‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 163 sur 293 · KITRATE DE POTASSE, AZOTATE DE POTASSE, SEL DE XITRE · texte numérisé non relu

KITRATE DE POTASSE, AZOTATE DE POTASSE, SEL DE XITRE

WITKE, SALPÊTRE. Nitras potassicus.

Angl. Nitrate of Potash, Polash Sallpetre, Prismatic Nitre. — AU. Kali nitricum^ Gereinigter Salpeter, Salpetersaures Kali.

Le Nitre (AzO^KO) prend naissance, surtout dans les climats chauds, aux dépens des matières azotées qui se décomposent en présence de la potasse. Il se rencontre dans les caves d'Europe et à la surface du sol dans les Indes, l'Egypte, la Perse, etc. Ge sel existe dans les plantes des terres riches en détritus organiques : le Tabac, le Tournesol, les Ansérines,]a Bourrache, l'Ortie, la Pariétaire, la Benoîte, etc., ainsi que dans les animaux qui, tels que les Cloportes, vivent dans les caves et dans les lieux salpétrés.

Action physiologique. — A la dose de 80 grammes, le Nitrate de Potasse a pu causer la mort en produisant une double série de phénomènes, les uns symptomatiques d'une irritation vive des organes digestifs : coliques, vomissements et diarrhée ; les autres exprimant des désordres nerveux : étourdissements, convulsions, tendance syncopale, dilatation pupillaire, insensibilité et paralysie du mouvement. En quantité beaucoup plus faible, le Sel de Nitre produit des effets analogues à la fois à ceux de la Digitale et à ceux des sels neutres. Il occasionne dans la bouche une sensation de fraîcheur qui se continue dans l'estoinac et s'accompagne d'un abaissement réel de la température, quand celle-ci est préalablement élevée au-dessus du chiffre normal. La fréquence du pouls diminue d'une manière remarquable en même

NITRATE OU AZOTATE DE POTASSE, SEL DE NITRE. 495 temps que son développement et sa résistance augmentent. Ces phénomènes coïncident avec une diurèse plus abondante, et dépendent peut-être en partie de l'accroissement d'activité de la sécrétion rénale, lequel exige une augmentation de la tension vasculaire dans le rein, et détermine sans doute sympathiquement un excès d'action dans tout le système nerveux vaso-moteur. Dans mon opinion, les diurétiques sont tenseurs de la circulation aussi bien que les toniques des nerfe vaso-moteurs sont favorables à la diurèse

aqueuse. , i., t ^■

De même que les autres sels neutres, notamment le chlorure de sodmm et le sulfate de soude, le Nitrate de Potasse retarde la coagulation du sang extrait de la veine, et communique ani sang noir une couleur rutilante qui se manifeste dans lé cruor de la saignée chez les sujets empoisonnés par ce sel. Il communique même aux viandes salées une coloration d'un rouge vif que ne produit pas le chlorure de sodium tout seul. Cette rutilance permanente iniplique la persistance de l'oxygène dans les globules, et l'incapacité où ils sont de céder ce gaz aux tissus et de prendre en échange l'acide carbonique provenant des combusLions interstitielles. Dès lors l'hématose demeure incomplète, si elle n'est pas sérieusement entravée. Nous concevons ainsi comment, à la longue, des doses exagérées produisent un état anémique et hydrémique caractérisé par la pâleur des hématies, l'accroissement du nombre des globules incolores , la diminution de la matière grasse et l'augmentation de l'eau (Lôffler). Dans l'intestin, le Nitrate de Potasse sollicite aussi l'exosmose du sérum au travers des parois des capillaires sanguins, et agit conséquemment comme purgatif hydragogue, lorsqu'il est ingéré en quantité suffisante ou suffisamment répétée.

Le Nilre passe rapidement dans les urines, sans décomposition, et l'exci- "tation qu'il exerce sur les reins est la, condition prochaine de son action diurétique, et probablement la cause éloignée de l'augmentation de la tension vasculaire.

Au résumé, l'Azotate de Potasse est diurétique, contre-stimulant, antiplastique et altérant. Ses autres effets n'ont qu'une importance secondaire. : Substances synergiques, auxiliaires. — Le Nitrate de Soude est le succédané du Nitrate de Potasse, qui trouve des analogues dans le Chlorate de Potasse, le Bromure de Potassium et les sels neutres en général, soit comme sédatif de la circulation, soit comme modificateur de l'hématose, de la crase sanguine et de la nutrition, soit enfin comme diurétique. La Digitale elle-même est un auxiliaire du Sel de Nitre.

Substances antagonistes. — ^ Antidotes. Les stimulants diffusibles aromatiques, alcooliques et opiacés, les astringents et les sudorifiques, ont une action contraire à celle du Nitrate de Potasse, et peuvent lui être opposés lorsqu'il a été introduit en masse trop forte dans la circulation. Le contrepoison chimique reste à trouver.

Usages. — Modes d'administration et doses. — Le Nitrate de Potasse est ordinairement employé comme diurétique à la dose de 2 à 4 gram-

496 SUBSTANCES TIRÉES DES MINÉRAUX ET PRODUITS 'cHIMIQUES. mes par jour dans un ou deux litres de tisane de Chiendent ou de Pariétaire , ou de quelque autre boisson rafraîchissante : limonade décoction d'orge, etc. '

Si l'on veut obtenir ses efiets sédatifs généraux, on élève la dose à 10 grammes et parfois à 20 grammes par jour, pris de la même façon. Cependant on peut également administrer le Sel de Nitre en poudre, mêlé à du sucre et de la gomme et enveloppé dans du pain azyme, ou bien délayé dans de l'eau, ce qui constitue la tisane sèche. Comme diurétique, le Nitrate de Potasse est indiqué dans les hydropisies, les épanchemenls séreux inflammatoires, l'hydrothorax, etc., ainsi que dans les inflammations de l'urèlhre et des organes génito-urinaires ; mais il ne faut y recourir qu'avec précaution tou(.3s les fois que le rein est congestionné ou enflammé, comme dans la néphrite albumineuse aiguë, l'albuminurie scarlatineuse et même le diabète albumineux chronique, aa moment d'une poussée congestive. En qualité de contre-stimulant, le Nitrate de Potasse trouve son emploi dans les phlegmasies et les pyrexies, c'est-à-dire dans les affections caractérisées non-seulement par l'exaltation circulatoire et calorifique, mais encore par l'augmentation de la plasticité du sang. La contre-indication se tire du mauvais état des reins, de celui des organes digestifs et du sang. C'est ainsi qu'il a rendu des services dans la période inflammatoire de la fièvre typhoïde et des affections analogues, et surtout dans le rhumatisme articulaire aigu (Brocklesby, Gendrin, Marlin-Solon, etc.) ; seulement il a fallu parfois administrer, en quelques jours, jusqu'à 360 grammes de la substance saline pour obtenir des résultats favorables, et les doses quotidiennes ont dû être portées en certains cas à 30, 40, 50 et 60 grammes.

L'Azotate de Potasse a été conseillé aussi, le yilus souvent à tort, dans plusieurs autres maladies, telles que l'ictère, la fièvre intermittente, le scorbut et même le choléra. Contre) la première affection, l'emploi du nitre est encore rationnel en ce sens qu'il y a indication de solliciter le vicaire du foie à un fonctionnement plus actif. Contre la seconde, son utilité est au moins douteuse ; dans les deux dernières enfin, il y a lieu de craindre qu'il ne soit nuisible.

Le Nitre sert encore à préparer avec le sel ammoniac un mélange frigorifique qui abaisse la température jusqu'à 20' sous zéro.

Les principales préparations pharmaceutiques dont le Nitrate de Potasse est la base sont : V Émulsion nilrée (2 à 5 grammes de nitre dans 10 grammes d'émulsion sucrée); le Vinnitré (vin de Chablis, 1 litre; Nitrate de Potasse, 4 grammes); la Tisane diurétique (Nitrate de Potasse, 1 à 4 grammes; infusion d'espèces apérilives, 1 litre; sirop des cinq racines, 60 grammes), et la pondre diurétique ou Tisane sèche.

A l'histoire du Nitrate de Potasse se rattache celle des fumigations improprement dites nitreuses qu'on obtient en faisant fuser du Nitre sur des charbons ardents ou en brûlant du papier imprégné d'une solution de Salpêtre, puis séché (en Angleterre, touch paper). A la chaleur rouge, le nitrate

os CALCINÉS. 497

est décomposé, l'azote est mis en liberté, une portion de l'oxygène se combine avec le carbone du papier et forme de l'acide carbonique qui s'unit à la potasse. Une autre partie de l'oxygène se dégage et agit d'une manière souvent favorable pour la respiration chez les asthmatiques.

OR, Aurum.

Angl. et ail. Gold.

Le roi des métaux se trouve à l'état de pureté ou d'alliage dans les roches primitives et dans un grand nombre de dépôts d'alluvion, dont les plus riches sont situés en Australie et en Californie. L'ancien continent est peu favorisé sous ce rapport, et les paillettes que roulent le Gardon ou le Pactole sont tien mesquines en comparaison des pépites australiennes ou américaines.

Action physiologique et usages. — L'Or métalHque, inattaquable par les acides de l'économie aussi bien, peut-être, que par les chlorures alcalins, est nécessairement inerte. Toutefois Ghrestien et Niel affirment que la foudre d'Or très-fine se comporte dans l'organisme comme les préparations solubles, et provoque les sécrétions de la peau, des reins et des glandes salivaires, ce qui Ta fait employer à la dose de 4 à 20 centigrammes par jour en plusieurs doses, contre la scrofule et la syphilis constitutionnelle, chez les enfants et les sujets nerveux et délicats dont les entrailles sont susceptibles.

On administre cette poudre par la méthode endermique (Niel), ou plus habituellement en friction sous la langue et sur les gencives (Ghrestien).

L'Or laminé est employé en pharmacie pour couvrir les pilules que, cependant, on argenté plus souvent qu'on ne les dore. Les dentistes s'en servent pour combler les vides creusés dans les dents par la carie.

Le Peroxyde d'Or (AuO') se donne à l'intérieur dans les mêmes cas que la poudre d'or métallique, à la dose de 5 milligrammes à 5 centigrammes, en 'pilules. Il en est de même de l'Iodure et du Cyanure d'Or. Le pourpre de Cassius est tombé en désuétude, et le Fulminate d'Or, ou Aurate d'ammoniaque, expose à trop de dangers pour n'être pas abandonné.

Nous traiterons, dans la Pharmacopée, du Chlorure d'Or et du Chlorure d'Or et de Sodium (voy. ces mots).

ORPIMENT. — Voy. Sulfure jaune d'Arsenic.

os CALcmÉs, Ossa calcinaM.

Angl. Bone ash or Bone earth. — Ail. Gebrannte Knochen.

La Terre d'Os est constituée en majeure partie (80 k 85 pour 100) par du phosphate trihasique de chaux, auquel il faut joindre une proportion assez considérable de carbonate calcaire, un peu de fulfate de chaux formé

GUBLER, 2» édition. 32

pendant la calcinalion, et, d'après Thomson, de la magnésie et du cbJorure de sodium.

Les Os calcinés servent à obtenir le Phosphate de Chaux (voy.ce mot).

OXALATE ACIDE DE POTASSE, SEL d'oseille, Suroxalas potassicus.

AU. Kleesaures Kali.

Le Sel d'Oseille (voy. Oseille et Surelle) est un mélange de bioxalate de potasse (G'IPO^KO -f-HO) et d'une certaine quantité de quadroxalate de la même base (2G'*H^0^K0 4-2HO). Il existe naturellement non-seulement dans les Oxalis et les Rumex, mais encore dans le Berberis vulgaris et les racines des difl'érentes espèces du genre Rheum, etc.

Bans avoir les propriétés énergiques de l'acide oxalique (voy. ce mot), ce composé produit cependant des efi'ets analogues. A faible dose, il est simplement rafraîchissant et tempérant. A dose forte, il cause de la gastralgie et de l'irritation de la muqueuse des voies digestives, de la diarrhée, et consécutivement de la dyspepsie. L'usage habituel des végétaux qui en renferment peut avoir des inconvénients pour les reins et l'appareil urinaire.

Le Sel d'Oseille n'est guère employé que pour obtenir de l'acide oxalique et pour enlever les taches d'encre, à la faveur de la combinaison qui se produit entre l'oxyde de fer et l'oxalate acide. L'opération est favorisée par la présence de l'étain, et se pratique ordinairement dans une cuiller de ce métal.

OXYDE BLANC D'ARSENIC. — Voy. AciDE ARSÉNIEUX.

OXYDE DE MAIVGARIÈSE OU PEROXYDE DE IIIANGATVÉSE, OiVydum

manganicum.

Angl. Binoxide of Manganèse. — AJl. Braunstein.

VOxyde de Manganèse (MnO^) se rencontre à l'état natif {Pyrolusiie, Magnésie noire) en Angleterre, en Saxe, en Autriche, en France et ailleurs. En outre, différents sels de Manganèse existent en dissolution dans quelques eaux minérales, notamment dans celles de Gransac, Luxeuil, Marlioz, Garlsbad et surtoût dans la source de Coconuco près de Popayan (Boussingault). Le corps simple se trouve à l'état normal dans le sang de l'homme et des mammifères.

Action physiologique. — En qualité de poudre basique, l'Oxyde de Manganèse est absorbant et antacide. En qualité de composé suroxygéné, il peut exercer dans l'estomac une action stimulante locale, par suite de la mise en liberté d'une proportion de son oxygène au contact des acides gastriques. Le même fait aurait lieu dans la circulation, si le peroxyde y pénétrait sans s'être préalablement modifié. Gependant ce n'est pas à ce dégagement d'air vital que l'Oxyde de Manganèse doit vraisemblablement ses propriétés stimulantes et Ioniques (Kapp, Vogt), mais plutôt au métal lui-

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