COUPEROSE BLEUE
ment (Puche) contre les plaques muqueuses et les végétations syphilitiques; contre les lésions ulcéreuses et fongueuses des gencives (Magitot).
On attribue au bichromate de potasse le pouvoir de favoriser la cicatrisation des ulcères et la guérison de la scrofule et du cancer de l'utérus.
Puche adonné ce médicament périlleux à l'intérieur, chez des sujets syphilitiques, dont l'état s'est d'abord aggravé. Cependant certains praticiens paraissent fonder quelques espérances sur cet agent, dont les indications seraient probablement tout autres que celles du mercure.
Modes d'administration et doses. — Pour l'usage interne, on doit prescrire le Bichromate de Potasse avec beaucoup de prudence. La dose n'en est pas encore fixée.
Pour l'usage externe, on emploie des solutions plus ou moins concentrées, suivant l'intensité des effets locaux qu'on veut obtenir. S'agit-il de produire rapidement une eschare, c'est à la solution saturée qu'il faut avoir recours (1 gramme pour 10 grammes d'eau). Une proportion beaucoup moindre (1 décigramme pour 10 grammes) suffirait pour agir comme irritant ou cathérétique contre les verrues et les ulcères fongueux atoniques. , On prépare contre les verrues une pommade dans laquelle entrent 1 0 centigrammes seulement de Bichromate et 15 grammes d'axonge (Blachsko).
Les moxas formés de papier Joseph imprégné d'une solution concentrée de Bichromate de Potasse n'ont aucun avantage sur ceux qui doivent leur combustibilité au nitrate de potasse.
Le Bichromate de Potasse sert encore à préparer une liqueur d'épreuve dont les chimistes se servent pour reconnaître la présence de l'alcool et des substances ternaires, et dont Luton (de Reims) a fait la première application à l'analyse clinique des urines. Çette liqueur se compose de Bichromate de Potasse et d'acide sulfurique, et laisse déposer de l'acide chromique d'un beau rouge. Elle est de couleur jaune-topaze, et lorsqu'on l'ajoute à une solution bouillante contenant du sucre ou tout autre matière hydrocarbonée, elle devient d'un vert-émeraude, par suite de la réduction à l'état de sesquioxyde de chrome.
On croit généralement que l'acide sulfurique n'a d'autre office que de mettre l'acide chromique en liberté; mais celui-ci ne subit pas le changement indiqué, quand il est mis tout seul en présence d'une matière oxydable, et Derlon pense avec raison que, l'acide sulfurique étant indispensable à la production du phénomène, il faut admettre la formation du sulfate de sesquioxyde de chrome. Cette réaction permet de constater l'alcool dans l'urine et les diverses sérosités chez les sujets atteints d'alcoolisme aigu (Gubler).
CINABRE. — Voy. Sulfure de Mercure.
COUPEROSE BLArV'CIIE. — Voy. SuLFATE DE ZlNC.
COUPEROSE BLEUE. — Voy. SuLFATE DE GuiVRE.
478 SUBSTANCES TIRÉES DES MINÉRAUX ET PRODUITS CHIMIQUES. COUPEROSE VERTE. — Voy. SuiFATE DE Fer.
CRAIE. — Voy. Carbonate de Chaux.
CRÈ9IE DE TARTRE. — Voy. TaRTRATE ACIDE DE POTASSE.
CRÉOSOTE. — Creosotum.
Angl. Creasote. — AU. Kreosot.
• La Créosote ou Créasote (G"H"0*), l'un des nombreux principes contenus dans le goudron de bois, est un liquide oléagineux, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, l'élher et l'acide acétique.
Action physiologique. — Appliquée pure sur la peau, la Créosote produit l'effet d'une brûlure au premier ou au second degré, avec une sensation pénible de cuisson. Sur la muqueuse, elle détermine une tache blanche semblable à l'eschare formée par un acide puissant ou par le nitrate d'argent, et due à la coagulation de l'albumine dans le derme muqueux, lequel demeure exulcéré après la chute de la pellicule sphacélée.
En solution étendue, la Créosote cesse d'être caustique pour devenir simplement astringente. Au lieu d'être brûlante, sa saveur offre un mélange d'âpreté et de rancidité très-déplaisant. Dans l'estomac, cette substance détermine une sensation de chaleur, d'astriction, et, si la dose est forte, une irritation comparable à celle qui suit l'ingestion des poisons irritants et caustiques. Consécutivement, la Créosote donne lieu à une action stupéfiante sur le système nerveux, en même temps qu'elle agit comme coagulante et comme astringente sur le sang et les tissus.
Substances synergiques et antagonistes. — Les astringents minéraux et organiques, mais surtout les acides phénique et crésyliqiie, sont homologues de la Créosote au point de vue thérapeutique. Ses antagonistes sont les mucilagineux et les relâchants. L'albumine est son contre-poison chimique. Il faut éviter de l'associer aux corps oxydés, qu'elle réduit en qualité de substance fortement hydrocarbonée.
Usages. — La Créosote, vantée un moment comme une panacée universelle, peut remplir les différents offices auxquels sont propres les styptiques, les cathérétiques et les antiseptiques.
En qualité d'astringent, elle est utile topiquement contre les dermatoses invétérées, squameuses, contre les phlegmasies catarrhales des muqueuses : otorrhée, leucorrhée, blennorrhagie, diarrhée chronique; contre les vomissements de la maladie de Bright ou de la grossesse (Rayer, Petslaff) et les hémorrhagies capillaires externes ou viscérales.
A titre de cathérétique, la Créosote est introduit* dans les dents cariées, ou appliquée sur les ulcères saignants, fongueux et les plaques gangréneuses de la slomacace. Enfin, comme antiputride, on s'en sert pour la conservation des pièces anatomiques.
Modes d'administration et doses. — A l'intérieur, on donne la Créosote