‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 71 sur 276 · NÉES · texte numérisé non relu

NÉES

Angl. Horse Chesnut-tree. — Ail. Wilder Kastanienbaum. Cet arbre splendide nous est venu d'Orient en 1625. Jl est maintenant cultivé jusqu'en Suède. Son écorce et ses fruits intéressent la médecine.

Composition. — Pelletier et Caventou ont trouvé dans V écorce du Marronnier d'Inde : matière astringente rougeâtre, huile verdàtre, matière colorante jaune, acide, gomme et ligneux.

Les Marrons d'Inde contiennent une énorme proportion de fécule et de la cellulose, avec quelques autres substances. Canzoneri y a signalé l'existence d'une matière non azotée et cependant alcaline, susceptible de se combiner avec l'acide sulfuriqtté et donnant un sel cristallisé en aiguilles soyeuses, à laquelle il a donné le nom d'Esculine.

VEsculine (C42 H2'1 O20) n'est pas un alcaloïde; NYiirtz la range parmi les glycosides. La solution aqueuse, se rapprochant en cela de celle du sulfate de quinine, montre à un haut degré les phénomènes du dichroïsme. Elle est bleue par réflexion, incolore par transmission (Trommsdorff).

Action piiysioloc.ioue et i sa (.es. — On n'a pas fait une étude métho-

GUBLER. 13

clique des effets physiologiques du Marronnier d'Inde ; tout ce que nous savons, c'est que les cotylédons de la semence présentent un goût austère et nauséeux, et que la poudre d'écorce pèse quelquefois sur l'estomac et produit la constipation ou la diarrhée. C'est une lacune regrettable. Il ne serait pas impossible que le fruit, particulièrement, qui renferme un glycoside jouissant comme le sulfate de Quinine de la singulière propriété du dichroïsme, produisît des effets marqués sur l'économie. Certes, nous n'espérons pas que YEsculine vienne jamais à remplacer la Quinine, mais il ne nous semble pas inadmissible qu'elle montre des vertus fébrifuges, au moins égales à celles de tant d'autres prétendus succédanés de l'écorce du Pérou.

Nous désignerions par conséquent de préférence le principe actif des Marrons d'Inde à l'attention des praticiens, tandis que les recherches se sont presque toujours concentrées sur l'écorce de l'arbre dont les propriétés fébrifuges, signalées par Bon dès 1720, confirmées par Cusson, Bucholz, Hufeland, Banques et nombre d'autres expérimentateurs, ont été niées par des médecins non moins autorisés.

On a donné ïécorce du Marronnier d'Inde à la dose de 12 à 15 grammes par jour en poudre. La décoction de cette é cor ce a été également employée.

Il faudra dorénavant revenir à YEsculine, comme au principe réellement actif, et aussi dans le but d'éviter les inconvénients qui résultent pour l'estomac des masses considérables de matière brute qu'il serait nécessaire d'ingérer. VEsculine de Mouchon se donne aisément à la dose quotidienne de 1 à 2 grammes.

marrube BiLÀîic, Marrubium vulgare, L. — • Labiées. Angl. White Horehound. — AU. Marienwurzel.

Le Marrube, très-commun au bord des chemins, exhale une odeur forte et déplaisante. Sa saveur est a mère, nauséeuse,, un peu acre. Il possède des vertus toniques, stimulantes et même antispasmodiques en rapport avec ses qualités arnères, aromatiques et fétides.

On l'a beaucoup employé dans l'hystérie, la chlorose et les affections nerveuses, dans les catarrhes, dans la dyspepsie, le scorbut, l'anasarque et les cachexies. Il était aussi administré comme diurétique, sudorifique et astringent.

C'est réellement une plante énergique, dont la poudre se donne à la dose de h à 8 grammes. On en met une quantité double dans une infusion. L'extrait, qui est fort actif, se prescrit à la dose de 15 à 25 centigrammes. Il entre dans la Thériaque d: 'Andromaque , le Sirop de Marrube de Mésué, etc.

mastic — Yoy. Lentisque.

maté ou THÉ PU PARAGUAY, îiex paraguariensis, Lamb. ; Ilex Maté, Aug. S. -H. — Ilicinées.

Angl. Paraguay or south-sea Tea. — AH. Jesuiten Thee.

MATICO.

Le Maté est un tonique stimulant dont les Hispano-Américains font une immense consommation en infusion ihéiforme, bien qu'elle ne soit pas trèsagréable, pour fortifier l'estomac et relever les forces générales. Cet usage populaire me porte à croire que les feuilles de X Ilèx paraguariensis jouissent de propriétés semblables à celles du Thé. du Café, de la Coca, et appartiennent par conséquent à cette classe d'aliments que je nomme dynamophores pour exprimer qu'ils réparent les forces, non les tissus.

matico, Piper angustifolium R. et P.; Artanthe elongata Miq. — ■

PlPÉRACÉES.

Angl. Matico plant.

Le Matico appartient à la flore du Pérou. Ce sont les feuilles que l'on emploie.

Composition. — Hodges a trouvé dans le Matico : huile volatile, principe amer, résine molle d'un vert foncé, matière colorante brune, matière colorante jaune, chlorophylle, gomme, nitrate de potasse, sels et ligneux. La présence d'une petite proportion de tannin est mal démontrée.

V essence de Matico, de couleur verte, et d'abord fluide, devient épaisse et cristallise avec le temps.

Le principe amer, appelé Maticine, est soluble dans l'eau, l'alcool, et non dans l'éther.

Action physiologique. — Le Matico possède les propriétés communes aux substances aromatiques et balsamiques. Il se rapproche particulièrement du Poivre noir et du Cubèbe, ainsi que de la Térébenthine du Copahu. Son action tonique, stimulante, se fait sentir d'abord sur la muqueuse des premières voies, depuis l'estomac jusqu'au rectum; elle devient irritante quand les doses sont excessives, et se traduit alors par de la diarrhée. Après absorption et sécrétion, l'huile volatile, la résine et le principe amer agissent sur les émonctoires comme ils ont fait primitivement sur la muqueuse gastro-intestinale, resserrent les capillaires, diminuent la phlogose et la formation du mucus ou du muco-pus, augmentent la diurèse et modèrent l'exhalation sanguine lorsqu'elle existe. Comme les autres médicaments auxquels on le compare, le Matico peut déterminer, outre les troubles digestifs, une excitation circulatoire et des exanthèmes sudoraux.

Usages. — ■ A l'extérieur, le Matico est employé par les habitants de l'Amérique du Sud à la manière de la charpie ou de la toile d'araignée, pour étancher le sang, fermer les piqûres de sangsues, èt agglutiner les plaies des gencives et du nez. 11 a sur ces hémostatiques mécaniques l'avantage d'agir par ses qualités styptiques.

A l'intérieur, le Matico est le succédané du Cubèbe et du Copahu, dans la blennorrhagieuréthralc et même la leucorrhée, où ces agents rendent cependant moins de services. Il est utile dans les affections de la muqueuse rectale, et les Indiens s'en senent comme aphrodisiaque.

Le Matico convient dans certaines dyspepsies accompagnées de symptômes de gastrite, notamment dans l'ulcère simple de l'estomac et même dans le cancer de cet organe (Gubler) pour diminuer l'hypérémie, favoriser la reproduction de l'épithélium, calmer la pyrosis et prévenir les hémorrhagies. C'est d'ailleurs un hémostatique efficace dans un grand nombre de cas d'hémorrhagies capillaires, surtout lorsque l'exhalation sanguine a pour siège les voies d'élimination de la résine et de l'huile essentielle. On le prescrit dans l'hémalurie, l'hémoptysie, lhématémèse, le mélaena et même la métrorrhagie.

Le Matico peut encore (Gubler) modifier certains états nerveux mal définis, d'un caractère asthénique ou torpide, ainsi que les sécrétions muco-purulentes de la bronchite chronique simple ou compliquée de tubercules.

Modes d'administration et doses. — Le Matico se donne en poudre, en infusion, en décoction, en extrait, en teinture et en sirop.

La poudre, à la dose de h à 8 grammes, se prescrit isolément ou incorporée dans une masse pilulaire.

Vinfusion se fait avec 30 grammes de feuilles pour 750 grammes d'eau bouillante.

La décoction devrait, pour être efficace, se préparer avec des doses égales.

V extrait se prend à la dose de 20 à 30 centigrammes; la teinture alcooligue, à celle de k à 8 grammes. Enfin, on prescrit 30 grammes de sirop.

Dorvault fabriquait autrefois des Capsules de Matico, mais l'essence de cette Pipéracée n'est plus employée seule, et les Capsules de Grimault nous l'offrent associée au Copahu. Vélectuaire de Debout contient en outre du Cubèbe.

On ferait bien de prescrire, à la dose d'au moins 10 à 30 gouttes par jour, l'essence de Matico pure ou associée à des substances inactives, afin d'en constater les effets spéciaux.

MATRICAIRE, Pyrethrum Parthenium, Sm.; Matricaria Parthenium, L. — Composées ou Synanthérées-Sénégionidées. Angl. Common Feverfeiv. — Ail. Mutterkraut.

La Matricaire, naturelle dans le centre et le midi de la France, est douée d'une odeur forte, résineuse fétide, nauséeuse, analogue à celle de la Tanaisie, et d'une saveur âcre, très-amère. Elle renferme de la résine, une substance amère et une huile volatile bleuâtre qu'on obtient par distillation. La Matricaire jouit des propriétés toniques, stimulantes et, dans une certaine mesure, antispasmodiques des plantes aromatiques et fétides.

Son odeur spéciale lui a valu une réputation de spécificité contre les troubles des fonctions utérines. On l'emploie pour déterminer l'éruption menstruelle ou la rappeler, provoquer l'accouchement et activer l'écoulement lochial. Elle est aussi en usage dans l'hystérie, les affections nerveuses et vermineuses. Frédéric Hoffmann, Morion, Pringle, etc., l'administraient contre la fièvre intermittente, comme la Camomille.

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