‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 106 sur 293 · POIVRE NOIR · texte numérisé non relu

POIVRE NOIR

FOIVRE xoiR, Piper nigrum, L. - Pipéragées.

Aj^^L Black Pepper. - kW. Schwartzer . .

Le Piper niffrum est cultivé dans l'Inde et les i!es adjacentes, amsL qu en

^ÏcjJrosiTiON - Les fruits du Poivre nofr, analysés par Pelletier, ont donn r l 'molle âcre, huile volatile, pipérm , extract, azote gomme bassorine, amidon, acides malique et tartr^que, potasse, sels de chaux et de

magnésie, fi^^^Jf ^^^^^.^^^ ,^tre que le Poivre noir décortiqué, n'a perdu

Z,ZiZ de Poivre, soluble dans l'alcool et l'éther, mom. dans les huUes volatil s p ssède au plus haut degré les qualités âcres du frmt lui-même. ■ EHe a é'té employée contre la fièvre intermittente plusieurs fois avec succès

^'l^Ue'volatile (G'«H«) reproduit également le goût et L'odeur du Poiwe. On en a fait usage dans quelques formes de dyspepsie liées a la débilité générale. Selon Méli, elle jouit des mêmes vertus fébrifuges que le Pipérin, peut-être parce qu'elle retient une partie de ce principe (Pereira).

LePipérin (G"'H"AzO«), découvert par Œrstel, est cristallise, insoluble dans l'eau froide, légèrement soluble dans l'eau chaude, assez, soluble dans l'éther. L'alcool est son meilleur dissolvant. Il est insipide et inodore, ce qui ne l'a pas empêché d'être resommandé par plusieurs médecms comme antipériodique. Il passe même pour être d'un effet plus certain et plus prompt que le sulfate de Quinine,- en même temps qu'il est moins cher. La dose est de 30 k 60 centigrammes en poudre ou en pilules. Plus de 3 grammes pris en vingt-quatre heures (Saint-André) n'ont été suivis d'aucun inconvénient. Magendie a proposé d'administrer le Pipérin dans la blennorrhagie. Action physiologique. — L'âcreté excessive du Poivre, sur la langue, se traduit, sur le tégument externe, par une vive irritation avec rougeur et vesication. Avalé en petite quantité,, il donne une sensation de chaleur épigastrique, stimule l'estomac, active la digestion et excite la circulation. A forte dose, il irrite la, muqueuse, occasionne une chaleur brûlante dans le ventricule,'la soif, l'accélération du pouls, et, si l'ingestion se répète, une véritable gastrite (Wendt, Lange, Jâger). ^ ^

L'action générale du Poivre est stimulante et se manifeste par l'accelerationdu pouls, la chaleur et la sueur. Celte fièvre, au dire de Van Swieten, peut devenir ardente et dangereuse.. Elle s'accompagne d'ardeurs d'urine, probablement d'albuminurie et d'hématurie , et parfois d'inflammation des voies urinaires et des testicules.

Les principes actifs du Poivre agissent sur les maquamaes à peu près comme les autres balsamiqAies, et diminuent considérablement l'activité du mouvement de formation du mucus et des cellules épithéliales. En traversant les glandes sudoripares. Us déterminent, comme ceux. dnCapahu, etc., des irritations fugace§, notamment Vuriicaria evanida.

Usages. — Le Poivre noir est un des condimenls préférés en Eurnn» > cause de son aro.e et de son action digestive. Il est l'tllZ if dysTl! sie a omque ou torpide, et indiqué principalement pour faire digérer les îi ments douceâtres, aqueux, froids à l'estomac. Il ne convient 1 au con raire, chez les sujets échauffés, affectés de pyrosis, dont la muqu'euse eas' trique est irritable ou enflammée. ^ ^

Le Poivre noir est un stimulant diffusible, aphrodisiaque, alexitère carminatif, dmrétique, anticatarrhal. II est vermifuge, et rend des services dans les migrâmes. Mais, à part l'emploi comme stomachique, le Poivre n'a que deux usages populaires : l'un dans la hlennorrhagie, l'autre dans la fièvre intermittente. Depuis Gelse, un trop grand nombre d'observateurs autorisés ont vu guérir des fièvres intermittentes par le Poivre noir, pour qu'un doute puisse s'élever sur les vertus antipériodiques de cet agent.

A l'extérieur, le Poivre s'emploie comme irritant, pour favoriser la résolution des engorgements indolents; comme resserrant ou tonique, dans l'infiltration 1 allongement et le prolapsus de la luette, dans la paralysie de la langue, dans l'état fongueux et mollasse des gencives, l'hypérémie avec tuméfaction de la muqueuse bucco-pharyngienne. On l'applique sur la teigneon en saupoudre la tête pour tuer les poux. '

En outre, le Poivre est rubéfiant, épispastique , et peut devenir un moyen de révulsion énergique à la portée de tout le monde.

Modes d'administbation et doses. — On mâche le Poivre en grains pour provoquer la salivation. En poudre, le Poivre noir se mêle aux aliments; on l'applique sur les surfaces muqueuses à tonifier, ou bien encore comme cataplasme pour remplacer un sinapisme.

A l'intérieur, on le prend comme médicament en poudre ou en pilules, à la dose de 30 centigrammes à 3 grammes. La poudre se délaye dans dû vin blanc ou de l'eau-de-vie.

Dissous, à l'aide de l'alcool ou de corps gras, les principes actifs du Poivre donnent des liniments excitants ou rubéfiants, employés contre le rhumatisme et la paralysie. La teinture alcoolique se prépare avec 1 partie de Poivre dans 8 parties du dissolvant, et la pommade rubéfiante avec 1 partie de substance active pour 4 parties d'axonge. Gelle-ci est parfois usitée contre les teignes et les affections cutanées.

La confection de Poivre, connue en Angleterre sous le nom de Ward's Paste, et qui est composée de Poivre noir, semence de Fenouil, miel, sucre et poudre de Réglisse, a obtenu une certaine célébrité dans le traitement des fistules, des hémorrhoïdes et des ulcérations du rectum. Elle se prend à la dose de 4 à 12 grammes deux ou trois fois par jour.

L'extrait èthèrè de Poivre, privé de Pipérin, est demi-fluide, et se donne dans les mêmes circonstances que le fruit à la dose de 1 à 30 grammes en plusieurs prises dans la journée.

Le Poivre noir entre dans la Thériaque d'Andromaque, le Mithridate, le Diaphœnix et dans les Pilules arsenicales dites asiatiques.

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