‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 157 sur 293 · CHLORURE DE CHAUX SEC, HYPOCHLORITE DE CHAUX IMPUR · texte numérisé non relu

CHLORURE DE CHAUX SEC, HYPOCHLORITE DE CHAUX IMPUR

— Voy. Ghlo{iure de chaux liquide.

CHLORURE DE POTASSIUM et CHLORURE DE SODIUM. — Voyez

les mêmes mots dans la Pharmacopée.

CIIKOAIATR DE POTASSE (BI-), Dichromas potassicus.

ADgl. Dichromaleof Polash. — AH. Doppell chromsaures Kali.

Le Bichromalc de Potasse (2GrO%KO) cristallisé est soluble dans 10 parties d'eau froide et dans une quantité moindre d'eau bouillante; mais il ne se dissout pas dans l'alcool.

Action physiologique. — Ce sel, d'une saveur fraîche, amère et métallique, est, selon la dose, un simple irritant ou un caustique pour les parties sur lesquelles on l'applique. 11 détermine chez les ouvriers qui le préparent une éruption papuleuse d'abord, puis bientôt pustuleuse, pouvant faire place à des ulcérations plus ou moins profondes et douloureuses qui s'emparent de la moindre solution de continuité accidentelle, à la peau ou sur les muqueuses. Un phénomène très-commun chez ces ouvriers (Cl. Bernard, Hillairet,Lailler, Gublerj, c'est la perforation de la cloison des fosses nasales dans sa partie cartilagineuse, lésion que j'ai également obsêrvée à l'état d'isolement chez un sujet qui n'avait jamais été exposé aux émanations de Bichromate potassique.

Porté dans l'estomac, ce sel détermine aussi une irritation plus ou moins .vive, accompagnée parfois de douleur épigastrique, de vomissements de mucus et de sang, et plus tard de difficulté de respirer, de symptômes cholériformes, suivis de la paralysie et de la mort. Des doses faibles ou modérées donnent lieu simplement à de la chaleur dans les premières voies, sans aucun autre accident. Au reste, les symptômes graves indiqués ici sont à peu près ceux de tous les empoisonnements parles caustiques quelconques, et s'expliquent aisérhent par les lésions des organes digestifs et les troubles fonctionnels locaux ou sympathiques qu'elles excitent. Ce n'est pas à dire pour cela que le Bichromate de Potasse n'exerce aucune action générale, consécutivement à sa pénétration dans le torrent circulatoire. Cumin lui reconnaît, à petites doses, une puissante action tonique, et suppose qu'il pourrait bien tuer en frappant de mort les globules sanguins; mais aucun fait expérimental, aucune observation clinique ne vient encore fournir une base solide aux hypothèses des'physiologistes.

Synergiques. Succédanés. — L'acide chromique agit comme le Bichromate de Potasse, mais plus énergiquement. L'acide sulfurique est un caustique assez analogue à l'un et à l'autre et peut les remplacer tous deux. En qualité de corps oxydant le Bichromate de Potasse ressemble au permanganate de la même base, aux chlorates alcalins, au persulfate de fer, etc.

Antagonistes. Contre-poisons. — Une mixture d'eau de chaux avec du lait ou de la solution de blanc d'oeuf paraît être le meilleur moyen de neutraliser les effets toxiques du Bichromate de Potasse. Ses antagonistes sont les substances capables d'absorber l'oxygène, tels que les sulfites et hyposulfites alcalins ou terreux.

Usages. — Pendant quelque temps on n'osa se servir du Bichromate potassique que pour l'usage externe. Ses propriétés escharotiques furent utilisées contre les élevures tuberculeuses de la peau, les verrues et autres excroissances. Ces applications, qui sont très-douloureuses, ont réussi particulière-

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