LAURIER-CERISE
L'insecte qui fournit la Résine ou Gomme -laque vit dans l'Inde, sur les Ficus indica et F. religiosa, ainsi que sur un assez grand nombre d'autres végétaux appartenant à des familles très-éloignécs les unes des autres dans l'ordre naturel. On peut douter que le suc résineux, d'abord liquide, qui porte ce nom, soit uniquement fourni par l'animal, à l'exclusion de la plante sur laquelle il vit en parasite.
COMPOSITION. — La Résine-laque renferme une résine spéciale, soluble dans l'éther, insoluble dans l'eau et l'alcool, un principe, le laccin, intermédiaire entre la résine et la cire, et une matière colorante (Funke); de plus, de la potasse et de la chaux, un acide particulier et de la gélatine (John).
Action physiologique et usages. — Une saveur astringente marquée appartient à cette substance, et indique des propriétés toniques auxquelles on accorde généralement quelque valeur. La Résine-laque possède aussi une odeur agréable qui se développe par le frottement, et surtout pendant la combustion.
Dans les arts, on emploie la matière colorante rouge. La résine entière fait la base des meilleures cires à cacheté?" dites d'Espagne. En médecine, elle n'est plus employée isolément, mais elle entre dans quelques préparations officinales.
LAURIER-CERISE , Cerasus Lauro-Cerasus, DC. — RoSACées-AMYG-
l)\LÉES.
Angl. Cherry -Laurel. — AIL Kirschlorbeerbaum.
Le l.n)n ier-Cerise ou Luiiricr-oiuandc (Prunus Lauro-Cerasus, L. ), naturel dans l'Asie Mineure, cultivé en Europe, et à peu près naturalisé dans le midi -de la Fiance, exhale de toutes ses parties l'odeur d'amande amère, qu'il doit à la présence d'une huile essentielle, éminemment active, laquelle se retrouve aussi en puissance dans les graines de Y Amygdalus communis et de plusieurs autres Drupacées.
Action fmiysiologique. — A faible dose, le Laurier-Cerise est calmant et légèrement a n t i pli logistique . En quantité plus considérable, il produit des effets sédatifs plus marqués, fait vomir et purge. A dose excessive, il détermine de la céphalalgie, des vertiges, de la titubât ion , de la gène respiratoire, la résolution musculaire, ou des convulsions, des phénomènes aspln xiques, et même la mort. A l'autopsie, on observe des congestions viscérales par un sang liquide. Ces symptômes sont tout à fait analogues à ceux des autres médicaments c\, iniques (vov. AMANDES AMERES, ACIDE CYANHYDRIOt E) .
Substances synergiques. — Substances antagonistes. — Elles sont les mêmes que pour les amandes amères et l'acide prussique.
Us\<;is. — L'action spéciale du Laurier-Cerise sur l'hématose, en même temps que ses effets sédatifs, l'indiquent, ainsi que les autres cyaniques, comme antispasmodique èt comme antiplastitrue. On le donne de préférence dans les affections ué\ rop.illiiques et les phlegmasies des organes de la respiration : ! an-
gine de poitrine, l'asthme, la toux spasmodique, férine, la coqueluche, la bronchite, la pneumonie.
A l'extérieur, on l'emploie comme topique calmant sur les cancers, les ulcères douloureux, ce à quoi on peut assimiler jusqu'à un certain point les inhalations de sa vapeur, quand il s'agit d'irritation des voies respiratoires.
Modes d'administration et doses. — On prescrit les feuilles en cataplasme' ; en poudre, à la dose de 20 à 40 centigrammes; en infusion, une feuille fraîche dans 200 grammes d'eau bouillante. Ce sont toujours les feuilles fraîches qu'il faut employer, puisque la substance active, très-volatile, se dissipe en presque totalité par la dessiccation. En conséquence, h poudre est une préparation défectueuse, et la condamnation de Y extrait est encore plus méritée.
U eau distillée de Laurier- Cerise est d'un usage beaucoup plus général. C'est un médicament efficace, mais malheureusement très-inégal, selon le mode et l'ancienneté de la préparation. Filtrée et débarrassée de l'huile volatile non incorporée par diffusion et simplement suspendue, elle se donne à la dose de 15 à 20 grammes, dans une potion calmante, à prendre par cuillerées. On en prend aisément 5 grammes à la fois.
Vhuile essentielle, fabriquée en Italie, et vendue sous le nom à' Essence d'Amandes ambres, n'est presque pas usitée, à cause de sa violence. Il faut l'étendre beaucoup dans un véhicule approprié pour la rendre maniable. Incorporée dans de l'huile d'olive, elle se prend à la dose de 3 milligrammes environ. Mêlée à différents corps gras, en proportion beaucoup plus forte, elle constitue des liniments ou pommades qui jouissent de propriétés sédatives et anodynes.
LAURIER COJIUIUX, Laurus nobilis, L. — Lauracées.
Angl. Sweet Bay, Laurel-tree. — Ail. Lorbeerbaum.
Le Laurier d'Apollon habite le sud de l'Europe, et se montre subspontané en Provence. On se sert en médecine des baies et des feuilles, qui ont des propriétés analogues.
Composition. — Les baies, analysées par Bonaslre, contiennent : huile volatile, laurine, huile fixe, cire (stéarine), résine, sucre incristallisable, extractif gommeux, bassorine, amidon, ligneux, albumine soluble, acide, eau et sels.
Vhuile volatile de baies de Laurier est une essence soluble dans l'alcool et dans l'éther, d'une odeur forte de Laurier, et d'une saveur aromatique brûlante.
La Laurine, ou Camphre de Laurier , est un stéaroptène cristallisable, fusible et volatil, d'un goût acre et amer, d'une odeur analogue à celle de l'huile volatile.
Action physiologique. — Les feuilles et les baies de Laurier commun possèdent à un moindre degré les qualités organoleptiques de l'essence fluide