‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 70 sur 276 · LICHEN PULMONAIRE · texte numérisé non relu

LICHEN PULMONAIRE

l'un colorahle en bleu par l'iode, l'autre en jaune (Inuiinè). Le premier, insoluble dans l'eau, a mérité l'appellation de squelette amylacé. Le principe amer se combine avec les bases {acide Cétrariquë).

On a distingué encore les acides fumarique et liclienstéarique, ainsi que le chlorothalle ou cbromule verte.

Action physiologique. — Pris intégralement, le Lichen d'Islande est à la fois tonique par sa matière amère, et émollient par le mucilage qui le constitue en grande partie. Débarrassé de son acide cétrariquë par l'ébullition daus l'eau, surtout aiguisée de sous-carbonate de soude, il ne garde plus que ses propriétés adoucissantes et nutritives.

Usages. — « Le Lichen d'Islande est préconisé contre la phthisie et les bronchites. Il serait superflu d'insister sur son impuissance contre la tuberculose; contentons-nous de dire qu'il n'agit même que contre l'un des symptômes les moins importants des affections des voies respiratoires : à savoir, l'excitation à la toux. En qualité de substance mucilagineuse, la décoction Lichen, qu'on a soin de blanchir préalablement par l'eau bouillante, calme l'irritation de l'entrée des premières voies, diminue le picotement dont l'orifice supérieur du larynx est souvent le siège au début ou dans le cours d'une laryngo-bronchite, et modère, par conséquent, les efforts spasmodiques de la toux.

Avec sa matière amère, le Lichen d'Islande produirait en outre des effets sédatifs et toniques qui ne seraient pas sans avantage dans une affection longue et débilitante. On en administre quelquefois la décoction non lavée comme stomachique et fébrifuge; mais elle est en même temps purgative, et l'usage n'en saurait être prolongé sans dommage.

Les habitants des contrées boréales se nourrissent, en partie, du Cetraria islandica, débarrassé de son amertume et bouilli dans du lait ou mêlé à de la farine.

Modes d'administration et doses. — On prend le Lichen sous forme de gelée sucrée et aromatisée avec de la cannelle ou de l'eau de fleur d'oranger; en décoction, coupée avec le lait et édulcorée. On la mêle aussi dans le chocolat et les potages.

LICHEX PULMONAIRE, Lobaria pulmonaria, DC; Sticta pulmonaria,

A ch. — Lichen acées.

Angl. Oak-lungs tree, Lungivort. — Ail. Lungenkraut.

Le Lichen pulmonaire, ou Pulmonaire de Chêne, ainsi nommé de son aspect lacuneux et de l'un de ses habitat, se rencontre sur les troncs d'arbres dans l'Europe centrale et septentrionale. C'est un succédané du précédent, et sa composition, d'après John, se résume ainsi : résine, chlorophylle, exlraclif amer, amidon spécial, matière insoluble et sels.

On remploie comme pectoral, dans la phlhisic pulmonaire et les bronchites, comme amer-astringent dans les liémorrhagies,

iSh SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX.

La bière fabriquée en Sibérie avec ce Lichen passe pour efficace contre l'ictère.

Le Lichen pulmonaire se prescrit en poudre à la dose de l\ grammes. On en donne deux fois plus en infusion ou décoction. Il entre dans le Sirop de mou de Veau. Les Anglais en font une teinture.

lierre commun, Hedera Hélix, L. — Araliacées. Angl. Common Ivy. — Ail. Ephen, Eppich.

Le Lierre couvre les rochers, les murailles et les troncs d'arbres. Il prend un accroissement considérable dans les contrées méridionales, et laisse découler de ses troncs arborescents un suc résineux qui se concrète en grumeaux solides, opaques, d'un noir rougeâtre, sans saveur marquée, mais odorants, et répandant, quand ils brûlent, un parfum d'encens.

Composition. — La Gomme de Lierre, ou Hédérine, renferme, selon Pelletier, de la gomme, de la résine, de l'acide malique et du ligneux. Il faut y ajouter une huile volatile.

Action physiologique. — La résine de Lierre est stimulante et tonique ; l'écorce participe de ces propriétés ; les feuilles de la plante sont amères et nauséeuses ; les baies sont austères, purgatives et vomitives.

Usages. — Modes d'administration et doses. —On fait un usage habituel des feuilles de Lierre pour le pansement des cautères, dans le but de les tenir humides et de préserver les linges de l'imbibition par le pus. Leur décoction a été conseillée pour tonifier les ulcères sanieux et tuer les parasites ; leur pulpe, en cataplasme, est considérée comme fondante pour les engorgements laiteux froids.

Les paysans se servent quelquefois des baies pour se débarrasser de la fièvre intermittente. On les employait comme sudorifique dans la peste de Londres. La résine de Lierre est prescrite comme emménagogue et résolutive. Elle entre dans Y Onguent d'Althœa et le Baume de Fioravanti.

LIERRE terrestre, Glechoma hederacea, L. — Labiées.

Angl. Ground Ivy. — Ail. Kriechende Gundelmann.

Le Lierre terrestre croît abondamment dans les lieux ombragés. Son odeur, très-forte, est peu agréable, sa saveur est chaude et amère. Cette plante active est stimulante à la fois et tonique comme les autres Labiées amères-aromatiques. Elle mérite d'être recommandée dans les affections catarrhales des muqueuses, principalement de celles des voies respiratoires, pour lesquelles, du reste, son emploi est vulgaire. Le Lierre terrestre agit comme tonique vasculaire et comme anticatarrhal, ou quelquefois comme diurétique dans les affections des reins et des organes génito-urinaires. Il est stomachique, et cette propriété se retrouve à un degré élevé dans les Galles, ou pommes de Terrete, produites par un Diplolepis, et qui se mangent en Orient, où le Lierre terrestre en porte plus souvent que dans nos climats.

un. 185

Le Glechoma hederacea passe aussi pour vulnéraire, vermifuge et antipériodique.

On le donnait en poudre, en pilules ; on en administre encore le suc à la dose de 30 à 60 grammes; mais c'est Vin fusion théiforme qu'on emploie presque toujours (2 à U grammes dans 200 d'eau bouillante). Les anciennes préparations officinales, à L'exception peut-être du sirop, sont entièrement abandonnées.

limaçon. — Voy. Escargot.

LIME douce ou limette, Citrus Limetta, Risso. — Aurantiacées.

Angl. Bergamot Citrus ; sweet Limon. — AU. Kleine susse Citrone.

La Lime douce, ou Citron Bergamote, est une variété obtenue d'abord à Bergame, et maintenant cultivée dans le midi de l'Europe.

On extrait de son zeste une huile volatile verdâtre, remarquable par son odeur suave et par son poids spécifique énorme. Elle est isomère avec l'essence de citron (C8H10).

V essence de Bergamote entre dans la composition des parfums, et se donnait autrefois comme vermifuge, à la dose de k grammes.

limon. — Voy. Citronnier.

lin, Linum usitatissimum , L. — Ltnacées. Angl. Common Flax. — AU. Gemeiner Flachs, Lein. Le Lin est cultivé partout en Europe pour sa filasse, dont on fait de la toile,, et pour ses semences, qui servent à différents usages industriels ou médicaux.

La filasse (angl. Flax, ail. Flachs) est formée de ligneux à peu près pur. On la file pour en faire de la toile, qui, blanchie et usée, est utilisée parle médecin et le chirurgien sous forme de compresses, de bandes et de charpie.

Les semences, ou graines de Lin (angl. Linseed, ail. Leinsamen), présentent à la surface de leur épicarpe une couche de cellules utriculaires dont les parois, absorbant une énorme quantité d'eau, se gonflent, deviennent gélatineuses, et constituent un mucilage tremblotant ou diffluent. Les amandes, au contraire, sont essentiellement oléagineuses.

Composition. — Les semences de Lin, analysées par L. Meyer, ont donné les résultats suivants : huile grasse, cire, résine molle Acre, matière résineuse, colorante, extractif jaune avec tannin et sels, cxtractif doux, acide malique, substances albuminoïdes, amidon, etc.

Le mucilage est formé de deux parties, l'une soluble dans l'eau et semblable à L'Arabine, l'autre insoluble et probablement analogue à la Cellulose. L'huile de Lin est éminemment siccative, c'est-à-dire oxydable et transformable1 en une matière solide, élastique, ayant l'apparence d'un vernis. Elle possède une odeur et un goût particuliers. L'alcool la dissout, mais elle est beaucoup plus soluble dans l'éther.

Action physiologique. — Les semences de Lin sont nutritives, émollientes et adoucissantes. Bouillies entières, dans un nouet de linge qu'on exprime,, elles donnent leur mucilage pour injections et lavements émollients. Ce même mucilage, sous le nom de Bandoline, sert à lisser et agglutiner les cheveux. Réduites en poudre ou farine, elles font la base des cataplasmes émollients de l'usage le plus vulgaire et l'un des moyens habituels de la médication antiphlogistique. Émulsionnées dans l'eau, elles constituent une boisson réfrigérante, calmante et diurétique, utile dans les affections des voies urin aires.

V huile de Lin, difficilement attaquable par les sucs digestifs, agit comme laxatif par l'intermédiaire d'une sorte d'indigestion. On s'en sert généralement pour tout autre chose. Les "instruments chirurgicaux tels que : bougies, sondes, etc. , dits de gomme élastique, sont fabriqués avec un moule de toile sur lequel on accumule des couches successives d'huile de Lin qu'on laisse sécher à l'air et se solidifier.

• LIS RL4\€, Lilium candidurn, L. — Liliacées. Angl. Commonwhite Lily. — Ail. Weisse Lilie.

Cette belle Liliacée, originaire de l'Asie et cultivée dans tous les jardins, porte des fleurs blanches, emblème de la pureté, dont l'odeur suave, mais trop forte quand on la respire dans une atmosphère confinée, occasionne de la céphalalgie, des vomissements, les symptômes d'un empoisonnement véritable, et quelquefois la mort.

Les pharmaciens et les parfumeurs la recueillent dans des véhicules appropriés. V huile de Lis, obtenue ainsi, passe pour calmante et anodyne; on l'emploie rarement en injection dans les douleurs utérines, plus souvent dans les maux d'oreille. Veau distillée de fleurs de Lis a été préconisée contre la toux. Le pollen est considéré comme stimulant et antispasmodique.

V oignon de Lis, d'une saveur amère et légèrement piquante qu'il perd par la cuisson, forme alors une pulpe visqueuse, douce et sucrée, utilisée comme aliment par quelques peuplades, mais réservée en Europe pour la confection de cataplasmes émollients et maluratifs.

livèche, Levisticum officinale, Koch.; Ligusticum Levisticum, L. — - Ombellifères-Angélicées.

Angl. Common Lovage. — ■ Ail. Offizineller Liebstôckel.

La Lioèche, spontanée dans les Pyrénées et les régions montagneuses du midi de la France (Ache de montagne), est une plante active, intermédiaire entre l'Angélique, dont elle est naturellement voisine, et les Ombellifères fétides. Son odeur aromatique est fragrante, sa saveur chaude; elle laisse exsuder un suc jaune, gommo-résineux, analogue à l'Opopanax. On fait usage de ses semences et de ses racines en infusion, en teinture vineuse ou alcoolique, à l'intérieur et à l'extérieur, comme stimulant diffusible. C'est un agent

LOBÉLTE ENFLÉE, 187

de la médication excitante et antispasmodique dont on a tort de se priver aujourd'hui.

LOBÉ LIE ENFLÉE, Lobelia lnflata, L. — LOBÉLIACÉES. Angl. Bladder, podded Lobelia, Indian Tobacco.

La Lobélie enflée, ainsi nommée à cause de ses capsules vésiculeuses, est une plante originaire de l'Amérique du Nord.

Composition. — Elle renferme, selon Pereira : principe volatil, lobéline, acide lobélique, résine, chlorophylle, gomme, extractif, caoutchouc et fibres ligneuses. Il faudrait y joindre, d'après Reinsch : cire, stéarine, gluten, et des sels de potasse, chaux, fer et manganèse, à acides organiques et inorganiques.

Vhuile volatile, ou principe odorant de la Lobélie, possède l'odeur et le goût acre et nauséeux de la plante.

La Lobéline, principe acre et alcalin spécial, se trouve en plus forte proportion dans les semences. C'est un liquide jaune, légèrement aromatique, plus léger que l'eau, dans laquelle il se dissout, plus soluble dans l'alcool et l'éther, l'essence de térébenthine et l'huile d'amandes douces. La Lobéline est peut-être volatile (Bastick), mais non sans altération (Pereira); elle se combine avec les acides pour former des sels. C'est le principe actif de la plante. A la dose d'un centigramme environ, elle cause des vomissements au chat; en quantité cinq ou six fois plus considérable, elle détermine la prostration immédiate, et dans un délai de quelques minutes la résolution des membres et la dilatation des pupilles.

Vacide Lobélique a été confondu d'abord avec l'acide gallique. Enfin, la résine est d'une excessive âcreté.

Action physiologique. — L'appellation à' Indian Tobacco est justifiée par l'analogie d'action constatée entre le Tabac et la Lobélie entlée par les praticiens des États-Unis. Même goût, même sensation d'àcreté dans l'arrièregorge, même action vomitive, purgative, diaphorétiqne, contre-stimulante, mydriatique, etc., de la part des deux agents.

A petite dose, la Lobélie enflée excite, à la manière de toutes les substances émétiques, un état nauséeux favorable à la sécrétion des liquides buccaux et bronchiques ainsi qu'à celle de la sueur. Des doses plus fortes poussent aux vomissements, d'où le nom (VFssence émétique (emetic Weed) donné à la plante. Des vomissements violents, reliés par des nausées incessantes et trèspénibles, sont quelquefois suivis de purgation avec sueur copieuse et prostration extrême. Ces symptômes, ordinairement précédés d'élourdissements, de céphalalgie et de toux, sont accompagnés parfois de sensation de picotement dans tout le corps, jusqu'aux extrémités des doigts et des orteils, de douleurs aiguès dans les voies urinaires pendant la miction. Administrée par le rectum, la Lobélie enflée produit le même malaise, le même mal de cœur, avec sueur profuse et résolution générale des forces, qui résulte de l'action du Tabac (Elliotson). Des doses excessives amènent de semblables symptômes à un degré

plus intense, et même la mort, précédée d'une horrible anxiété et de mouvements convulsifs.

Substances synergiques, auxiliaires. — D'autres espèces de Lobelia, notamment le Lobelia syphilitica, L. (angl. blue Cardinal), le Tabac et jusqu'à un certain point les Solanées vireuses, agissent dans le même sens que la Lobélie enflée.

Substances antagonistes. — Antidotes. — Les antagonistes de la Lobélie sont les mêmes que ceux du Tabac (voy. ce mot); signalons particulièrement le Café.

Usages. — La Lobélie enflée est conseillée principalement comme antispasmodique, et surtout dans l'asthme (Gutler) et les désordres des organes respiratoires. Dans l'asthme, elle agit à la fois par son action directe sur l'appareil respiratoire et par l'hypercrinie muqueuse, ainsi que par le relâchement général qui résulte de l'état de nausées et de vomissements où le sujet se trouve plongé. Par extension, on la donne aussi dans le croup, la coqueluche et l'asthme catarrhal. Elle serait utile dans le faux croup ou angine striduleuse (J. Andrew). A l'exemple de Bidault de Villiers, Eberle l'a employée comme émétique dans l'angine couenneuse; déplus, il s'en est servi comme succédanée du Tabac dans la hernie étranglée.

Modes d'administration et doses. — La Lobélie se donne en poudre, comme expectorant, à la dose de 5 à 30 centigrammes; comme émétique, à celle de 50 centigrammes à 2 grammes. On prescrit Y infusion d'une quantité double de la plante.

La teinture alcoolique se prend à la dose de k à 8 grammes répétée toutes les deux ou trois heures, jusqu'à ce qu'il survienne des vomissements. Il en est de même de la teinture éthérée.

1LCPIN, Lupinus albus, L. — Légumineuses-Papilionacées. Angl. White Lupin. — Ali. Wolfbohnen.

Le Lupin blanc, originaire du Levant, est cultivé dans les pays circumméditerranéens pour ses semences, qui sont le plus grossier de tous les légumes (tristis lupinus, dit Virgile), et dont ne se nourrissent que les pauvres.

D'après Fourcroy, les semences de Lupin contiennent une huile amère, une matière végéto-animale, sans amidon ni sucre, des phosphates de chaux et de magnésie, avec une petite quantité de phosphates de potasse et de fer.

L'amertume de la farine de Lupin avait valu à celle-ci, dans l'antiquité et le moyen âge, la réputation d'un apéritif stomachique et vermifuge. Elle passe pour résolutive, et entrait dans les trochisques de myrrhe.

lupulix. — Voy. Houblon.

lycopode, Lycopodium clavatum, L. — Lycopodiacées. Angl. Common Club^moss, • — AU. Barlappsamen, Strenpulver.

MALABATHRUM. 189

Le Lycopode en massue couvre la terre dans les landes montagneuses et les bruyères, appelées quelquefois rièses [ericetis), des plateaux élevés de l'Europe.

Ses spores abondantes forment une poussière d'un jaune très-pâle, appelée soufre végétal, à cause de sa couleur et parce qu'elle s'enflamme aisément. Cette poussière pollinique, ou, par abréviation, le Lycopode, est remarquable par sa propriété répulsive pour l'eau.

Composition. — La poudre de Lycopode, d'après Cadet, contient : huile grasse, sucre, extractif mucilagineux et pollénine. La Pollénine paraît être la réunion de plusieurs principes immédiats.

Action physiologique et usages. — Le Lycopode n'est pas autre chose qu'un absorbant mécanique et un dessicant. Ses prétendues propriétés sédatives et diurétiques sont entièrement hypothétiques. Aussi n'est-il employé maintenant qu'en qualité de poudre absorbante. On en couvre les surfaces excoriées à la suite de l'eczéma, de l'herpès et de l'érysipèle, ou par le fait du contact prolongé de liquides irritants, comme dans l'intertrigo des enfants et des personnes obèses.

On s'en sert en pharmacie pour isoler et couvrir les pilules.

La plante est absolument inusitée.

Succédanés. — Le Lycopode est, dit-on, falsifié avec le pollen des Typha et des Conifères, qui peuvent le remplacer, et le remplacent effectivement dans nos provinces méridionales.

Sans parler du talc, du plâtre et de la chaux, qui sont également des absorbants mécaniques, nous mentionnerons comme succédanés du Lycopode, la poudre de bois pour ri', ainsi qu'un mélange en différentes proportions d'amidon et de colophone, lequel aurait sur le Lycopode l'avantage d'un extrême bon marché.

macis. — Voy. Muscadier.

malabathrum, Cinnamomum Malabathrum, Batka; Laurus Malabothrum, L. — Lauracées.

Angl. MalabatJirum. — AU. Indisches Blatt.

Les anciens récoltaient les feuilles de Malabathrum apportées par les vagues de l'Océan, et dont l'origine était pour eux un mystère. Les modernes, malgré les recherches récentes des botanistes voyageurs, n'ont pas encore éclairci tous les doutes, car les Anglais rapportent ces feuilles au Cinnamomum ni/idum dt1 Hooker et Blume, et au C. Tamnln.

Le Malabathrum est un tonique stimulant, fort énergique et propre à remplir toutes les indications des médicaments du même groupe. Seulement, il est à peu près impossible de s'en procurer. Primitivement ces feuilles constituaient un ingrédient obligé de la Thériaque.

mandragore, Mandragora officinalis, Mill. ; Atropa Mandragora, L. — Solanacées.

Angl. Mandrake plant. — Ail. Alraun, Hundsapfel.

L' 'Atropa Mandragora est aussi voisin de VA. Belladona par ses propriétés physiologiques et médicales que par ses caractères botaniques. Cette espèce, spontanée dans les régions méridionales de l'Europe, était jadis très-employée comme stupéfiante et narcotique. C'était la Circée des magiciens de l'antiquité, et longtemps elle resta un instrument de sorcellerie par lequel les nécromanciens troublaient la raison de leurs adeptes et provoquaient en eux des rêves fantastiques et de bizarres hallucinations.

Scientifiquement, l'histoire de la Mandragore se rattache à celle de l'anesthésie chirurgicale. Les premières tentatives pour diminuer la douleur des opérations ont été faites à l'aide de cette plante que prescrivaient déjà, dans ce but, Hippocrate, Celse, Galien, et leurs successeurs immédiats. On se servait de la feuille et surtout de la racine.

Actuellement, la Mandragore, beaucoup moins active que la Belladone, est presque entièrement délaissée pour cette dernière par la médecine officielle.

MANIGUETTE ou graime de paradis, Amomum Granum paradisi, Afzel. — Amomacées.

Angl. Grains ofparadise. — AU. Paradies Korner.

Il existe quatre espèces à! Amomum auxquelles les auteurs (Linné, Hooker, fils, Smith et Afzelius) ont attribué les Graines de paradis, et ont accolé l'épi— thète de « Granum paradisi ». De son côté, Roscoe a nommé la plante d'Afzelius Amomum Melegueta, de l'un de ses noms vulgaires : Malaguette ou Méléguette. Les Graines de paradis s'appellent aussi Graines de Guinée, à cause de leur provenance, et Poivre de nègre ou Poivre de singe, en raison de leur saveur chaude et acre, aussi violente que celle du Poivre.

Elles servent en Afrique à peu près aux mêmes usages que ce dernier condiment. Elles entrent aussi dans quelques formules avec les Cardamomes; mais leur principal emploi a lieu dans la médecine vétérinaire , comme stimulant , et dans l'industrie, pour renforcer la saveur chaude de l'eau-de-vie, du vin, du vinaigre et de la bière.

»!ATCî©c ou Manihot, Manihot utilissima, Vo\\\\Jatropha Manihot, L. — Euphorbiacées.

Angl. Bitter Cassava. ■ — Ail. ManioL

Le Manihot utilissima, originaire du Brésil, offre deux variétés décrites par Pohl comme espèces distinctes, sous les noms de Manihot A? pi et M. Janipha. Celles-ci fournissent la Cassave douce et blanche, tandis que l'espèce type donne la Cassave amère.

Composition. — La racine de Cassave amère, analysée par O. Henry et Boulron-Charlard, a donné la composition suivante : acide hydrocyanique

MANIOC OU MANIHOT.

libre, amidon, sucre en petite quantité, sel organique de magnésie, principe amer, matière grasse cristallisable, matière azotée, phosphate de chaux et ligneux.

V acide cyanhydrique est, entre tous, le principe éminemment actif et toxique. On peut cependant soupçonner qu'il n'est pas le seul, en raison des vomissements, des purgations et des autres symptômes abdominaux produits parla Gassave amère, ce qui semble démontrer la présence d'un principe acre et volatil analogue à celui des autres Euphorbiacées.

La Cassave douce se distingue par l'absence de l'acide cyanhydrique et du principe acre.

Action physiologique. — La Cassave douce, comme la Gassave amère, quand celle-ci est dépouillée parle lavage ou la dessiccation de ses principes volatils et toxiques, n'est qu'une fécule alibile et parfaitement innocente. Au contraire, la racine fraîche du Mânihot utilissima est un violent poison, rapidement mortel. Les propriétés vénéneuses résident dans le suc qu'on en exprime, et sont à peu près celles de l'acide cyanhydrique (0. Henry et Boutron-Gharlard), auxquelles se joignent sans doute celles de la matière acre volatile, dont l'existence est rendue probable par les symptômes abdominaux, graves, observés par Barham. Les phénomènes décrits par ce médecin sont : la douleur et le gonflement du ventre, le vomissement, la purgation, l'obscurcissement de la vue, la syncope, l'anéantissement rapide des actions vitales, et la mort en quelques heures. 300 à frOO grammes de jus amènent la mort en une heure, et Ricord Madianna a tué des chiens en dix minutes.

Substances synergiques et antagonistes. — A part la substance acre et volatile admise par hypothèse dans la racine de Manioc, cette racine a les mômes auxiliaires et les mômes incompatibles que Vacide cyanhydrique (voy. ce mot), auquel elle doit ses propriétés toxiques.

Usages. — En Europe, la racine de Manioc n'a d'autre utilité que celle de fournir une substance alimentaire, connue sous des noms différents, suivant son mode de préparation. Il n'en est pas de même en Amérique, où la râpure de cette racine fraîche et pleine de jus est appliquée avec succès sur des ulcères douloureux, de mauvais caractère (Wright), et sur les régions où nichent les Chiques (Pulex penetrans) (Hamilton).

Modes d'emploi. — Le Manioc donne sa farine et sa fécule. La farine, provenant de la racine râpée, lavée et exprimée pour la débarrasser de son jus, renferme nécessairement, outre l'amidon, des fibres végétales et des matières albuminoïdes. On en distingue deux sortes : la farine grossière ou Couaque, et la fleur de farine, ou farine de Manioc proprement dite. Le pain ou galette de Cassave, qui n'est que de la farine comprimée et cuite sur le plat, est un aliment de première importance dans l'Amérique tropicale.

La fécule de Manioc ou Amidon de Cassave, porte aussi le nom à* Arrowroot du Brésil. Séchée à l'air, elle s'appelle Moussache ou Cipipa; séchée au feu, elle devient le Tapioka, si universellement employé en France. Celui

de Rio- Janeiro est plus blanc et d'une plus belle qualité que celui qui vient de Bahia. Le Tapioka sert à composer des potages délicats, d'une digestion facile, et qui conviennent aux estomacs faibles des valétudinaires et des convalescents.

MANNE. Suc concret des Fraxinus Ornus, L. , et F. rotundifoïia, Lamk. — - Oléacées.

Angl. Manna. — Ali. Manna.

Les deux arbres d'où l'on extrait la Manne, par l'incision des troncs, appartiennent à l'Orient ainsi qu'à la Ca labre et à la Sicile. Ce même nom de Manne est appliqué du reste à huit espèces différentes de sucs propres, fournis par des végétaux de familles diverses, sans compter la Manne des Hébreux, qui n'était vraisemblablement que le Lecanora esculenta, sorte de Lichen dont il se développe parfois, du jour au lendemain, de prodigieuses quantités sur le sable, en Perse, en Arabie et jusqu'en Algérie.

Composition. — D'après Leuchtweiss, la Manne contient : mannite, sucre, mucilage avec un peu de mannite, de matière résineuse et acide, plus une petite quantité de substance azotée ; matière insoluble, eau et cendres.

La Mannite, qui est le principe le plus abondant de la Manne, est un sucre non fermentescible, sans action sur la lumière polarisée, blanc, cristallin, soluble dans 5 parties d'eau froide, dans beaucoup moins d'eau bouillante, très-soluble dans l'alcool. La Mannite, qu'on importe d'Italie en magnifiques masses cristallines, n'exerce à peu près aucune action purgative (Pereira), et ne paraît pas être le principe actif de la Manne (Thenard). La résine, au contraire, douée d'une odeur désagréable, d'un goût repoussant et nauséeux, semble, malgré sa faible proportion, représenter l'activité du suc propre des Fraxinus Ornus et rotundifoïia. Elle se développe à l'air et avec le temps aux dépens d'un acide qui l'accompagne (Fourcroy), ce qui explique l'accroissement progressif des qualités laxativesde la Manne qui s'altère.

Action physiologique. — A petite dose, la Manne est simplement nutritive, et les vipères en sont, dit-on, très-friandes. Prise en plus grande quantité, elle ne peut être digérée, et produit des effets laxatifs sans irritation musculaire, mais non toujours sans coliques et sans flatulence. La Manne, qui a vieilli dans le droguier, est d'un goût plus désagréable et plus active que celle qui est récente.

Usages. — La Manne est un laxatif doux et fréquemment usité chez les enfants, qui le prennent sans répugnance dans du lait ou même en dissolution dans l'eau. La dose, pour les jeunes sujets, est de 15 à 30 grammes; elle est de 30 à 60 grammes pour un adulte.

Selon le degré de pureté, on distingue la Manne en larmes, la Manne en sortes, et la Manne grasse. Celle-ci, qui est la plus impure, est aussi la plus active, mais, à cause de son goût déplaisant, elle est rejetée du Codex. La seconde est réservée pour les lavements.

MARRONNIER D'iNDE.

La Manne entre dans la Marmelade de Tronchin. On en préparait jadis des tablettes, des pastilles et un sirop ; elle entrait aussi dans Y Electuaire diacarthame.

MARJOLAINE VULGAIRE, Origanum Mqjorana, L., et MARJOLAINE vivace, Origanum majoranoïdes, Wild. — Labiées.

Angl. Sweet Marjoram. — Ail. Majoran, Sommermajoran.

La .Marjolaine vulgaire, originaire du Levant, est cultivée dans les jardins. Elle est amère, aromatique, et, comme la plupart des Labiées, à la fois tonique et stimulante, anticatarrhale, parfois diurétique et antispasmodique. On lui croyait même des vertus toutes spéciales contre les affections du cerveau et du système nerveux, ce qui la faisait administrer contre les étourdissements, les spasmes, les phénomènes précurseurs de l'apoplexie cérébrale et contre la paralysie. On la prescrivait aussi dans le catarrhe pulmonaire, la chlorose et l'aménorrhée.

C'est un condiment stomachique, assez souvent usité dans le midi de la France. Les propriétés de la Marjolaine vivace sont absolument identiques.

La Marjolaine donne une teinture et une eau distillée. Elle entre dans la Poudre sternutatoire, \eSi)'op d'Armoise, le Baume tranquille, etc. Toutes ces préparations, à l'exception de la dernière, sont très-peu usitées.

marolte. — Voy. Camomille puante.

marronnier ivinde, jEsculus Eippocastanum, L. — Hippocasta-

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