‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 79 sur 276 · MYRRHE · texte numérisé non relu

MYRRHE

comme cordial et carminatif, ou comme correctif des narcotiques et des purgatifs.

Le Macis et la Muscade entrent dans une multitude de confections, dont les plus connues sont le Diaphœnix, Y Orviétan, le Sirop cT Absinthe, l'Elixir de Garus, Y Eau de Mélisse, le Vinaigre des quatre voleurs et la Thériaque.

JlYltoiSAl \\ CITRIN, Myrobalanus citrina, Gârtn. — Combrétacées. Angl. Hog Plum-tree. — Ail. Monbinbaum.

Cette espèce de l'Inde fournissait à la matière médicale, ainsi que plusieurs de ses congénères, ses drupes inodores d'une saveur acide et astringente, employées autrefois contre l'embarras gastrique, la jaunisse, la diarrhée bilieuse, et maintenant tombées en désuétude.

L'action des Myrobalans se rapproche de celle des fruits del'Epine-vinette, des Cynorrhodons et des astringents tanniques acidulés.

myrrhe. Gomme-résine du Balsamodendron My?Tha, Ehren. et Hemp.

— TÉRÉBINTHACÉES.

Angl. Myrrh. — AU. Myrrhe.

Le Balsamodendron Myrrha a été trouvé aux environs de Gison, dans l'Arabie Heureuse.

Composition. — La gomme-résine qui en découle se compose, d'après les recherches de Pelletier, de Braconnot et de Brandes, de : huile volatile, deux résines, une gomme soluble et une insoluble, benzoates, malates, sulfates, phosphates et acétates de potasse et de chaux.

Action physiologique. — La Myrrhe possède les propriétés communes des toniques stimulants ou toniques balsamiques. A faible dose, elle active les fonctions digestives; à doses plus fortes, elle excite un mouvement fébrile pendant lequel et à la faveur duquel l'éruption menstruelle peut se décider. C'est aussi un anticatarrhal et un constipant. Dans tout cela rien de spécial. Mais on lui attribue la faculté d'accroître les fonctions assimilatrices et l'activité musculaire, de communiquer aux solides une remarquable fermeté. Os assertions réclament une vérification ou un contrôle.

Usages. — Les indications et contre-indications de la Myrrhe sont celles des autres balsamiques non fétides, tels que le Mastic, les Baumes du Pérou et deTolu, la Cannelle, etc.

Modes d'administration et doses. — La Myrrhe en substance se donne à la dose de 50 centigrammes à h grammes. On emploie aussi Vinfusion. La teinture de My frhe se prescrit à la dose de h à 8 grammes en potion.

La Myrrhe entre dans plusieurs préparations officinales : la Thériaque, les Pilules de Cynoglosse, le Baume de Fioraran/i, les Pilules de fer composées, 1rs Pilules d'Aloès et de Myrrhe, les Pilules de Rhubarbe et celles de Galbanwn n om posées.

napel. — Voy. Aconit.

narcisse DES prés, Narcissus pseudo-Narcissus, L. — Amarylli-

DÉES.

Angl. Daffodil. — AU. Gemeine Narcisse.

Composition. — Cette belle plante, commune dans nos prairies tourbeuses, n'a pas encore livré aux chimistes le secret de sa composition. Qu'on y ait trouvé de la matière grasse ou de la résine, un principe colorant jaune ou de l'extractif, de la gomme ou de l'acide gallique et du tannin, rien de tout cela n'explique les propriétés réellement actives et mêmes toxiques qu'elle possède.

Action physiologique. — Les fleurs de Narcisse des prés à la dose delgr,50 déterminent des vomissements répétés (Armet etWaltecamps). Il en est de même de V extrait (Dufresnoy, Weillechèze) à la dose de 10 à 15 centigrammes seulement. L'ébullition dans l'eau semble développer cette propriété émétique dans les bulbes et les feuilles (L. Deslongchamps). D'ailleurs l'extrait dont on a fait prendre k à 8 grammes à des chiens a causé promptement la mort de ces animaux, en laissant quelques signes d'inflammation sur la muqueuse digestive.

Usages. — Tous les usages jusqu'ici connus du Narcisse des prés me paraissent se rattacher à sa vertu émétique. D'abord c'est pour remplacer l'ipéca que les premiers expérimentateurs l'ont prescrit. Ensuite ses succès contre la toux férine, la coqueluche, ou contre la diarrhée et même la fièvre, s'expliquent par les effets secondaires de l'action vomitive qui calme la toux, résout les spasmes, supprime la supersécrétion intestinale par un balancement fonctionnel bien connu, et coupe la fièvre lorsque celle-ci ne s'est allumée qu'à l'occasion d'un embarras gastrique, ou n'est entretenue que par le mauvais état des organes digestifs.

Il se peut cependant qu'on démontre dans le Narcisse une action spéciale en rapport avec l'existence d'un principe particulier encore inconnu.

Modes d'administration et doses. — On a donné les fleurs en poudre, à la dose de 1 à 2 grammes; en infusion, à dose double, et sous forme de sirop.

Les bulbes, d'un usage plus restreint, se donneraient à doses plus fortes.

NARD celtique, Valeriaim ccltica, L. — Valérianées. Angl. Spikenard. — AU. Nardenbartgra?.

La Valériane celtique est ainsi nommée parce qu'elle croît dans les Alpes méridionales du côté de la Provence et du Piémont, appelées par les anciens Alpes celtiques.

NÉROLT.

La racine, plus petite, moins amère, moins acre et d'une odeur moins forte que celle de la Valériane officinale, est plus aromatique que cette dernière, dont elle partage les propriétés. Elle est souvent associée au Valeriana saliunca, et constitue l'un des ingrédients de la Thériaque et du Mithridate.

Cette racine est recherchée pour son odeur par les Orientaux et les Africains, qui s'en servent pour adoucir la peau et parfumer les hains.

NÉNUPHAR BLANC, Nymphœa alba, L. — NYMPHÉACÉKS.

Àngl. White waterLily, water Rose. — Ail. Weisse Wasserlilie.

Ce magnifique Nénuphar, qu'il répugne de qualifier cVofficinal et qu'on nomme à bon droit le Lis des étangs, a été accusé par les poètes de détruire l'aptitude aux plaisirs de l'amour, sans doute à cause de la frigidité de son élément et du calme des eaux sur lesquelles il se complaît. Le vulgaire et les médecins ont partagé cette illusion, et pendant des siècles le Nénuphar a été employé comme antiaphrodisiaque. Aujourd'hui encore son nom rappelle des propriétés sédatives et calmantes par excellence. Erreur : la racine de Nénuphar sert à La nourriture des Tartares, qui n'en sont pas moins prolifiques pour cela (Pallas), et sa composition montre qu'à côté de la fécule alimentaire, elle renferme des substances plutôt toniques et stimulantes : ainsi du tannin, de l'acide gallique, une résine (Morin). La présence de ces principes explique l'utilité du Nénuphar dans !a leucorrhée, la blennorrhagie et même la dysenterie (Méral et de Lcns). Quant à ses vertus anaphrodisiaques et hypnotiques, elles sont encore à démontrer. Elles ne' sont pas mieux établies pour les semences. Disons, en terminant et seulement pour mémoire, que la dose de racine de Nénuphar en décoction était de 8 à 16 grammes.

Menu distillée drs /leurs est usitée en Turquie comme cosmétique.

NÉNUPHAR JAUNE, Nuphar lufea, DC. — NYMPHÉA.CÉES.

Angl. Y cl loir water LU g. — Ail. Gelbe Wasserlilie.

Ce que nous venons de dire du Nénuphar blanc s'applique de tout point au petit Nénuphar ou Nénuphar jaune. Il paraît même, d'après les auteurs du Codex, que les rhizomes vendus actuellement par les herboristes appartiennent au .Xt/phar lutcn, tandis que ceux du Nymphœa alba sont inusités.

NÉROL1 ou ESSENCE Di: NEROLI. Huile volatile du Bigaradier (Citrus /tifjaruditi, Duh. '. — Al KAM I XCl.l'.S.

Aillai. .Xc/o/t 01 en m. — • Ml. l'omcruiizeu /issrnz.

L'huile volatil.' qui surnage l'eau distillée de la fleur d'Oranger , et qui trouble la transparence de VJSau de fleur d'Oranger de Paris, est ce qu'on appelle le Néfoli ou Y Essence de Véroli. Cette essence est formée de deux principes, l'un Liquide, L'autre solide. Elle n'a pas tout à fait l'odeur suave de la fleur d'Oranger ; cependant elle constitue un aromate fort agréable qui se prend a la dose de 2 a (> -ouïtes sur du sucre, comme antispasmodique, dans la gastralgie et d'autres états nerveux.

Soubeiran considère le Néroli comme une altération de l'huile essentielle de fleur d'Oranger, moins soluble dans l'eau que cette dernière.

NERPRUN PURG&TIE, Rhamnus catharticus, L. — RHAMNÉES.

Angl. Common Buckthorn. - — Ail. Gemeiner Kreuzdorn.

Le Nerprun purgatif est un arbuste commun dans les bois et les taillis.

Composition. — Le suc de ses baies, analysé par Hubert, a donné la composition suivante : matière colorante verte, acides acétique et malique, matière gommeuse, sucre et substance amère {Cathartine?).

La Rhamnicine, découverte par Fleury dans les baies non mûres, est, selon Winckler, un glycoside qui se change en Gathartine et sucre de raisin.

Action physiologique et usages. — Les baies de Nerprun sont un puissant purgatif hydragogue, qui a seulement l'inconvénient de causer des coliques et du mal de cœur, et d'occasionner une soif intense. Aussi est-il fort peu usité dans la médecine humaine.

Un gramme de baies récentes suffit à produire une bonne purgation, mais il faut h grammes de baies sèches.

Les paysans des Vosges en font un fréquent usage; les médecins, au contraire, ne conseillent que le sirop de Nerprun, qu'ils associent souvent, à la dose de 15 à 30 grammes, à d'autres substances cathartiques, pour obtenir une purgation énergique dans les paralysies et les hydropisies.

nicoti&ne. — • Voy. Tabac.

nicoti&ne rustique, Nicotiana rustica,L. — Solanacées. — Voy. Tabac.

nigelle des champs, Nigella arvensis, L., et nigelle cultivée, Nigella sativa, L. — Renonculacées.

Angl. Devil in a bush, small garden Fennel flower. — Ail. Schivarzer Kummel.

La Nigelle des champs est une plante indigène dont les graines, douées d'une saveur chaude et piquante, lui ont valu le nom de Poivretteyet peuvent être utilisées comme condiment.

On les dit sternutatoires.

La Nigelle cultivée est originaire de l'Orient. Ses semences aromatiques et chaudes servent en Egypte, en Perse et dans l'Inde, à parsemer le pain et les gâteaux, pour les rendre plus appétissants, pour faciliter la digestion et faire engraisser. L'usage s'en est répandu dans le Hanovre, où l'on en met dans les ragoûts, ce qui l'a fait nommer Toute-épice.

noisetier ou coudrier, Corylus Avellana, L. — Amentacées-

CUPULIFËRES.

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