‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 110 sur 293 · PRIMEVÈRE · texte numérisé non relu

PRIMEVÈRE

amers aromatiques, et notamment le Scordium. On les emploie en Orient contre la diarrhée simple, la dysenterie et même; le choléra. J'ai démontré en 1849 que le prétendu Stachys anatoUca, préconisé contre cette dernière maladie, n'était autre que le Teucrium Polium, var. capitatum.

POURPIER CLXTivÉ, Portulaca saliva, L. — Portulacées. Angl. Purslane. — AU. Portulak.

Le Pourpier, spontané dans l'Inde, s'est répandu dans presque toutes les régions du globe.

C'est une plante charnue, tendre, presque insipide, qui jouit de propriétéb tempérantes, rafraîchissantes, antiscorbutiques, diurétiques, etc. On la mange confite au vinaigre, en salade, cuite avec les viandes, et de diverses autres façons. Son eau distillée^ probablement inerte, est donnée rarement en potion.

Les semences de Pourpier, considérées comme vermifuges, sont employées comme telles en Perse, et entrent dans le Remède de Renaud contre le ver solitaire. Leur action est probablement analogue à celle des semences de Courge. Elles font partie des Quatre semences froides mineures.

Le suc de Pourpier se donne comme rafraîchissant et antiscorbutique à la dose de 60 à 120 grammes. Les semences faisaient partie d'un grand nombre de confections entièrement abandonnées.

PRÈLE d'eau, Equiselum fluviatile, et prËle d'hiver, Equisetum hiemale, L. — Équisétacées.

Angl. Common Horse-tail. — Ail. Kannenkraut.

Ces Prêles^ se rencontrent communément dans les lieux aquatiques.

Composition. —Diebold a trouvé dans V Equisetum hiemale : chlorophylle, cire, matière extractive jaune, fécule, gallate de chaux, sucre, acide malique, oxyde de fef, sels, etc. Il faut y joindre une proportion considérable de sÙico (Pictet et John).

Action physiologique et usages. — Les Prêles sont astringentes, el par là constipantes, toniques, diurétiques, anticatarrhales. On les a conseillées contre la fièvre, les hydropisies, la phthisie, la blennorrhagie, la diarrhée, etc. Elles se donnent en décoction à la dose de 8 à 12 grammes de plante sèche, moins de plante fraîche, dans 750 grammes d'eau, par tasses de 100 à 150 grammes toutes les deux heures.

PRIIIIEVÈRE, Primula Veris, L. — Primulacébs. Angl. Cowslip. — AU. Schlusselblume.

La Primevère est une des plus charmantes fleurs printanières des régions du centre et du nord de la France (dans le midi on ne trouve que le Primula acaulis).

Composition. — Ses racines contiennent, d'après Saladin, un peu d'arthamtme, une huile essentielle d'une odeur de fenouil, du malate et du

phosphate de chaux, de l'acide pectique et une matière soluble dans l'alcool.

L'arlhanUine est un principe actif du Cyclamen.

Action physiologique et usages. — On ne sait rien de positif sur les effets physiologiques de ia Primevère, qui passe pour anodine et hypnotique (Boërhaave, Linné). Les parties vertes sont comestibles et réputées antiscorbutiques. Les fleurs sont utiles en infusion pour modérer les douleurs goutteuses, calmer l'irritation de la poitrine dans le rhume et le catarrhe bronchique, et pour dissiper l'hémicrânie, le vertige (Ghomel). On en -met une poignée dans 750 grammes d'eau, qu'elles teignent en jaune.

Ij'eau c/w/i//ee entre quelquefois encore dans les juleps calmants,

PRi]i\iEU COMMUA, Prunus domestica, L. — Rosacées-Amygdalées. Angl. Plum-tree. — Ail, Pflaumenbaum.

Le Prunier, qu'on croit originaire de Damas, est cultivé partout pour ses fruits sucrés, acidulés et rafraîchissants, parfois très-parfumés, qui conviennent dans leé ardeurs de l'été, et généralement aux personnes échauffées ou sujettes à la constipation.

Les prunes se mangent fraîches ou confites à l'eau-de-vie ou bien en compotes, etc. Fermentées dans l'eau, elles donnent une liqueur spiritueuse, usitée dans le nord de l'Europe et dans les pays de montagnes, ' et dont on extrait de l'alcool. C'est principalement la Couetche qui sert à cet usage. Avec les Prunes écrasées dans l'eau, on fait une boisson rafraîchissante. Séchées au four, elles deviennent des pruneaux, dont il faut distinguer deux espèces fort différentes : l'une qui figure sur les tables (Pruneaux d'Agen et de Tours), l'autre conseillée spécialement aux malades et aux convalescents, et qui sert à procurer la liberté du ventre.

Les Pruneaux noirs, dits à médecine, faits avec le petit Damas noir, sont aigres et beaucoup plus relâchants que les autres. On y ajoute quelquefois un peu de séné pour en augmenter l'action cathartique.

La pulpe de Prune entre dans le Lénitif, la Confection Hamech, VElectuaire diaprun, etc.

PSYL,L,IUM ou HERBE AUX PUCES, Plantago Psyllium, L., et PL,Ai«TAiiv DES SABL.ES, Plantago arenaria, L. — Plantaginées. Angl. Clammy Plantain. — AU. Sand-Wegericli.

UHerbe aux puces, indigène dans la Provence et le Languedoc, est appelée ainsi à cause de la forme, de la petitesse et de la couleur de ses graines.

Ses semences fournissent dans l'eau bouillante un mucilage abondant, semblable à celui de la graine de Lin et servant aux mêmes usages. Le mucilage de Psyllium est émoUient, calmant, relâchant, et se prend en boissoji, en lavement et en fomentation, dans les cas d'inflammation, d'irritation et de spasmes. Cependant, comme il.'est beaucoup plus cher que celui de la graine de Lin, on le réserve pour les ophthalmies.

PYRÈTHRE OFFICINALE. 309 Les semerces du Plantain des sables remplacent parfaitement celles du Psijllium.

PULMONAIRE OFFiciiXALE, Pulmonarîa officinalis, L. — Borra- Angi. Common Longwort. - Ail. Lungenkraut.

Les feuilles de cette belle plante, commune dans nos bois, sont marquées de taches blanches d'un effet agréable, mais rappelant la disposition des masses tuberculeuses dans les poumons, ce qui, sans doute, les a fait considérer, par une sorte de signature; comme propres à guérir la phthisie et l'hémoptysie, ou du moins les rhumes et les catarrhes. Elles sont fort insignifiantes, mucilagineuses, d'un goût légèrement nitreux et à peine astringent ; par conséquent, elles ne peuvent être regardées que comme émoUientes et adoucissantes.

PYRÈTHRE OFFicii\ALE, Anacyclus Pyrethrum, DG. ; Anthémis Pyrethrum, L. — Composées ou Synanthérées-Anthémidées..

Angl. Pellitory ofSpain. — Ail. Speichehourzel.

L2L Pij7'èthre habite l'Orient, l'Algérie et le nord de l'Afrique.

Composition. — Parisel a trouvé dans la racine de Pyrèthre les principes suivants : matière âcre [Pyréthrine), inuline, gomme, tannin, matière colorante, ligneux, chlorure de potassium, silice et traces de fer.

La Pyrèthrine est le principe actif de la racine et se trouve en plus grande abondance dans l'écorce. C'est une matière résineuse d'une saveur âcre et brûlante, insoluble dans l'eau, soluble dans l'éther et l'alcool, plus encore dans l'acide acétique et les huiles fixes et volatiles, partiellement soluble dans la potasse.

Action physiologique. — La Pyrèthre ast un irritant local fort énergique. Maintenue sur la peau, elle agit comme rubéfiant; appliquée sur la langue et sur les parties intérieures de la bouche, elle cause une sensation de chaleur cuisante, faisant place à une impression de froid vif quand l'air est aspiré par la bouche, et détermine un afflux instantané de salive. C'est le plus puissant de nos sialagogues. La même impression de chaleur se fait sentir dans l'estomac, et selon toute probabilité, le principe actif introduit dans la circulation détermine la stimuhtion générale et les autres phénomènes qui se manifestent à la suite de l'ingestion des substances balsamiques.

Usages. — Rarement la Pyrèthre est administrée à l'intérieur pour stimuler l'estomac. Presque toujours on s'en sert comme sialagogue, dans le but de dégorger les glandes salivaires et les follicules de la muqueuse buccopharyngicnne ; de faire cesser par substitution les névralgies gingivales et dentaires, et par révulsion, celles de la face ; enfin, de remédier à la paralysie de la langue. Je l'ai prescrite assez souvent aux convalescents, chez qui les fonctions digestivesnese réveillent pas assez vite; chez les dyspeptiques et les

310 SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX, sujets affectés d'embarras gastrique, pour exciter la sécrétion salivaire, nettoyer la bouche de son enduit épilhélial et muqueux, et ramener ainsi k réaction alcaline normale de l'entrée des voies dig'estives, ce Tufa l Zbl avantage de prévenir le mauvais goût provenant de Tacescence des aliments de celle du vm surtout, d'ouvrir l'appétit et de favoriser la digestion.

Modes d'administration et doses. — La racine de Pyrèthre est employée en substance comme maslicatoire, k la dose, selon moi, trop forte, de 2 à 4 grammes. La poudre est sternutatoire et sert à tuer les poux.

La teinture de Pyrèlhre est de deux sortes : l'une forte, l'autre faible. Celle-ci résulte de l'infusion de 1 partie de Pyrèthre dans 16 parties d'esprit de Romarin, et sert à la toilette. La teinture forte, au contraire, comporte 1 partie de racine pour 4 parties seulement d'alcool à 36». On la prescrit en collutoire à la dose de 5 grammes dans 300 grammes d'eau.

La teinture éthérée, extrêmement acre, sappliaue imbibée dans du coton sur les dents cariées et douloureuses. Il en est de même du Vinainre de Pyrèthre.

L'huile de Pyrèthre, préparée par digestion de 2 parties de racine dans 4 parties d'huile d'olive, est employée comme rubéfiant.

On prépare aussi des Pastilles de Pyrèthre, qui sont sialagogues. 1

PYRÈTHRE DU CAUCASE, Pyrethrum carneum OM Pyrethrum roseum ' DG. — Composées ou Synanthérées-Anthémidées.

Les huiles volatiles en général éloignent les insectes et les animaux inférieurs, mais certaines essences leur sont particulièrement nuisibles. De ce nombre est le principe actif de la Pyrèthre du Caucase, qu'on réduit en poudre et dont on se sert pour se débarrasser des puces et des punaises. Dans les localités oiî ces parasites abondent, on ne peut goûter de repos qu'à la condition d'en saupoudrer l'intérieur de ses vêtements et de son lit. Des instruments variés sont en usage pour insuffler la poudre de Pyrèthre dans les recoins où se réfugient ces êtres insupportables et dégoûtants.

J'ai émis ailleurs (voy. Camomille puants) l'opinion que la Maroute pourrait rendre les mêmes services.

PYROLE OMRELLÉE OU wirsTERGREEKî , Pyrola umbellata L. • Chimaphila umbellata, Nutt. PyrolaCées. ' Angl. Wintergreen. — AU. Waldmûngold.

La Pyrole ombelléeest commune aux États-Unis, au nord de l'Asie et de l'Europe. Ce sont les feuilles qu'on emploie.

Composition. — D'après Martens, elles contiennent : extractif gommeux amer, extractif oxydé, résine molle et chlorophylle, résme dure, balsamique, tannin et acide gallique, fibre ligneuse et eau. Il faudrait sans doute y joindre une huile essentielle (Pereira).

Les principes actifs sont la substance amère, (a résine et l'acide tannique.

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