VALÉRIANE SAUVAGE
de Térébenthine, et le Valcrol, G'^H^O^; les trois autres, accessoires, sont l'acide valcrianique, la résine et un camphre ou stéaroplène. '
Fraîche et purifiée, l'essence de Valériane est d'une odeur non désagréable. A la dose d'une ou de plusieurs gouttes, elle est puissammeut stimulante et antispasmodique.
L'acide Valérianique ou Valérique (G^H'O'+HO) est identique avec l'acide phocénique, obtenu par Cbevreul de l'huile de Baleine, et se trouve dans les fruits du Viburnum Opulus, ainsi que dans les produits de décomposition de diverses substances végétales et animales. Son goût est acre et son odeur forte rappelle un peu celle de la racine de la plante. Il est légèrement soluble dans l'eau et se dissout en toutes proportions dans l'alcool ! et l'éther. Il se combine avec les bases pour former des sels presque tous solubles. ,
La Valèrianine et l'extractif jaune ont une saveur amère et sont solubles dans l'eau.
Action physiologique. — A petites doses, la Valériane ne produit pas d'effets physiologiques appréciables. Des doses fortes ne donnent lieu parfois 1 qu'à des symptômes peu apparents: une légère incertitude de la myotilité, un peu de céphalalgie et des vertiges fugaces (Trousseau et Pidoux). Toutefois, à la suite de l'ingestion, de quantités massives de la racine ou de son extrait, on observe de la céphalalgie, de l'excitation mentale, de la phctopsie, des étourdissements, 'des impatiences, de l'agitation, des mouvements spas modiques, et, dit-on, de l'accélération du pouls, de la chaleur de la peau et de la sueur. Ces phénomènes se résument dans le mot excitation.
La 7aZéwne est donc un stimulant du système nerveux, c'est-à-dire un nervin; seulement on peut se demander si elle agit directement sur le centre cérébro-spinal, ou si, comme le pensent Trousseau et Pidoux, elle porte d'abord son action sur le système ganglionnaire.
Dans les expériences faites sur l'homme, on s'est généralement contenté d'introduire la Valériane par la voie stomacale; mais, en présence des effets singuHers observés chez le chat sous l'influence de l'odeur de cette racine, il est permis de croire que les émanations du principe volatil introduites dans les narines et les canaux aériens détermineraient également, dans l'espèce humaine, des phénomènes d'excitation. Il se pourrait, en conséquence, que les inhalations d'essence de Valériane fussent beaucoup plu< profitables aux sujets nerveux que ne sont les prises d'extrait ou même de Teinture portées dans les voies digestives.
Usages. — Le mode d'action de la Valériane sur l'appareil cérébro-spinal lui assigne un usage rationnel dans les troubles des fonctions nerveuses qui consistent en un défaut de stimulation ou peut-être de tonicité du système nerveux. Par exemple, le médicament serait indiqué dans les spasmes, convulsions et autres désordres résultant d'une perte de sang excessive, tandis qu il serait inopportun ou nuisible dans le cours de phénomènes semblables
développés sous l'influence d'une phlegmasie cérébro-spinale ou d'une simple hypérémie active, ou bien encore par le fait des poisons convulsivants.
En d'autres termes, la Valériane n'est antispasmodique que dans les cas où les spasmes exprimant l'asthénie se produisent par défaut d'incitation, à peu près comme la contraction musculaire qui coïncide avec l'ouverture du circuit se déclare au moment où cesse l'intégration de la force par le courant électrique.
Il suffirait, d'après cela, de déterminer la série des états morbides dans lesquels les désordres nerveux résultent d'un défaut de stimulus pour dresser du même coup la liste des cas qui réclament l'emploi des préparations de Valériane.
Sans êire en mesure de réaliser ce progrès, nous pouvons cependant faire voir que certains faits expérimentaux s'accordent avec ces vues théoriques. Ainsi la Valériane est impuissante à guérir l'épilepsie franche et les convulsions symptomatiques de la méningo-encéphalite ou des tumeurs cérébrales, c'est-à-dire celles qui dépendent manifestement d'un état irritalif ou d'un excès de stimulus; elle ne compte des succès que dans les formes essentiellement asthéniques des désordres nerveux qui surviennent chez les sujets anémiques, énervés, et spécialement chez les femmes débiles, dites nerveuses ou hystériques.
En somme, malgré l'exemple fameux de Fabius Golumna, la Valériane est d'une faible ressource contre l'épilepsie proprement dite : les succès qu'on a obtenus se rapportent à des cas d'hystérie épileptiforme ; mais son efficacité est plus prononcée dans l'hystéricisme simple, les spasmes, les vapeurs et ce qu'on appelle les maux de nerfs, dans les différents troubles fonctionnels caractérisés par la torpeur et la débilité générales, la faiblesse du pouls, le vertige et l'insomnie anémiques, la réfrigératiou, le tremblement musculaire, les névralgies et autres symptômes d'un défaut de stimulation. Trousseau et Pidoux insistent particulièrement sur l'utilité de Ja Valériane contre les vertiges asthéniques.
Cet antispasmodique stimulant est encore appelé à rendre des services dans les flaluosités, les palpitations, l'aphonie, les paralysies du mouvement et de la sensibilité, symptômes purement nerveux liés à l'état hystérique. La Valériane convient également à quelques hypochondriaques et dans certaines formes de fièvre nerveuse où les phénomènes inflammatoires sont peu accusés. Elle a été employée avec beaucoup d'avantages, par Rayer, dans plusieurs cas de polydipsie, alors que parfois diverses autres médicationSj et notamment les opiacés, avaient échoué.
Enfin, la Valériane a été conseillée dans l'asthme nerveux, dans l'amblyopie, probablement anesthétique et dans l'anaphrodisie.
Modes d'administration et doses. — On peut employer la Valériane en substance, ou des préparations de celte racine par l'eau, l'alcool etl'éther, ou bien encore son huile essentielle.