‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 151 sur 293 · CARBONATE DE PLOMB, GÉRUSE · texte numérisé non relu

CARBONATE DE PLOMB, GÉRUSE

CARBONATE »E IUAG1\ÉSIE, HYDROCARBOIVATE DE MAGNÉSIE,

MAGNÉSIE BLANCHE, Hxjclro-Carbonas magnesicus.

Angl. Heavy and light Carbonate of Magnesia. — AH. Kohlensàure Bittererde, Basische Kohlensàure Bittererde.

Le Carbonate de Magnésie (3CO%4MgO-|-4HO) possède les qualités absorbantes et antacides de sa base terreuse, fct peut servir aux mêmes usages. Il ne dijffère de la magnésie calcinée que par le dégagement de son gaz carbonique en présence d'acides plus puissants, tels que c«ux du suc gastrique, ce qui constitue même un avantage sensible toutes ies fois qu'il existe oan certain degré d'irritabilité stomacale.

On l'administre ordinairement en poudre à la dose de 50 centigrammes à •5 grammes, délayé dans l'eau ou enfermé dans un pain azyme. Mais on prépare aussi une Eau magnésienne et une Eau magnétsienne gazeuse, êans 'lesquelles le carbonate de soude et le sulfate de magnésie donnent lieu, par double décomposition, à du Carbonate de Magnésie et à du sulfate de soude, le premier étant maintenu en dissolution par un excès d'acide carbonique (6 volumes), introduit par pression,

L'Eau magnésienne gazeuse ne diffère de l'autre que par une quantité moitié moindre de substances salines. On les prescrit toutes deux parverrées dans l'acescence gastrique et la gastralgie concomitante, et l'on doit, selon ■nous, les préférer à d'autres absorbants, lorsqu'on veut obtenir conourremment des effets laxatifs.

CARBONATE DE PLOMB, CÉRUSE, Carbonas pkmbicus. Angl. Carbonate of Lead. — AU. Bleiweiss.

Le Blanc de Plomb, ou Blanc de Céruse (PbO, GO'), se rencontre rarement .à l'état natif ; c'est presque toujours un produit de l'art, et les ouvriers qui le manient sont exposés à de graves dangers.

Action physiologique. — Appliqué «ur la peau saine ou sur des surfaces 'excoriées, k Céruse produit des effets peu sensibles ; cependant elle agit comme astringent dès que les acides normaux ou accidentels en dissolvent une proportion notable qui passe à l'état d'acétate ou d'un autre sel soluble. Absorbé lentement et graduellement, soit par les plaies cutanées et les surfaces simplement affectées d'intertrigo (Kopp, Gubler), soit par les voies respiratoires ou digestives, le Carbonate de Plomb donne lieu aux phénomènes suivants: langueur des fonctions digestives, pâleur anémique, constipation, arlbralgie et mélalgie, courbature générale, colique sèche, analgésie, «tplus tard, paralysie spéciale des extenseurs des avant-bras, quelquefois de ceux des jambes, rarement hémiplégie ; ou bien encore céphalalgie, délire et convulsions éclamptiques. Ces derniers accidents se terminent d'ordinaire par la mort. Il existe aussi un tremblement saturnin au même litre que le tremblement mercuriel.

En outre j'ai décrit sous le nom de Tumeior dorsale de la main, chez les sa urmns d abord, ensuite chez les hémiplégiques, une altération nutritive

des tendons extenseurs des doigts liée à la paralysie et constituée par la nécrose du centre du tendon avec hypertrophie compensatrice des couches superficielles rappelant les contre-forts des os rachitiques. Des faits semblables ont été vus par Nicaise et j'en ai fait vérifier les particularités par un habile micrograjjhe, le docteur Legros.

Le plomb qui sature l'économie s'échappe par les différentes voies d'élimination, soit directement, soit après avoir fait partie intégrante des organes. Il s'échappe notamment par les urines, où il est d'ailleurs assez difficile de le démontrer, et se retrouve dans le cerveau et les autres parenchymes. Le goût sucré, accusé souvent par les ouvriers cérusiers, doit être attribué au Carbonate de Plomb apporté par l'air et qui se dissout dans les acides du liquide buccal, plutôt qu'au sel plombique versé par les glandes salivaires ou muqueuses. La coloration ardoisée des gencives à la sertissure des dents, et celle moins fréquente des joues et des lèvres, produite par une sorte de tatouage (Grubler) au contact des dents mutilées ou hérissées de tartre, sont vraisemblablement formées de sulfure de plomb. 11 en est certainement ainsi (Gubler et Quevenne) de la couche noirâtre qui couvre habituellement la muqueuse du caecum et du voisinage du côlon chez les saturnins (Legroux et Lailler, Gubler). Les sujets en proie à l'intoxication saturnine sont, moins que les hommes en santé, exposés aux états morbides inflammatoires et fébriles. L'analgésie accompagne le défaut de tendance à l'éréthisme vasculaire; elle marque une disposition de l'organisme, toute contraire à la phlogose.

Substances synergiques, auxiliaires. — Tout ce qui diminue les phénomènes de calorification, d'hématose et de nutrition dont les capillaires sanguins sont les agents ou le théâtre, tout cela favorise l'action de la Géruse et des composés de plomb : tels sont le froid modéré et continu, la digitale, la quinine, les bromures alcalins, etc.

Substances antagonistes. — Antidotes, contre-poisons. — Au contraire tout ce qui fouette la circulation, tout ce qui excite Thypérémie et la phlogose exerce une influence antagoniste par rapport aux préparations saturnines. La chaleur, les irritants locaux, les stimulants diffusibles, sont dans ce cas. L'iodure de potassium agit à la fois comme excitant circulatoire^ et comme agent de dénutrition permettant l'élimination plus prompte du poison. Il partage cette dernière propriété avec le bromure.

Usages. — Modes d'administration et doses. — Jusque dans ces derniers temps le Carbonate de Plomb n'était employé qu'à l'extérieur, soit comme ingrédient de la plupart des masses emplastiques, soit dans quelques préparations spéciales, lorsque Beau crut pouvoir en tirer parti contre une des maladies les plus funestes : la tuberculose pulmonaire. Mais l'antagonisme entre cette terrible affection et l'intoxication saturnine n'est qu'apparent. A l'époque où il était proclamé par le savant médecin de la Charité, j'avais à l'hôpital Beauj on deux malades dont l'un poursuivait le cours de sa phthisie tuberculeuse malgré la cachexie saturnine, et dont l'autre avait vu les pre-

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