‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 159 sur 293 · CUIVRE · texte numérisé non relu

CUIVRE

en pilules de 2 centigrammes, trois par jour et davantage. A l'extérieur, on emploie la pommade et l'eau créosotée. Dans l'eau crcosotée, la substance active est seulement tenue en suspension. On pourrait en favoriser la dissolution par l'addition d'une proportion suffisante d'alcool.

La Créosote fait, dit-on, la base des eaux hémostatiques, d'ailleurs trop vantées, de Pinelli et de Brocchieri.

CRISTAUX DE SOUDE. — Voy. CARBONATE DE SoUDE. , CROCUS. — Voy. OXY-SULFURE d'AnTIMOINE.

'CUIVRE, Cuprum.

Angl. Copper. — AU. Kupfer.

Le Cuivre se rencontre sous des formes variées dans le règne minéral et accompagne le fer dans les terres ocreuses. Il existe en énorme quantité dans la source du Rio-tinto, en Espagne; en faible proportion dans l'eau de Saidschûtz, en Allemagne, et dans celles de Neusohl, en Hongrie de Saint- Chnsteau, Luxeuil, Cazarilh, Salles, Aulus, Gontrexéville, Labassère Luchon, Moûtiers-Salins, Salzbronn (Moselle) et Balaruc, en France De plus on l'â trouvé, peut-être accidentellement, dans les cendres de plusieurs espèces végétales et dans le 'sang de l'homme et des animaux supéneurs ^

Action physiologique et usages. - A l'e'tat métallique, le Cuivre est merte, et ne saurait être absorbé, à moins qu'il ne fût réduit en poudre impalpable, auquel cas il pénétrerait peut-être comme le noir de fumée dans les vaisseaux de 1 intestin. Gela ne veut pas dire que du Cuivre pur, introduit dans 1 estomac, ne produirait aucun effet physiologique, car on a vu la limaïUe de Cuivre faire sentir son action sur l'urine, la salive et tout le système nerveux (Cothenius, Portai), et Barton racontait l'histoire d'un enfant (pi rejeta pendant quelque temps plusieurs pintes de salive pour avoir avalé un (monnaie de cuivre). Seulement, dans ces cas, le métal avait

met dî/'l ^"^y^^/°°*-"« partie de la matière médicale propre-

ment dite, le Cuivre métalhque étant uniquement employé dans les opéralons chimiques ou dans la confection des piles électrimL Pf rl. "P'"^^""^' métnmmiix^ „ , . . i^^^^ électriques et de ces armatures

metalhques auxquelles certains praticiens accordent une puissance au'elles ne sauraient avoir comme source d'électricité ^

RadeZhor"''"' ,f systématique de

a tîan s de 1^ ' ^'^^ '"^^^ '^^^^^^ hématinique set comme

CYjVNUUIî nOUBLE DE FEU IIYDUATÉ. — Voy. CyaNURE FERROSO- FERRIQUE (Pharmacopée).

CYAKURE FEBniCO-POTASSIQlJE, FERUICYAAUBE DE POTAS- SIUM, PBUSSIATE BOUGE DE POTASSE, Cyanuretum ferrico-potassicim.

Angl. Ferricyanide of Potassium. — AU. Rothes Laugensalz.

Ce composé (G'^Az°Fe%K') n'est guère usité que comme réactif des sels de protoxyde de fer, avec lesquels il forme le Bleu français, dit aussi Bleu de TurnbulL

Le Cyanure rouge de potassium et de fer n'a qu'une action physiologique obscure. La seule particularité intéressante à signaler, relativement au mode opératoire de ce sel double, analogue aux persels de fer, c'est qu'il passe à l'état de prussiate jaune pendant son séjour dans le sang (Cl. Bernard).

CYAKUBE FERROSO-POTASSIQUE, FERROCYANURE DE POTAS- SIUM, PRUSSIATE JAUME DE POTASSE, Cyanurelwm ferroso-potassicum.

Angl. Ferrocyanide of Potassium. — AU. Gelbes Blutlaugensalz.

Le Prussiate jaune de Potasse (G«Az»Fe,K*-f-HO) est un réactif précieux, et sert à obtenir le Bleu de Prusse.

De plus, il possède à peu près les propriétés du nitrate de potasse, et les expériences de Bouchardat établissent qu'U agit pareiUement à la même dose. Il est rapidement éliminé par les reins et provoque la diurèse. Aussi en donne-t-on quelquefois de 2 à 5 grammes dans un Ulre d'eau, comme diurétique et pour combattre les maladies du foie.

Sous le nom de Ferrocyanure de Potassium et d'Urée, on a préconisé un simple mélange de ce dernier principe avec du Prussiate jaune de Potasse, auquel on attribuait de remarquables propriétés fébrifuges que l'expérience n'a pas confirmées. Tout porte à penser que ce mélange n'aurait d'autre effet direct que d'accroître la sécrétion urinaire, et par là de produire une sédation circulatoire et calorifique.

DEXTBmE, Dcxtrina. — Voy. Pomme de terre.

ESPRiT-DE-viN. — Voy. Alcool.

ÉTAliv. — Voy. Limaille d'Ëtain (Pharmacopée),

GLYCÉRINE. 481 ÉTHER SULFURIQUE. — Voy. ÉTHER SULFURIQUE RECTIFIÉ.

FER. — Voy. Limaille de Fer préparée (Pharmacopée).

FERRICTAIVURE DE POTASSIUM. — Voy. GyaNURE FERRICO-POTAS- SIQUE.

FERROCTAIVURE DE POTASSIUM. — Voy. GyANURE FERROSO-POTAS- SIQUE.

GLTCÉRiî^E, Glycerina seu Glycerinum.

Angl. Glycérine, Sweet principile of Oils. — Ail. Glycerin, Oilsûss, Oilzucker. '

La Glycérine est un alcool triatomique qui a pour formule C''H«0^ Elle fait naturellement partie de l'huile de Palme, mais on l'obtient artificiellement des corps gras neutres saponifiés par les bases minérales eu présence de l'eau.

La Glycérine est un liquide sirupeux, qui attire l'humidité de l'air. Elle est soluble en toute proportion dans l'eau et l'alcool, nullement dansl'éther, et dissout à son tour un grand nombre de substances : le brome, l'iode, l'iodure de soufre, les chlorures et les sulfates alcalins, les nitrates de soude et d'argent le sulfate de cuivre, le tannin, les alcaloïdes végétaux, etc., etc. ; mais non les corps gras neutres dont elle provient.

Elle est à peu près infermentesciWe, et comme, par sa consistance, elle abrite parfaitement du contactde l'air en même temps qu'elle dissimule l'eau, dont eUe est très-avide, elle s'oppose par ce double moyen à la décomposition spon tanée des substances organiques et spécialement à la fermentation putride Action physiologique. — Par sa saveur franchement sucrée, la Glycérine mérite l'appellation de principe doux des huiles; mais si elle est absolument inoffensive pour les organes du goût, habitués au contact des substances sapides souvent douées de propriétés chimiques actives, il s'en faut bien qu'elle se montre inerte vis-à-vis des surfaces dépouillées d'épiderme ou enflammées.

La Glycérine est un alcool polyatomique sucré, et retient quelque chose aes qualités du groupe que sa composition rappelle. Aussi cause-t-elle du picotement et même de la cuisson, lorsqu'elle est déposée à la surface a un vésicatoire, d'une fissure de muqueuse ou d'une gerçure cutanée, ou

bien elle est introduite entre les paupières. Ces sensations sont accom-

GuBLER, 2* édition..

pagndes d'un appel fluxionnaire avec rougeur et supersécrétion de cause locale ou réflexe.

Cette irritalion topique qui se produit avec la Glycérine la plus pure se montre-à un degré plus prononcé, quand le médicament a subi depuis quelque temps le contact de l'air et a pu s'acidifier. Eflectivement,la Glycérine, dont la qualité s'est généralement améliorée depuis quelques années, offrait souvent autrefois une réaction au papier de tournesol (Gubler), attribuée à la présence de l'acide formique ou de l'acide oxalique (Hayer), et que la formation d'une certaine proportion d'acide glycérigue explique naturellement selon moi. Si l'oxydation paraissait difficile dans la masse enfermée dans un flacon en vidange, il faut convenir qu'elle rencontrerait au contraire des conditions extrêmement favorables dès que la substance serait étalée en couche mince à la superficie de la, peau, ou divisée dans les linges et la charpie des pansements. Toujours est-il que les onctions de, Glycérine sur des surfaces eczémateuses, par exemple, déterminent une sensation de brûlure parfois intolérable. D'un autre côté, la Glycérine mouille l'épiderme, dont elle maintient la souplesse, grâce k sa propriété hygrométrique. En vertu de cette même propriété, elle s'empare des produits de l'exhalation cutanée et retient à la surface de la peau les principes irritants de la sueur.

A l'intérieur, la Glycérine ne joue pas d'autre rôle que celui d'un aliment respiratoire. L'analogie indique qu'étant introduite en excès, cette substance doit s'éliminer par les glandes sébacées et cérumineuses.

Usages. — Les indications de la Glycérine nous paraissent ressortir nettement de ce qui vient d'être dit.

L'induction m'a conduit à conseiller l'usage interne de la Glycérine dans un cas rebelle à'acne punctata qui faisait le désespoir d'une jeune fille, avec l'espérance de rendre la matière, sébacée plus fluide, et d'en prévenir la rétention dans, les follicules producteurs, et j'ai eu la satisfaction d'obtenir une amélioration considérable de - cette lésion que la poudre de riz ne parvenait plus à dissimuler. P. A, Gap avait déjà fait entrer la Glycérine dans un sirop destiné à combattre une dermatose squameuse invétérée, mais dont l'ingrédient le plus actif était l'Arséniate de soude.

Pavy et Abbolh-Smith font prendre la Glycérine aux diabétiques,^ dans du thé, du café, ou bien incorporée dans des biscuits, à l'effet de faciliter la digestion.

On peut l'employer comme moyefa d'occlusion sur les plaies et comme antiseptique dans les cas de suppuration fétide (Startin), de gangrène ou de pourriture d'hôpital (Demarquay).

Comme dissolvant, elle a été utilisée souvent dans les cas de surdité due à l'oblitération du conduit auditif externe par le cérumen accumulé et durci

(David Steel, Gubler).

Dans les maladies de la peau, la Glycérine en applications topiques est^ loin d'être toujours utile, comme le croient quelques enthousiastes; elle ne convient qu'à celles qui, telles que le psoriasis et la lèpre vulgaire, sont sè-

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