‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 152 sur 293 · CARBONATE DE POTASSE, SEL DE TARTRE · texte numérisé non relu

CARBONATE DE POTASSE, SEL DE TARTRE

■ miers accidents de la tuberculose se manifester pendant qu'il s'empoisonnait à Glichy. Depuis cette époque j'ai eu l'occasion d'observer plusieurs cas semblables. La prudence conseille de renoncer à une médication dont le bénéfice est douteux et le danger certain.

La Géruse est employée à l'extérieur comme moyen d'occlusion et comme astringent, sous forme de pommade, de cérat et d'emplâtre. La pommade de Carbonate de Plomb {Onguent de Rhazis), renfermant

4 grammes du sel plombique pour 20 grammes d'axonge, est prescrite pour activer la cicatrisation.

Le Cérat contre les névralgies, formé de 10 grammes de Géruse et de

5 grammes seulement de cérat, sert en réalité beaucoup plus comme enduit imperméable que comme préparation saturnine. Il en est de même du Uniment d'Anderson contre l'érysipèle (Géruse, 50 grammes ; huile de colza, q. s. pour faire une crème).

UEmplâlre de Céruse, usité comme fondant, est composé de : Géruse, -500 grammes; cire blanche, 100 grammes ; huile d'olive et eau, ââ 1000 grammes.

CARBONATE DE POTASSE, SEL DE TARTRE, Carbonas polas-

sicus.

Angl. N entrai Carbonate of Potash. — Ail. Rohes Kohlensàures Kali, Rohe Pottasche.

Le Sel de tartre est le Carbonate neutre de Potasse (GO^KO), autrefois appelé Sous-Garbonate, et que l'on obtient, soit par lixiviation des cendres des végétaux terriens, c'est-k-dire non maritimes, ce qui donne les potasses du commerce désignées, selon les provenances, sous les noms de Potasse d'Amérique, de Russie ou des Vosges ; soit par décomposition ignée de la crème de tartre, ce qui produit une sorte plus pure et spécialement employée en pharmacie.

Le carbonate de Potasse se trouve naturellement (Reuss) en quantité notable dans les eaux minérales de Wuissokow et de Twer. En minime proportion il existe dans un grand nombre d'eaux minérales françaises. Plusieurs sources de Vichy en contiennent plus de 3 décigrammes par litre.

Action physiologiqqe et usages. — Le Garbonate de Potasse est un sel fortement alcalin, caustique lorsqu'il est solide ou en solution concentrée, et pouvant devenir par là un poison corrosif; mais jouissant, quand il est dilué, des propriétés générales des préparations alcalines, tant comme antacide que comme modificateur de la crase sanguine et de la nutrition (voy. Bicarbonate de Soude). Il est plus diurétique que le carbonate de soude.

Mascagni l'a conseillé dans la péripneumonie. Golorée par la cochenille, sa solution est un remède populaire en Angleterre contre la coqueluche. Mais l'énergie de ses eflets locaux en rend l'usage interne dangereux ; d'ailleurs en qualité de sel de potasse, il serait bien moins toléré que les compo- GuBLER, 2' édition. 30

ses sodiques analogues. Aussi le réserve-t-on pour la confection des pédilvrves et des bains alcalins^ encore le sous-carbonate de Boude lui est-il presque toujours substitué maintenant. !

Pour l'usage externe, les deux sels peuvent être employés sensiblement j aux mêmes doses,

CARBONATE »E SOUDE, cuiSTAUX DE SOUDE, Carbonas sodicus. \ Angl. Monocarbonate or neutral Carbonate of Soda. — AU. Rohes oder

Reines kryslallisirles Kohlensaures Nalron, Krystallisirte Soda.

Le Carbonate neutre de Soude, appelé aussi Sous-Carbonate (GO*,NaO -)-10HO), forme des efflorescences à la surface du sol en Egypte et en Hon- ! grie. Il s'obtient par lixiviation des cendres des Salsola, des Salicornia et j d'autres plantes maritimes : c'est alors la Soude de Varech : ou bien par ; transformation du sel marin en sulfate à l'aide de l'acide sulfurique, et con- | version de ce dernier sel en carbonate sodique par calcination avec du car- 1 bonale de chaux et du charbon : c'est la Soude artificielle. La Soude du com- | merce est impure et renferme ordinairement une notable quantité de soude caustique et de sulfure de sodium.

Action physiologique et usages. — Les effets locaux et généraux du Carbonate neutre de Soude sont, avec une intensité plus grande, ceux du Bicarbonate de la même base (voy. plus loin). Bien qu'il soit un peu moins caustique que le précédent, le Carbonate de Soude est encore trop irritant pour être administré par les voies digestives. Il est au contraire fort usité à l'extérieur en lotions, en onctions, en bains, dans les affections cutanées pru- 1 rigineuses et squameuses, ainsi que dans l'acné, les engorgements strumeux, | la goutte, le rhumatisme chronique. Les bains alcalins au Carbonate de I Soude remplacent ceux de Vichy, et sont considérés comme un complément ; obligé du traitement alcalin interne, non que le sel sodique puisse être ab- i sorbé en quantité notable par la peau ou les muqueuses voisines, mais parce que ses qualités alcalines permettent de nettoyer aisément la peau de son en- : duit sébacé ou de la couche d'urate qui peut la salir en certains cas, chez les j goutteux, en même temps que d'exercer une action stimulante sur la péri- ] phérie cutanée. Gomme agent de stimulation périphérique, le Carbonate ] neutre l'emporte sur le Sel de Vichy, et le Carbonate impur du commerce j sur celui des pharmacies, j

Le Bain alcalin exige de 250 k 500 grammes de cristaux de Soude du com- ] merce pour une baignoire de 200 à 300 litres. Exceptionnellement on en met- j trait moins, si la peau était le siège de lissures ou d'excoriations. En faisant dissoudre dans un bain une bonne dose de Cristaux de Soude, et ajoutant au moment d'y entrer le contenu d'un ilacon renfermant : essences de thym, de romarin et de lavande ââ 2 grammes, on reproduit à peu près les qualités d'un bain additionné de Sels de Pennés.

La Pommade alcaline contient 10 grammes de Carbonate de Soude, 50 grammes d'axonge et 5 grammes de laudanum. Si l'on substituait à la graisse

CARBONATE DE SOUDE (BI-), SEL DE VIGHYf 467

de porc le •savon amolli par un peu d'huile d'olive, il faudrait diminuer la ■quantité de Carbonate de Soude pour obtenir le même résultat.

CARBOA'ATE DE SOUDE (BI-), SEL DE VICHY, Bicarbonas SOdicus.

Angl. Bicarbonate ofSoda. — AU. Sauves Kohlensaures Natron. Le Bicarbonate sodique (2GO*NaO,HO) n'est pas à l'état solide dans la nature, le Natron étant formé de carbonate neutre et de sesquicarbonate ; mais il se rencontre dans une foule d'eaux minérales alcalines, en tête descpielles il convient de placer celles du bassmde Vichy, de Vais ; dans celles de Garlsbad, de Saint- Nectaire et des nombreuses sources analogues du massif volcanique de l'Auvergne ; dans les eaux ferro -alcalines du Boulou, de Saint-Martin de . Fenouillat, de Neyrac et autres; puis dans celles de RenaisoD, de Soulzmatt, etc.

Action phtsiologiquk. — Le Bicarbonate de Soude offre les effets adoucis des sels alcalins précédents, parce que l'affinité de la soude est en grande partie satisfaite par l'acide carbonique en excès. Moins irritant que le Carbonate de Potasse, il n'exerce qu'une excitation très-légère sur la peau, ou les surfaces sur lesquelles il est appliqué, et n'agit pas comme irritant ou caustique, parce^u'il ne peut saponifier les membranes animales. Mais il dissout aussi bien que le carbonate neutre l'enduit sébacé de la peau, dont il sert à débarrasser la surface de la couche épithéliale et grasse qui s'oppose parfois à l'exercice complet de ses fonctions d'exhalation et de respiraion. Introduit dans les voies digestives, le Bicarbonate de Soude donne lieu d'abord k une saveur particulière, dite urineuse, et cela peut-être parce qu'il met de l'ammoniaque en liberté. Parvenu dans l'estomac, où il rencontre des ■acides, il s'en empare et laisse dégager son gaz carbonique. Il exerce sur l'épithélium à cils vibratiles une excitation remarquable (Virchow), et ranime les mouvements de ces petits appendices lorsqu'ils paraissaient éteints sans retour. Dans l'intestin, il sert, avec les sucs pancréatique et biliaire, à émulsionner les matières grasses alimentaires.

Absorbé , le Bicarbonate de Soude agirait à la manière des alcalins en général, conformément à la loi posée par Chevreul, c'est-à-dire qu'il favoriserait les combinaisons des matières combustibles avec l'oxygène, et occasionnerait dans l'organisme les divers changements qui signalent un accroissement d'activité delà combustion respiratoire: à savoir,' l'augmentation de l'urée aux dépens de l'acide urique et des autres matériaux peu ou point brûlés, et l'accroissement de la dénutrition. J'ajoute qu'en accélérant ainsi le mouvement aclionnel des globules dont l'existence se trouve abrégée, le Bicarbonate sodique, à haute dose, produirait à la longue l'hypoglobulie, 1 état apiastique du sang et la cachexie scorbutique ou bien séreuse, avec hemorrhagies multiples et anasarque. Cette manière d'envisager les faits soulève pourtant de graves difficultés. Ainsi aucune accélération circulatoire aucune élévation de température n'accompagne cette prétendue action hémalocausique du Sel de Vichy, dont l'effet se borne peut-être à

favoriser la dissolution des hématies et à déterminer la dyscrasie albumineuse.

Voici comment je conçois l'enchaînement des phénomènes. Tandis que les sels de soude abondent dans le sérum, les sels de potasse prédominent au contraire dans les hématies, et sont aussi nécessaires que le fer lui-même à la constitution de ces organites ainsi qu'à leur fonctionnement régulier. Augmenter à l'excès la quantité du Bicarbonate sodique dans le sang, forcer les globules rouges à s'en imprégner et leur faire abandonner, par l'influence des masses, une partie -de leurs composés potassiques, c'est les mettre dans l'impossibilité de remplir leurs fonctions d'hématose, ou même les condamner à périr prématurément. Ainsi s'expliqueraient la diminution de la comhustion respiratoire et de la calorification, puis la déglobulisation, la cachexie séreuse et les altérations générales organiques. On pourrait cependant dans la première théorie se rendre compte de la sédation observée à la suite de l'administration du Sel de Vichy, par l'action qu'il exerce sur les reins et les phénomènes sympathiques qui accompagnent l'accroissement de la diurèse aqueuse.

Le Bicarbonate sodique, dès qu'il se trouve en excès dans le sang, s'échappe par les urines, dont il diminue l'acidité ou qu'il rend alcalines, selon la dose, en même temps qu'il en augmente la quantité. Il passe probablement aussi par les sécrétions normalement alcalines : les salives et le suc pancréatique, la bile et les produits des glandes sébacées, ce qui doit accroître l'activité des fonctions dont ces liquides sont les agents, ou, quand il s'agit de la peau, favoriser l'élimination de la matière grasse et tempérer l'acidité de la sueur.

Substances synergiques et antagonistes. — Les alcalins en général peuvent suppléer le Bicarbonate de Soude, à cela près qu'ils ont presque tous une action irritante locale plus prononcée, et que quelques-uns (ceux dont la potasse est la base) étant moins bien tolérés par l'économie, sont plus rapidement éliminés.

Les sels de potasse qui ont plus d'affinité pour les globules sanguins, au fonctionnement desquels ils sont indispensables, exercent nécessairement une influence contraire à celle du Bicarbonate de Soude et en sont les antagonistes dynamiques dans les phénomènes de combustion respiratoire.

Les acides sont les antagonistes chimiques du Sel de Vichy, et s'opposent à son action locale' comme préparations alcalines, mais les acides minéraux sont les seuls qui rendent impossibles les effets généraux de ce sel. En efl'et, les acides citrique, œalique et autres acides organiques, après avoir donné naissance à du citrate ou du malate de soude, se brûlent dans le sang, et passent à l'état de carbonate dont l'acide carbonique se dégage par la respiration. L'association des acides végétaux au Bicarbonate de Soude n'est donc irrationnelle que lorsqu'on demande à ce dernier son action chimique dans l'acescence gastrique et la gastrodynie consécutive ; elle devient parfaitement légitime, au contraire, quand on recherche seulement l'action diffusée du Sel de Vichy et notamment ses efi"ets dialytiques dans la gravelle urinaire.

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