PLOMB
se produit aux extrémités inférieures. Quelquefois la paralysie affecte la forme hémiplégique ou même généralisée, et peut atteindre plus fortement les muscles rapprochés du tronc, tels que les deltoïdes. Au début, l'irritabilité haîlérienne persiste dans les muscles paralysés (Gubler), mais elle ne tarde pas à s'éteindre dès que la nutrition s'altère et que l'amyotropliie succède.
La mort survient quelquefois comme dernier terme de la cachexie saturnine, mais elle termine plus rapidement la scène quand les accidents toxiques prennent la forme encéphalopathique, délirante ou convulsive. L'éclampsie saturnine était à peu près invariablement fatale, avant que j'eusse eu l'idée de la combattra par le bromure de potassium à hautes doses. A l'autopsie, on voit dans le cœcam et une partie du gros intestin une coloration noirâtre constituée par du sulfure de plomb (Quevenne et Gubler), aussi bien que celle du liséré gingival et du tatouage des joues. Le métal se retrouve d'ailleurs dans les principaux viscères, notamment dans le cerveau, où les symptômes convulsifs l'ont fait rechercher davantage. De jJus, l'analogie indique (voy. Acide arsénieux) que le Plomb, comme l'arsenic, doit exister dans la trame de tous les tissus, y compris les épithéliums, les cheveux et les poils. Les urines en entraînent pendant la vie de minimes quantités qu'il est possible, mais difficile de saisir par l'analyse chimique.
Il est aisé de se rendre compte du mode d'action des préparations saturnines momentanément employées à doses moyennes ou fortes : à la rigueur, tous les phénomènes s'expliqueraient par leurs effets astringents, coagulants et irritants. La théorie du saturnisme chronique est autrement obscure et embarrassante. Toutefois il est permis d'invoquer comme syndrome essentiel auquel les autres sont subordonnés : la diminution de l'hématocausie et de l'éréthisme des capillaires sanguins avec ralentissement consécutif de la formation des globules et altération de la composition chimique et de la structure des tissus. Dans cette manière de voir, l'ictère hémaphéique par insuffisance hépatique dépendrait du spasme vasculaire ; il en serait de même de l'anesthésie périphérique. Toutefois ce dernier symptôme, ainsi que les paralysies, le délire et les convulsions, reconnaîtrait plutôt pour cause efficiente l'altération trophique du système nerveux due à la présence du métal dans la structure organique, et cette altération donnerait naissance à des troubles fonctionnels variés, les uns favorisés par l'anémie constitutionnelle ou locale, les autres directement provoqués par des raptus congestifs plus ou moins violents. Dans le premier cas se trouvent la plupart des céphalalgies chez les saturnins, avec les vertiges et la titubation qui les compliquent. Ces accidents se dissipent par l'opium et les stimulants de la circulation sanguine. Dans la seconde catégorie se placent les encéphalopathies graves, notamment celles de formes convulsives, lesquelles sont justiciables du sulfate de quinine et du bromure de potassium.
Substances synergiques, auxiliaires. — Les qualités styptiques des sels de Plomb se retrouvent dans plusieurs composés minéraux et dans un
grand' nombre de plantes. Les acidulés agissent aussi d'une manière analogue.
Comme altérant, le Plomb se rapproche de l'Arsenic et de l'Antimoine plus \ que toute autre substance. Le froid modéré et soutenu est un adjuvant poun ( la production de l'analgésie, de la rétraction des capillaires et des phéno-.. ^ mènes de sédation; enfin les causes débilitantes diverses favorisent L'bypO'* jj i globulie et la cachexie. ;
Substances antagonistes. — Antidotes, contre -poisons. — Les ' i toniques et les stimulants, et, sous d'autres rapports, les émollients et le» i anodins, contrarient l'actioa du Plomb et de ses combinaisons salines. Contre^ i les symptômes douloureux et convulsifs du saturnisme chronique je recom- ^ i mande l'opium et les excitants diffusibles, qui ne doivent être abandonnés quei ! i lorsqu'il existe des signes de phlegmasie secondaire ou bien de la stupeur. L'Iodure de Potassium n'est pas un antidote dynamique, mais simplement, j un moyen de favoriser la dénutrition et d'éliminer plus rapidement le&tissusj, | i ainsi que les produits imprégnés de la matière toxique. '
Les substances incompatibles sont celles qui sont indiquées k propos de/ U ] l'Acétate de Plomb (voy. ce mot); ajoutons que les contre-poisons sont l'hy- fli drogène sulfuré et les sulfhydrates alcalins, l'acide sulfurique et les sulfates )j; solubles, notamment l'alun. i
Usages. — Le Plomb métallique en lames ou en feuilles plusi ou moias i étendues a été recommandé par Avicenne, Amado de Portugal et Ambroisa | Paré pour s'opposer à. l'écoulement involontaire du liquide séminal; parReveillé-Pariae et Burggraeve (de Gand) pour le pansement des plaies et des; ' ulcères. Plus récemment, on s'en est servi contre l'onyxis. Les chirurgiens se servent encore de fils de Plomb pour sutures, et les dentistes emploient des feuilles minces de ce métal pour oblitérer les cavités des dents cariées, i
Les composés de Plomb ont reçu en médecine des applications plus nom-r 5 j breuses et plus importantes. Ils ont été employés comme astringents, pour t favoriser les résorptions, calmer la phlogose, réduire les flux et arrêter les i bémorrhagies ; cooame sédatifs, pour combattre les fièvres, enrayer les phlegmasies qui président au développement des: produits nouveaux dans le cours; des états- diathésiques; enfiu pour dissiper les névralgies, probablement congesti'veft on bypersthéniques. (Voy. Carbonate, Acétatk- et. Ioûure de Plomb.)
PRUSSIAiTE JAIME DE: POTASSE. — Voy. CtANURÉ FERROSO-P0TAS- SIQUE.
paUSSIATE ROUGE DE POTASSE. — Voy. CyANURE FERRICO-POTAS-' SIQUE-