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bilité dansl'éther et l'alcool qui éclairassent la liqueur (Gubler). Ainsi le prétendu précipité aibumineux des urines copahifères n'est, très-habituellement, qu'un précipité résineux. Il arrive cependant, mais d'une manière très -exceptionnelle, que le Gopahu détermine l'albuminurie par irritation rénale et même l'hématurie. Sans aller jusque-là, il occasionne souvent de la chaleur et de la titillation dans l'urèthre sain (Kœnig) avant et après la miction. L'élimination de la majeure partie de la résine copaïvique et d'une certaine proportion d'essence par les urines explique suffisamment les effets prédominants du Gopahu sur la muqueuse de l'appareil génito-urinaire.
Le passage de l'huile volatile dans les glandes sudoripares, et de la résine probablement dans les glandes sébacées de la peau, appelle aussi de ce côté des phénomènes d'irritation qui se traduisent par de l'érythème, de l'urticaire, de la miiiaire rouge, une éruption scarlatiniforme : exanthèmes variés que Judd réduit à deux formes : l'éruption de petites taches pourpres (small vuniceous patch éruption), et l'éruption papuleuse [papuiar éruption). Tandis que ces complications s'observent vers la périphérie cutanée, il se passe quelque chose d'analogue du rôle des voies respiratoires, car les malades accusent parfois de la chaleur dans les bronches, une légère oppression et de la toux sèche (Gubler).
En définitive, l'action prochaine ou éloignée du Gopahu est calquée sur celle des substances aromatiques et balsamiques en général; seulement, elle se porte davantage sur l'appareil génito-urinaire peut-être parce que l'essence de Gopahu se transforme plus que d'autres par oxydation dans le sang, et devient par là plus apte à passer par les reins.
Substances synergiques et auxiliaires. — En tête des synergiques du Gopahu se placent le Gubèbe, le Matico, le Kawa-kawa, ou Piper Methysticum des îles de l'Océanie. Puis viennent d'autres poivres et une foule d'espèces balsamiques, les baumes proprement dits, les térébenthines des Gonifères, etc. Les auxiliaires du Gopahu, selon Sandras et Diday, sont les purgatifs, d'un usage vulgaire contre la blennorrhagie. Les alcalins, à mon avis, méritent mieux ce titre.
Surstances antagonistes. — Les purgatifs agissent à leur manière pour diminuer lesllux muqueux, qu'ils peuvent même supprimer tout à coup. On peut débuter par fa dans le traitement de la blennorrhagie ; mais leur usage devient inopportun dès que la cure de balsamiques est commencée, attendu qu'ils contrarient l'absorption des principes oléo-résineux du Gopahu^ et deviennent ainsi réellement ses antagonistes.
Les acides en excès sont un peu dans le même cas. Le froid nuit également à ses effets.
Usages. — Si n'était l'odeur repoussante qui le caractérise, le Gopahu serait rationnellement désigné pour combattre les catarrhes de toutes les muqueuses, au même titre que les autres balsamiques; mais cet inconvénient a dû le faire réserver pour les lésions qu'il est le plus apte à guérir :
celles de l'urèthre et de la vessie, contre lesquelles il ne possède d'ailleurs aucune vertu spécifique.
Deux méthodes ont été proposées pour guérir la blennorrhagie par le Copahu. Selon la première, il ne faut donner ce baume qu'après avoir fait céder par un traitement antiphlogistique les symptômes inflammatoires. D'après la seconde, le Copahu devrait être administré d'emblée, quelle que fût l'acuité du mal.
La première est évidemment la seule fondée en principe, et l'expérience prouve que la seconde n'est pas toujours exempte d'inconvénients ou de dangers. Seulement l'incertitude pour les partisans de la méthode de temporisa tion commence lorsqu'il s'agit de décider de l'opportunité de l'emploi du Copahu, et l'on ne saurait contester qu'au déclin de la médecine physiologique, ils n'aient toujours trop attendu pour arriver aux balsamiques, et que plus tard ils n'aient encore de temps à autre laissé passer l'occasion d'agir. C'est contre cette lenteur excessive que réagissait la précipitation non moins exagérée des promoteurs de l'emploi exclusif du Copahu.
Mieux inspirés, nous commençons aujourd'hui par calmer les phénomènes phlegmasiques lorsqu'ils sont excessivement intenses, comme dans la cordée, mais nous nous empressons de recourir aux balsamiques dès que les complications inflammatoires sont apaisées. La douleur en urinant, un certain degré de cystite, le priapisme, ne contre-indiquent pas l'usage du Copahu; seulement il y a lieu en pareil cas de procéder avec ménagement, et de prescrire en même temps des moyens antiphlogistiques : bains, boissons délayantes, etc.
Le Copahu est moins héroïque contre la blennorrhagie des femmes (Ribes, Ricord), parce que chez elles l'uréthrite n'est qu'une partie du mal, et que le catarrhe purulent est ordinairement étendu à toute la cavité du vagin, si ce n'est du col utérin, surfaces que les urines copaïfères ne touchent pas (Trousseau et Pidoux). Aussi Ricord, après avoir démontré la réalité de l'action topique du Copahu, a-t-il eu l'idée ingénieuse de faire pratiquer des injections vaginales avec l'urine chargée des principes balsamiques de cette térébenthine, et la réussite est venue justifier ses prévisions. Ces résultats ont été confirmés par les expériences de Hardy.
Mais, puisque c'est la résine qui passe de préférence par les urines, il serait rationnel de l'administrer seule contre la blennorrhagie; l'expérience a été faite avec succès. J'ai administré le résidu solide de la distillation de l'essence pour les besoins de la parfumerie. Cette substance, à la dose de U à 8 grammes par jour, ma paru agir aussi bien que le baume tout entier; elle a de plus le double avantage de coûter fort peu (2 francs ou 2 fr. 50 c. le kilogr.) et de ne communiquer qu'une odeur faible ou nulle aux diverses exhalations gazeuses qui trahissent le plus inévitablement l'emploi qu'on fait de ce dernier. On pourrait également s'en servir avec avantage contre le catarrhe vésical ; mais pour combattre le catarrhe chronique des bronches, il faudrait toujours s'adresser au Copahu en nature, et mieux encore à son huile volatile, la dose