‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 47 sur 276 · L. — Mollusques-Gastéropodes · texte numérisé non relu

L. — Mollusques-Gastéropodes

Angl. Snail. — Ail. Sr/mecke.

L1 Hélice vigneronne n'est nulle part pins abondante, ni mieux nourrie (pif dans les grandes contrées vignobles de la France. Il n'est donc pas étonnant que sa réputation, grande chez les anciens, se soit perpétuée parmi nos populations rurales. C'est un aliment sain el passablement digestif, lorsqu'il esl bien assaisonné, mais qui ne se recommande, d'ailleurs, par aucune propriété médicale importante. Le phosphore et le soufre qu'il renferme se retrouvent aussi bien dans l'albumine de l'uni f el dans une foule de matières animales. L'usage alimentaire des Escargots crus serait plus utile comme moyen d'intreduin

simultanément, clans nos premières voies, les substances azotées, alibiles et les ferments animaux, destinés à les transformer en peptones. Telle est la vraie supériorité des huîtres sur d'autres comestibles.

L'Escargot est cependant encore employé en médecine; on a même essayé dernièrement de le remettre en faveur en fabriquant une poudre iïhélicine, renfermant les sucs de l'animal. Il était très-fréquemment employé naguère dans les affections catarrhales, la tuberculisation pulmonaire et les cachexies, associé à d'autres substances, sous forme de bouillon, de gelée, de sirop, considérés comme analeptiques, émollients, pectoraux. On préparait aussi une eau distillée, un vin, une décoction orgée et môme une pommade de Limaçon. Dans le Midi, les Hélix aspersa et H. vermiculata remplacent 1'//. Pomatia du Centre et du Nord.

ESSENCE DE TÉRÉBENTHINE. — Voy. PlN MARITIME.

estragon, Artemisia Dracunculus, L. — S yn anthère es ou Composées-Sénéciomdées.

Angl. Tarragon. — Ail. Kayser Salât.

V Estragon, originaire de la Sibérie, appartient plutôt à l'art culinaire qu'à la médecine. C'est un condiment assez recherché. On s'en sert pour aromatiser le vinaigre. Son odeur forte et pénétrante indique, du reste, que Y Artemisia Dracunculus pourrait augmenter le nombre des stimulants aromatiques.

EUPHORBE DES CANARIES, Euphorbia Canariensis, L. — EUPHOR-

DIACÊES.

Angl. Canary Eupkorbium. — AIL Eupkorbium.

Les produits de Y Euphorbia canariensis ont remplacé, dans le commerce, ceux de YE. officinorum qui croît dans le N. -O. du continent africain.

Composition. — V Eupkorbium, ou gomme-résine extraite des tiges de l'Euphorbe des Canaries, se compose de : résine, cire, caoutchouc, bassorinc, acide malique, substances minérales, etc. La résine, ou plutôt la double résine en est le principe actif. Elle est d'une âcreté excessive, d'un rouge brun, soluble dans l'alcool, l'éther, l'essence de térébenthine et un peu moins dans l'huile d'amandes douces.

Action physiologique. — L' Eupkorbium est une substance puissamment irritante, qui rougit et enflamme, jusqu'à la vcsication, les régions sur lesquelles on l'applique. La poussière aspirée par les narines ou inhalée par les bronches, cause la rougeur et le gonflement de la face, une violente irritation des yeux, fait éternuer jusqu'au sang, et provoque une toux convulsive, avec bronchite intense et parfois hémoptysie. Il peut en résulter aussi du vertige, le délire, l'insensibilité et des convulsions. Ingérée dans l'estomac, cette gomme-résine occasionne des évacuations par le haut et par le bas, des dou-

fenouil doux. 117

leurs atroces dans la gorge, l'estomac, les entrailles, et une violente gastroentérite avec un pouls précipité, irrégulier, une sueur froide, et la syncope quelquefois suivie de mort.

Usages. — Avec de pareilles propriétés, Y Euphorbium, on le conçoit, doit être repoussé de la thérapeutique interne. Nous avons assez d'autres vomitifs et drastiques moins dangereux et plus faciles à manier. C'est avec la plus grande prudence qu'on doit l'employer comme errhin dans les affections soporeuses, apoplectiques. Mais rien ne s'oppose à ce qu'on en continue l'usage, comme topique irritant, pour obtenir la rubéfaction, la vésication et même Pescharification.

On l'emploie comme caustique, en poudre, ou en teinture alcoolique ; comme rubéfiant, incorporé à la poix de Bourgogne, sous forme d'emplâtre.

eu pur aise, Euphrosia officinalis, L. — Scrofulariacées. Àngl. Eyebright. — Ail. Avgentrost.

Cette jolie espèce, commune sur les pelouses sèches des bois, est très-vantée mais à peu près inerte. On ne peut lui soupçonner que des vertus astringentes, d'après sa réaction sur les sels de fer. Aussi est-elle généralement bannie do la pratique officielle et rationnelle.

faiiaui, Angrœcum fragrons, l)up.-Th. — Orchidées.

Cette Orchidée parasite croit dans les forets de l'île de France, et le Codex recommande la plante fleurie ; mais on ne peut guère se procurer que les feuilles, qui sont, du reste, la seule partie usitée dans le pays. Ces feuilles, un peu amères, exhalent une odeur agréable tirant sur celle de la vanille. Leur infusion est digestive, calmante et très-usitée dans les deux îles sœurs, Maurice et la Réunion, pour calmer la toux, les douleurs de poitrine, les spasmes et l'oppression.

fenouil »©tx, Fœniculum dulce, G. Bauhin. — Ombellïfères-Séséltnées.

Vngl. Sweet Fennel. — Ail. Fenchel.

Le Fenouil, doux n'est probablement que la forme cultivée du Fenouil commun [Anethum fœniculum, L. ; Fœniculum officinale, E.). Il offre une odeur aromatique, moins forte et plus agréable que celle du Fenouil sauvage, dont il partage, d'ailleurs, les propriétés, ce qui le fait préférer pour l'usage médical.

On emploie la racine et les semences, qui sont stimulantes, carminalives, etc., à la manière de PAnis.

Vhuile essentielle de Fenouil doux se donne à la dose de deux à vingt gouttes dans une infusion.

Les semences entrent dans le Mitkridate, la Thériaque, le Diaphœnix,

Y Eau vulnéraire; les racines dans le Sirop des cinq racines, Y Eau générale, etc.

FENUttREC, Trigonella Fœnum grœcum, L. — Légumineuses-Papilio-

NACÉES.

Angl. Fenugreek. — Ail. Kuhkornklee.

Le Trigonella Fœnum grœcum, originaire de l'Orient, croît en Grèce, en Algérie et dans le midi de la France. Ses pousses et ses graines germées sont recherchées comme aliment. Les semences du Fenugrec bouillies ont la saveur des pois, et fournissent un abondant mucilage, utilisé en lavements, en fomentations émollientes, en injections, en collyres. On en fait des cataplasmes. Mais chez nous cette plante est inusitée en médecine, attendu que le mucilage de ses semences n'est guère employé que dans la composition de

Y Emplâtre diachylon simple, de Y Onguent d'Althœa, du Sirop de Marrube, etc. , préparations actuellement abandonnées.

fève D'Épreuve DU ciLAiMR. Semences du Physostigma venenosum, Balfour. — Légumineuses -Papilionacées. Angl. Calabar's ordeal Bean or Calabar Bean.

Le Physostigma venenosum est une Légumineuse euphaséolée, c'est-à-dire voisine des Haricots, qui croît sur la rivière de Calabar et dans les contrées environnantes du continent africain.

Composition. — La Fève du Calabar décortiquée donne 30 pour 1 00 de spermoderme et 70 pour 100 d'amande blanche (B. Edwards). Les enveloppes de la graine sont moins actives que les cotylédons. L'amande contient beaucoup d'amidon, de légumine et d'huile fixe, matières inertes, plus 2,7 (5 ou 6, d'après Edwards) pour 100 d'extrait alcoolique où les propriétés actives se trouvent concentrées (Christison). La substance active est environ deux fois aussi soluble dans l'alcool bouillant que dans l'alcool froid. Jobst et Hesse ayant cru l'avoir isolée, l'ont considérée comme un alcaloïde et désignée sous le nom de Physostigmine. Mais Amédée Vée, suivant le procédé de Stas, a obtenu une substance plus pure, cristallisée, bleuissant le papier de tournesol, à laquelle il a donné le nom iïEsérine, du mot Eséré, qui désigne la Fève d'épreuve dans l'idiome du Calabar.

VEsérine, cristallisée en lames minces, rhombiques, aisément soluble dans l'éther et le chloroforme, plus encore dans l'alcool, est peu soluble dans l'eau. Elle se combine avec les acides qu'elle neutralise, et donne des sels, la plupart solubles dans l'eau, et plus stables que l'Ésérine pure. Cet alcaloïde possède des propriétés physiologiques et thérapeutiques semblables à celles de la Fève elle-même.

Action physiologique. — Le phénomène le plus saillant, déterminé par la Fève du Calabar, comme par son alcaloïde, l'Ésérine, c'est le resserrement

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