CHLORATE DE POTASSE
Usages. — Jadis le Chlorate de Potasse était prescrit comme agent d'oxydation, et Simpson le donnait récemment dans la dernière période de la grossesse pour fournir le gaz comburant au fœtus, quand des hémorrhagies placentaires lui faisaient craindre l'insuffisance de la nutrition. Actuellement on en restreint l'emploi à une série d'aflections ayant généralement pour siège les muqueuses et se caractérisant par des ramollissements, des ulcérations, de la gangrène, de la diphthérie; la nature étiologique des lésions pouvant d'ailleurs varier.
C'est ainsi que le Chlorate de Potasse est vanté contre la stomatite gangréneuse (Hunt, Sayle, Babington) ; contre la stomatite ulcéro-memhraneuse (West, Moore, Blache, Bergeron, Isambert, etc.), et même contre la diphthérie (Ghavane, Garasse, Trousseau, Isambert); enfin contre la stomatite mercurielle (Blache, Demarquay, Bergeron, Gabier, Ad. Bichard, Lasègue, Isambert, etc.). On l'a essayé aussi dans les affections aphtheuses et le muguet, dans le scorbut (Fremy, Brault); dans les angines inflammatoires (Massart); dans les affections furonculeuses et anthracoïdes (Dietz, Brouillet, Kiiss) ; dans la syphilis (Allinghans) ; dans la fétidité de la bouche et l'ozène (Galligo) ; dans les souffrances liées à la dentition (Bonaventi); dans les gingivites chroniques avec ou sans pyorrhée (Laborde); dans la prosopalgie (Ghisholm, Herber, etc.); dans la glycosurie (Bouchardat) , et dans les ictères, simples ou liés à des engorgements hépatiques (Odier de Genève).
L'illusion n'est plus permise aujourd'hui sur la valeur d'un certain nombre de ces applications. Le Chlorate de Potasse ne saurait être qu'un palliatif insignifiant dans la syphilis ou le muguet, dans l'anthrax, la gangrène de la bouche ou la diphthérie infectieuse. Il rend au contraire des services incontestables dans la stomatite ulcéro-membraneuse et triomphe véritablement dans la gingivite et la glossite mercurielles. Mais, dans ce dernier cas, le Chlorate de Potasse n'est pas seulement un moyen curatif, il est également préventif des accidents hydrargyriques qui s'opposent trop souvent à la continuation du traitement. L'action prophylactique de ce sel est tellement certaine, qu'on peut prolonger deux mois l'administration simultanée du préservatif et du protoiodure de mercure, sans qu'il se manifeste le moindre accident du côté de la bouche (Ricord, Fourni er, Laborde, J. Guyot). Seulement il est permis de se demander jusqu'à quel point l'intervention du Sel de Berthollet ne contrarie pas les effets altérants de la préparation mercurielle.
Mentionnons une application du Chlorate potassique qui serait fort heureuse, si elle venait à se vérifier, celle que Millon, Bergeron et Leblanc ont faite à la curation des cancroïdes, lesquels seraient détruits sans retour.
Modes d'administration et doses. — Le Sel de Berthollet se prescrit à l'mtérieur en potion, en opial et en tahkUcs ; à l'extérieur, en solution dans 1 eau ou la glycérine, sous forme de lotions, de collutoire ou de gargarisme.
474 SUBSTANCES TIRÉES DES MINÉRAUX ET PRODUITS CHIMIQUES. La dose habituelle dans une potion gommeuse est de 4 grammes. Cette potion peut être remplacée par une solution aqueuse étendue (2 à 5 grammes par litre d'eau), qu'on fait prendre pure ou aromatisée, ou coupée avec le vin aux repas (Bouchardat). Odier a élevé jusqu'à 10 grammes par jour la dose de Chlorate de Potasse.
Les gargarismes, comme les solutions pour l'usage externe, doivent renfermer environ 4 grammes de Chlorate de Potasse pour 150 grammes de véhicule.
Les Pastilles au Chlorate potassique de Dethan contiennent chacune 20 centigrammes du principe actif.
Afiji d'obtenir le maximum d'effet pour les applications topiques, on peut faire usage du Chlorate de Potasse pulvérisé, soit sec, soit humecté d'eau ou de glycérine. Debout l'a mêlé au sous-nitrate de bismuth pour le faire priser contre l'ozène.
CHI.OBHYDR/I.TE D' AMMONIAQUE , SEJL AMMONIAC, Chlorliy-
dras Ammonix seu ammonicus.
Angl. Hydrochlorate of Ammonia. — AM. Gereinigter Salmiak.
Le Sel ammoniac (HCl,AzH'), comme les composés ammoniacaux en général, jouit de propriétés irritantes locales, et constitue un stimulant diffusible en même temps qu'un agent de liquéfaction du sang.
Introduit dans l'estomac en quantité modérée, il cause une sensation de chaleur, et, si la dose est forte, donne lieu à de l'oppression, à de la céphalalgie, à de l'excitation fébrile et à de fréquentes envies d'uriner. Une dose de 5 grammes a produit chez Rabuteau l'accélération circulatoire et l'élévation du chiffre de l'urée. A dose massive, il occasionne le vomissement, la diarrhée et la gastro-entérite, quelquefois la paralysie et la mort (Gourten, Gaspard, Orfila, etc.) . Son usage longtemps continué amène la dénutrition des globules sanguins, l'état aplastique de la fibrine, et consécutivement l'anémie, la langueur, la diathèse scorbutique, avec le ramollissement des tissus et les hémorrhagies multiples. Il fluxionne les réseaux capillaires, stimule la sécrétion des muqueuses et en rend le mucus plus fluide ; enfin, surtout s'il est aidé par une température élevée du véhicule et de l'atmosphère ambiante , il accroît également la sudation et provoque l'éruption menstruelle.
Des aphthes et une éruption miliaire sont quelquefois la preuve de son élimination parles glandes muqueuses et sudoripares. Toutefois la fréquence des mictions signalée plus haut prouve suffisamment que l'élimination a lieu principalement par les reins.
Substances synergiques et antagonistes. — Voy. Ammoniaque. On ne lui connaît que des contre-poisons mécaniques.
Usages. — Le Chlorhydrate d'Ammoniaque est indiqué dans les cas morbides auxquels conviennent les stimulants diftusibles, spécialement l'Ammoniaque et ses préparations, ainsi que dans ceux qui se compliquent d'une