‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 78 sur 276 · MUSC · texte numérisé non relu

MUSC

Dans les proportions indiquées ci-dessus, la solution sinapisique donne certainement, et en quelques instants, tous les effets irritants qu'on prétend obtenir, et l'on n'a jamais à craindre que, dépassant le but, elle ne produise la vésication, ni, à plus forte raison, des eschares. Pour obtenir à coup sûr un vésicatoire, il suffit d'employer l'essence sous une forme plus concentrée, par exemple 1 gramme dans 5 grammes seulement de véhicule. Ce moyen de vésication est préférable à la cantharide toutes les fois que l'irritabilité ou la lésion inflammatoire des reins fait redouter pour ces glandes les effets du cantharidisme.

Pour l'usage diététique et pour l'usage médical interne, la Moutarde s'emploie en farine délayée dans de l'eau aromatisée ou non. On pourrait également substituer à cette préparation Yessence de Moutarde à doses excessivement faibles.

MUGUt/T, Convallaria maïalis, L. — Asparaginées. Àngl. Lily of tke vallcy. — AU. Maiblume.

Les fleurs de cette charmante espèce de nos bois exhalent un parfum suave, mais un peu fort, qu'on a comparé à celui du Musc. Elles étaient estimées céphaliques, c'est-à-dire propres à fortifier l'action cérébrale en même temps que celle du reste du système nerveux. Leur fâcheuse influence sur l'économie, lorsqu'elles sont réunies en gros bouquets dans une chambre fermée, est encore mieux établie. Aussi les fleurs de Muguet ne sont-elles plus employées que comme sternutatoire.

On en prise la poudre à la manière de celle du tabac, dont elles surpassent, sous ce rapport, les propriétés, sans en avoir les inconvénients. Comme tous les errhins, les fleurs de "Muguet font couler les larmes en même temps que du mucus plus ou moins fluide. UEau d'or, qui passait anciennement pour ranimer les forces vitales, n'était autre que Y Eau distillée de Muguet.

ni iiciEit roui, Morus nigra, L. — Morées. Angl. Mulberry-tree. — Ail. M aulbeerbaum.

Le Min ier noir, originaire de Perse, dit-on, est cultivé depuis un temps immémorial dans l'Europe méridionale et dans le midi de la France. Ce sont se* fruits noirs, bacciformes, et non ceux de la Ronce, dont on fait le Sirop de MûreSi si fréquemment employé dans les maladies fébriles avec tendance putride ou forme bilieuse, et surtout dans les angines inflammatoires.

On Teiuploie £H,gargurisme dang de la décoction de feuilles (le Konce, ou bien pour édulcorer des tisanes adoucissantes et rafraîchissantes. La dose est de 60 grammes pour DM) grammes de gargarisme ou pour 750 grammes de tisane. Ce sirop est légèrement astringent.

Mise. Sécrétion du C/ievrotain poi /' -musc (Musc/ius moschi férus, L. ). —

M A \l Ml FEUES Hl MINANTS.

Angl. Musk. — Ail. Bisam.

Le Chevrotain porte-musc habite l'Himalaya et les régions montagneuses avoisinantes, en Tartarie, Sibérie, Chine, Cochinchine et Tonquin. Une poche annexée aux organes génitaux du mâle sécrète le Musc. Cette substance précieuse, toujours plus ou moins sophistiquée, nous vient par la Russie (Musc Kabardiri) et par la Chine (Musc Tonquin). Celui-ci est le meilleur.

Composition. — Les travaux de Guibourt et Blondeau, Geiger et Reinmann, nous ont appris que le Musc est formé de : substance volatile spéciale, ammoniaque, acide particulier incristallisable, stéarine, oléine, cholestérine, résine amère, osmazôme, sels, etc.

Le principe volatil odoriférant n'a pu jusqu'ici être isolé, et diverses hypothèses ont été mises en avant pour expliquer la fragrance excessive et constante du Musc sans perte notable de son poids, ainsi que d'autres particularités difficiles à comprendre avec les données actuelles.

Action physiologique. — Ingéré dans l'estomac, le Musc en trouble les fonctions, détermine de la pesanteur épigastrique, des éructations, parfois des nausées et des vomissements, de la diminution d'appétit, ou quelquefois l'effet inverse, la sécheresse de la gorge, la céphalalgie, le vertige. Les phénomènes céphaliques augmentent ensuite et se caractérisent surtout par de la somnolence. Il peut survenir aussi du tremblement et des convulsions. Enfin, le pouls s'accroît en force et en fréquence.

Plusieurs de ces symptômes font défaut dans certains cas et d'autres se présentent. Ainsi on observe quelquefois une assez vive excitation des organes génitaux (Trousseau et Pidoux). Le Musc provoque l'éruption mensuelle chez les femmes, des épistaxis chez les sujets prédisposés, la diaphorèse ou la diurèse chez quelques-uns.

Le principe odorant du Musc est absorbé et circule dans le sang. Tiède mann et Gmelin en ont reconnu l'odeur dans le sang de la veine porte, de la splénique et de la mésentérique. Ce principe est éliminé par la respiration, par la sueur et par l'urine, où sa fragrance particulière le fait reconnaître (Barbier, Trousseau et Pidoux). Il imprègne de même les tissus, car on le constate après la mort dans le cerveau et les organes des autres cavités splanchniques.

Substances synergiques, auxiliaires. — Succédanés. — Les matières odoriférantes sécrétées par le Castor, la Civette, l'Hyrax du Cap, se comportent exactement comme le Musc, à l'intensité près. Il en est de même de l'Ambre gris. Les senteurs de l'Abelmosch, du Mimulus musqué, de YErodium, de la Mauve et de la Centaurée à odeur de Musc, doivent, selon nous, agir aussi bien que les produits animaux doués du même parfum.

Les substances auxiliaires sont par-dessus tout l'Ammoniaque, qui exalte singulièrement l'odeur du Musc et qui en multiplie la puissance d'action, l'Éther, les stimulants difîusibles, les diaphoniques.

Substances antagonistes, incompatibles. — Ce sont les astringents, les acides, les nauséeux, les vomitifs et les purgatifs, les espèces réputées froides, à quoi il faut ajouter une basse température, les émissions sanguines

MUSCADIER CULTIVÉ. k213

et toutes les spoliations. Il ne convient donc pas de continuer le Tartre stihié, quand on prescrit le Musc contre le délire péripneumonique.

Usages. — Les effets stimulants du Musc sur les organes de la circulation et de l'innervation indiquent son emploi dans les cas où le système nerveux: pèche par défaut, et où les troubles sensitivo-moteurs, qu'elle qu'en soit la forme, sont au fond de nature asthénique. La surexcitation et l'ataxie des fonctions cérébro-spinales et nerveuses reconnaissent effectivement pour condition prochaine l'absence de force radicale ou le défaut de stimulus, aussi bien que la surcharge dynamique et l'excitation du système.

Le Musc sera donc prescrit, en premier lieu, contre les affections franchement asthéniques, dans l'adynamie des fièvres de mauvais caractère, la débilité consécutive aux spoliations de force et de substance; en second lieu, dans les fausses hypersthénies, dans les violences désordonnées des sujets épuisés. Mais, dans ce dernier cas, il importe de bien établir auparavant le diagnostic.

Le Musc convient dans les spasmes et les convulsions anémiques, ou par insuffisance de l'excitation sanguine sur le système, comme cela se voit chez les enfants au moment de la dentition, chez certains choréiques, chez beaucoup d'hystériques et quelques épileptiques. Il s'adresse également bien au délire asthénique développé sympathiquement dans le cours de la pneumonie, ou, par altération de la crase sanguine, dans la fièvre typhoïde et d'autres affections malignes. Il devient alors un auxiliaire puissant de l'opium, qui est hypérémiant, ainsi que des stimulants dilîusibles : ammoniaque, éther, etc.

Modes d'administration et doses. — Le Musc se donne en substance sous forme de poudre mêlée à du sucre, ou bien en pilules, en suspension dans un julep, en lavement, a la dose de 30 ou 60 centigrammes à 1 gramme, en plusieurs prises dans la journée.

Veau distillée se prend à la dose de 30 à GO grammes.

La teinture alcoolique et la teinture éthéréc, à celle de 10 à 20 gouttes seulement dans une potion.

Le Musc est presque toujours uni dans la formule à divers antispasmodiques; mais l'association la plus utile, et que nous recommandons expressément, est celle de L'ammoniaque, dont la présence, dans la potion musquée, tient lieu d'une quantité peut-être décuple de la substance fondamentale.

Vessence de Musc, préparée par digestion dans l'eau avec addition d'alcool rectifié et de carbonate de potasse, est usitée comme parfum.

MUSCADIER cultivé, Mijristica moschata, Thunb.; Myristica o/ficinalis, L. — Myuisticacées.

Angl. True Nutmeg-tree. — Ail. Mu^rntnussbmnn.

Gel arbre, originaire des Moluques, est cultivé à Java, Singapore, à la Réunion, à Madagascar et ailleurs.

L'amande du fruit constitue la Muscade ou Noix muscade; le faux arillequi l'enveloppe s'appelle Macis ('anu}. Mace).

Composition. — La Muscade et le Macis ont la même composition. Sans parler de l'amidon, du ligneux et d'autres principes indifférents, on y trouve une matière fixe, de consistance butyreuse, et une huile volatile d'une odeur spéciale qui en est le principe actif.

Action physiologique. • — Les effets de l'huile essentielle de Muscade ne diffèrent pas sensiblement de ceux du gingembre, des cardamomes, desépices, et généralement des autres huiles volatiles.

Au premier degré, c'est-à-dire à une dose modérée, on observe une période d'excitation d'abord locale et gastrique, bientôt généralisée sympathiquement ou par action réflexe, ensuite diffusée par l'intermédiaire de la circulation.

Dans un second degré, succédant à l'ingestion de quantités excessives de substance, il survient des phénomènes de narcotisme précédés de délire, et consistant en somnolence, stupeur et insensibilité. Huit grammes de poudre de muscade ont suffi à produire de pareils désordres, que nous rapprochons, non pas des symptômes toxiques des alcaloïdes, mais bien des effets des ânesthésiques, lesquels sont tous fortement hydrocarbonés, ainsi que les huiles essentielles.

Usages. — La Muscade et le Macis sont des toniques d'une extrême énergie souvent employés comme condiment dans les pays chauds et même dans nos contrées tempérées, pour stimuler les fonctions digestives et relever des mets fades ou composés de substances indigestes et peu nutritives.

En médecine, on n'emploie guère la muscade isolément; elle est ordinairement associée à d'autres aromates, et prescrite comme tonique ou comme stimulant et cordial dans la débilité des organes digestifs, la diarrhée chronique, la chlorose, le tabès, la cachexie palustre, et d'autres états morbides caractérisés par l'épuisement et l'atonie.

Elle est conseillée comme masticatoire dans la paralysie de la langue.

On doit l'éviter, ainsi que les autres stimulants diffusibles, dans toutes les phlegmasies du tube digestif et dans les affections aiguës fébriles.

Le stéaroptène, ou beurre de Muscade, a servi en frictions à guérir la gale.

Modes d'administration et doses. — La Muscade en poudre se prend à la dose de 30 à 60 centigrammes, et jusqu'à 2 à U grammes, en plusieurs fois, dans les vingt-quatre heures. Cette quantité doit être nécessairement réduite quand on ajoute dans la formule d'autres substances actives.

L1 huile volatile ou essence de Muscade se donne par gouttes (de 2 à 10) dans une potion à prendre par cuillerées.

Il en est de même de Y huile volatile de Macis.

Le beurre de Muscade, qui renferme toujours une proportion notable d'essence, est réservé pour l'usage externe, et s'emploie ad libitum en frictions contre le rhumatisme chronique et la paralysie. Il fait partie de Y Emplâtre de poix.

Les teintures alcooliques de Muscade se donnent à la dose de 8 grammes

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