dépens de l'essence qui s'oxyde.
L' huile volatile rectifiée est incolore, d'une odeur aromatique spéciale, d'un goût âcre. Elle est soluble dans l'alcool, le sulfure de carbone et en toute proportion dans l'éther sulfurique. Sa formule est celle de l'essence de térébenthine, C8H10.
V acide Copawique est une résine cristallisable, soluble dans l'alcool, l'éther, les huiles fixes et volatiles, formant des sels avec les bases et isomère avec l'acide pinique. La résine visqueuse est indifférente; ses dissolvants sont les mêmes que pour la précédente.
Action physiologique. — A dose un peu forte, le Copahu produit dans l'estomac une sensation de chaleur, assez souvent des envies de vomir, parfois des vomissements, presque toujours des éructations ramenant l'odeur de la substance médicamenteuse. Cependant l'estomac ne tarde pas à s'habituer, et digère ensuite plus complètement des quantités modérées de Copahu ; mais, si la proportion en est relativement trop considérable, il en résulte la perte d'appétit, des indigestions et la diarrhée. Ces phénomènes locaux prennent une plus grande intensité lorsque la masse ingérée est plus copieuse encore ; les évacuations alvines sont alors et plus répétées et plus abondantes, et accompagnées de coliques, comme dans une véritable purgation. Plus le Copahu révolte les organes digestifs, plus il est rapidement expulsé et moins il est absorbé; de là un balancement naturel entre les effets topiques et les effets éloignés ou diffus du médicament.
Parvenu dans la circulation, le Baume de Copahu accélère et renforce les mouvements du cœur, élève la température du corps, et produit de la céphalalgie congestive. Puis, ses principes sont éliminés par différents émonctoires : l'huile volatile est entraînée par la respiration et la sueur, et communique à l'haleine, principalement, une odeur accusatrice plus redoutée de celui qui l'exhale que de ceux qui la flairent ; la résine passe surtout dans les urines, qui, plus hautes en couleur, d'un goût amer, dit-on, sentent également mauvais et présentent une altération de composition fort remarquable. Traitées par l'acide azotique, elles se troublent comme si elles étaien albumineuses ; mais le précipité diffère de l'albumine par sa légèreté, par l'absence de furfures distincts, à plus forte raison de grumeaux ou de flocons, et par sa solu-