PLOMB
que si la proportion du stimulant est assez faible pour que le malade prenne les fortes doses d'huile habituellement nécessaires sans qu'il en puisse résulter le moindre inconvénient. L'huile phosphorée de l'ancienne pharmacopée prussienne, formée de 60 centigrammes de Phosphore dans 30 grammes d'huile d'amandes douces, est moins rarement prescrite que la précédente, à la dose de 5 k 10 gouttes. On s'en sert aus&i pour l'usage externe à la place de la Pommade phosphorée, qui n'en diffère que par la présence de l'axonge au lieu d'huile.
A la suite des préparations de Phosphore libre se place naturellement le Phosphure de zinc préparé par Vigier, lequel a pour formule PhZn' et contient 25 pour 100 de Phosphore dans un état de combinaison instable et que les moindres actions chimiques rendent à la liberté. J'ai démontré, en effet, que le phosphure de zinc dégage rapidement une odeur de Phosphore au contact du suc gastrique, du mucus buccal ou intestinal, c'est-à-dire lorsqu'il est mis en présence des principes organiques qu'il rencontre dans les premières voies. Aussi le phosphure de zinc n'a-t-il pas d'autre action que t celle du Phosphore en nature, seulement il a l'avantage d'être moins irritant 3^ pour le tube digestif et de ne dégager le Phosphore qu'en petite quantité à i la fois.
l Ce nouveau médicament a reçu toutes les applications des autres préparat tiens phosphorées. Noël Guéneau de Mussy, Isambert, Péréol l'ont trouvé utile contre le tremblement mercuriel. Plusieurs praticiens, parmi lesquels IDujardin-Beaumetz se place au premier rang, se louent extrêmement de i l'emploi du phosphure de zinc dans certaines paralysies et surtout dans I l'ataxie locoinotrice progressive. Pour ma part, je n'ai observé que des in- I succès.
! La dose de phosphure de zinc est de 0,01 à 0,05 centigr. par jour en plui sieurs prises, sous forme pilulaire.
, iPLOMB, Plumbum.
.Angl. Lead. — AU. Bki.
Le Plomb, rare à l'état natif, se rencontre plus souvent uni au soufre ou sous forme d'oxysels.
'Ge métal, peu oxydable, est inattaquable par l'eau distillée, mais non par cette même eau chargée d'air atmosphérique et d'acide carbonique. Il est 1 même à remarquer que l'eau pure et aérée, telle que celle de la pluie, disi sout plus de Plomb que celle qui est chargée de sels neutres, notamment de carbonates et de sulfates. Le pouvoir dissolvant des pluies d'orage s'explique par la présence de l'acide nitrique.
Action physiologîquk. — Les effets altérants du Plomb ont déjà été mentionnés ou énumérés antérieurement (voy. Acétate et Carbonate de Plomb).
Voici la description sommaire des effets locaux et généraux des préparalions dont le Plomb est la base.
Tous les sels plombiques sont toxiques, les uns rapidement par des doses massives, les autres lentement par des doses minimes et longtemps répétées Ces mêmes composés ont généralement une saveur douceâtre et sucrée qui • n'exclut pas la slypiicité dont jouissent particulièrement ceux qui sont solubles ou dissous.
^ L'Acétate de Plomb, par exemple, mérite le titre de Sucre de Saturne et t n'en exerce pas moins une astriction forte sur les tissus, en même temps qu'il coagule l'albumine.
A ces effets astringents et coagulants se borne l'action immédiate, topique ■ ou diffusée, des préparations saturnines. Seulement elle s'accompagne de : symptômes d'irritation gastrique (voy. Acétate de Plomb) lorsque la dose est excessive; il s'y joint aussi quelquefois des troubles graves des grandes fonctions : anxiété, crampes, engourdissements, symptômes cholériformes prostration, paralysie et coma. La mort peut être la conséquence de l'in- )^ gestion d'une énorme quantité, 30 à 60 grammes, par exemple, de sucre de i Saturne.
Pour produire ces phénomènes, l'Acétate de Plomb intervient plutôt en qualité d'agent de coagulation et de poison irritant qu'à titre de préparation saturnine. L'action du Plomb se manifeste, au contraire, dans toute sa pureté, lorsque ce sel ou tout autre Composé plombique se trouve introduit à petites doses répétées dans le tube digestif et de là dans la circulation sanguine. En pareil cas, les premiers symptômes observés sont la diminution de l'appétit et des forces, la pâleur des téguments et la constipation. Puis viennent ordinairement des douleurs périarticulaires ou méîalgiques, et bientôt des coliques sèches, que généralement la pression soulage et qui sont quelquefois accompagnées de myodynie des parois charnues du ventre (Briquet). En même temps le foie se rétracte (Potain), et l'on voit se produire, par ischémie et torpeur hépatique, une teinte jaune des sclérotiques et de la peau, coïncidant avec des urines plus ou moins fortement colorées (ictère | hémaphéique). On observe aussi le liséré bleuâtre des gencives à la ser- 1 tissure des dents, et parfois des taches ardoisées noirâtres sur la face muqueuse des lèvres et des joues au contact des dents, taches dues à une sorte de tatouage, et comparables pour l'aspect aux macules pigmentaires des chiens de chasse ou des sujets affectés de nègrinisme (maladie bronzée d'Addison). A ces phénomènes se joint l'analgésie cutanée de la face dorsale des avant-bras et de la partie externe du mollet, où elle est cependant moins prononcée, coïncidant avec l'anémie tégumentaire et l'obtusion du sens thcrmeslhésique. Dans cette période l'albuminurie est l'exceptiou; mais plus tard, quand la cachexie est avancée, il existe de la superalbuminose sanguine, et les reins laissent passer de l'albumine en proportion faible ou moyenne.
Si le sujet reste exposé longtemps à l'action toxique, il survient une paralysie des extenseurs communs des doigts avec conservation des mouvements des extenseurs propres et des radiaux. Plus rarement le même phénomène