VALÉRIANE SAUVAGE
La poudre se prend à la dose de 3 à 10 grammes. C'est une forme trèssûre qui n'a que l'inconvénient d'être trop massive.
L'eau dislillée de Valériane est peu usitée. La tisane, par infusion ou macération de 10 grammes de racine dans un litre d'eau, l'est davantage.
La teinture alcoolique et la teinture èthérée sont rarement employées, la première, à la dose de 5 à 15 grammes, la seconde à celle de 2 grammes seulement. Le D' Guillemin, médecin-major, afaiude la teinture éthérée de • Valériane une application nouvelle. Il la fait respirer pendant les attaques d'hystérie, et se loue beaucoup des résultats ; seulement il faut s'attendre à ' voir tout d'abord une recrudescence des symptômes, mais, bientôt, leur violence diminue et le calme se manifeste beaucoup plus vite et plus sûrement qu'avec l'éther seul. Delioux et G. Paul disent avoir répété l'expérience sans succès. L'extrait de Valériane fluide n'est autre qu'une teinture alcoolique-éthérée réduite par évaporation, et dont on prend 10 à 30 gouttes dans un peu d'eau.
L'extrait de Valériane est la préparation la plus employée, bien qu'elle soit défectueuse : il se donne à la dose de 2 à 4 grammes en pilules de 25 à 50 centigrammes.
L'essence de Valériane se prescrit à la dose de 6 à 10 gouttes dans une potion (Baraillier).
Les combinaisons de l'acide valérianique avec les bases ont été souvent recommandées sans avoir pu conserver leur vogue momentanée. C'est qu'en effet, l'acide valérique ne représente qu'une partie des principes actifs de la plante, et les sels qu'il forme agissent principalement par leur composant électro-positif. Tels sont les valérianates de fer, de zinc et de quinine. Il est donc beaucoup plus commode et plus sûr d'employer les préparations usuelles de ces bases, sauf à leur associer l'extrait de Valériane. La seule association véritablement utile, à mon avis, est celle de l'ammoniaque avec les principes immédiats de la Valériane officinale, non pour faire un sel défini, mais pour donner à la plante un auxiliaire puissant qui en décuple, pour ainsi dire, l'action, comme cela s'observe à l'égard du castoréum, du musc et de quelques autres antispasmodiques.
La teinture de Valériane ammoniacale, à la dose de 2 à 4 grammes, est peut-être la meilleure préparation au point de vue de la puissance stimulante.
Le Valérianale d'ammoniaque de Pierlot s'en rapproche beaucoup, puisqu'il renferme, outre le sel ammoniacal, une proportion considérable d'ea;trait alcoolique contenant tous les principes actifs de la racine. La dose du Valérianate d'ammoniaque pur (Laboureur et Fontaine) est de 10 à 50 centigrammes; celle de la Liqueur de Pierlot est de 6 à 30 gouttes, dans une pot ^ '
L'extractif de Dannecy, obtenu au moyen de l'alcool ammoniacal, contient du Valérianate d'ammoniaque. Les capsules sont de 0,50 cenligr. Le Valérianale de zinc, introduit dans la matière médicale par le prince
GuBLER, 2" édition. 27
L. Lucien Bonaparte, a été employé en poudre, en pilules et eu potion, à la dose de 10 h 20 centigrammes par jour (Devay) contre les névralgies faciales, les migraines, etc. S'il était démontré que cette combinaison fût efficace, il serait plus économique, selon la remarque de Trousseau et Pidoux, de réunir dans une même formule l'oxyde de zinc et la poudre ou l'extrait ou, mieux, l'essence de Valériane.
Nous ferons la même réflexion relativement aux Valérianates de fer et de quinine, lesquels, pas plus que le précédent, ne se trouvent dans le commerce à l'état de sels bien définis, mais sont souvent représentés, soit par du bisulfate de quinine, soit par un sel de fer quelconque, additionnés l'un et l'autre d'huile volatile de Valériane. Remarquons en passant que ces Valérianates ne pourraient être absorbés dans les premières voies sans décomposition préalable par les acides normaux mettant en liberté l'acide valérianique.
YAMILLE, Vanilla sativa, Schied. — Orchidées. Angl. et ail. Vanilla.
La Vanille est fournie par plusieurs espèces du genre Vanilla : les Vanilla sativa et F. sylvestris, originaires du Mexique: les Vanilla aromatica, du Brésil; 7. guyanensis, de Surinam; V. palmarum de Bahia, et F. pompona, du Mexique. Seulement la meiUeure sorte appartient au Vanilla sativa.
Composition . — Bucholz a trouvé dans la Vanille givrée ou cristallisée, les principes suivants : huile fixe odorante, résine molle, extractif amer avec un peu d'acétate de potasse, extractif astringent, acide et amer, extractil doux matière sucrée avec acide benzoïque, gomme, amidon, Ugneux, acide benzoïque et quelques autres matières. Les cendres renferment des carbonates de soude, potasse, chaux et magnésie, du sulfate de chaux et d autres sulfates, de l'alumine, des oxydes de fer et de cuivre.
La nature des divers principes odorants est encore mal connue. Cependant les cristaux qui forment du givre à la surface de la gousse sont considères comme de l'acide benzoïque, ou cinnamique (Bucholz Vogel), comme formés de Coumarine (Wittstein) . Vée pense qu'il s'agit d un acide particuher, identique sans doute avec la Vanille de Gobley (acide vanilUque de Stokebv) et dont la formule serait C"H»0« d'après Caries.
ACTION PHYSIOLOGIQUE. - UsAGES. - La Vanille est un stimulant aromatique voisin du baume du Pérou. Elle passe pour avoir des effets exhilarants et pour accroître la force musculaire et la puissance genesique. La présence d'une forte proportion d'acide benzoïque peut en faire un moyen 'de diminuer l'acide urique chez les goutteux ; mais on ne l a employée jusqu'ici que dans la mélancolie, l'hystérie, la frigidité, le rhumatisme cbroniaue, la fièvre adynamiquo, etc. . , x
On s'en sert en parfumerie et comme moyen d'aromatiser les cr mes, es glaces, les liqueurs, le chocolat. Elle communique à ces aliments la faculté de ras asier plue vite que s'ils étaient privés de cet aromate. La Vanille ap-
VAREC VÉSICULEUX, 4I9
partient donc à une classe de substances antagonistes des ape'ritifs et qu'on pourrait nommer des oblitérants. Celte propriété d'oblitérer l'appétit s'expliquerait à mon avis, dans l'espèce, par l'action antifermentescible et conséquemment antipepiique de l'acide benzoïque, qui est le principe actif le plus important de la Yanille, et qui fait que la pommade vanillée se conserve indéfiniment sans rancir de même que l'axonge benzoïnêe employée en pharmacie.
Modes d'administration et doses. — La Vanille s'administre en pou- . dre et en ïeî^îiwre ' alcoolique : la première, à la dose de 50 centigrammes mêlée à de la poudre de sucre; la seconde, appelée aussi essence de Vanille à la dose de 8 grammes dans une potion.
VAREC VÉSICULEUX, Fucus vcsiculosus, L. — Algues-Fucacées. Angl. Common sea Wrack. — Ail. Meerauswurf.
Le Varec vésiculeux habite les bords de la mer dans toutes les contrées du globe.
Composition. — Ce Fucus, d'après Gaultier de Claubry et d'autres chimistes, est composé de : cellulose, mucilage (carragahéenine), maLunite, huile odorante, matière colorante et amère, sulfates de potasse, soude, chaux et magnésie, chlorure et iodure de sodium, phosphates de fer et de chaux, oxyde de 1er et silice.
Brûlé à l'air libre, il laisse des cendres connues sous le nom de Soude (angl. Kelp) ; calciné en vase clos, il donne un charbon appelé Ethiops végétal et qui retient avec le carbone et les sels une petite proportion d'iode, laquelle peut cependant faire défaut. '
Action physiologique. — Usages. — Le Varec vésiculeux, d'un goût nauséeux et d'une odeur forte de plante marine, est comestible pour les chevaux et les ruminants, et ne détermine chez eux aucun symptôme apparent et caractéristique. Cependant on a signalé chez l'homme l'excitation de l'estomac et l'activité accrue du travail digestif, ainsi que l'augmentation de la sécrétion urinaire. L'action lente qu'il exerce sur l'économie animale est du genre de celles qu'on nomme altérantes, et se rapporte sans dcute à la présence des sels neutres qu'il renferme en abondance, et surtout à la petite proportion de son iodure de sodium.
Le Fucus vcsiculosus, agissant à la manière des doses faibles d'Iode modifie par conséquent la circulation capillaire, et fait prédominer le mouvement de dénutrition sur celui de composition, d'où la résorption de la graisse en réserve, des exsudats plastiques et des tissus non complètement organisés Aussi cette Algue, employée déjà par Gaubius et Baster comme fondant et appliquée par Russell à la guérison du goitre avant la découverte de Go'urtois, a-t-elle été vantée dans ces derniers temps comme moyen de faire maigrir.
Les cendres de Varec sont employées comme fondant et résolutif depuis la plus haute autiquité par les Chinois.
Modes d'administration et doses. — Le docteur Duchesne-Duparc prescrit la poudre, Vexlrait hydro-alcoolique et la décoction contre l'obésité.
L'extrait mêlé à la poudre sous forme pilulaire, dans la proportion de : extrait hydro-alcoolique de Fucus, 30 grammes; poudre, 5 grammes, se prend h. la dose de 1 à 24 grammes par jour.
La décoclion se prépare avec 10 à 20 grammes de plante sèche dans un litre d'eau. On a fait aussi des cigarettes de Fucus.
L'Ethiops végétal se donnait, à l'intérieur, à la dose de 25 à 30 centigrammes et davantage, contre le goitre. Russell faisait aussi pratiquer des frictions avec la plante au niveau des parties engorgées.
VÉLAR, TORTELLE OU HERRE AU CHATVTRE, SisymbriUM Officir-
mle, DC; Erysimum officinale, L. — Crucifères. Angl. Hedge Mustard. — AU. Heilsame Hederich.
Le Vélar est commun le long des murs et des fossés. C'est une plante chargée de principes irritants. Ses semences agissent à la manière de celles de la Moutarde, et ses feuilles elles-mêmes jouissent de la propriété d'exciter et de faire rougir la peau. Ces effets sont dus probablement à des principes volatils sulfurés, et dès lors il est permis de croire que ÏErysimum possède une double vertu stimulante et altérante, dont l'utilité est manifeste dans les affections chroniques des voies respiratoires. Localement, il excite les parties qu'il touche et provoque les sécrétions bucco-pharyngiennes, et par voisinage ou action réflexe, celles du larynx et des bronches. Après absorption, il modifie l'état général, qui souvent entretient le mal, en même temps qu'il améliore les conditions de la muqueuse aérienne.
Le Vélar, rarement prescrit par les médecins, jouit d'une réputation populaire contre le rhume, l'enrouement et le scorbut, depuis que le chantre Notre-Dame, dont parle Racine dans ses lettres àBoileau, a composé avec cette herbe un spécifique contre la toux.
Mérat et de Lens disent que les semences sont employées préférablement en poudre, ^ la dose de 4 grammes, et en sirop, à celle de 30 à 60 grammes. Le Codex prescrit la plante au moment de la floraison. On fait quelquefois usage, dans la bronchite chronique, du Sirop d'Èrysimum composé, dans lequel entrent des substances pectorales et amères, ainsi que des aromatiques: raisins secs et Capillaire du Canada, Chicorée, Romarin, Stœchas et Anis, etc.
\ERGE-D'OR, Soligado Yirga-aurea, L. — Composées ou Synanthérées-Astéroïdées. Angl. Golden Rod, Saracen's Woundwort. — Ail. Gemeine Goldruthe,
St-Pelerstab.
Cette herbe vivace, commune dans nos bois, est amère et astringente. On peut donc la considérer comme tonique et vulnéraire, même comme diurétique en certains cas. Mais c'est surtout en qualité de vulnéraire qu'elle était recommandée jadis, et l'on se servait de sa décoction pour lotionner les con.