‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 188 sur 293 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

OXYDE D'AWTIMOIKE. Oxijdum stibicum.

Angl. Teroxyde of Antimony. — Ail. Slibium oxydalum.

L'Oxyde d'Antimoine (SbO') se trouve dans la nature.

L'art en fournit de deux sortes : 1» les Fleurs d' Antimoine ou Oxyde d'Antimoine cristallisé, obtenu par la voie ignée; 2° VOxyde d'Antimoine par précipitation, provenant de la décomposition de l'oxy chlorure d'antimoine par le bicarbonate de potasse en solution et à chaud.

Action physiologique. — Elle est obscure et ressemble à celle du Tar ire slibié, auquel nous renvoyons le lecteur pour cette élude comme pour celle des indications thérapeutiques.

Usages. — xModes d'administration et doses. — L'Oxyde d'Antimoine est employé comme contre-stimulant dans les mêmes circonstances que l'é- • métique. On l'a surtout recommandé dans la pneumonie (Tessier, de Lyon, Trousseau), mais il faut l'administrer à très-hautes doses : depuis 50 centigrammes chez les enfants à la mamelle jusqu'à 8 et 16 grammes par jour chez les adultes (Trousseau et Pidoux). Ces doses me paraissent excessives et plus propres à agir comme absorbant et à assurer l'inertie du composé quà en développer l'action. J'ai vu l'Oxyde d'Antimoine agir sous une masse beaucoup moindre, et quelquefois des quantités assez faibles produisent des efiets plus considérables que les doses massives, ce qui s'explique sans doute par la présence accidentelle du vin, de fruits ou de lé'gumes aciûes de boissons acidulés quelconques dans les premières voies.

L Oxyde d'Antimoine s'emploie à l'état de suspension dans une potion ou dans looch. On peut également l'administrer dans du pain azyme

mot. rn. P''^'^"'^^^ Poudre d'Anti-

moine composée, est une préparation très-inégale dans ses efiets comme dans

sa composition. Ses propriétés doivent être rapportées à l'Oxyde d'Antimoine et à l'Acide antimonieux, dont elle renferme des proportions variables, associées à un peu d'antimonite et à beaucoup de phosphate tribasique de chaux.

AWTIMOKIATE ACII>E DE POTASSE, AKTmOIXE DIAPHORÉ-

TiQLiE LAVÉ, Superstibias polassicus.

AU . An timonsdures-Kali.

L'Araimoine diaphoréiique, improprement appelé Oxyde blanc d'Antimoine, a pour formule : KO,2SbO* 4-6^0.

Cette préparation, plus usitée que les deux précédentes, principalement sous le pseudonyme d'Oxyde blanc d'Antimoine, occupe cependant, sous tous les rapports, un rang bien inférieur à celui du tartre stibié. Lesdifiérentes combinaisons insolubles ou presque insolubles d' Antimoine n'agissent, en effet, qu'après avoir acquis, par l'intervention d'un acide quelconque : citrique, malique, tarlrique ou oxalique, la propriété de se dissoudre dans l'eau, d'impressionner localement les tissus et de pénétrer dans la circulation. En définitive, leur puissance est proportionnelle à la quantité d'un composé analogue à, l'émétique, qui peut prendre naissance à leurs dépens. Autant vaut, par conséquent, s'adresser tout d'abord à l'émétique luimême.

Il y aurait là deux avantages précieux : le premier d'obtenir toujours l'effet physiologique désiré, pourvu toutefois que l'économie soit en état de répondre ; le second, de ne pas aller involontairement au delà du but. Car, d'une part, si le composé anlimonial ne trouve pas des conditions favorables àsatransformalionet à son absorption, il peut être comme non avenu; d'autre part, s'il rencontre un excès d'acides provenant des ahments ei des boissons, ou bien d'acides et de chlorures alcalins appartenant aux sécrétions gastriques, il peut déterminer des symptômes toxiques, attendu qu'il ebt d'usage d'en administrer des quantités bien supérieures à ce qui peut habituellement s'en dissoudre dans le tube digestif.

On assurerait l'action de FOxyde d'Antimoine et de l'Antimoine diaphoréiique en faisant prendre consécutivement de la crème de tartre ou de la limonade lartrique, ou bien en faisant manger du raisin ou d'autres Iruits

Pour les effets physiologiques et thérapeutiques, voyez Tartre stibié, ACIDE Al\TiMONlQUE, Acidum stibicmfi.

Ail. Anûmonsàure. t > ^ • j

Acide antimonique (SbO=) ne s'emploie .qu'à l'état d hydrale. L Acide antimornque hydraté a joui autrefois de quelque vogue, Z Matière perlée de Kcrkrinqivs , dans les cas auxquels conviennent les préparations stibiées en général. Il est complètement abandonne aujour d'hui.

PEROXYDE DE FER, SESQUIOXYDE DE FER. 583 OXYDE DE MERCUUE, OXYDE ROUGE DE MEUCUKE, Oxydum hy-

drargyricum.

ADgl.iîet/ Oxyde of Mercury, — AU. Quecksilberoxyd. L'oxyde (HgO) est encore appelé Deuloxyde ou Bioxyde de Mercure ou Précipité rouge.

Action physiologique. — L'Oxyde rouge de Mercure est un irritant énergique. Porté dans l'estomac, même à petite dose, il occasionne des vomissements et de la diarrhée; à doses plus fortes, il détermine de la gastroentérite et peut entraîner des conséquences funestes. Les efiets altérants de ce composé sont ceux des mercuriaux en général (voy. Mercure).

Usages. — Modes d'administration et doses. — L'Oxyde mercurique ne se donne guère à l'intérieur, à cause de ses propriétés irritantes. On l'a cependant prescrit quelquefois dans la syphilis. Si l'on voulait s'en servir, il serait prudent de ne l'admimstrer en pilules qu'à la dose de 1 centigramme à la fois; encore faudrait-il l'associer à l'opium, ou même y renoncer chez les sujets dont les entrailles seraient enflammées ou simplement irritables.

Le Précipité rouge est réservé pour l'usage externe. Il entre dans la plupart des pommades antiophthalmiques, notamment dans celles de DesauU, de Lyon, du Régent, et de Saint-Yves, lesquelles sont généralement trop fortes, et ne devraient, selon la recommandation de Trousseau et Pidoux, renfermer qu'un vingtième de substance active. On force la dose jusqu'au quart, lorsqu'on veut obtenir l'effet escharotique contre des excroissances, des ulcérations fongueuses, chancreuses, etc. Les pommades au Précipité rouge conviennent à peu près indifféremment dans les blépharites glanduleuses et ciliaires, d'origine syphilitique, strumeuse ou herpétique, pourvu qu'elles soient chroniques.

Le Bioxyde de Mercure hydraté représente la partie essentielle de YEau phagédénique (lotie flava), formée par 125 grammes d'eau de chaux, additionnée de 4 grammes de subhmé corrosif dissous daus 12 grammes d'eau distillée. L'eau phagédénique sert à lotionner les ulcères syphibtiques. Elle entre dans des gargarismes utiles contre les plaques muqueuses de la bouche et de l'isthme du gosier.

PEROXYDE DE FER, SESQUIOXYDE DE FER, Oxydum ferricum.

Angl. Sesquioxyde or Peroxyde of Iran. — Ail. Eisenoxyd. Le Peroxyde de Fer (Fe^O^) se présente en pharmacie 'soas plusieurs lormes; ce sont :

^"^^^^ ^''f''^'^ '^<^ ^<^^^ astringent ou Colcolhar

(be"'0').

Angl. Red Oxyde of Iran. - Ail. Blulstein.

Comme tous les oxydes obtenus parla voie sèche ou ignée, et portés à une tres-haute température, le Goloothar possède une cohésion qui l'a faitrechercner pour a.gmser le tranchant des rasoirs, et qui le rend presque insoluble

dans les acides les plus énergiques. Ce médicament mérite en conséquence l'abandon dans lequel il est tombé. Le Golcothar est cependant l'ingrédient principal de. VEmpldtre ou Onguenl de Canet, usité comme topique pour favoriser la cicatrisation des plaies et des ulcères, et dont on applique quelquefois une calotte sur la tête des teigneux, pour étouffer le champignon parasite.

2° L'Oxyde de Fer hydraté, dit Safran de Mars apéritif (Fe^O'-hÂq) (angl. Brown Iron stone), constitue essentiellement la rouille, et renferme une petite proportion d'ammoniaque et de carbonate ferrique. Il est beaucoup plus facile à attaquer que le précédent, et s'administre aux doses croissantes de 20 centigrammes à 1 ou 2, et jusqu'à 10 grammes par jour, ce qui est exagéré et peut devenir nuisible.

3° Le Peroxyde de Fer hydraté ou Hydrate de Peroxyde de Fer en GELÉE, est plus soluble encore que le Safran de Mars apéritif, et convient parfaitement pour l'usage interne. C'est le meilleur contre-poison de l'acide arsénieux, qu'il précipite totalement de sa dissolution. Tel est, au reste, son principal emploi. Il entre avec le sucre et la cannelle dans la Poudre cachectique de Hartmann^ vantée contre la cachexie dans les diathèses scrofuleuse et cancéreuse.

Ces divers oxydes ferriques jouissent de toutes les propriétés physiologiques et thérapeutiques communes aux préparations martiales, et peuvent servir aux mêmes usages spéciaux que le fer métallique et les sels ferreux ou ferriques. Ils ne possèdent pas l'action styptique locale des solutions de sels ferriques, mais leur qualité particulière est d'être absorbants-antacides. On dit qu'il en entre une petite proportion avec de la magnésie dans la trop fameuse Revalesciére, qui est essentiellement constituée par de la farine de Lentille (d'oi:i l'ancienne dénomination à'Ervalenta) et du gruau d'Avoine, aromatisés avec du Cacao.

OXYDE IVOIR DE FER, OXYDE MAGWIÉTIQUE, ÉTHIOPS MAR- TIAL,, Oxydum fcrroso-ferricum.

Angl. Black Oxyde of Iron. — Ail. Schicarzcs Eisenoxydul.

L'£«/iiopsmarZia^(FeO,Fe='0')estd'ordinairepassablenient soluble, et consti:ue dès lors une assez bonne préparation ferrugineuse pour l'usage interne. On l'administre aux mêmes doses que les peroxydes : de 20 centigrammes à 2 grammes par jour, ce qui est trop. En général, pour obtenir des effets toniques et corroborants, des doses faibles et longtemps répétées sont bien préférables.

OXYDE DE ziwc, Oxyduin zincicum.

Angl. Oxyde of Zinc. — Ail. Zinkoxyd.

JJOxyde de Zinc (ZnO) s'obtient par la voie humide, c'est-à-dire par doubla décomposition, ou parla voie sèche, en portant le métal à une haute température et le faisant brûler à l'air. Celte dernière sorte, plus habituelle-

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